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Guerre aux pamphlets , satire, par A. R.***, jeune libéral, ennemi des préjugés gothiques

De
14 pages
Brissot-Thivart (Paris). 1820. 15 p. ; in-8.
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GUERRE AUX PAMPHLETS,
SATIRE,
PAR A. R *** ,
JEUNE LIBÉRAL, ENNEMI DES PRÉJUGÉS GOTHIQUES.
« Je déclare la guerre aux méchans comme aux sots. »
EMMANUEL DUPATY;
[ Les Délateurs , Chant I. ]
A PARIS,
A LA LIBRAIRIE CONSTITUTIONNELLE
DE BRISSOT - THIVART,
RUE NEUVE DES PETITS-CHAMPS, N° 22
1820.
GUERRE AUX PAMPHLETS,
SATIRE. «
p
YIS-IE voir la raison errante, abandonnée;
Aux injures des sots, au mépris condamnée ;
Contre elle chaque jour un critique à brevets,
Pour six écus par mois débiter ses arrêts,
Tandis qu'un libelliste, effroi de l'homme sage,
Contre la liberté prodigue en paix l'outrage :
Puis-je voir ce prélat, hypocrite dévot,
Qui de feintes vertus émerveillant un sot,
Et lui montrant les cieux, qu'il lui donne en partage,
Lui fait payer ce don de tout son héritage :
Puis-je voir ce seigneur, ce noble astucieux
Nous vanter l'heureux temps de nos simples aïeux,
Un Martainville (i), enfin, dégrader l'art d'écrire,
Sans m'armer à l'instant des traits de la satire ;
Sans traduire avec force en mes écrits vengeurs
Ces modernes Frérons, tartufes imposteurs,
Ennuyeux prosateurs, tragiques à la glace,
Didactiques pédants, assiégeans du Parnasse,
Auteurs accrédités de journaux avilis ,
Aux dîners d'un ministre échauffant leurs esprits,
Mercenaires savans, qui d'un sixième étage,
Pour vanter un commisosent flétrir le sage.
(4)
Mais déjà l'on m'arrête :— « En vos sombres accès,
» Au genre humain , dit-on, vous faites le procès :
» De quoi vous plaignez-vous ? pourquoi tant de colère ?
» Laissez la l'auteur froid , le rimeur mercenaire :
» Quel tort vous ont-ils fait? faut-il pas que chacun
» Calme par son labeur son estomac à jeun?
» On déteste le fiel d'un écrivain caustique ».
Eh bien, soit, je consens qu'un sot panégyrique,
Qui, flattant Dorimon, ra beaucoup ennujé,
>
Au joyeux écrivain soit largement payé;
Et qu'importe au public que travaillant pour vivre,
Jean fabrique un soulier ou broche un mauvais livre!
Mais il importe à tous qu'un vil diffamateur,
Qui vend, pour un peu d'or, ses vers et son honneur,
Soit poursuivi partout, que partout sans refuge
Chacun de ses lecteurs soit un rigide juge,
Certes, le démasquer, c'est venger l'univers ;
On soutient l'honnête homme en frappant le pervers !
Au reste, eut-on jamais plus sujet de médire:
Jamais un plat valet, craignant peu la satire,
Tour-à-tour des partis acheté, marchandée
Signant effrontément un écrit dégradé,
Osa-t-il p.'r brochure , exalter l'esclavage,
Périodiquement avilir le courage
Des généreux guerriers soutiens de leur pays,
Et d'un honteux pardon, leur offrir le mépris ?
O ! valeureux soldats, défenseurs de la France,
D'un pygmée orgueilleux vous bravez la démence !
Ses injures, ses cris, méritent vos dédains ;
Couohés sur des lauriers moissonnés par vos mains,
(5)
Vous contemplez vos noms, que proclame l'histoire,
Et qu'on voudrait en vain ravir à la mémoire ?
Mais quels sont ces pamphlets, par mes discours aigris ?
Qui disent: — « Ces guerriers ont battu nos amis,
» N'ont point versé leur sang pour défendre la France
» ( Qui n'était plus alors entre Tarbe et Mayence,
» Mais à Londre, à Cobtentz; en mille endroits divers
» Où fuyaient de nos grands les-bataillons pervers ).
» Vous louez vos guerriers-, séditieux libelles ;
» Nous vous déclarons tous des traîtres, des rebelles »
» Nos soutiens, nos héros, sont ceux qui dans Berlin
» Au fougueux Frédéric ont mis le fer en main :
ougue
» Vantez donc leur bravoure, assurez leur puissance, '-'
» Combattez la raison, protégez l'ignorance,
» Et nous vous déclarons preux chevaliers français » -
Ainsi parlent ces gens, dont les affreux projets '", J
Se couvrent à nos yeux d'un voile monarchique,
Pour nous mieux écraser sous Féteignoir gothique ; ': ;.
Ecoutez ces messieurs: de talent, probité, -
Honneur, esprit, génie, aveugle piété', i - 5
De toutes les vertus que donne la nature .,: j.
Ils ont reçu du ciel une double mesure,
Les grands et les prelats, les prélats et les grands, , ,
Voilà tout l'univers! lès vilains, lès inanans
( Ils vous nomment ainsi clasSe sage et tranquille)
Sont faits pour les servir par un travail utile.
Çà, dis-moi, noble ultra, qu'as-tu de plus que moi ;
Rien) le dernier commis, ou ton laquais, ou toi,
Vous êtes tous égaux, qu'importe la naissance ?
Le seul titre d'honneur est de servir la France
( 6 )
Ainsi que Chauvelin, orateur courageux,
Ou Constant, de Wilfrid avocat généreux,
Ou tel autre Français, digne de nos hommages,
Honoré dès long-temps par tes lâches outrages.
Voilà quels sont mes preux, mes nobles chevaliers :
Mais contemplons, marquis, tes valeureux guerriers,
Tes grands remplis d'honneur, tes pieux cénobites;
Du flambeau de Thémis éclairons leurs mérites,
Si la pourpre ou la haire ont créé leurs vertus ,
Qu'à nos yeux dépouillés ils n'en imposeut plus.
Dois-je estimer ce fat, tyran dans son village,
Au Louvre, humble valet, rampant dans l'esclavage^
Soumis près du monarque , avec tous orgueilleux,
Son petit air altier semble braver les cieux.
Tel ce léger ballon élancé dans la nue
Fait admirer à tous sa puissance inconnue ;
L'aquilon souffle, il cède, au choc impétueux , v
Il fuit, va se heurter contre un roc orgueilleux,
Tombe, et fait voir enfin à la foule alarmée
Que tout son vain pouvoir n'était rien que, fumée.
Tel cet ambitieux au ton tranchant et vain, !
Qui nous regarde tous avec l'ceil du dédain
Devient souple et léger, lorsqu'au regard du maître.,
Il voit enfin pour lui le néant reparaître. :
— Ce n'est rien, diras-tu, qu'une vaine fierté ,
» Lorsque, pour leur honneur et pour leur probité,
» Nos grands seigneurs partout.» Eh! pas tant de jactance!
Ecoute jusqu'au bout, tu prendras leur défense.
Où court ce duc , monté dans ce riche bockei,
Que devance au gplop un élégant jockei ?