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Explication des ouvrages de peinture et de sculpture de l'école moderne de France dans le musée royal du Luxembourg destiné aux artistes vivants

74 pages
impr. de J. Didot l'aîné (Paris). 1829. In-12, 75 p. ; 17 cm.
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MUSÉE ROYAL
DU LUXEMBOURG.
AVIS.
Le Musée du Luxembourg étoit originaire-
ment composé des tableaux de Rubens , repré-
sentant plusieurs sujets de l'histoire de Henri IV et
de Marie de Médicis. Ils ont été réunis au Musée
royal. Sa Majesté a voulu les remplacer par les
ouvrages des artistes françois. On devra à son goût
éclairé pour les beaux-arts un établissement aussi
intéressant pour le public qu'il est avantageux
pour la gloire de l'école françoise.
La première exposition a eu lieu le 24 avril 18 18.
Le Musée est public les dimanches et fêtes. Le
lundi il est fermé. Les autres jours MM. les voya-
geurs y sont admis sur la présentation de leur
passe-port, visé à la préfecture de police, ou d'un
permis de séjour. MM. les artistes peuvent y étu-
dier les mêmes jours, excepté le SAMEDI.
M. NAIGEON l'aîné, peintre, et conservateur
des tableaux du Musée royal du Luxembourg,
demeure rue de Vaugirard, rio 7.
EXPLICATION
BES OUVRAGES
DE
PEINTURE ET DE SCULPTURE
DE L'ÉCOLE MODERNE DE FRANCE
DANS
LE MUSÉE ROYAL
DU LUXEMBOURG
DESTINÉ AUX ARTISTES VIVANTS.
PRIX : 1 FRANC.
■ i i
PARIS,
IMPRIMERIE DE JULES DIDOT L'AINÉ,
RUE DU PONT-DE-LODI, N° 6.
I" JUILLET 1829.
1.
EXPLICATION
DES OUVRAGES
DE
PEINTURE ET DE SCULPTURE
Dt: L'ÉCOLE MODERNE DE FRANCE.
ALAUX, ancien pensionnaire de l'académie de
France à Rome.
> i. Scène du combat des Centaures et des
Lapithes.
2. Pandore descendue sur la terre par
Mercure. -
BEAUME.
3. Bénédiction et pose de la première pierre
fondamentale du m onument de Louis XVI
sur la place Louis XVI.
Le 4 mai 1826, l'Archevêque de Paris,
assisté de son Clergé, des Cardinaux et Évê-
ques, vient de faire la bénédiction de la pre-
mière pierre.
M. le Ministre de l'Intérieur a l'honneur
( 6 )
de présenter le marteau à S. M. CHARLES X,
qui va poser cette pierre ; elle est accompagnée
de Mcr le Dauphin, de Mme la Duchesse de
Berri, du Grand - Chambellan, des grands
Dignitaires : des députations des Chambres
des Pairs, des Députés, de la Cour de Cassa-
tion, de celle des Comptes, des Tribunaux
du département, M. le Préfet, les Maires de
Paris, et toutes les autorités, assistoient à
cette auguste cérémonie.
L'artiste a fait les portraits des principaux
personnages.
Dans la tribune, on remarque les Ambas-
sadeurs des Puissances étrangères.
i
BERGERET.
4. Service funèbre du Poussin (Nicolas).
Ce service fut fait à Rome, en 1663, par
l'académie de Saint-Luc, et ses amis, parmi
lesquels on remarque le cardinal Massimi ,
Guaspre, son beau-frère, sa belle-sœur,
l'abbé de Saint-Nicaise, Lanfranc, l'Algarde,
et autres.
BERTIN (Jean-Victor), né à Paris, membre de la
Légion-d'Honneur.
5. Vue de la ville de Phénos et du Temple
de Minerve-Caphyes.
