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Fleurs poétiques dédiées à S. A. R. Madame, duchesse de Berry, par P. Denne-Baron,...

De
173 pages
A. Eymery (Paris). 1825. In-12, XI-190 p., pl..
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EXTRAIT DU CATALOGUE
DE LA LIBRAIRIE
D'ALEXIS EYMERY.
Ouvrages nouveaux.
LE MEXIQUE EN 182J, ou TAJILEAO PHYSIQUE, MOHAL ET
POLITIQUE DE LA NOUVELLE-ESPAGNE ; contenant des notions
exactes, et pour la plupart inconnues en Europe, sur sa situa-
tion actuelle, ses productions naturelles, son état social,
ses manufactures , commerce, agriculture, etc. ; suivi d'un
.appendice et dedocumens officiels, publics par le ministère
anglais en juin dernier, sur cette intéressante contrée , son
industrie, ses arts , etc., etc., et la nécessité de reconnaître
son indépendance. Accompagné d'un atlas de vingt planches ,
composé de deux plans de la ville de Mexico : le premier,
dressé par ordre de Moniczuma pour Fernand Cortez ; et
le seconde représentant cette capitale telle qu'elle est
aujourd'hui, les vues des principales cités du pays, les
costumes , les antiquités , etc., etc., dessinés sur les lieux
mûmes par M. BULLOCH , auteur de la Narration, et pro-
priétaire du Musée mexicain, formé par lui au Mexique , et
maintenant établi à Londres. Traduit de l'anglais par
M. ***, avec un avant-propos et des notes par sir JOHN
BYEIILEY, 2 vol, in-8° , avec l'atlas et les costumes coloriés.
Prix, 20 fr.
HISTOIRE DE LA DOMINATION DES ARABES ET DES
MAURES EN ESPAGNE ET EN PORTUGAL, depuis
l'invasion de ces peuples jusqu'à leur expulsion définitive ;
rédigée sur l'histoire traduite de l'arabe en espagnol de
M. JosEPn GONDE, membre de plusieurs sociétés savantes,
bibliothécaire de l'Escurinl, de l'académie d'histoire, etc.:
par M. DE MARLÈS. 3 vol. in-S", ■>. 1 fr.
OEUVRES COMPLÈTES DE M. LE COMTE DE SÉGUR, de
l'académie française, pair de France. 5o vol. in-S°sur papier
fin satiné des Vosges, avec deux atlas formés de 3a planches,
par P. TARDIEU ; un beau portrait par DIEU , facsimile, et
1 vol. de Pensées, donné gratis aux souscripteurs.
OUVHAGES DONT SE COMPOSERONT LES OEUVRES COMPLETES.
MÉMOIRES ou SOUVENIRS POLITIQUES ( INÉDITS ) , or-
nés du portrait de l'auteur , et d'un fac simile de son écri-
ture , 3 vol. in-S°.
Le premier volume de ces Mémoires est en vente.
DÉCADE HISTORIQUE, ou TABLEAU POLITIQUE DE L'EUROPE,
quatrième édition, entièrement refondue, et augmentée de
manière à en faire un ouvrage neuf, 3 vol. in-S".
Cet ouvrage est publié.
POLITIQUE DE TOUS LES CABINETS DE L'EUROPE,
4° édition, entièrement revue et corrigée, 3 vol. in-S".
HISTOIRE ANCIENNE, /,» édition, revue et corrigée, 3 vol.
in-8°.
HISTOIRE ROMAINE, 4" édition , revue et corrigée , 3 vol
in-8".
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE, 4« édition , corrigée : ['allas,
pour ces trois derniers ouvrages, composé de vingt plan-
ches, par P. TARDIEU.
HISTOIRE DE FRANCE , 6 vol. in-8° ( dont trois inédits ),
avec allas de douze planches , par P. TARDIEU.
Les cinq premiers volumes paraissent.
GALERIE MORALE ET POLITIQUE, 4" édition, revue et
corrigée , 4 vol. in-8° ( le 4e inédit ).
MÉLANGES, î vol. in-S» ( inédits ).
Prix de chaque livraison de 2 vol. in-8J pour les souscrip-
teurs :
— Avec portrait et atlas ( gravures en noir ) , i4 fr.
— Gravures coloriées , i5
Cartonné à la Bradel, avec une jolie couverture a vignettes,
imitant la reliure, ]6 fr.
— Vélin, le double.
Chaque ouvrage se vend séparément à raison de 7 fr. 5o c.
le vol.
En vente :
La 1" livraison , composée des tomes 20 et 21 des OEuvres
(irc et 20 de l'Histoire de France).
La 3°, des tomes 4 et 24 ( 1er de la Décade historique et
5" inédit de l'Histoire de France).
La 4e > des tomes 5 et 6 ( 2e et 3e de la Décade historique ).
La 5°, des tomes i« et yr (ict des Mémoires et 1" de la
Politique).
On vend séparément :
LA DÉCADE HISTORIQUE , ou TABLEAU POLITIQUE DE
L'EUROTE , 4° édition entièrement refondue , et augmen-
tée de manière à en faire un ouvrage tout-à-fait neuf,
3 vol. in-8° , papier satiné , 22 fr. 5o c.
Outre l'édition complète des OEuvres, on peut acquérir
séparément les ouvrages ci-après, dont il reste quelques
exemplaires :
HISTOIRES ANCIENNE, ROMAINE, ET DU BAS-EMPIRE
réunies, 10 vol, in 8°, G5 IV.
— Avec l'atlas en noir , très belles épreuves, 70 fr.
— Idem , colorié avec beaucoup de soin , 80 fr.
— L'atlas se vend en noir, 10 fr.
— Idem , colorié , 20 fr.
— Le même ouvrage, en 25 vol. in-iS, 2e édit., revue et cor-
rigée par l'auteur, avec cartes et gravures , 5o fr.
— Avec figures coloriées , 62 fr.
HISTOIRE ANCIENNE proprement dite, 2= édit,, revue et
corrigée , 9 vol., 18 fr.
—■ Figures coloriées , 20 fr.
HISTOIRE ROMAINE , 2= édit., 7 vol. , 14 fr.
— Fig. coloriées, 18 fr.
HISTOIRE DU BAS-EMPIRE, 2» édit., 9 vol. , 18 fr.
— Fig. coloriées , 20 fr.
HISTOIRE DE FRANCE, par le même. — Il enparaît 11 vol.
avec cartes et gravures. 22 fr.
On vend également :
HISTOIRE DE CIIARLEMAGNE, par le même, i vol.
in-18, avec cartes et grav., 2 fr. 5o c.
HISTOIRE DES GAULES, par le même , 2 vol. in-18, avec
cartes et figures , 5 fr.
HISTOIRE DE SAINT-LOUIS, 1 gros vol. in-18 , avec
4 gravures et une jolie couverture imprimée, 3 fr.
GALERIE MORALE ET POLITIQUE, 5= édit., 3 vol. ( Cha-
que volume se vendu part 6 fr.) 18 fr.
PENSEES, ou CHOIX DE MAXIMES, SENTENCES, etc., extraites
de ses ouvrages , 1 vol. in-18, imprimé avec le plus grand
soin , sur très beau pap., par P. DIDOT. 2 fr.
LES QUATRE AGES DE LA VIE, ou ÉTRENNES A TOUS LES
ÂGES , 1 vol. in-12, avec de jolies gravures , 4 f- Vélin, 8 fr.
ROMANCES ET CHANSONS , 1 vol. in-18 , 2 fr.
Les ouvrages de M. de Ségur sont si connus, le succès en
est si complet, qu'il serait superflu de dire ici les nom-
breux éloges qu'en ont faits les journaux de toutes les couleurs
et de tous les pays. Il nous suffira de rapporter ce passage de
la Pandore ( 8 juillet 1S24 ), qui rend compte de la iore livrai-
son des oeuvres de ce célèbre écrivain, a On remarque dans
les productions de M. de Ségur un tact d'observation aussi fin
que judicieux. Soit qu'il effleure légèrement la superficie ,
soit qu'il approfondisse ses sujets, il peint toujours aveo fer-
meté , sa pensée n'a jamais d'indécision. L'amour de la vérité
dicte ses récits , l'amour de la justice et de la vertu règle sp>»"
jugemens. Son style est orné sans être surchargé, correct,
élégant et pur. Sa narration est claire, vive, rapide et dra-
matique , qualités précieuses dans un historien qui veut se
faire lire. On quitte à regret sa conversation, toujours remplie
d'instruction solide et de grlce ; il en est de même de son
livre. •
CHOIX DE RAPPORTS , OPINIONS ET DISCOURS
PRONONCÉS A LA TRIBUNE NATIONALE , depuis
1789 jusqu'à ce jour, recueillis dans un ordre chronolo-
gique et historique, 20 vol. in-S", qui finissent avec
l'année i8i5. Tous les volumes sont ornés de 6 portraits
des plus célèbres orateurs , dessinés et lithographies par
M. MARLET. Prix, sans portraits, 120IÏ.
Avec portraits, 160 fr.
