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Chez LAMBERTÉ, imprimeur de la Réunion, au coin
des rues des Marmouzets et de Perpignan,
F. X TRAITS
------- -Zl? - "-
REGISTRE'
r.
^SJD ÉLIBÉ RATI O N S
ET DES
PROCÈS-VERBAUX
Des séances extraordinaires des 9 et 10
thermidor an 7 de la république française,
jours auxquels ont été célébrées les fêtes
de là Liberté au temple de l'Etre supremc..
par l'administration municipale du - ge..
orrondissement du canton de Paris.
A PARIS.
A
liberté, égalité,
ADMINISTRATION
MUNICIPALE
DU NEUVIÈME ARRONDISSEMENT.
EXTRAIT
Du registre des délibérations et du procès-
verbal de la séance extraordinaire du 9
thermidor an 7 de la république française
jour auquel on a célébré la fête de fa
Liberté au temple de VEtre suprême.
A
1>1 X heures précises du matin, led
citoyens Lehaoine , président provisoire;
Baradelle, Degaigné, Bertrand , adminis-
trateurs ; Taine, commissaire du pouvoir
exécutif; Fredui, secrétaire en chef; toiis
en costume , se sont rendus à la salle du
conseil. i
Les autorités constituées de l'arrondisse-
ment; savoir :
Les juges de paix et leurs assesseurs,
Les. commissaires de police,
( 2 )
Les membres des comités de bienfaisance ;
Les membres des conseils de discipline
militaire,
Les commissaires aux poudres et sal-
pêtres ,
Le commandant de l'arsenal,
Les instituteurs et institutrices primaires
de l'arrondissement avec leurs élèves se sont
réunis à la salle du conseil , ainsi qu'ils y
avaient été invités.
Le président donne lecture du programme
tIes fêtes des neuf et dix thermidor, publié
par le ministre de l'intérieur.
A onze heures, l'adjudant de brigade chargé
du détail vient annoncer au président que
la garde nationale sédentaire avec* ses dra-
peaux et tambours , ainsi qu'un détache-
ment d'infanterie de ligne, étaient en ba-
taille sur la place , et qu'il était inutile
d'attendre la cavalerie qu'on avait demandée
au général en chef, ainsi que les vétérans,
parce que ces troupes passaient la revue.
A onze heures , le cortège précédé des
jeunes élèves et d'une musique instrumen-
tale , s'est mis en marche par la plate
Jean, l'Arcade, la Maison Commune, Jes
( 3 )
A 3
qnais Pelletier et de Gêvres , le Pont-an-
Change , la rue de la Barillerie , le Marché-
N~uf la rue Neuve-de-la-Cité ; enfin fs
temple de l'Etre suprême.
L'administration et les juges de paix
placés sur une même ligne, occupent les
fauteuils qui leur sont préparés ; les auto-
rités constituées se placent de droite et de
gauche.
L'orgue exécute l'air , AMOUR SACRf
DE LA PATRIE ; qui est entendu debout
avec un silencieux recueillement.
Ensuite le commissaire du pouvoir exé-
cutif a fait lecture du programme des fêtes
des neuf et dix thermidor/envoyé par té
ministre de l'intérieur , et eri a requis l'exé-
cution.
Un musicien de l'O'pera chante plusieurs
strophes de la Marseillaise , accompagné
de la musique placée dans les ci-devant
jubés.
Le citoyen Baradetle, l'un dés adminis-
trateurs , prononce un discours qui a été
suivi de mille cris de vive la république î
vive la république ?
Suit la teneur du discours :
(4)
DISCOURS
''-
POUR la fcte constitutiannelle du neuf
thermidor.
CITOYENS,
�� :e
S
Toutes les époques de notre immortelle
révolution qui virent s'écrouler une tyran-
nie quelconque, seront éternellement chères
aux cœurs républicains. Leurs mécontente"
mens particuliers , leurs douleurs person-
nelles se tairont toujours devant les prin-
cipes éternels , conservateurs des gouver-
nemens libres, devant ces grands principes
qui n'avouent d'autre autorité que celle
qui s'exerce au nom du peuple et pour le
peuple , qui, dans les républiques anciennes
armèrent le bras des Scoevola , des Brutus y
qui soumirent Aristide lui-même au juge-
ment de l'ostracisme , par cela seul que ses
concitoyens étaient fatigués de l'entendre
appeller le juste par excellence.
0 mémorables journées de thermidor !
W sont ces principes consacrés par notrç
( 5 )
A 3
constitution qui vous assurent un rang par-
mi les époques célèbres de la révolution fran-
çaise ; ce sont eux qui rassemblent ici les
autorités populaires et une nombreuse por-
tion du peuple, pour célébrer avec pompe
votre illustre anniversaire.