( 7 )
Un paysage traversé par une rivière. Il est
enrichi de masses d'arbres et de montagnes
qui bordent l'horizon. Dans le lointain on
aperçoit le temple de Minerve. Le sujet qui y
est représenté est Aristide recevant les témoi-
gnages de reconnoissance des différentes villes,
après avoir imposé les Grecs avec une égalité
dont ils furent si contents que par-tout où il
passoit ils l'envoyoient remercier. Le moment
est celui où une députation apporte une cou-
ronne à Aristide, que l'on voit sur la droite,
accompagné d'un jeune homme. Cette scène
se passe quelques heures avant le coucher du
soleil.
6. Vue de la ville d'Olevano, dans la Sa-
*
bine. o.,
On remarque, sur le devant, des jeunes filles
qui puisent de l'eau, et dans le lointain des
aqueducs.
7. Vue prise à Népi, sur la route de Rome
à Florence.
On voit, sur la gauche, des femmes et des
hommes qui paroissent occupés à lire une
inscription sur un monument. J
8. Vue prise dans les Apennins, sur l'an-
t cienne voie Valérie.
� v
( 8 )
Un temple dedié à Minerve-Médica et la
petite ville du même nom occupent le se-
cond plan; sur le devant est le tombeau d'At-
ticus : un groupe de Romains y dépose des
couronnes. L'heure du jour est le matin.
BIDAULT (Joseph),. membre de l'Institut,
et de la Légion-d'Honneur.
9. Paysage composé d'après des études
faites sur le Lac-Majeur. Sur le devant
on voit un palefrenier, avec deux che-
vaux, arrêté près de deux femmes dont
l'une semble lui montrer son chemin.
- Dans le fond on distingue une cascade
et des fabriques qui ornent une belle
vallée.
10. Paysage représentant un beau site où
l'on voit un grand fleuve formant des
chutes d'eau; il baigne des rochers dont
le sommet est couvert de fabriques. A
gauche est une masse d'arbres; sur le
devant est un berger éveillant un jeune
voyageur : sur le premier plan on voit
des chèvres qui paissent.
( 9 )
11. Paysage.
Vue d'Italie.
12. OEdipe abandonné sur le mont Cy-
théron.
(Les figures sont de M. LETHIÈnE, et le paysage
est de M. BIDAULT.)
Laïus, roi de Thèbes, à qui un oracle avoit
déclaré qu'il seroit tué de la main de son fils
OEdipe, voulant empêcher l'accomplissement
de cette prédiction, le fit exposer sur le mont
Cythéron. Un berger, touché de l'état déplo-
rable dans lequel il trouve cet enfant, le dé-
tache de l'arbre où il est suspendu; deux ber-
gères, partageant sa pitié, reçoivent dans
leurs bras ce jeune infortuné dont elles vont
prendre soin : leurs troupeaux paissent à l'a-
venture. Dans le lointain on aperçoit les
murs de Thèbes.
BLONDEL, membre de la Légion-d'Honneur.
13. Zénobie trouvée mourante sur les
bords de l'Araxe.
Rhadamiste, roi d'Ibérie, chassé par les
Arméniens, dontil avoit tué le roi, fut accom-
pagné dans sa fuite par Zénobie, sa femme ,
( 10 )
qui supporta quelque temps les fatigues du
chemin, quoique incommodée d'une grossesse.
Ses forces étant épuisées, elle pria son époux
de lui donner la mort, pour qu'elle n'éprouvât
pas une honteuse captivité: ce prince, que l'a-
mour détournoit. d'une action si étrange, l'ex-
hortoit à prendre courage ; maisenfin, voyant
-qu'elle ne pouvoit avancer, et vaincn par la
crainte qu'elle ne devint la proie de ses enne-
mis, il la perça d'un coup d'épée, et la jeta
dans le fleuve, pour que son corps ne tombât
pas au pouvoir de ses persécuteurs. Cependant
les eaux baissèrent et la déposèrent sur le
sable, où elle fut trouvée par des pasteurs ; ils
la rappelèrent à la vie, et la portèrent à la
ville d'Artaxe, d'où elle fut conduite à Thiri-
date, roi d'Arménie, qui la reçut<et la traita
avec les égards dus à son rang. Le moment
que l'artiste a choisi est celui où des bergers
ont trouvé Zénohie, et où l'un d'eux lui met
la main sur le cœur et s'aperçoit qu'il donne
encore quelque signe de vie.