Papier vélin , le double.
La table analytique et raisonnée des matières de cet ou-
vrage forme un vol. in-8°, qui ?e vend séparément 5 fr.
Cet ouvrage est le tableau vivant des comices du peuple
français. Chaque discours est appuyé, motivé, mis en action par
un exposé succinct des circonstances et desévénemens qui ont
inspiré l'orateur. Avec un tel ouvrage on peut se passer du
Moniteur.
lia collection des portraits du Choix des Rapports se vend
séparément 4° fr-
CHOIX DE RAPPORTS, OPINIONS ET DISCOURS;
session de i8i5, comprenant les Cent jours, etc. Prix ,
avec portraits. y fr.
Sans les portraits, fi fr.
7
Sessions de iSiy , 1820 , 1 vol. in-8". Prix , avec les por-
traits , SIV.
Sans les portraits, 6 fr.
DICTIONNAIRE D'ASTRONOMIE, 1 gros vol. in-12, avec
planches, 7 fr.
ÉTAT DES JUIFS EN FRANCE, EN ESPAGNE ET EN ITA-
LIE, depuis le commencement du cinquième siècle de l'ère
vulgaire jusqu'à la fin du seizième , sous les divers rapports
du droit civil, du commerce et de la littérature, par M. le
chevalier Bail, 1 vol. in 8°, itr.
GÉOGRAPHIE DE LA JEUNESSE, par Depping, 2 gros
vol. in-i 2, avec cartes , 10 fr.
GALERIE FRANÇAISE, EN ESTAMPES, DES HOMMES
LES PLUS ILLUSTRES DANS TOUS LES GENRES ,
avec un texte explicatif contenant le récit de leurs belles
actions, des notices abrégées de leurs vies, des critiques rai-
sonnées de leurs chefs-d'oeuvre , ou des extraits des plus
beaux passages de leurs écrits, par AUent, : vol. in-8°, obi.,
avec 02 gravures , i5 fr.
Coloriées, 5o fr.
HISTOIRE COMPARÉE DES SYSTÈMES DE PHILO-
SOPHIE, par M. le baron Gérando , de l'institut royal de
France, conseiller d'état, etc., etc.; deuxième édition,
entièrement refondue et considérablement augmentée.
PREMIÈRE PARTIE. — En vente :,
HISTOIRE COMPARÉE DE LA PHILOSOPHIE DANS
L'ANTIQUITÉ ET PENDANT LE COURS DU MOYEN
AGE, 4 gros vol. in-8° (le 4e a pi" 5 <-\c fioo pages). 28IV,
8
LA DEUXIÈME PARTIE paraîtra sous peu ; elle est intitulée:
DES SYSTÈMES DE PHILOSOPHIE DEPUIS LA RES-
TAURATION DES LETTRES , 2 vol. in-8°, i4 fr.
MÉMOIRES SUR LA VIE ET LE SIÈCLE DE SALYATOR
ROSA, par lady Morgan, traduits par le traducteur de IV-
talie, du même auteur, et par M. **", 2 vol. in-S", avec un
portrait, 12 fr.
Le même, 2 vol. in-12 , 6 fr.
Cet ouvrage brille à la fois par un style toujours pur, correct
et élégant, quoique vigoureux. Il est rempli d'observations
fines et judicieuoes. — Les Mémoires de Salvator Rosa, dans
lesquels figurent les plus grands personnages, offrent une nar-
ration pleine d'intérêt.
OEUVRES COMPLÈTES DE MADAME DE SOUZA, pré-
cédemment comtesse de Flahaut, nouvelle édition , revue,
conrigée, augmentée par l'auteur et imprimée sous ses yeux.
6 vol. in-8°, imprimés en caractères neufs , sur beau papier
d'Auvergne , et ornés de belles gravures , 3G fr.
12 vol. in-12 , avec les mêmes gravures , 3o fr.
L'in-8°, papier vélin satiné, belles épreuves , 72 IV.
Ces OEuvres se composent des ouvrages suivants, que l'on
vend séparément :
Adèle de Sénangcs, 2 vol. in-12 , 5 fr.
Charles et Marie, 1 vol. in-12 , 2 fr. So c.
Comtesse {ta) de Fargy, 4 vol. in-12 (nouvelle publica-
tion) , 12 IV.
Eugénie et Malhildc, 3 vol. in-12 , 7 fr. 5o c.
9
Eugène de Rothelin, 2 vol. in-12 , 5 r.
Emilie et Alphonse, 3 vol. in-12 , 7 fr. 5o c*
Mademoiselle da Tournon, 2 vol. in-12, 5 fr.
Les ouvrages qui forment cette collection ont depuis long-
temps reçu du public l'accueil le plus favorable. Plusieurs édi-
tions en ont été publiées en France et dans l'étranger.
OEUVRES COMPLÈTES DE DON BARTHÉLEMI DE LAS
CASAS, évêque de Chiapa, défenseur de la liberté des na-
turels de l'Amérique, précédées de sa vie et accompagnées
de notes historiques, additions, développemens, etc., etc.;
par J.-A. LLORENTE, auteur de l'Histoire criliquede l'inqui-
sition d'Espagne, membre de plusieurs sociétés savantes de
l'Europe , etc., dédiées à M. le comte Las Casas,
L'ouvrage est orné du portrait de Las Casas, 2 gros vol-
in-S", 12 fr.
SOUVENIRS (mes) de 1814, iSi5, par M. "*, 1 vol. in-S°.
Prix,' 5fr.
Cet ouvrage, rempli d'anecdotes piquantes et curieuses, est
relatif aux événemens de l'époque. Rien n'est plus attachant
que la lecture de cet opuscule, composé par un fonctionnaire
français, à la fois acteur et témoin des faits qu'il raconte.
SUISSE (la), ou Tableau historique, pittoresque et moral des
cantons helvétiques, moeurs, usages, costumes, curiosités
naturelles, etc., deuxième édition, revue, corrigée, et de
beaucoup augmentée; par Depping, de plusieurs acadé-
mies, 4 v0'- in-18, avec de jolies gravures de costumes,
paysages, etc. , S fr.
Figures coloriées, 12 fr.
Cet ouvrage fait bien connaître l'histoire de la Suisse tt tout
ce qu'elle renferme de curieux.
10
VOYAGEUR MODERNE (le), ou Extrait des voyagesles plus
récents dans les quatre parties du monde, publiés en plu-
sieurs langues, contenant les moeurs et usages des difl'ércnls
peuples, les aventures remarquables des voyageurs, les nou-
velles découvertes, et tout ce qui peut intéresser, piquer la
curiosité, et procurer une lecture instructive et agréable;
par madame Elisabeth de Bon.
Cet ouvrage forme 6 vol. in-S° et 12 vol. in-12, ornés de
36 belles gravures de costumes, etc., d'après les dessins de
M. Martinet.
Prix de l'in-12, 3o IV.
Prix de l'in-S", 56 fr.
10 fr. déplus pour tout l'ouvrage, in-8° et in-12, gra-
vures soigneusement coloriées.
BEAUTÉS DE L'HISTOIRE DES ARABES ET DE LEUR
DOMINATION EN ESPAGNE, 1 vol. in-12 , orné de gra-
vures , 4 fr-
BEAUTÉS DE L'HISTOIRE DE LA GRÈCE MODERNE,
ou Récit des faits mémorables des Hellènes et de leurs
confédérés, depuis 1770 jusqu'à ce jour, 2 vol. in-12, avec
une carte de la Grèce et 12 gravures, 8 iï.
BEAUTÉS DE L'HISTOIRE DU NOUVEAU TESTA-
MENT, etc., 1 v. in-12, avec gravures , 4f'"-
BEAUTÉS ET MERVEILLES DU CIEL, ou Cours d'astro-
nomie en vingt-quatre leçons, mis à la portée de la jeu-
nesse, 1 gros vol. in-12, avec i4 gravures, 5 fr.
BEAUX TRAITS DE L'HISTOIRE MILITAIRE DES
FRANÇAIS, depuis l'origine de la monarchie jusqu'à pré-
sent, 2 vol. in-12, ornés de 5o portraits, vignettes,etc.8IV.
CODE MORAL, ou Choix de sentences, de proverbes grecs,
latins, français, anglais, espagnols, italiens et orientaux,
tirés des meilleurs auteurs, avec la traduction française en
regard, et l'explication lorsqu'elle est nécessaire. Ouvrage
précédé de quelques observations sur les proverbes consi-
dérés comme moyens d'éducation, par M. Boinvilliers, de
l'institut de France, i gros vol. in-12 , 4fr.
