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Français, au Rhin ! ! ! A l'empereur Napoléon III , par M. T***

14 pages
Rozez fils (Bruxelles). 1869. France (1852-1870, Second Empire). In-8 °. Pièce.
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Bruxelles. — Imp. de E. WITTMANN, rue de la Pompe, 8.
FRANÇAIS
AU RHIN!!!
L'EMPEREUR NAPOLEON III
PAR M. T*** .
Prix : 50 Centimes.
BRUXELLES
LIBRAIRIE CENTRALE DE A. ROZEZ FILS
PASSAGE DE LA MONNAIE, 10 ET 12
1869
A
LEMPEREUR NAPOLÉON III
SIRE,
L'Europe assiste en ce moment à l'un des spectacles les
plus solennels et tout à la fois les plus désolants qu'elle ait
jamais contemplés : celui de la France livrée à tous les
hasards d'une licence politique plus voisine du despotisme
que de la liberté, et n'attendant même plus la protection et
le salut d'un pouvoir dont la seule raison d'être résidait
dans sa force contre la voyoucratie révolutionnaire.
Placée à l'un de ces sommets beaucoup trop élevés d'où
l'on ne discerne que vaguement ce qui est l'évidence même,
Votre Majesté ignore-t-elle donc la situation actuelle? — Ou
bien, ne la connaissant que par les rapports frelatés de ses
valets à portefeuille, lui assigne-t-elle pour causes immé-
— 6 —
diates ce qui n'est en réalité que la résultante logique de la
seule vraie cause?
Toujours est-il, Sire, que, d'un bout de l'Europe à l'autre,
tons les regards sont aujourd'hui braqués sur Compiègne,
comme il y a deux siècles sur Versailles ; comme il y a
50 ans, et bien plus près de nous, sur les Tuileries et Saint-
Cloud, alors que le Destin se manifestait par un geste de
Louis XIV, de Napoléon Ier ou de Napoléon III.
Seulement l'expression de ces regards a bien changé :
A la crainte, mêlée de respect et d'admiration, a succédé,
il faut bien le dire, une anxiété dédaigneuse.
— Que va-t-il faire? — Comment se tirera-t-il de là? —
Ça ne peut pas durer longtemps...
Telle est, Sire, la préoccupation générale des esprits,
préoccupation où les intérêts tiennent pour le moins autant
de place que la curiosité, puisque, depuis trois années, par
le fait de la politique alizée qui souffle de Paris, le commerce
et l'industrie sont partout frappés d'une atonie désas-
treuse.
L'Europe a raison :
Non! cette situation ne peut durer longtemps. — Mais
qu'allez-vous faire, Sire, pour y mettre un terme? Car, à
moins d'être frappé d'une impuissance apocalyptique, c'est à
vous que revient le' droit et qu'incombe le devoir de parler
et surtout d'AGIR.
Et il n'est que temps, si Votre Majesté veut faire mentir
les prophètes de pacotille qui déjà proclament 1869 la soeur
de 1830 et de 1848.
Il faut donc agir, agir promptement, énergiquement et
sûrement.
Dans quel sens?... C'est ce que votre haute sagacité,
Sire, vous eût, certes, depuis longtemps déjà révélé, si
vous aviez conscience de la gravité de la crise et des causes
qui l'ont déterminée.
— 7 —
Sire, vous souvient-il de certain discours d'Auxerre, où
vous proclamâtes solennellement votre mépris redoutable
pour les suppôts des Traités de 1815 ?
La prédiction du vieux Palmerston : « La Prusse est la
meule sur laquelle s'usera l'Autriche » était alors sur le point
de se vérifier. Mais une grande nation, incarnée dans un
homme, était là, qui d'un mot pouvait et devait se constituer
l'arbitre de la situation. Cette nation, c'était la France ; cet
homme, c'était l'empereur Napoléon III.
Le Si de la grande Catherine était enfin devenu pour vous
un glorieux axiôme : PAS UN COUP DE CANON NE POUVAIT SE TIRER
EN EUROPE SANS VOTRE PERMISSION.
Le monde entier comprit ainsi la grandeur du rôle dévolu
par une merveilleuse fortune à l'ex-prisonnier de Ham,
lorsque le télégraphe eut transmis vos fières paroles
d'Auxerre aux quatre points cardinaux.
Il y eut alors une exclamation universelle : — joie ici,
dépit là-bas, rage plus loin, admiration partout : — IL A LE
RHIN !
Et la France tressaillit dans son orgueil, comme aux plus
beaux jours de son histoire.
Mais il y a plus, Sire :
Le signataire de cette lettre était alors de passage dans
une grande ville de l'Union américaine, où la proscription,
volontaire ou contrainte, comptait en grand nombre ses
membres les plus énergiques, les plus irréconciliables, pour
employer le mot du jour.
Eh bien ! aussitôt que la substance de votre discours
d'Auxerre y parvint, ces 3 ou 400 farouches républicains,
la plupart ex-déportés à Cayenne, pour avoir combattu le
Deux Décembre, sentirent leur haine politique et leurs res-
sentiments personnels se fondre, en quelque sorte, à la
pensée de la grandeur acquise à la patrie par leur mortel
ennemi.

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