BOGUET, à Rome.
i 4. Paysage historique.
Il représente la reine Audouère précipitée
dans un torrent par ordre de Frédégonde.
1 5. Paysage composé.
( )
BOUHOT.
16. Intérieur de la chapelle de la Vierge
de l'église Saint-Sulpice.
BOUTON (Charles-Marie), né à Paris, membre
de la Légion-d'Honneur.
17. Intérieur du palais des Thermes, vul-
gairemènt appelé bains de Julien.
Cette salle voûtée se voit au fond d'une mai-
son appelée la Groix-de-Fer, située à Paris,
rue deLa Harpe, et qui a servi de magasin à un
tonnelier. Ce monument, de construction ro-
maine, est un reste de l'ancien palais des
Thermes, que l'on croit bâti par l'empereur
Julien vers l'an 358.
La vue est supposée prise dans uiv siècle
antérieur à celui-ci; ce qui a motivé la res-
tauration partielle de ce lieu. On y voit la
statue de l'empereur Julien et une grande bai-
• gnoire en porphyre un peu mutilée. A gauche
on aperçoit deux hommesdont l'un est occupé
à dessiner ce monument.
18. Intérieur de la salle du XVme siècle
au ci-devant Musée des Monuments
François.
On y remarque le tombeau de Louis XII.
( 12 )
BROC (Jean), né à Montignac, département
de la Dordogne.
19. La Magicienne consul tée par de jeu-
nes filles. Sujet idéal.
CHAUDET (feu), sculpteur, membre de l'Institut.
20. Énée sauvant son père et sa famille
de l'incendie de Troie.
COGNIET, ancien pensionnaire de l'académie de
France à Rome, membre de la Légion-d'Hon-
neur.
2 r. Marius à Carthage.
»
L'envoyé du préteur Sextilius ayant signi-
fié à Marius proscrit l'ordre de se retirer de
l'Afrique, celui-ci lui répondit: Tu diras à
Sextilius que tu as vu Caïus Marius, banni
de son pays, assis sur les ruines de Carthage.
COUDER (Louis-Charles-Auguste), né à Paris.
22. Le Lévite d'Éphraïm.
Un lévite de la tribu de Juda s'étoit uni en 1
( 13 )
2
secret avec une jeune fille de Bethléem, au
mépris de la loi qui le lui défendoit. Il avoit
emmené sa compagne dans les montagnes
d'Ephraïm, où il faisoit sa résidence; mais
celle-ci l'ayant quitté pour retourner dans sa
famille, le lévitç l'alla chercher, et la rede-
manda à son père, qui lui permit de la re-
prendre. Après de touchants adieux, les jeunes
époux partent ensemble, et s'arrêtent à Gabaa,
ville de la tribu de Benjamin, ennemie de la
tribu du lévite, parcequ'elle adoroit le vrai
Dieu. Aucun des habitants ne veut leur don-
ner un asile; cependant un vieillard les reçoit
dans sa maison : ils comptoienty passerla nuit,
lorsqu'une troupe de forcenés viennent de-
mander à gtands cris qu'on leur livre le lévite.
Son hôte, pour sauver le ministre du Sei-
gneur , offre de leur amener sa fille. Sa pro-
position n'est, point écoutée : alors le lévite
livre à ces brigands sa compagne bien-aimée,
qui succombe bientôt victime de leur rage et
de leur brutalité.