GRAMMAIRE FRANÇAISE-ANGLAISE, destinée aux An-
glais qui veulent apprendre le français, et dans laquelle on
a placé en regard la traduction anglaise des principes de la
langue française écrits dans cette dernière langue, suivie
d'un Répertoire de tous les verbes irréguliers de la langue
française conjugués; par MM. Boinvilliers, de l'institut de
France, et Blouk, 1 vol. in-12, 5 fr.
PETITE GALERIE MORALE DE L'ENFANCE, traduit
en partie librement de l'anglais de miss Edgewort par ma-
dame Belloc, qui a remporté un prix académique pour le
meilleur ouvrage sur les moeurs, 4 vol. in-iS, avec grav. S fr.
PETITS CONTES A MES ENFANTS DE CINQ A SIX
ANS, 2 vol. in-18, avec gravures, ôfr.
PETIT VOYAGEUR EN GRÈCE, par madame Delafaye-
Brehier, 4 vol. in-18, avec gravures, S IV.
PLUT ARQUE MORALISTE , avec des développcmens ,
2 vol. in-12 , 6 fr.
Sous presse.
COURS COMPLET D'INSTRUCTION ,
A l'usage des jeunes demoiselles, et convenable aux jeunes
gens qui n'ont pas été à portée de suivre les études de collège,
ou qui les ont suivies imparfaitement; par P.-J. GAI.I.AND ,
ancien chef d'institution de jeunes demoiselles, professeur
de belles-lettres, membre de la société grammaticale de
Paris; 2» édition, revue, corrigée et considérablement
augmentée.
12
Cet ouvrage formera 6 vol. in-12 , de i5 à 20 feuilles d'im-
pression chacun, caractères petit-romain et petit-texte, avec
planches, au lieu de trois gros volumes ; et l'extrait, pour l'en-
fance, se composera de deux volumes ordinaires, au lieu d'un
fort volume : en tout 8 volumes in-12, avec les tableaux, gra-
vures , etc.
Ces 8 volumes contiendront les matières ci-après :
i° La grammaire, avec les principes élémentaires de lecture
et d'écriture ;
2° La prosodie, la versification , la rhétorique, précédée de
notions élémentaires de logique, servant d'introduction,
et les principes raisonnes de l'art de lire à haute voix;
3° L'arithmétique ancienne et moderne, comprenant tous
les élémens jusqu'à l'algèbre, suivie des changes étran-
gers et d'un traité de la tenue des livres en simple et
double partie ;
4° La géographie, précédée des élémens généraux de cos-
mographie et sphère ;
5° L'histoire universelle, depuis les temps les plus reculés
jusqu'à ce jour; elle commencera par l'histoire sacrée ;
6° La mythologie, avec toutes ses métamorphoses classées
dans l'ordre de leurs espèces différentes;
70 Des principes élémentaires de musique et de dessin, avec
les gravures jugées nécessaires à la démonstration de
ces deux parties de l'instruction ;
S" Un petit traité de botanique usuelle, avec planches,
précédé d'élémens d'histoire naturelle.
L'ouvrage entier renfermera dans son ensemble dix-neuf
parties d'instruction, qui se succéderont dans chaque volume.
Le cours complet, formant 6 vol. in-12, sera du prix de 24 fr.
L'extrait, pour l'enfance, 2 vol. 6 fr.
Chaque volume se vendra séparément. 5 fr.
IJU'IUMEIUE DE LAC1IEVAKDIEHE FILS,
SUCCESSEUK DE CfiLLOT , lll'F. I>U COLO.MBIE ti , ■*. ÔO.
FLEURS POÉTIQUES.
Cet ouvrage se trouve aussi à Bruxelles,
CHEZ BRUMTSCII ET FRUGER.
AUTRES OCIVRAGIiS DE LA MhME LIBRAIRIE.
BEAUTÉS DE L'HISTOIRE DES ARABES ET DE LEUR DOMINATION EN
ESPAGNE, i vol. in-12 , orné de gravures, 4 fr.
BEAUTÉS DE LTUSTOtRE DE LA GRÈCE MODERNE, ou Récit des faits mé.
rnorables des Hellènes et de leurs confédérés, depuis 1770 jusqu'à ce jour, a vol.
ini2 , 8 «
BEAUTÉS DE L'HISTOIRE DU NOUVEAU TESTAMENT, etc. , 1 vol. in-ia .
avec gravures, 4 1
BEAUTÉS ET MERVEILLES DU CIEL , ou Cours d'astronomie en vingt-quatre
leçons, mis à la portée de la jeunesse , i gros vol. in-i», avec gravures, 5 1
BEAUX TRAITS DE L'HISTOIRE MILITAIRE DES FRANÇAIS, depu l'o-
rigine de la monarchie jusqu'à présent, 2 vol. iu-ia , ornés de 5o portraits,
viguelles, etc. 8
CODE MORAL, ou Choix de sentences, de proverbes grecs, latins, français, anglais,
espagnols, ha liens, ef orientaux ., tirés des meilleurs auteurs , avec la traduction
française en regard, fit l'explication lorsqu'elle est nécessaire. —: Ouvrage précédé
de quelques observations sur les pro\erbes considérés comme moyens d'éducation,
par M. Boinvilliers , de l'Institut de France , 1 gros ^ol. in-12, 4 »
GRAMMAlIUï FRANÇAISE-ANGLAISE, destinée aux Anglais qui veulent apprendre
le français , et dans laquelle ou a placé eu regard la traduction anglaise des prin-
cipes de la langue française écrits dans celle dernière Lingue ; — suivie d'un Ré-
pertoire de tous les verbes irréguliers de la langue française conjugués; par
MM. Boinvilliers, de l'Institut de France, et Blouk, 1 vol. iu-12.. 5 »
PETITE GALERIE MORALE DE L'ENFANCE, traduit en partie librement d«
l'anglais de miss Edgewort par mad, Belloc, qui «remporté un prix académique
pour le meilleur ouvrage sur les moeurs , 4 vol. in-iS , avec gravures , 8 »
PETITS CONTES A MES ENFANTS DE CINQ A SIX ANS, 2 vol. inri8, avec
gravures, 5 >
PETIT VOYAGEUR EN GRÈCE, par mad. DelufayeBrehier, 4 vol. in-iB, avec
gravures, 8 »
PLUTARQUE MORALISTE , avec des développements, 2 vol. in-iïï , 5 »
IMPRIMERIE DE LACHEVARDIERE FILS,
srecEssi:iTii m-; CELLOT , un; m; i.oi.onniini, .\. ôo.
DÉDIÉES A S. A. R.
PAR P. DENNE-BARON,
DL PLl'SIEUns ACADEMIES.
ORNE DE SEIZE GRAVURES
DE FLEURS COLORIÉES.
PARIS,
LIBRAIRIE D'ALEXIS EYMERY.
HUIi MAZARINE, N. 3o.
iH'iS.
A
DUCHESSE DE BERRY.
Les fleurs sont les amours de la terre et des cieux,
La terre les nourrit d'un suc délicieux,
Et quand au sein des nuits leur tête est reposée,
Les cieux ouverts leur donnent la rosée.
Un millier d'anges enfantins
vj ÉPITRE
Dans les bois, dans les prés, au penchant des montagnes,
Dans les lointains déserts, dans les riches campagnes,
Président à leur vie et même à leurs destins.
Ces abeilles du ciel, dans leurs courses errantes,
Aux champs de l'empyrée, en ses chastes jardins
Chargent leurs ailes éclatantes
Des baumes les plus purs, des parfums les plus doux,,
Que dans leurs jeux, que dans leur route,
Ils laissent tomber goutte à goutte
Dans le sein de ces fleurs qu'ils élèvent pour nous.
De ces enfants aux deux ailes de rose
L'essaim léger, le soir, sur les prés se repose,
Non pour goûter les charmes du sommeil,
Mais pour broyer dans le rubis vermeil,
Dans le cristal brillant, dans la changeante opale,
Ces couleurs qu'au matin une prairie étale.
Celui-ci déroba son or pur au soleil,
Celui-là de l'Aurore attendant le réveil,
DÉDICATOIRE. vij
Lui prit sa pourpre éblouissante ;
L'un d'un soleil couchant prit la teinte mourante,
L'autre dans une nue errante aux bords des eaux
Ou dans un arc-en-ciel a trempé ses pinceaux ;
Puis chacun épiant les fleurs qui vont éclore,
De ces mille couleurs à l'envi les décore :
Même on dit qu'au printemps, quand nos prés sontsi beaux,
Dans leur amour pour elles,
Us laissent sur ces prés tout l'émail de leurs ailes.
