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EXPOSÉ
HISTORIQUE
des faits
concernants la Neutralité de la
Suissè envers la France.
AFM.
1 7 9 7.
p
EXPOSÉ HISTORIQUE
des faits
concernants la Neutralité çle la Suisse envers
la France.
o
n a repandu les doutes les plus injurieux
sur la marche loyale et franche de laSuifle et
particulièrement du Canton de Berne, pen-
dant la guerre qui vient d'etreterminée.
On a voulu faire croire, contre Tevidence
des faits et le jugement de l'Europe entière
que les gouvernemens Suiffes quoiqu' annon-
çant une neutralité exafte et impartiale
àvoient constamment entretenu une guerre
sourde contre la République française.. Ces
calomnies inventées & repandues par des in-
triguans étrangers à la France, trop denuées
de fondement pour trouver croyance auprès
des gens instruits, ont longtems paru ridicu-
les & méprisables. Mais elles prennent un tel
caraftere d'acharnement et de publicité ,
elles font recues si avidement dans les gazct-
A z
tes
4
tes françaises et étrangères, elles font ac-
compagnées de menaces et de circonstances
si graves, qu'il n'est plus possible de dou-
ter de l'influence qu'elles ont déja obtenue.
D'ailleurs la tacrique de leurs auteurs est
infaillible ; en taisant les faits les plus mar-
quans et les plus concluans, en tronquant et
mutilant les autres en les arrangeant tous
d'après un plan insidieux qui n'exifie pas dans
les choses mais dans l'imagination feule et
dans l'intéret de l'écrivain , en les habillant
ensuite d'un Commentaire perfide pour
fufpetter les intentions les plus honnêtes : on
parvient si aisément à detruire la reputation
la mieux etablie, que les lesteurs ordinaires
et de bonne foi ont même de la peine à se
garantir de ce piege. Il devient donc indi-
spensable dy repondre enfin, non par les mê-
mes armes immorales, ni même par des rai-
sonnemens juflificatifs, mais par une ferie de
faits simples et de notorieté publique, dans cet
ensemble et cette verité qui feule peut produire
l'evidence et justifier l'intention. On a cru
devoir présenter ici ces faits, sans art
sans commentaire, mais nombreux, confiants
uni-
• 5
uniformes et d'une authenticité diplomatique.
lis suffiront sans doute, si non pour fermer
la bouche à ces fabiicateurs d'injures in-
corrigibles par leur intérêt, dumoins pour
desabuser les personnes de bonne foi, que
des inculpations insidieuses auroient pu éga-
rer ou feulement prévenir.
Faits relatifs à Veloignement des Suiffes
de toute coalition et à l'observation de la
Neutralité en général.
Il y en auroit beaucoup à produire même
des années 1750. 1791.'et 1792. quoique l'on
cite cette epoque comme celle de la mal-
veillance la plus marquée des Suiffes en-
vers la France. Tels font la dêfense
des recrues qu'on a voulu tenter en 1790.
pour la Légion Mirabeau, la defense à des
Particuliers d'Aarau de fondre des canons
pour le Compte des Princes, l'ordre donné
à tous les Regimens Suiffes de prêter le
nouveau ferment decrété en 1791. la neu-
tralité arrêtée , et communiquée à l'ambas-
sadeur Français deja en Mai 1792. &c.
A 3
Mais
6
Mais la meilleure barmofiîe entre 14
France & le Corps helvetique date surtout
de l'epoque de l'etabliffemeht de la Repu-
blique en France, c'eft- à- dire de celle ou M
lutte entre l'ancien et le nouveau pouvoir ayant
celsé, il ne pouvoit plus y avoir de douré
sur l'autorité suprême qui regiffolt la natiori
francaise.