Les approches du jour ayant dispersé ces
barbares, l'infortunée sé traîne jusqu'au logis
du vieillard; elle tombe à la porte, la face
contre terre et les bras étendus sur le seuil,
lorsque le lévite, prêt à sortir, trouve dans
cet état une épouse qu'il a pleurée toute la
nuit. Les crisl qu'il éléwe jusqu'au ciel annon-
cent son ,lés<!iMr" Cependant il engage cette
( 14 )
malheureuse à se lever; elle ne répond point
il la regarde, la touche; elle n'étoitplus alors
il emporte son corps dans sa maison, le coupe
en morceaux, qu'il envoie aux douze tribus.
Tout Israël s'assemble: le lévite demande ven-
geance ; et une armée marche contre les Ben-"
jaminitcs, auteurs de ce forfait : ils sont vain-
cus; la ville de Gabaa devient la proie des
flammes, -et la tribu de Benjamin périt sous
l'épée d'Israël.
Le peintre a choisi le moment où le lévite
retrouve son épouse expirante; le jour com-
mence à paroître; on aperçoit dans le fond
du tableau les coupables Benjaminites qui se
retirent.
Ce sujet, tiré de la Bible, livre des Juges, a
été traité par J. J. Rousseau dans un poëme
intitulé le Lévite d'Éphraïm.
Ce tableau, exposé au Salon de 1817, a partagé
le prix avec le Saint-Etienne de M. Abel de Pujol.
COURT, ancien pensionnaire de l'académie de
France à Rome.
23. La mort de César. 1
Marc-Antoine fait apporter, sur la tribune
aux harangues, le corpside César assassiné
dans le sénat, et excite le peuple romain contre
( i5 )•
les meurtriers, eu lui montrant la tunique
ensànglantéé du dictateur.
On remarque sur le devant Brutus et
Cassius.
*
COUrANT, ancien pensionnaire de l'académie [de
France à Rome.
24. Ceix et Alcyone.
Ceix, étant allé, malgré les prières de son
épouse Alcyone, consulter à Claros l'oracle
d'Apollon, fit naufrage. Alcyone, avertie par
un songe du sort de son mari, courut au ri-
vage, où elle le trouva mort, et se livra au
plus grand désespoir. Ils furent tous deux
changés en alcyons, oiseaux de mer.
CRÉPIN (Louis-Philippe), né à Paris.
.25. Combat mémorable en 1798.
La corvette françoise la Bajonnoise, armée
de vingt-quatre canons de 8, commandée par
le capitaine Edmond Richer, prenant à l'a-
- bordage la frégate angloise l'Embuscade, por-
tant quarante canons, dont vingt-six de 16.
( 16 )
DE JUINNE, membre de la Légion-d'Honneur.
26. La famille de Priam pleurant la mort
d'Hector.
Hector, couché sur un lit funèbre, est en-
touré de sa famille éplorée. Sur le premier
plan, Andromaque sa veuve s'évanouit dans
les bras d'une suivante, et Astyanax, son fils,
cherche auprès de sa mère un soulagement à
sa douleur. Le vieux roi Priam et la reine
Hécube sont assis au chevet du lit, plongés
dans les plus douloureuses réflexions, en pleu-
rant la perte de leur fils aîné, le plus ferme
défenseur des Troyens. Paris, frère d'Hector,
s'approche de son lit, et jure de le venger.
A droite, Cassandre, vêtue de blanc, semble
lire dans l'avenir les malheurs qui vont fon-
dre sur la famille de Priam.
DELACROIX.
27. Dante et Virgile, conduits parPlégias,
traversent le lac qui entoure la ville in-
fernale de Dité.
Des coupables s'attachent à la barque, ou
s'efforcent d'y entrer. Dante reconnoît parmi
eux des Florentins.
( 17 )
2.
DELAROCHE (Paul),
membre de la Légion-d'Honneur.
28. Mort d'Elisabeth, reine d'Angleterre,
en 16o3.