C'est peu : de ces enfants essaim brillant des cieux,
La beauté près d'éclore attache aussi les yeux :
C'est sur ce globe immense un de leurs plus doux jeux,
De jeter sur son teint l'incarnat de la rose,
La pourpre du lilas, la pâleur du jasmin ,
Et d'animer sa bouche demi-close
Du riche et frais carmin
Qu'ils expriment la nuit, de la rouge amarante,
Ou du corail durci sur la rive écumante.
viïj E P IT R E
A l'ombre d'un palais des volcans respecté',
Au sein de Parthénope un ciel pur, enchanté,
Venait de voir éclore une beauté royale.
De fempyrée ouvrant la porte orientale,
D'un vol précipité
Mille anges enfantins dont la foule est égale
Aux jeunes papillons éclos un jour d'été,
Pour composer le teint de la noble beauté,
S'en vont cherchant dès l'aube matinale
Les plus brillantes fleurs que notre globe étale ;
Nulle d'elles encor n'avait fixé leurs yeux,
Quand, au détour d'un bois mystérieux,
Reste d'Éden, île charmante,
Que l'Euphrate eutourait de ses flots écumeux,
A leur vue une rose à l'écart se présente,
La plus belle qu'alors éclairassent les cieux,
■ Naplcs.
DEDICATOIRE.
Rose d'en haut sur terre transplantée ,
Des roses de l'Éden seule rose restée!
En riant le groupe enfantin
La cueille, et dans les airs emportait son butin,
Quand près d'une ruine
Un lis éblouissant se balance à ses yeux ,
Des jardins de Sion que la ronce domine,
Des bosquets où des sons de sa harpe divine
Salomon ravissait les échos des saints lieux,
Reste solitaire et pompeux.
Le choeur ailé s'abat, détache avec délices
Du lis miraculeux un des plus purs calices ,
Revole à Parthénope, et là de ces deux fleurs
Pour la fille des rois pétrissant les couleurs,
Il compose son teint, fleur vivante formée
D'une rose d'Éden et d'un lis d'Idumée !
x Ë PITRE
Noble fleur, transplantée aux rivages français,
Sur ta royale tige un bouton jeune et frais,
D'un peuple entier la plus chère espérance,
Sous le beau ciel de France
S'épanouit au fond de ton palais;
Ne crains jamais pour lui le midi ni la brise,
Aux chérubins la garde en est soumise !
Princesse, qui dans Naple avez reçu le jour,
En cette fleur vous voyez votre image,
En ce bouton l'heureux et tendre gage
Qu'à notre France a donné votre amour.
Ah ! que n'ai-je en partage
La harpe dont Cécile, au terrestre séjour,
Charmait l'italique rivage !
Je voudrais chanter tour à tour
Ce coeur pur, sans orage,
DËDICATOIRK. xj
D'enjouement, de sagesse étonnant assemblage,
Où l'on dirait qu'un ange a marqué son passage,
Enfin cette bonté qui vous suit à la cour,
Et dont la grâce est le premier atour,
Trésors du ciel unis aux charmes du bel âge !
J'ai l'honneur d'être,
avec le plus profond respect,
MADAME,
De votre Altesse Royale
Le très humble et très obéissant serviteur.
DENSE-BARON.
3
Tendre Clémence, parmi les femmes qui ont été
l'ornement de la France par leurs vertus, leurs grâ-
ces et leurs talents, il n'en est pas auxquelles con-
vienne mieux qu'à toi l'offrande d'un ouvrage sur les
fleurs, puisque, par inspiration aussi bien que par
goût, tu donnas leur doux nom à ces jeux que lu in-
stituas en l'honneur des Muscs, dans cette riante
Toulouse où chaque année nos poètes et nos trouba-
dours vont cueillir la pensée, la violette, l'églan-
tine, le lis et l'amarante, qu'un aréopage avoué
d'Apollon leur accorde selon les charmes de leur
lyre.
Passagère toi-même comme ces fleurs, tu ne sus
que trop tôt combien elles sont périssables, aussi tu
voulus que l'or et l'argent perpétuassent dans les
mains du vainqueur leurs formes élégantes.
Aimable Clémence, ne sois point sourde à la prière
i
2 A CLEMENCE ISAURE.
d'un poète; que ton ombre quitte un instant ces Ély-
sées enchanteurs, réservés aux âmes vertueuses et
sensibles, et qu'elle daigne écouter et ma prose et
mes vers.
Quand on jette les yeux sur ce globe, on ne se
lasse point d'admirer la magnificence de la création;
parmi les moissons qui nourrissent l'homme, entre
les vignes dont les fruits réparent ses forces et char-
ment ses ennuis, au pied des arbres qui lui prêtent
leurs ombrages, la providence, ainsi qu'en un jour de
fête, sema la nation des fleurs, comme si elle eût voulu
parer le séjour momentané de son hôte mortel. Les
Heurs, dans l'immense variété de leurs formes et de
leurs couleurs, étonnent l'oeil de l'observateur, et la
combinaison de leurs parfums suffit seule pour ef-
frayer l'imagination, et faire dire avec le psalmistc :
« O grand Dieu, que tes oeuvres sont belles! »
Aussi, dans les premiers âges du monde, les hu-
mains, amoureux de la jeune nature, donnaient à leurs
enfants, à leurs villes, les doux noms de ses présents.
Edcn, le premier des jardins qui renferma ces tribus
odorantes, signifie délices; Édessc , ville d'Asie, si-
gnifie myrte; Daphné, bâtie sur les bords de l'Oronte,
veut dire Laurier; Ionic, belle contrée de l'Asie mi-
neure, veut dire lieu planté de violettes; et Rhodes,
l'île des roses. Palmyre, en Asie, est la ville des pal-
A CLÉMENCE ISAURE. 3
mes ; cl Cérasontc, dans le Pont, la ville des cerisiers.
Dans Smyrne, l'étymologiste charmé retrouve la
myrr/ie, dans Cypre le troène, et dans la Pamphylie
un verger verdoyant; en hébreu, Suzanne est un lis;
en grec, Leucothoé est l'encens, Electre de l'ambre,
Dry ope un arbre, Pitys un pin, Philyrc un tilleul,
Syiïnx et Phillis un roseau, Cyparisseun cyprcs.~Lcs
dryades prirent leur nom des chênes qu'elles habi-
taient. Les Muscs étaient surnommées Mélies, du
frêne, qui leur était consacré ; liacchus, qui, chez les
Crées, eut tant de noms divers, prit aussi celui d'An-
théros, le fleuri.
Si nous laissons l'antiquité, et que nous retour-
nions vers les modernes, nous voyons que la Floride,
vaste contrée du nouveau monde , fut ainsi nommée
parcequ'elle fut découverte un jour des rameaux,
vulgairement appelé du doux nom depdquesfleuries.
Florence paraît avoir tiré son nom de sa situation
charmante dans une plaine émailléc de fleurs, ra-
fraîchie par des sources, embellie de jardins, om-
bragée de bosquets, et de tous côtés festonnée de col-
lines; Madère paraît avoir tiré le sien de ses forêts
de madriers, et Ulm,dansla Germanie, de la quan-
tité d'ormes qui ombrageaient ses environs. Mais je
m'aperçois que l'amour de la nature me jette hors
de mon sujet, et m'entraîne des fleurs aux arbres :
4 A CLÉMENCE ISAURE.
revenons à nos fleurs, qui inspirèrent à notre Dclillt
ces vers divins :
Quoi ! les humbles tribus, le peuple immense d'herbes
Qu'effleure l'ignorant de ses regards superbes
IS'ont-ils pas leurs beautés et leurs bienfaits divers?
Le même Dieu créa la mousse et l'univers.
De leuis secrets pouvoirs connaissez les mystères,
Leurs utiles vertus, leurs poisons salutaires :
Far eux autour de vous rien n'est inhabité,
Et même le désert n'est jamais sans beauté.
Souvent pour visiter leurs riantes peuplades
Vous dirigez vers eux vos douces promenades,
Soit que vous parcouriez les coteaux de Marly,
Ou le riche Meudon, ou le frais Chantilly.
Et voulez-vous encore embellir le voyage ?
Qu'une troupe d'amis avec vous le partage :
La peine est plus légère, et le plaisir plus doux ;
Le jour vient, et la troupe arrive au rendez-vous.
Ce ne sont point ici de ces guerres barbares
Où les accents du cor et le bruit des fanfares
Epouvantent de loin les hôtes des forêts.
Faisscz, jeunes chevreuils, sous vos ombrages frais;
Oiseaux, ne craignez rien: ces chasses innocentes
Ont pour objets les fleurs, les arbres et les plantes;
Et des prés et des bois, et des champs et des monts ,
Le portefeuille avide attend déjà les dons.