Laissons à l'histoire impartiale le droit
qu'elle a de présenter à nud les évènemens
fameux , de les dégager de l'enveloppe des
passions diverses qui en préparèrent ou dé-
terminèrent le succès, de changer même
quelquefois en jours de deuil et de larmes
des jours de fête et de triomphe. Ne voyons,
nous, que les principes, que cet amour
brûlant de la patrie, qui impose silence
à toute autre considération.
Rendons franchement hommage à cette
sublime convention nationale qui, armée de
la massue du peuple , pulvérisa le trône , et
traîna le tyran à l'échafaud.
N'en doutez pas , citoyens , si tant de
voix impures conspirèrent et conspirent en-
core pour ternir la gloire de cette prodir
gieuse assemblée 3 si l'on mit tant d'achar-
nement à relever ses fautes et à les trans-
former en crimps, c'est que les suppôts dg
(6) ;
*ML royauté ne purent et ne pourront jamais
lui. pardonner la chiite de leur idole. Si
cette même convention, si grande lorsqu'elle
jugeait un tyran couronné ; laissa ensuite
germer et pulluler dans son sein la - tyran-
nie de quelques individus, plaignons-la au
ÎLeii de l'accuser, et n'oublions pas que
si elle commit une faute , elle eut au moins
le courage de l'avouer et l'intention de la
réparer.
r Mais si, à côté de cette facheuse idée,.
JiOus plaçons le tableau des prodiges de
tout genre qui partirent de son enceinte;
si nous envisageons le berceau sacré de la
république, attaqué dans le lieu même qui.
la vit naître par la monstrueuse coalition
dés ennéniis intérieurs et extérieurs, ces
- légions armées qui s'élancèrent à sa, voix
dans les champs de la victoire , ces mil-
liers d'arsenaux qui, sortis comme par en-
chantement des entrailles de la terre, vo-
mirent sur le sol ennemi l'épouvante et la
mort, ces victoires presque aussi multipliées
que les combats, fruits heureux de cet en-*
thousiasme national, dont l'étincelle jaillit
de son enceinte électrique 1 ces grandes res-
( 7 )
sources enfin , qui , toujours prêtes a se
reproduire , retirèrent plusieurs fois la répu-
blique du bord de l'abyme, qui pourra
se défendre d'un mouvement naturel d'ad.
miration et de reconnaissance ?
Ces journées mêmes, ces immortelles jour-
nées que nous célébrons aujourd'hui, quel
enthousiasme, heureux elles produiraient en
ce moment dans toutes les parties de la
république ; comme elles précipiteraient
tous les citoyens dans des embrassemens
vraiment fraternels, si l'affreux royalisme-,
toujours à l'affût des occasions , toujours
habile à tirer parti de tout, ne s'était em-
.paré de cette époque pour la diriger au
profit de ses trames criminelles.
Déjà, par l'effet des vengeances parti-
culières , la république avait à pleurer quel-
ques vrais amis de la liberté; déjà l'avant-
garde des républicains avait été jetée par
l'abus de la domination dans les bastilles
modernes, et le moment qui dût en récla-
mer la prompte démolition y plonge le
corps d'armée presque entier.
Ainsi les prisons paraissent s'ouvrir, et
nè font que changer d'habitans. Ainsi 1 l'é-
( 8 )
chafaud paraît se briser ; et ne fait que
changer de bourreaux et de victimes
Ainsi la lâcheté triomphante accuse l'hé-
roïsme , le brigandage accuse la probité ,
la perversité accuse la vertu , le royalisme
enfin accuse hautement et proscrit le ré-
publicanisme. Ainsi une main infernale
change l'enthousiasme de la liberté en une
réaction liberticide } ainsi la carrière est
ouverte aux fureurs, aux vengeances pri-
vées et publiques ; ainsi s'organise par-tout,
au nom de la justice et dé l'humanité, le
carnage des républicains , et le sol de la
liberté boit le sang de ses cultivateurs.
0 vous, sincères amis de votre patrie
qui voudriez la voir heureuse , sans que
son bonheur coûtât une seule larme à un
seul de ses enfans , recueillez au moins les
chères et précieuses leçons de l'expérience !..
gardez-vous d'imputer à la liberté sainte,
les horreurs que le crime sema sur ses
traces. Q'aucun ressentiment n'altère dans
vos cœurs l'amour dont ils doivent brûler
pour elle.
Un évènement heureux qui méritera aussi
pa place dans les fastes de la république ,

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