En Septembre 1792. à l'epoque la plus
critique de la Republique Francaise, et- au
moment ou le fort des gardes suisses au 10,
Aoust et celui des Suiffes détenus ou cachés
le 2. Septembre , avoient excité les plus vifs
ressentimens, la neutralité fut néanmoins ar-
rêtée , convenue et reglée à une diete gene*
raie.
j
En Oftobre et Novembre 1792, ou on
voulut faire croire à une prétendue coalition
entre le roi de Sardaigne et plusieurs gou-
vernemens Suiiïes, les troupes Zuricoifes
et Bernoifes déclarèrent hautement aux gé-
néraux Français, qu'elles ne - marchaient a
Genève que pour repondré à la reqülfition de
- , 0" � cet
7
cet etat faite en vertu des alliances. Dès que
les Genevois furent rassurés sur leur indé-
pendance , et déclarèrent n'avoir plus besoin
des Suisses, toutes les troupes se retirèrent
et de Genève et du pays de Vaud.
Le 12. Mars Ii9J. le frere du roi écrivit
au Corps Helvetique, et voulut se faire re-
connoitre Régent. On ne lui donna pas mê-
me une réponse.
Le f Décembre le ministre anglais Fitzgerald
donna une note très forte et menaçante pour
exiger l'interruption totale de toute corre-
spondance avec la Republique Francaise ou
son Ambassadeur. On le refusa unanime-
ment le 26 Décembre, et avec dignité.
Le 8. Fevrier 1794. le même ministre An-
glais donna une note à l'Etat de Berne pour
çmpecher la reconnoissance de la nouvelle
Constitution de Genève ; sa demande fut
ecartée et la Constitution reconnue.
Le 6 Juin 175* f. le Gouvernement de Ber-
ne exhorta fortement la Commune de Mon-
A4
févil-
a
féviîliérs au Département du Mont « Terrible*
de se soumettre aux loix de la République
Française. Elle se rendit à Pobeiffance et
evita par la une execution militaire. La mê-
me mesure fut repetée le 30 May 1796. et
eut le même effet ; ce qui nous valut même
les remercimens de r Ambassadeur.
Le 13. Octobre même année, Mr. de
Degelmann miniflre Impérial exigea, qu'on.
mit un corps de troupes considérable sur pied,.
pour empeeher le passage des Français par
le Canton de BasIe. On lui répondit de la
même maniéré comme on avait répondu à
l'Ambassadeur Français, qui avait fait la
même demande dans une autre occasion.
Le g. Janvier 1796, le séjour de Mr. Wik-
ham à Lausanne, ayant donné de l'ombrage,
et accrédité des bruits sur une conduite, con-
traire à notre Neutralité, on l'engagea à re-
venir à Berne.
Le 29. du même mois, le Regiment de
Watteville autrefois au service deFtance,qu'on
avait confervé pendant trois ans et qu'on au-
rait
9
rait pu donner à des puissances étrangères
fut entièrement licencié.
Les regimens qui revenoient dans la mê-
me epoque de la Hollande, furent de même
licenciés au moment de leur retour.
Le 16. Mars 1796, lorsque rAmbaHMeur
Français eut présenté ses nouvelles lettres
de créance, de la part du Directoire executif,
Berne fut un des premiers Cantons qui se.
prononça pour y répondre avec des féli-
citations et dans toutes les formes diplomati-
ques.
Il engagea même fortement les autres
Cantons et nommément les Etats populaires.
qui avoient tardé de se prononcer pour cette
reconnoinance, de f y décider sans délai.
Le 15. Aoust 1796. le Directoire executif
ayant exigé du Canton de Basle, que l'on
garnit plus fortement nos frontières pour
empêcher un passage présumé de l'Armée de
Çondé, il fut lui même satisfait de nôtre ré-
ponse. Elle valut de la part du Maréchal
A 5
Wurm.
10
Wurmser une nouvelle Déclaration, qu'on
n'avait aucune intention sur ce passage.
Le 2. May 1796. Mr. Wikham ayant com-
muniqué au Canton de Berne et au Corps Hel-
vetique, les ouvertures faites entre lui et Mr.