On part : l'air du matin, la fraîcheur de l'aurore,
Appellent à l'cnvi les disciples de Flore.
A CLÉMENCE ISAURE. 5
Jussieu marche à leur tète; il parcourt avec eux
Du règne végétal les rejetons nombreux.
Four tenter son savoir, quelquefois leur malice
De plusieurs végétaux compose un tout factice :
Le sage l'aperçoit, sourit avec bonté,
Et rend à chaque plant son débris emprunté.
Chacun dans sa recherche à l'envi se signale,
Etaminc, pistil, et corolle, et pétale,
On interroge tout : parmi ces végétaux
Les uns vous sont connus, d'autres vous sont nouveaux;
Yous voyez les premiers avec reconnaissance,
Vous voyez les seconds des yeux de l'espérance;
L'un est un vieil ami qu'on aime à retrouver,
L'autre est un inconnu que l'on doit éprouver;
Et quel plaisir encor lorsque des objets rares,
Dont le sol, le climat et le ciel sont avares,
Rendus par votre attente encor plus précieux,
Far un heureux hasard se présentent aux yeux ! *
Voyez quand la pervenche, en nos champs ignorée,
Offre à Rousseau sa fleur si long-temps désirée :
La pervenche, grand Dieu! la pervenche! soudain
Il la couve des yeux, il y porte la main,
Saisit sa douce proie : avec moins de tendresse
L'amant voit, reconnaît, adore sa maîtresse.
& Homme des champs-
La brillante imagination des Grecs ne manqua
pas de créer une déesse des fleurs, ils rappelèrent
Chloris, la verdoyante; et depuis, les Romains lui
6 A CLÉMENCE ISAURE.
donnèrent le nom de Flore. Flore était une des nym-
phes des îles Fortunées; Zépliyre l'aima, la ravit et
en fit son épouse : elle était alors dans sa première
jeunesse; Zéphyre l'y fixa, empêcha le temps de
couler pour elle, et la fit jouir d'un printemps éter-
nel. Les Sabins l'adorèrent, le collège de Romulus
lui éleva des autels au milieu de Rome naissante; les
Phocéens lui consacrèrent un temple à Marseille.
Praxitèle avait fait sa statue, cet homme qui reçut
l'immortalité de son art, et qui la donna à tant de
divinités païennes.
Le temple de Flore était situé en face du Capitole,
clic y était couronnée de fleurs, et tenaitdans sa main
gauche une corne qui en versait en abondance. Cicé-
ron la met au nombre des mères déesses. Ses fêtes se
célébraient à Rome sous le nom de jeux floraux :
elle avait déjà du temps de Nu m a ses prêtres et ses
sacrifices; mais on ne commença à célébrer ses jeux
que l'an de Rome 5i3, sous deux édiles de la famille
des Publiciens. C'est Ovide qui nous l'apprend, ce
sont les médailles qui le confirment, et Tacite n'y
donne pas peu de poids, lorsqu'il dit que Lucius et
Marcus Publicius firent rebâtir le temple de Flore
dans le cours de leur édilité. Cependant on ne renou-
velait ces jeux que lorsque l'intempérie de l'air annon-
çait ou faisait craindre la stérilité, ou lorsque le
A CLÉMENCE ISAURE.
livre des Sibylles l'ordonnait. Les fonds des jeux flo-
raux furent tirés des amendes de ceux qui s'étaient
approprié les terres de la république.
On les célébrait la nuit, aux flambeaux, dans la
rue Patricienne, et quelques uns prétendent que le
cirque de la colline Hortulorum y était uniquement
destiné. On y donnait au peuple la comédie: entre
plusieurs autres plaisirs de ce genre, si l'on en croit
Suétone, dans la Vie de Galba, ce prince y fit pa-
raître des éléphants qui dansaient sur la corde.
On donne deux origines à nos jeux floraux de
France : les uns disent qu'ils furent institués en
i3a/|, et qu'on en doit le projet et l'établissement à
septhonuncs de condition, amateurs des belles-lettres,
qui, vers la Toussaint de l'an i323, résolurent d'in-
viter par une circulaire tous les troubadours ou
poètes de Provence à se trouver à Toulouse le
ier de mai de l'année suivante, pour y réciter
les pièces de vers qu'ils auraient faites, promettant
une violette d'or à celui dont la pièce serait jugée la
plus belle.
Les capitouls trouvèrent ce dessein si utile et si
beau, qu'ils firent résoudre au conseil de ville qu'on
le continuerait aux dépens de la ville, ce qui se prati-
que encore. En ISÎS, disent d'autres, une dame de
condition, nommée Clémence Isaure, légua la meil'
8 A CLÉMENCE ISAURE.
lcure partie de son bien à la ville de Toulouse pour
éterniser cet usage, et faire les frais des prix, qui
seraient des fleurs d'or et d'argent de différentes
espèces. La cérémonie des jeux floraux commence
le ier de mai par une messe solennelle en musique;
le corps de ville y assiste. Le 3 du mois on donne
un dîner magnifique aux personnes les plus considé-
rables de la ville : ce jour-là on juge les prix, qui sont
au nombre de cinq; un prix du discours en prose,
un prix de poème, un prix d'ode, un prix d'églo-
gue, et un prix de sonnet. Arnaud Vidal de Castel-
naudari remporta le premier prix en i324, la vio-
lette d'or.
Dans notre religion la Fête-Dieu n'est-elle pas
aussi la fête des fleurs? Ce fut le pape Urbain IV,
Français de nation, qui institua cette solennité pat-
toute l'église, l'an 1262 : il en fit composer l'office,
qui est fort beau, par saint Thomas-d'Aquin ; elle
s'exécutait avec beaucoup de pompe et de décence.
Les rues étaient tapissées et jonchées de fleurs, le
clergé, en bel ordre, et revêtu des plus riches orne-
ments, défilait avec lenteur; d'espace en espace, les
rues et les places publiques étaient ornées de cha-
pelles et de reposoirs, festonnés de tout ce que le
printemps fournissait de plus belles fleurs.
L'historien du Paraguay fait cette description
A CLÉMENCE ISAURE. g
d'une Fête-Dieu célébrée sous les jésuites dans cette
belle et vaste contrée:
« Toutes les rues par lesquelles devait passer le
Saint-Sacrement étaient tapissées de verdure enca-
drée dans des bordures de fleurs; en sortant de la
ville, on entrait dans de longues allées d'orangers et
de citronniers, dont les arbres étaient réunis par des
guirlandes de jasmin et d'amarante : ces allées, de
distance en distance, étaient coupées par des arcs de
triomphe de feuillages et de fleurs, sur le sommet
desquels on voyait des milliers d'oiseaux d'un plu-
mage éclatant, et retenus par des fils imperceptibles.
A côté de ces arcs de triomphe étaient des fontaines
jaillissantes et des bassins d'une eau limpide, remplis
de beaux poissons couverts d'écaillés argentées, et
dont les formes se dessinaient parfaitement sur un
sable d'or. D'espace en espace, on apercevait des deux
côtés de l'allée, dans des buissons de myrtes et de
roses, des lions et des tigres enchaînés, mais qui
paraissaient n'être attachés que par des liens de fleurs
et d'herbes odoriférantes. De vingt pas en vingt pas,
on rencontrait des autels dcvcrdui-e, couverts d'élé-
gantes corbeilles remplies de fruits, de légumes et
d'épis de tous les grains de la terre, et de vases de
cristal pleins de lait : au pied de ces autels brûlaient
des parfums précieux dans des cassolettes d'or, enri-
io A CLEMENCE ISAURE.
chics de pierreries ; un grand orchestre fermait la
marche, mais il ne jouait que par intervalle, afin de
laisser entendre le murmure de l'onde et le ramage
des oiseaux.
Saint Louis avait pris pour devise une marguerite
et des lis , par allusion au nom de la reine, sa femme,
et aux armes de France. Ce grand prince portait une
bague représentant, en émail et en relief, une guir-
lande de lis et de marguerites; et sur le chaton de
l'anneau était gravé un crucifix sur un saphir, avec
ces mots : « Hors cet anuel pourrions-nous trouver
amour?«pareequ'en effet cet anneau lui offrait l'image
ou l'emblème de tout ce qu'il avait de plus cher, la
religion, la France, et son épouse.
Saint Médard, vers l'an 53o, institua le prix le plus
touchant que la piété ait jamais offert à la vertu, une
couronne de roses pour la fille du village la plus
modeste, la plus soumise à ses parents, et la plus
sage. La première rosière fut sa soeur, qu'il couronna
lui-même dans l'église de Salency.