Élisabeth donna une bague à son favori le
comte d'Essex, à son retour de l'heureuse
expédition de Cadix, en lui ordonnant de la
garder comme un- gage de sa tendresse, et
en l'assurant que dans quelque disgrâce qu'il
pût tomber, s'il la représentoit alors à ses
yeux, elle seroit favorable à sa justification.
Lorsqu'il se vit jugé et condamné, il confia
cet anneau à la comtesse de Nottingham en
la priant de le remettre à la reine. Le comte
de Nottingham, ennemi déclaré de d'Essex,
exigea de sa femme qu'elle n'exécutât point
la commission dont elle s'etoit chargée. Élisa-
beth, qui s'attendoit toujours que son favori
lui rappellerait ses promesses par ce dernier
moyen pour Pémouvoir en sa faveur, fut
décidée enfin, par le ressentiment et la poli-
tique, à signer l'ordre de l'exécution. La com-
tesse de Nottingham tomba malade, et sentant
approcher sa fin, les remords d'une si grande
infidélité la troublèrent : elle supplia la reine
devenir la voir, et lui révéla ce fatal secret
en implorant sa clémence. Elisabeth, saisie
de surprise et de fureur, traita la mourante
( >8 )
comtesse avec 1 emportement le plus extrême,
s'écriant queDieu pouvoit lui pardonner, mais
qu'elle ne lui pardonneroit jamais; elle sortit
avec la rage dans le cœur, et s'abandonna dès
cemoment à la plus profonde mélancolie; elle
rejeta toute espèce de consolation, et refusa
même de prendre des aliments; elle se jeta
par terre, y resta immobile à nourrir ses re-
grets des réflexions les plus cruelles, et déclara
que la vie n'étoit plus pour elle qu'un fardeau
insupportable. Des cris étouffés, des gémis-
sements, des soupirs, furent le seul langage
qu'elle se permit. Elle passa ainsi dix jours
et dix nuits étendue sur son tapis, et appuyée
sur des coussins que ses femmes lui appor-
tèrent ; ses médecins ne purent lui persuader
de se mettre au lit, et encore moins d'essayer
les secours de leur art. Sa fin parut prochaine.
Le conseil s'assembla, et députa le chancelier,
l'am ira l et le secrétaire d'État à cette reine,
pour savoir ses intentions sur le choix de son
successeur. Elle répondit d'une voix défail-
lante, qu'ayant porté le sceptre des rois, elle
vouloit qu'un roi lui succédât. Cecil la pressa
de s'expliquer plus positivement: « Un roi me
succédera, répliqua-t-elle, et ce ne peut être
que mon plus proche parent, le roi d'Ecosse. »
L'archevêque de Canterbury l'exhorta ensuite
à tourner ses pensées vers Dieu : « C'est ce que
je fais, et mon ame cherche à s'unir à lui pour
( 19 )'
jamais." Peu de temps après, sa voix s'étei-
gnit, ses sens s'affoiblirent; elle tomba dans
un assoupissement léthargique qui dura quel-
ques heures, et elle expira doucement, sans
aucun signe violent d'agonie, dans la soixante-
dixième année de son âge, et la quarante-
cinquième de son règne.
On remarque le lord Garde du Sceau, le
lord Amiral, l'archevêque de Canterbury, et
le secrétaire d'État, Cecil, qui est à genoux
devant la reine.
DELORME.
29. Hector reproche à Pâris sa lâcheté.
Honteux et vivement piqué des reproches
de son frère, Paris se lève précipitamment,
laisse tomber sa l yre, et, s'élançant vers ses
armes, il arrache de son front les fleurs dont
Hélène l'a couronné.
30. Céphale enlevé par l'Aurore.
DEMARNE (Jean-Louis) (feu), né à Bruxelles,
ex-membre de la Légion-d'Honneur.
31. Le départ pour une noce de village.
Des hommes, des femmes, et des enfants,
( 20 )
montés sur une voiture à quatre chevaux,
partent pour la noce; un ménétrier fait partie
de ce joyeux équipage. Une femme qui garde
ses bestiaux indique à ces voyageurs la toute
qu'ils doivent suivre.