Barthélémy pour une négociation de paix, ou
il voulut rejetter tout le tort de leur interrup-
tion sur les Français, on lui répondit d'une
manière générale, en faisant des voeux pour
la paix.
Le 19. May même année, le Roi de Sar-
daigne ayant reclamé l intercession amicale
du Corps Helvetique pour la reddition de la
Savoye, sa demande fut ecartée avec hon-
nêteté.
Le 17. Juin. Le ministre Anglais ayant
reclamé contre le Décret que l'état de Berne
avait porté relativement aux émigrés, on
n'y fit aucune attention.
Le 1 3. et 19. Juillet, le séjour de l'ancien
eveque de Basle à la Neuveville, prés du
Département du Mont-Terrible, ayant donné
de
Il
de l'ombrage au gouvernement Français, Ber-
ne l'engagea à s'en rctirèr, et il choisit alors
une retraite dans un couvent de la Suiffe
Allemande.
Le 29. Juin 1796. apr,'s l'occupation de
la Suabe par les Français, les contingens de
- Basle furent retirés des que les Armées Au-
trichiennes n'avoisinérent plus nos frontières.
En Septembre et Octobre 1796. lors de
la retraite de Moreau, on prit des mefurcs
fortes pour empêcher tout passage de Corps de
troupes, et la poursuite de PArmee Autri-
chienne, qui auroit attiré chez nous le theâ-
tre de la guerre. Mais on laifla passer tous
les individus sans armes , on secourut les
blessés, les malades et les dénués de ressources;
malgré les réclamations et les menaces des
Generaux autrichiens. 11 en pafiait souvent
par centaines même reunis dans une feule
journée par le Canton de Berne. Le Géné-
ral la Tour donna à cet égard le 20. Octobre
une Note très forte. On Feu: borné à lui en
accuser la reception.
Le
12
Le 14. Novembre dès que le danger fut
paffé, toutes les troupes furent r'envoyées
chez elles.
Le 7. Décembre. Les généraùx Français
et Autrichiens se plaignaient réciproquement
aux Suiffes de la violation d'une petite lan-
gue de terre appartenante au Canton de
Basle, violation, arrivée de nuit dans le tu-
multe d'une affaire fort vive et présqu'impos-
sible à empêcher par la position du territoire.
Les troupes Suiffes y avaient resté an plus
grand péril de leur vie, au milieu des bat-
teries- et des fusillades ennemies, et firent
tout pour empêcher cette violation. Néan-
moins les Officiers qui n'avaient pas fait leur
devoir avec assez de fermeté, furent interro-
gés et punis.
En 1757. on envoya des Représentans du
Corps Helvétique à Lugano pour veiller au
maintien du bon voisinage et de la Neutrali-
té. Malgré quelques petits faits subalternes mal
connus ou mal expliqués en Françe, le Gé-
néral Bonaparte fut si content de nous, qu'il
nous remercia lui même par une lettre datée
-.. de
13
de Passeriano du 7. Septembre, de la fageflb
avec laquelle nous avions contribné à la furè-
té des frontières respectives.
La Republique Cisalpine fut reconnue
par le Corps Helvétique, sur l'annonce qu'elle
avait faite de son indépendance, deux mois
avant la paix. Le Canton de Berne donna
le prémier son approbation.
Faits relatifs à Y observation de la Neu-
tralité dans toutes ses parties.
D'abord ni les regimens qui étaient au
service de Françe, ni ceux de la Hollande,
n'ont été donnés ni en tout ni en partie aux
puissances coalisées, quoiqu'on aurait eu à
cet effet des propositions fort avantagenfes.
Mais toutes les tentatives pour se procurer
des hommes pour la coalition, ont été préve-
nues, déjouées, punies.
Le if. Aoust 1793. un émigré Savoyard
qui vouloit retourner en Piemont et avait
peur d'être enlevé en Valais, demanda à un
Mr. Bergier ecuyer de Lausanne, de le faire
accom-