On portait jadis aux baptêmes de grands vases
remplis d'eau de rose. Bayle conte à ce sujet qu'à la
naissance de Ronsard, la nourrice, en chemin pour
aller à l'église, le laissa tomber sur un tas de fleurs,
et que dans ce mouvement la femme qui tenait le
vase d'eau de rose le répandit sur l'enfant. Tout cela,
A CLEMENCE ISAURE. n
ajoute Bayle, fut regardé depuis comme un présage
heureux de la bonne odeur que devaient un jour ré-
pandre ses poésies.
En Pologne, on couvre de roses le cercueil d'un
enfant; et quand son convoi passe dans les rues, on
jette, des fenêtres, une multitude de roses.
En Turquie, on sculpte une rose sur le tombeau
des jeunes vierges.
M. Vaillant, dans son voyage en Afrique, vit clans
un désert une belle fleur inconnue; il eut le courage
de camper là six semaines pour recueillir et rap-
porter de la graine de celte plante.
Les filles d'Amboine, très gênées par leurs pa-
rents, ont, dit-on, une adresse inimitable pour par-
ler à leurs amants avec des fleurs et des fruits. Les
amants en Turquie ont aussi composé un langage
avec des fleurs.
Les Grecs mettaient aux portes des personnes
mourantes des branches d'acanthe et de laurier.
Les prêtres égyptiens présentaient à ceux qui ve-
naient dans leurs temples une roue qu'ils fai-
saient tourner rapidement, et des fleurs : par la roue
ils voulaient faire souvenir de l'instabilité des cho-
ses humaines; et par les fleurs, ils rappelaient la
brièveté de la vie. Le Camoëns dit, dans la Lu-
siade, qu'auprès des lieux où commence le cours du
IÏ A CLÉMENCE ISAURE.
Gange est une nation qui ne se nourrit que de fleurs.
Chez les Grecs, les nouveaux époux portaient des
couronnes de pavot et de sésame, fleurs consacrées à
Junon.
Pandore fut la première déité que les Grâces cou-
ronnèrent.
C'est, dit-on, au bon roi René que l'on doit les
procédés relatifs à la culture de l'oeillet. Le grand
Coudé, étant prisonnier à la Bastille, s'amusait à cul-
tiver cette fleur; mademoiselle de Scudcri lit à ce
sujet les vers suivants :
En voyant ces oeillets qu'un illustre guerrier
Cultive d'une main qui gagna des Lataillcs,
Souviens-toi qu'Apollon a hâti des murailles,
Et ne t'étonne plus que Mars soit jardinier.
Les anciens ornaient de la figure de feuilles d'a-
canthe les habits précieux; Virgile, en parlant de la
robe d'Hélène, dit qu'elle était relevée de feuilles
d'acanthe en broderie.
Aux funérailles d'Achille, les Thessaliens, dit Ho-
mère, étaient couronnés d'amarante.
Les anciens plantaient autour des tombeaux des
cyprès et des ormeaux; ils consacraient aux morts ce
dernier arbre, parceqit'il ne porte point de fruit. Ils
semaient autour des tombeaux de la mauve et la
A CLEMENCE ISAURE. i3
plante nommée asphodèle, comme une nourriture
agréable aux morts; car Lucien dit que les mânes,
après avoir traversé le Styx, descendent dans une
longue plaine remplie d'asphodèles. Homère, dans
V Odyssée, dit qu'Ulysse vit aux enfers une grande
prairie toute semée d'asphodèles.
Les empereurs de Constantinoplc, dans leurs lar-
gesses au peuple, employaient une forme qui avait
toute la grâce d'une bienfaisance délicate; ils jetaient
des bouquets contenant des pièces d'or et d'ar-
gent. Jadis dans les festins suivis d'une fête, la dame
la plus qualifiée mettait sur la tête du seigneur qui
donnait la fête une guirlande de fleurs.
Le peintre Pausias devint amoureux dans sa jeu-
nesse de la bouquetièreGlycère, et, pour lui plaire,
il joignit au talent de peindre la figure celui d'imiter
parfaitement avec le pinceau les couronnes de fleurs
naturelles que formait Glycère : ce fut alors qu'il
représenta Glycère assise, composant une guirlande
de fleurs, tableau dont Lucullus acheta la copie deux
talents, c'est-à-dire 9,400 livres.
Les juifs, à la fête des tabernacles, ornent leurs
synagogues de guirlandes et de bouquets de myrte,
desaule et de palmes.
Le cimetière de Zug est très remarquable par la
beauté des fleurs qu'on y cultive ; chaque tombe est
i/, A CLÉMENCE ISAURE.
entourée d'arbustes et de fleurs cultivées par des pa-
rents et des amis qui tous les jours viennent les arro-
ser. De grandes croix dorées sont placées derrière
ces tombeaux, et les dimanches et les fêtes ces croix
brillantes sont surchargées de guirlandes et de cou-
ronnes de fleurs.
lilien raconte que Xerxès devint amoureux d'un
platane. Il le rencontra dans ses voyages, et il prit
pour cet arbre une violente passion ; il fit dresser sa
tente dans ce lieu, et passait les jours et les nuits au-
près de son platane, absorbé dans de profondes rê-
veries : il y suspendit des colliers d'or, des bracelets,
et beaucoup d'autres ornements. Xerxès resta là un
temps considérable; on eut toutes les peines du
monde à l'en arracher. Hérodote dit qu'il fit entou-
rer ce platane d'un magnifique cercle d'or.En partant,
il laissa un homme de sa suite pour être le garde et
le surveillant de cet arbre chéri. Le roi des rois
avait-il aimé sous son ombre ?
Saint Paul, premier ermite, s'enfonça dans les
déserts de la basse Thébaïdc. Là, il entra dans une
grotte, et résolut de s'y fixer, pareequ'il y trouva un
beau palmier, au pied duquel coulait une fontaine
d'une eau pure et transparente.
Lanourrice de Rebecca fut enterrée sous un chêne,
auquel ondonna le nom touchant de ckénedes pleurs.
A CLÉMENCE ISAURE. iS
Saint Bernard, jusqu'à l'époque de la seconde croi-
sade , vécut ignoré dans une solitude absolue. Cet
homme inconnu, qui, en sortant de ses forêts, et en
rompantlc silence pour lapremière fois, eut lepouvoir
d'attirer autour de lui les peuples et les rois, et d'en-
traîner en Asie l'Europe entière, cet homme étonnant
s'appelait lui-même le disciple des chênes et des hêtres.
En France, on pose sur la tête des nouvelles ma-
riées une couronne de fleurs d'oranger ; en Allemagne
cette couronne est de myrte. Les paysannes suisses
ont, le jour de leur mariage , une couronne de fleurs
artificielles, qu'elles brûlent le soir, et dont elles
conservent soigneusement les cendres, qui, suivant
leur superstition, doivent leur porter bonheur.
On faisait, en l'honneur de Bacchus et de Junon,
des couronnes de vigne et de raisins.
Marc-Antoine, en mourant, demanda à Cléopâtre
de répandre des parfums sur sa tombe, et de la cou-
vrir de roses.
Souvent jadis, au lieu de nappes, on couvrait les
tables de feuilles de roses.
En Perse, on bouche les bouteilles de vin mises sur
la table avec une rose ou un oeillet.
Chez les Grecs, les jeunes filles qui assistaient aux
noces d'une de leurs compagnes se couronnaient de
jacinthes.
iG A CLEMENCE ISAURE.
Jean Bertram, quaker, et fameux botaniste de la
Pensylvanic, ne s'occupa long-temps que d'agriculture.
Un jour, en labourant, il vit une violette, là cueillit,
l'examina, réfléchit sur cette fleur, et en devint tel-
lement préoccupé qu'il en rêvait. Cette espèce de ma-
nie lui donna le désir de connaître les plantes; il
apprit pour cela ce qu'il fallait savoir de latin, et
devint un savant botaniste.
On conte 1 d'une actrice célèbre, mademoiselle Clai-
ron, qu'aimant passionnément la violette, un ami cul-
tivait pour elle cette fleur, et lui en donnait dans
toutes les saisons un bouquet chaque matin, ce qui
dura trente ans; et que, pour ne rien perdre d'un don
que l'amitié et la constance rendaient si précieux à
celle qui le recevait, elle en effeuillait les fleurs cha-
que soir, et les prenait en infusion comme du thé.
Anthcstéries, sont des fêtes que les Athéniens célé-
braient vers le printemps, du mois appelé Anthesté-
rion, pareequ'alors la terre est couverte de fleurs.
Pendant cette fête, que quelques uns croient avoir été
consacrée à Bacchus, les maîtres faisaient grande chère
à leurs esclaves. Les statues de Bacchus àAthèncs, à
Patras, étaient couvertes d'une robe de fleurs.