Cette scène se passe au soleil levant, sur un
chemin au bord d'une haie, dans une campa-
gne pittoresque de Franche-Comté , enrichie
d'arbres et de montagnes, dont plusieurs se
détachent sur l'horizon.

32. Une Foire à la porte d'une auberge.
33. Une Route sur laquelle on voit une
diligence. Sur le devant est une ferme
d'où l'on voit sortir des animaux.
DEVERIA (Eugène).
34. La naissance d'Henri IV.
Henri d'Albret, après avoir frotté les lèvres
de l'enfant avec de l'ail et lui avoir fait boire
du vin de Jurançon, le présenta au peuple,
et lui demanda comment il s'appelleroit; on
répondit d'une voix unanime: HENRI, comme
son grand-père.
(21 )
DROLLING, né à Paris, membre de la Légion-
d'Honneur.
35. La séparation d'Hécube et de Po-
lixène.
Ulysse arrache Polixène des bras de sa mère
Hécube, qui cherche en vain à la retenir. Il
entraîne cette princesse à l'autel où les Grecs
vont l'immoler aux mânes d'Achille.
36. Orphée perdant Eurydice.
Presque aux portes du jour, troublé, hors de lui-même,
Il s'arrête, il se tourne, il revoit ce qu'il aime:
C'en est fait, un coup d'oeil a détruit son bonheur
DUBUFE.
37. Apollon et Cyparisse.
Cyparisse ayant tué par mégarde un jeune
cerf qu'il élevoit avec beaucoup de soin en
eut tant de regret qu'il voulut se tuer. Apol-
lon touché de la douleur de ce jeune homme
en eut pitié et le métamorphosa en cyprès.
( 22 )
DUCIS.
37 bis. La Famille Royale et la Cour entou-.
rant le Roi, qui., placé au grand balcon
des Tuileries, voit défiler l'armée vic-
torieuse arrivant d'Espagne, leie décem-
bre 1823..
bre 18 2 3 -
DUNOUY (Alexandre-Hyacinthe), ne à Paris.
38. Paysage composé d'après des études
faites dans les Alpes et en Italie.
DU PERREUX ( A: L. R. ), né à Paris.
39. Vue du rocher de FAiguille, première
- porte de clôture de la Grande-Ghar-
treuse de Grenoble , par Saint-Laurent
du Pont.
Le 8 juillet 1816 le vénérable dom Romuald
Moissonnier, grand -vicaire des chartreux ,
âgé de soixante-quatorze ans, vint, au nom
de son ordre, reprendre possession de cette
célèbre retraite de S. Bruno, restituée à sa
primitive destination par la piété du Roi. Il
étoit accompagné de deux chartreux, et suivi
de fidèles que la piété attiroitsur ses pas. Il
( 23 )
était à peine entré dans l'enceinte de la pre-
mière clôture du monastère, que trois char-
treux du département de l'Isère descendirent
du désert, une croix de bois à la main, et se
prosternèrent à ses pieds pour recevoir sa bé-
nédiction. Il mourut à la Grande-Chartreuse
le 19 juillet, onze jours après son installation.
FABRE (de Montpellier), membre de la Légion-
d'Honneur.
4o..
Philoctete, à qui Ulysse et Néoptolème en-
lévent les flèches d'Hercule, dont il falloit
qu'ils fussent possesseurs pour se rendre maî-
tres de la ville de Troie.
Philoctéte avoit été abandonné dans File de
Lemnos avec l'arc et les flèches qu'Hercule lui
avoit donnés en mourant.
*
:! 1\
FLEURY.
¡ J .,.
4o bis. Le Tasse au monastère dè Saipt-
Onufre, à Rome.
