//img.uscri.be/pth/009982d51de298daddfc49221121f3b679c33d80
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Feuilles jaunes et vertes, par Alexandre E.-R.

69 pages
imp. de Cayer (Marseille). 1869. In-16.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

FEUILLES
JAUNES ET VERTES
PAR
ALEXANDRE E... R.
■MARSEILLE
TYP0GKA;'H1IC ET LITHOGRAPHIE CAYK'.t KT C'1*
lïiie Sainl-Ferrêol, 5j
1869
EUILLES JAUNES ET VERTES
FEUILLES
JAUNES ET VERTES
' A& '<- '■■ PAR
IcCE^X/ANDRE E. R.
éMARSEILLE
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE CAYER ET Cls
'Rite Saint ■ Ferrcol, 5j
1869
SONNET AU LECTEUR
SONNET AU LECTEUR
Ces vers, ô cher lecteur, ne sont pas dtuaynètéfV/
Pour ne te pas tromper je viens t'en avertv^-r''^
Rimer fut ma folie; excuse-moi, car, cette
Idée est le seul bien qu'Amour me fit sentir.
Mais, si mes vers enfin languissent de faiblesse ,
En débutant par là, je crois être bien franc ;
Alors que j'eus pour Muse une triste jeunesse ,
Pardonne, ô ma lectrice, aux rimes d'un enfant.
L'ENFANT CRETOIS
L'ENFANT CRETOIS
Silence! le soleil se couche.
Dans la mer bleue il redescend;
Aux bords'de l'horizon il touche.
Comme son front est pâlissant !
Il s'efface, faible, incolore ,
Lui naguères ardent brasier ;
Mais je pourrai le voir encore
Incendier le ciel entier.
Sur les flots la brise légère
Ride la surface des eaux ;
Pas une voix, tout est mystère :
C'est le silence des tombeaux.
Mais là-bas un esquif traverse
Nonchalamment la mer d'azur,
Et la voile blanche le berce
Au vent du soir au souffle pur.
Un enfant blond, enfant de l'onde,
Ramant depuis l'aube du jour,
Frappait encor la mer profonde.
Il fuyait, fuyait sans retour.
Tout-à-coup une voix plaintive
Fit vibrer mon coeur étonné ;
Chant de la barque fugitive
Que la brise avait détourné.
*.< La mer m'emporte ;
« Mais que m'importe ,
« Soyons marin.
« Votre cohorte,
« Nombreuse et forte,
« Poursuit en vain.
« Non , plus de larmes,
« Car j'ai les armes
« D'un Cretois mort.
« C'était mon père !
« Ma pauvre mère
« Eut même sort !
i' La mer m'emporte ;
« Mais que m'importe,
« Soyons marin.
« Votre cohorte,
« Nombreuse et forte,
« Poursuit en vain.
— i4 —
< Avec les miens ils avaient cru m'éteindre,
« Mais, disait le blond enfant,
« Avant que de pouvoir m'atteindre
« Je saurais manier ce lourd fusil sanglant. »
Juillet 186S
OU VAS-TU?
OU VAS-TU?
« Où vas-tu, ma charmante rose ,
« Dis-moi, bel ange, où donc vas-tu
« — Je vais où s'en va toute chose,
« Où vont L'amour et la vertu.
« Je vais au Ciel où va tout homme
« Qui n'a jamais eu mille coeurs;
'i Dans ces jardins où d'une pomme
'c Ont résulté tous nos malheurs.
— i8 —
« Je vais au Ciel où du Bosphore
« On peut mépriser la beauté ;
« Je vais là d'où l'on voit éclore
« L'Amour enfant, la Liberté!
Arrête, ange adorable,
Demeure encore un seul instant !
— Non, car ton coeur inexorable
Las ! ne fut que trop inconstant !
Avril 1868.
LE COMPLIMENT
DU PREMIER JOUR DE L'AN
LE COMPLIMENT
DU PREMIER JOUR DE L'AN
Tout petit que je suis, à l'aube de ma course,
Comme un enfant des cieux,
Des élans de mon coeur vous retrouvez la source
En regardant mes yeux.
Ne vous disent-ils pas, chers parents: « Je vous aime! »
Que voulez-vous encor ?
Ne sourit-elle pas de mon amour emblème,
Cette auréole d'or ?
