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Hégésippe Moreau . (Signé : C. Angebert.)

De
8 pages
impr. de Lebeau (Provins). 1851. Moreau. In-8° . Pièce.
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HÉGÉSIPPE MOREAU.
Manibus date lilia plenis.
§ 1er
Une nouvelle édition des oeuvres d'Hégésippe Moreau a
donné lieu , dernièrement, dans le Constitutionnel, à l'une de
ces causeries de M. Sainte-Beuve qui, pour les connaisseurs,
font du lundi un jour de prédilection littéraire.
C'est une rare fortune, pour notre Provins, que de voir
soulever pour lui Iè voile de l'oubli par une main semblable ;
aussi tout provinois, sachant un peu lire, a-t-il contemplé
avec un plaisir de propriétaire-, dans cette gracieuse esquisse
de maître, ses vieilles ruines et sa rose de la Palestine, ses
anciens et ses jeunes souvenirs, ses coteaux, sa Voulzie et les
hommes distingués qui les illustrèrent.
Du moins préjugeons-nous ainsi du sentiment,commun par
celui que, d'abord, nous avons nous-même éprouvé.
Hégésippe Moreau, à qui nous devons cette bonne aventure,
n'est pas,.précisément, né au milieu de nous. Mais, comme la
nourrice qui fut, en même temps, une mère adoptive, une
ville a le droit de nommer ses fils ceux dont elle allaita l'en-
fance et le génie, dont elle eut les premières tendresses, et
— 2 —
qui, eux-mêmes , ont mis le sceau a son adoption en lui
vouant leur amour filial.
Au milieu de cette atmosphère de mélancolie, qui entoure
les lieux revêtus d'une ancienne splendeur, Provins a ce
bonheur, depuis un quart de siècle, que les jeunes talents,
comme les fleurs, poussent au sein de ses ruines
C'est que la poésie et l'histoire sont les productions natu-
relles d'un pays charmant par son site, héroïque par ses sou-
venirs.
Moreau l'avait dit avant nous :
« Le poète aux débris voua toujours un culte :
Pour une âme rêveuse ils ont un charme occulte.
L'imagination en fait sortir des voix
Qui parlent aux vivants des choses d'autrefois ,
El le vers pousse bien, comme la giroflée,
Aux crevasses d'un mur, au pied d'un mausolée. »
Le génie d'Bégésippe Moreau fut bien, en effet, une fleur
de Provins, et lui son véritable enfant ; ce fut bien ici qu'il
puisa la sève de son coeur el celle de ses vers. Ses premiers
sentiments germèrent si profondément que le temps, l'ab-
sence , les orages, rien ne put les déraciner. Au milieu des
agitations et des amertumes de sa vie inquiète, c'est vers le
nid de son enfance, le Val-Bénit de sa jeunesse, que toujours
reviennent ses pensées.
a Mon doux pays, alors, me souriait en rêves,
Comme à Jean-Jacque enfant son beau lac et ses grèves ;
• Je revoyais Provins et ses coteaux aimés,
De tant de souvenirs, de tant de fleurs semés ;
Son dôme occidental dont, chaque soir, le faîte
S'illumine au soleil comme pour une fête ;
Sa tour, dont le lichen crevasse le granit,
Où la guerre tonnait, où l'oiseau fait son nid ;

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