Les forces du Tasse sont épuisées par les
chagrins et par la maladie; et, pendarft -quf.
son triomphe se prépare à Romep,.i|( yient
chercher le repos dans le monastère de Saint-
( 24 )
Onufre, sur le mont Janicule, et demander à
la religion un bonheur qu'il n'a pas trouvé
dans la gloire. Il est amené et soutenu par le J
cardinal Cintio, son ami , neveu du pape Clé-
ment VIII. Les religieux, dans l'attitude du
respect et de l'admiration, reçoivent ce grand
homme. «Mes pères, dit-il en entrant, je
viens mourir au milieu de vous. »
FORBIN (le comte de).
41. Un Maure de Tanger est accusé d'avoir
voulu favoriser l'évasion d'une jeune reli-
gieuse. Un inquisiteur procède à leur
confrontation et à l'interrogatoire, dans
un souterrain de l'inquisition de Val-
ladolid.
FORESTIER,
ancien pensionnaire de l'académie de France
à Rome.
42. Jésus-Christ guérissant un jeune homme
possédé du démon.
FRAGONARD, membre de la Légion-d'Honneur..
43. Marie-Thérèse présentant son fils aux
Hongrois.
- •. - JI fi
C 25 )
3
GARNIER ( Etienne-Barthélemi ), né à Paris,
membre de l'Institut et de la Légion-d'Honneur.
44. Ajax, fils d'Oïlée, gravissant les ro-
chers et bravant la tempête et les dieux.
Figure d'étude faite à Rome.
GENOD.
45. Scène de l'armée d'observation sur les
Pyrénées.
Un vieux religieux, fuyant la persécution
et les troubles d'Espagne, arrive sur les terres
de France mourant de froid et de fatigue; il
tombe entre les bras d'un jeune soldat qui lui
prodigue des secours.
GÉRARD (François), baron, membre de l'In-
stitut, premier peintre du Roi, chevalier des
ordres de Saint-Michel et de la Légion-d'Hon-
neur.
46. Psyché recevant le premier baiser de
l'Amour est assise sur un tertre couvert
de gazon, pressant ses bras sur son
( 26 )
sein ; dans ses traita l'artiste a peint la
virginité, et la douce émotion qu'elle
éprouve.
Le papillon qui voltige au-dessus de sa
tête est le symbole de l'ame.
GOSSE.
47. Saint Vincent-de-Paule convertit son
maître.
Saint Vincent-de-Paule , fait prisonnier par
les Turcs, étoit depuis trois ans dans l'escla-
vage, lorsque la Providence permit qu'il pas-
sât au service d'un renégat provençal. Vincent
parvint à l'intéresser par sa douceur et sa ré-
signation. Il profita de cette circonstance
pour ramener son maître infidéle à la foi
qu'il avoit abandonnée. Il eut le bonheur d'y
réussir.
Un jour que Vincent travailloit aux champs
avec ses compagnons d'infortune, le renégat
l'aborde aVe<l.rœspcct. Le repentir dans l'ame,
il va tomber aux pieds de son esclave. Vincent
le retient, et implore pour lui le pardon cé-
leste.
GRANET,
Né à Aix. département des Bouches-du-Rhône,
( 27 )
chevalier des ordres de Saint-Michel et de la
Légion-d'Honneur.
48. Vue intérieure de l'église du couvent
de San-Benedetto, près Subiaco.
On voit un moine en prière,ú ses disciples.
49. Intérieur de la basilique basse de
Saint-François-d'Assise, à Assise.
Elle est desservir- par les religieux fran-
ciscains. Le moment choisi par l'artiste est
celui d'une grande cérémonie religieuse.
50. Saint Louis délivrant des prisonniers
françois à Damiette. ,
GHANGER, ancien pensionnaire de l'académie de
France à Rome.