Et, dans ce jour heureux, où janvier recommence,
Mon jeune coeur content,
Vers ses parents chéris de lui-même s'élance
Avec un compliment.
Mais ma bouche naïve alors reste béante,
Par le défaut des ans ,
Et ne peut vous donner de sa lèvre innocente
Qu'un gros baiser d'enfant.
Décembre 1868.
L'ARCADION
L'ARCADION
A travers les flots, en silence,
File, file, petit bateau,
Toi, des Cretois seule espérance ,
Glisse sans bruit, glisse sur l'eau.
Entends-tu cette voix qui gronde ?
L'orage sévit contre nous ;
Glisse, bateau , glisse sur l'onde ,
A travers les flots en courroux.
— 26 —
Entends-tu la voix qui résonne
Avec le cri plaintif du mât ?...
— Oui, j'entends, mon âme frissonne.
Oui, j'entends le cri du combat !...
Et soudain au bruit du tonnerre,
Une voix terrible répond;
Ensemble le ciel et la terre
Vibrent à la voix du canon.
Sur les flots deux vaisseaux s'avancent;
De leurs entrailles part l'airain;
Contre nous tous deux ils s'élancent :
« Halte-là ! » dit le Grec marin.
Comme l'oiseau, dans la tempête,
Qui fuit la serre du vautour,
Vers ses petits, grimpés au faîte
D'une déserte et sombre tour ,
— 27 —
Glisse, et, volant comme la flèche
A travers les,vents et les mers,
De son aile tremblante sèche
Son sang qui roule dans les airs ;
Ainsi bondit, glissant sur l'onde
Avec deux balles dans le coeur,
Le noble brick en qui le monde
Reconnaît un second Vengeur.
Mais , à la voix du capitaine ,
Le coursier soudain s'arrêta,
Et l'intrépide et brave Hellène
A la bataille s'apprêta.
Voyez l'airain, le fer qui brille
Sur le petit Arcadion ,
Et cette chétive coquille
Devenir terrible lion !...
— 28 —
Dans les airs un bruit formidable
Chez les Turcs répand la terreur ,
Et la tempête épouvantable
Les fait encor frémir d'horreur.
Les Musulmans, dans l'épouvante,
N'osent plus avancer sur nous ;
Et cette masse foudroyante
Est prête à fuir notre courroux.
« Braves enfants, à l'abordage !
C'est là la voix de Courendis ;
On le voit lutter avec rage
Au milieu d'un grand cliquetis.
A l'Isddezim, qui seul s'avance,
Les Grecs vaillants donnent l'assaut,
Et le carnage alors commence
Sur le pont de ce noir vaisseau.
— 29 —
i< Frappez, frappez, fils de la Grèce
« Que vos coups portent le trépas !
« Qu'à ce moment de folle ivresse
« La pitié ne vous touche pas !
« Adversaire cruel et lâche,
« Rends-toi, reconnais ce drapeau !
« Sinon que le monde entier sache
« Qu'ici tu trouvas un tombeau. »
Les Turcs ne savent pas se rendre,
Surtout alors qu'ils sont nombreux,
Mais quelques Grecs ils sauront prendre
« Rendez-vous ! » s'écriait l'un d'eux.
Et ce moment était suprême ;
On entendit un bruit confus ,
Et tout-à-coup, par stratagème,
Une Motte entière parut.
— 3o —
» Rends-toi! » répétait-il en traître,
Ce fils d'Osman, fier du combat ;
« — L'Hellène meurt ou reste maître!
« A des Turcs il ne se rend pas ! »
Novembre 1867.
LA TEMPETE
LA TEMPÊTE
Blow winds.
(Du Roi LEAR.)
Le ciel qui gronde,
La nuit profonde
Lancent partout
Leurs noires ombres,
Ces signes sombres,
De leur courroux.
C'est le tonnerre ;
La foudre luit;
J'entends un bruit;
En pleine nuit,
Sur l'onde amère.
Le vaisseau fuit.
Moi, le seul être,
J'ose paraître
En ce moment :
Mon coeur peut-être
Sait méconnaître
Tout élément.
Quand la tempête
Lève sa tête,
Quand tout mugît,
Mon coeur en fête,
Joyeux s'arrête
Contemple et vît !
1868.
A D. P.
AU SORTIR D'UNE GRAVE MALADIE