Méléagre, natif de Gadare, ville de Syrie, sous
1 Quelques unes de ces anecdotes sont extraites de madame de
C-cnlis.
A CLÉMENCE ISAURE. 17
Séleucus VI, est le premier qui ait fait un recueil de
pièces grecques, qu'il nomma Anthologie, ou bouquet
de fleurs prises dans quarante poètes anciens; il at-
tribua une fleur à chacun de ces poètes, le lis à
Anytès et la rose à Sapho.
Il y avait des fêtes en Sicile appelées Anthespho-
rics; elles se célébraient en l'honneur de Proscrpine,
parccqu'elle cueillait des fleurs dans les champs quand
Pluton l'enleva. Enfin, le charme des fleurs séduisit
aussi l'esprit des personnages les plus sévères du
siècle de Louis XIV. La guirlande de Julie fut une
galanterie ingénieuse imaginée par l'austère duc de
Montausicr pour la belle Julie de Rambouillet. Lors-
que sa main lui fut promise, il devait, suivant un
ancien usage qui s'observe encore aujourd'hui, en-
voyer tous les matins à sa future épouse, jusqu'au
jour de la noce, un bouquet des plus belles fleurs
de la saison; mais il ne s'en tint pas là, il fit pein-
dre en outre par les meilleurs peintres, sur du vé-
lin, dans un livre in-folio, magnifiquement relié,
les plus belles fleurs cultivées, et tous les poètes les
plus distingués de ce temps se distribuèrent ces
fleurs et firent des vers sur chacune. Le grand Cor-
neille, fit la fleur d'oranger et l'immortelle. Julie, le
jour de son mariage, trouva sur sa toilette ce livre
si précieux. Ce monument intéressant de la galanterie
t8 A CLÉMENCE ISAURE.
française du 17e siècle, passé dans des mains étran-
gères, se trouvait transporté à Hambourg, dans l'an-
née 1795, et il était en vente : on ignore quelle est
la personne qui en a fait l'acquisition.
C'est parmi les fleurs que les poètes prennent leurs
plus touchantes comparaisons. Delille dit en parlant
de deux soeurs :
Deux gouttes de rosée ou du nectar des dieux,
Deux matins du printemps, deux des plus fraîches roses
Sur une même tige, à la même heure écloses,
Se ressembleraient moins.
En parlant de l'infortunée Rosamonde, dont le
nom signifie rose pure ou rose blanche, il s'exprime
ainsi :
Charmante et tendre fleur, flétrie en ton jeune âge ,
Tu ne vécus qu'un jour, ce fut un jour d'orage!
Dans son épisode du malheureux Boo, sa plume
laissa tomber ces vers charmants :
Il expire en sa fleur : ainsi la jeune abeille
Qui butinait le thym et la rose vermeille ,
Prête de déposer dans ses foyers chéris
L'extrait de la rosée et des fleurs et des fruits,
Succombe sous le poids de la moisson nouvelle ,
Et regrette en mourant la ruche maternelle !
Le même poète, dans l'Homme des champs, dit
A CLÉMENCE ISAURE. iy
de l'enfance, dont on doit épier avee soin les pre-
mières dispositions :
Dès qu'un heureux hasard, vient l'offrir à vos veux,
Hâtez-vous, saisissez ce genne précieux.
Tels ces jeunes oeillets n'attendent pour éclore
Qu'un des rayons du jour, qu'un des pleurs de l'aurore ;
Tel d'un lis s'élevaut dans le fond des déserts
Les parfums négligés se perdent dans les airs.
Virgile, le tendre Virgile, compare à une rose ie
jeune Pallas, moissonné dans les combats. Je me sers
de la traduction admirable de Delille :
De la pompe funèbre on hâte les travaux,
Et le lierre et l'osier enlaçant leurs rameaux ,
Du flexible cercueil forment l'architecture ;
Alentour se déploie un voile de verdure.
Là, pâle, de sanglots, de pleurs environné,
Repose sur son lit le jeune infortuné:
Ainsi de nos bosquets la rose matinale
Que cueille avant l'aurore une main virginale
Pour en parer son sein ou ceindre ses cheveux,
D'un reste de beauté brille encore à nos yeux ;
Mais du sol maternel une fois séparée,
Sa feuille se flétrit et meurt décolorée.
Voltaire, dans sa Henriade^ peint ainsi la mort du
duc de Joyeuse :
On l'aperçut bientôt, porté par des soldats,
Pâle, et déjà couvert des ombres du trépas.
2o A CLÉMENCE ISAURE.
Telle une tendre fleur qu'un matin voit éclore,
Des baisers du zéphyre ou des pleurs de l'aurore,
Brille un moment aux yeux et tombe avant le temps
Sous le tranchant du fer, ou sous l'effort des vents.
S'il m'est permis de me citer moi-même, après ces
poètes , je compare à un lis Héro dévorée d'ennuis :
Ainsi quand , loin des bords témoins de sa beauté,
Sous un ciel dévorant un Us est transplanté,
Il languit, et du soir la fraîcheur bienfaisante
Ne rend pas la blancheur à sa tête mourante;
Il penche, il se flétrit : la déesse des fleurs
En voyant son destin sent couler quelques pleurs ;
Privés de leurs amours les zéphyrs en gémissent.
Héro et Léandre.
Ailleurs je dis d'une vierge qu'on force à prendre
le voile:
Dès ce jour cette vierge a cessé de se plaindre,
Dans ses yeux dès ce jour on ne vit plus de pleurs :
Les roses de sa bouche, où l'àmc allait s'éteindre,
Avec le blanc narcisse échangeaient leurs couleurs.
Le Couvent.
Enfin, dans un autre poème, j'assimile Adonis à la
fleur mourante d'un soleil :
Quand la feuille des bois sous l'aquilon frissonne,
Ainsi la triste fleur qu'un disque d'or couronne,
Amante sans espoir du soleil qui la fuit,
Voit pencher les rayons dont sa tète reluit;
A CLEMENCE ISAURE. 21
Ces rayons, doux présents, éclatant diadème,
Que sa tendresse obtint de cet astre lui-même :
Elle meurt, et, mourant, vex-s la couche du jour
Incline, et tourne encor son front pile d'amour.
DAVID , poeme.
Voici le voeu de Tibullc, dans son élégie à Mes-
sala:
« Pour moi, comme j'ai suivi paisiblement les lois
du tendre amour, Vénus elle-même me conduira
dans les champs élysiens, dans ces champs qu'égaient
éternellement les danses et les chansons, et que char-
ment de leur voix délicieuse une nuée voltigeante
d'oiseaux harmonieux, tandis que les moissons sans
l'effort du soc y portent l'odorant amomum , et que
la terre riante s'y couvre en tout temps de roses
dont les parfums durent toujours. »
Catulle, l'harmonieux Catulle, dit en parlant d'une
vierge :
« Telle une fleur que les troupeaux n'ont jamais
foidée, que n'a jamais touchée le soc, croît à l'écart
dans un jardin solitaire: le sol la nourrit, la rosée
entretient sa fraîcheur, les zéphrys la caressent; elle
est l'amour de tous les bergers et de toutes les nym-
phes; mais si une main téméraire en la touchant l'a
décolorée, les nymphes et les bergers la dédaignent.»
Ailleurs il compare Ariadne, croissant sous les lois
22 A CLÉMENCE ISAURE.
de sa mère, à un myrte que baignent les flots de
l'Eurotas, et que l'haleine du printemps enrichit des
plus fraîches couleurs.
Mais parmi les anciens et les modernes, il n'en
est pas dont les comparaisons soient plus attendris-
santes que celles de Fénélon.
Il dit, en parlant de jeunes guerriers moissonnés à
la fleur de l'âge par le fer des combats :
« Son teint se flétrit comme une fleur que la main
d'une nymphe a cueillie dans les prés. »
« Sa bouche, plus vermeille que les roses dont
l'aurore sème l'horizon, se flétrit. »
« Tel qu'un beau lis au milieu des champs, coupé
dans sa racine par le tranchant de la charrue, languit
et ne se soutient plus, il n'a point encore perdu cette
vive blancheur et cet éclat qui charme les yeux;
mais la terre ne le nourrit plus, et sa vie est éteinte.