51. Une nymphe lutirree par les Amours.
52. Pélée et Andromaque.
Hermione, épouse de Pyrrhus, profite de
l'absence de son mari pour condamner a la
( 28 )
mort Andromaque, sa rivale, ainsi que l'en-
fant qu'elle eut du fils d'Acliille; à cet effet,
la princesse lacédémonienne engage son père
Ménélas à venir pour la seconder dans ses
projets de vengeance. Le roi de Sparte se rend
à Phthie, et, déja maître de Molossus et de sa
mère, il les fait conduire dans le palais pour
être mis à mort. Pélée arrive; surpris de voir
la veuve d'Hector liée et entraînée au sup-
plice avec son fils, il les délivre et ordonne à
Ménélas de se retirer dans ses états.
(EURIPIDE, act. III.)
GROS (Antoine-Jean), baron, membre de l'In-
stitut , chevalier des ordres de Saint-Michel et
de la Légion-d'Honneur.
52 bis. François Ier et Charles-Quint visitant
l'église de Saint-Denis.
En 1540, Charles-Quint voulant se rendre
promptement en Belgique, et connoissant la
loyauté de François 1er, n'hésita pas à passer
par Paris. Il y resta six jours, et, ayant marqué
le desir de visiter l'église de Saint-Denis, Fran-
çois I", avec ses deux fils, voulut l'y accom-
pagner.
L'on remarque, avec le roi de France,
Henri d'Albret, son beau-frère, Antoine de
Bourbon, qui épousa Jeanne d'Albret et fut
( 29 )
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connétable, l'abbé de Saint-Denis et son clergé.
Le cortège descend du Trésor aux cata-
combes ; il s'arrête devant le tombeau de
Louis XII, surmonté des drapeaux que ce roi
avoit pris aux Vénitiens à la journée d'Ai-
gnadel.
GUDIN, membre de la Légion-d'Honneur.
53. Sauvetage d'un navire naufragé.
GUERIN (Pierre), baron, membre de l'Institut,
chevalier des ordres de Saint-Michel et de la
Légion-d'Honneur.
54. Phèdre et Hippolyte.
Accusé par Phèdre d'avoir conçu pour elle
une passion criminelle, et d'avoir tenté de la
satisfaire par la violence, Hippolyte paroit
devant Thésée, qui, abusé par le témoignage
d'OEnone, l'accable de reproches, l'exile, et le
dévoue à la colère de Neptune. Ce malheureux
fils, fier de son innocence, repousse par
l'exemple de sa vie entière les calomnies dont
il est victime. M. Guérin - l'a représenté au
moment où il prononce ces vers : �
« D'un mensonge si noir justement irrite ,
a Je clevrois faire ici parler la vérité,
( 3o )
« Seigneur; mais je supprime un secret qui vous touche :
le Approuvez le secret qui me ferme la bouche ;
» Et, sans vouloir vous-même augmenter vos ennuis,
« Examinez ma vie, et sotigez qui je suis. » '«-
RACLNE, acte IV, scène u. •
55. Énée racontant à-Didon les malheurs
de la ville de Troie.
Après la prise de Troie, Enée, prince de la
famille de Priam, aborda avec sa flotte en
Afrique, auprès de la ville de Cartilage, où
Didon, fille du roi de Tyr, avoit établi son
empire. Cette reine reçut à sa cour le héros
troyen 'et en devint bientôt éprise. Elle se
• plaisoit à lui entendre raconter ses voyages et
les malheurs de la ville de Troie. Vénus, pour
augmenter encore la flamme dont la reine de
Cartilage brùloit pour Enée, lui envoya l'A-
mour sous la figure d'Ascagne, fils de ce der-
nier. Didon aimoit à caresser cet enfant, ne
soupçonnant pas sa métamorphose, et Cupi-
don profitoit de la confiance de la reine pour
enflammer son cœur.
Énée est ici représenté au moment où il fait
à Didon le récit de la guerre de Troie. Cou-
chée sur un beau lit de repos, Didon l'écoute
avec intérêt et le regarde tendrement. Gupi-
don, sous les traits d'Ascagne, tenant Un des
bras de la reine, lui ôte du doigt son anneau
nuptial, pour marquer ses progrès dans le