Ainsi le fils d'Idoménée, comme une jeune et tendre
fleur, est cruellement moissonné dès son premier âge. »
«■ Le fils d'Ulysse et Iphiclès étaient tous deux
beaux, vigoureux, pleins d'adresse et de courage, de
lamêmetaille, delà même douceur, du môme âge, tous
deux chéris de leurs parents; mais Iphiclès était
comme une fleur qui s'épanouit dans un champ, et
qui doit être coupée par le tranchant de la faux du
moissonneur. »
A CLÉMENCE ISAURE. a3
«Il fit étendre Pisistrate dans un lit de pourpre,
où, la tète penchée sur l'épaule avec la pâleur de la
mort, il ressemblait à un jeune arbre qui, ayant cou-
vert la terre de son ombre et poussé vers le ciel
des rameaux fleuris, a été entamé par le tranchant
de la cognée d'un bûcheron, qui ne tient plus à sa
racine ni à la terre, mère féconde, qui nourrit les ti-
ges dans son sein; il languit, sa verdure s'efface, il ne
peut plus se soutenir, il tombe; ses rameaux, qui ca-
chaient le ciel, traînent sur la poussière, flétris et
desséchés; il n'est plus qu'un trône abattu, et dé-
pouillé de toutes ses grâces. »
C'est encore ainsi que le Cygne de Cambrai peint
l'abattement du vieux Nestor :
« Le sage Nestor ne put se trouver dans ce con-
seil, pareeque la douleur jointe à la vieillesse avait
flétri son coeur, comme la pluie abat et fait languir
le soir une fleur qui était le matin, pendant la nais-
sance de l'aurore, la gloire et l'ornement des vertes
campagnes. »
Enfin, c'est ainsi qu'il fait la description du bois
où Sésostris s'offre aux yeux de Télémaque dans les
Champs-Elysées :
« Pendant qu'Arcésius parlait de la sorte, il aperçut
que Télémaque avait toujours les yeux arrêtés du
côté d'un petit bois de lauriers, et d'un ruisseau bordé
24 A CLÉMENCE ISAURE.
de violettes, de roses, de lis, et de plusieurs autres
fleurs odoriférantes, dont les vives couleurs ressem-
blaient à celles d'Iris, quand elle descend du ciel sur
la terre pour annoncer à quelque mortel les ordres
des dieux. C'est le grand roi Sésostris, que Télémaque
reconnut dans ce beau lieu. »
Lord Byron composa cette espèce de parabole sur
l'amie de Conrad :
« Une fleur croissait à l'abri de ce roc escarpé,
dont l'ombre l'avait protégée jusqu'à ce jour; le
même tonnerre a anéanti le roc et le lis. Cette belle
plante n'a pas laissé une feuille pour dire ses mal-
heurs; toutes ont été flétries et consumées, et les
débris du rocher protecteur sont répandus çà et là
sur une plage aride. »
Ailleurs le poète anglais, dans une description du
cap Colonna ou Sunium, s'exprime ainsi :
« C'est là que l'on rencontre, dans les vallées et sur
les collines, la rose amante du rossignol : c'est pour
cette aimable fleur que le chantre des nuits compose
ses airs les plus tendres; la rose chérie, reine des jar-
dins, écoute ces chants d'amour en rougissant; loin
des aquilons et des neiges du nord, elle fleurit au
souffle caressant des zéphyrs printaniers, exhale
comme un encens de reconnaissance les parfums
qu'elle a reçus de la nature, ci embellit à son tour
A CLÉMENCE ISAURE. z5
lcclimatquilaprotège,cnétalant ses riches couleurs.»
Le noble lord dit, en parlant de Lcïla :
« Le vermillon de ses joues le disputait aux fleurs
pourprées de la grenade; sa chevelure, semblable à
la tige de l'hyacinthe , descendait jusqu'à ses pieds. »
Enfin, c'est ainsi que ce romantique commence sa
pièce intitulée, le te vis pleurer :
K Je te vis pleurer : une larme brillante s'arrêta sur
l'azur de tes prunelles, et je crus voir une goutte de
rosée suspendue sur la violette. »
Dans le charmant roman de Bernardin de Saint-
Pierre, Paul dit à Virginie :
« Quand du haut de la montagne je t'aperçois au
fond de ce vallon, tu me parais, au milieu de nos
vergers, comme itn bouton de rose. »
11 peint ainsi Virginie expirée :
« Ses yeux étaient fermés; seulement les pâles vio-
lettes de la mort se confondaient sur ses joues avec
les roses de la pudeur. »
M. de Chateaubriand, dans Atala, dit en parlant
du tombeau d'un enfant :
« On y voyait dans ce moment des épouses nou-
velles, qui, désirant les douceurs de la maternité,
cherchaient, en entr'ouvrant leurs lèvres, à recueillir
l'âme du petit enfant qu'elles croyaient voir errer
sur les fleurs. La véritable mère vint ensuite déposer
3
26 A CLEMENCE ISAURE.
une gerbe de maïs et de fleurs de lis blancs sur
le tombeau, et s'écrie : Le bouton qui sèche dans
son enveloppe passe avec tous ses parfums, comme
toi, ô mon fils ! avec toute ton innocence. »
Voici le portrait que fait d'Atala, sur son lit de
mort, le premier de nos écrivains que sa prose
égale à nos plus grands poètes :
« Atala était couchée sur un gazon de sensitives des
montagnes ; ses pieds, sa tête, ses épaules, et une par-
tie de son sein, étaient découverts; on voyait dans
ses cheveux une fleur de magnolia fanée... celle-là
même que j'avais déposée sur le lit de la vierge pour
la rendre féconde. Ses lèvres, comme un bouton de
l'ose cueilli depuis deux matins, semblaient languir et
sourire. »
Voici son épitaphe, si belle par sa simplicité :
J'ai passé comme une fleur :
J'ai séché comme l'herbe des champs.
L'auteur des Martyrs dit de Cymodocée :
« Ses cheveux noirs ressemblaient à la fleur d'hya-
cinthe, et sa taille au palmier de Délos. »
Ailleurs, Eudore, le héros des Martyrs, dit :
« Des fleurs et des fruits humides de rosée sont
moins suaves et moins frais que le paysage de Na-
ples, sortant des ombres de la nuit. »
CLÉMENCE ISAURE. 27
Plus loin , Zacharie l'accompagnant jusqu'aux
frontières des Gaules, Eudore raconte ainsi une pa-
rabole que lui adressa le saint vieillard :
« Il cueillit en marchant une plante de lis sauvage
dont la cime commençait à percer la neige, et il me
dit :
« Cette fleur est le symbole du chef des Saliens et
de sa tribu ; elle croît naturellement plus belle parmi
ces bois que dans un sol moins exposé aux glaces de
l'hiver : elle efface la blancheur des frimas qui la
couvrent, et qui ne font que la conserver dans leur
sein, au lieu de la flétrir. J'espère que cette rude sai-
son de ma vie, passée auprès de la famille de mon
maître, me rendra un jour comme ce lis aux yeux
de Dieu : l'âme a besoin, pour se développer dans
toute sa force, d'être ensevelie quelque temps sous
les rigueurs de l'adversité. »
Dans lememe ouvrage, cet écrivain compare à une
moisson flottante une assemblée composée de diffé-
rents ordres.
« Dans un champ où l'ivraie et d'inutiles fleurs de
pourpre et d'azur s'élèvent au milieu du froment
d'or, si quelque zéphyr se glisse dans la forêt diaprée,
d'abord les plus frêles épis courbent leurs tètes ; bien-
tôt le souffle croissant balance en tumulte les gerbes
fécondes et les plantes stériles : tel paraissait dans le
28 A CLÉMENCE ISAURE.
sénat le mouvement de tant d'hommes divers. »
Dans le baptême de Cymodocée, on lit cette simi-
litude si gracieuse:
« Ses cheveux dénoués tombent des deux côtés de
sa tète sous le poids de l'onde rapide qui suit et dé-
roule leurs anneaux : ainsi la douce pluie du prin-
temps humecte des jasmins fleuris, et glisse le long
de leurs tiges parfumées. »
Enfin, dans son martyre on remarque celle ci :
« La tunique bleue, le manteau noir, faisaient
éclater la blancheur de son teint; et ses yeux fatigués
par les pleurs avaient une douceur angélique : elle
ressemblait à un tendre narcisse qui penche sa tête
languissante au bord d'une eau solitaire. »
On voit dans cette longue nomenclature de com-
paraisons, tirées des auteurs les plus rccommandablcs
par l'éclat de leur imagination, que leurs pensées se
portaient toujours sur les fleurs quand ils voulaient
faire des tableaux ou gais, ou gracieux, ou mélanco-
liques des incidents de la vie humaine.
Enfin, l'homme a partout mêlé à sa joie, à sa tris-
tesse, à ses plaisirs, à ses travaux, à sa parure, à sa
religion, ces fleurs, le plus bel ornement de la terre.
C'est à regret que je cesse d'entretenir d'elles mes
lecteurs; mais comme tout doit avoir des bornes, je
finirai par ces vers de Delille, qui dépeignent adnii-

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