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Heures perdues. A M. Adolphe Poncerot. (Signé : François Broc.)

De
14 pages
impr. de C.-A. Pinard (Paris). 1864. In-8° , 16 p..
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HEJIRES PERDUES
A M. ADOLPHE PONCEROT
4-
La poésie est à la vie réelle ce quo
le mirage est au désert ; une douce
illusion.
^M
lyOC
AMI
En vous dédiant eus quelques rimes, permettra-moi de vous ex-
pliquer en deux mots pourquoi je me suis permis d'écrire.
Dans ma ville natale, quand le travail cesse, les ouvriers se
procurent une pioche, une bourre, une pelle, et, munis de ces trois
instruments, montent dans nos gaiïgues défricher quelques mè-
tres de terrain.
Défricher est une chose dure, puisqu'il faut avec la pioche, dé-
raciner les yeuses et les lambrusques, avec la bourre casser de lon-
gues et larges pierres calcaires nommées Lozes dans le pays, puis,
avec la pelle, enlever les débris et faire un trou, ce qui permet de
planter au pied de vigne.
Ces vignes sont d'un très-petit rapport ; mais, si faible qu'en soit
le produit, on n'a pas absolument perdu sa peine en les plantant,
cl puis le défrichement a un autre résultat excellent, c'est celuj
d'entretenir la santé.
Certes, si j'étais à Nîmes, je défricherais de grand coeur, esti-
mant aujourd'hui la plantation d'une vigne chose bien supérieure à
là plus helle poésie du monde.
Mais ici à Paris, où la population est à entassée, où le prix du
terrain atteint des proportions si élevée?, que faire en un temps de
chômage î...
Aller au caféî c'est bien ennuyeux ; se promener? c'est bien mo-
notone lorspu'on a tant marché; lire? mais les yeux sont à moitié
uses...
Que faire alors? J'ai rimé, croyant cette occupation la moins
pernicieuse de toutes.
Néanmoins, malgré les circonstances atténuantes, je fais appel à
votre bienveillance, pour me faire pardonner cette hardiesse.
Veuillez, ami, recevoir une cordiale poignée de main, et au
revoir.
Tout à vous,
FRANÇOIS BHOC, dessinateur.
LES PILULES
Francs viveurs, lorsqu'un créancier
Vieillard ridicule,
Vous fait flanquer par un huissier
Dans une cellule,
Ne pouvant plus batifoler,
Vous dites pour vous consoler :
C'est une pilule
Qu'il fa;it avaler.
Méiïez-vous de vos désirs
Vers le crépuscule,
Puisqu'au sein des plus doux plaisirs
Un mordant circule,
Force-1—il les yeux à couler;
Vous diles pour vous consoler :
C'est une pilule
Qu'il faut avaler.
Lorsqu'un bavard intolérant
Au peuple crédule,
Soutient que Dieu n'est qu'un tyran
A longue férule,
Je ne puis pas l'interpeller,
Mais je dis pour me consoler :
C'est une pilule
Qu'il faut avaler.
Plus ennuyeux que les grand jours
De la canicule,
Loisqu'un patron gronde toujours
Sans aucun scrupule,
Baissant la têle sans parler,
Nous chantons pour nous consoler :
C'est une pilule
Qu'il faut avaler.
Sourde et .rétive à la raison
Bien plus qu'une mule,
Quand femme crie à la maison
A crisper Hercule,
L'époux voudrait bien s'en aller.
Mais il dit pour se consoler :
Dieux ! Quelle pilule
Il faut avaler.
— 6 —
LES DEUX OPINIONS
OU LE GERFAUT ET L'ALOUETTE.
FABLE
A St. Erncsl lîrociiot.
Voyez-vous dans le ciel ce point presqu'invisible ?
C'est un oiseau de proie, à la serre terrible
Dont l'oeil cherche partout un butin pour nourrir
Ses petits affamés, qu'il craint de voir mourir i
Mais tandis que son oeil interroge l'espace
Une brume légère a voilé le rapace.
Regardez l'alouette au-dessus des sillons
S'élever en chantant ses plus douces chansons r
Elle emporte gaîment au maître du tonnerre
Les bénédictions et les voeux de la terre
Pour le remercier de ses nombreux bienfaits,
Qu'il verse à pleines mains sans se lasser jamais
Mais soudain, le Gerfaut, émergeant du nuage,.
Aperçoit l'oiselet, sur lui fond avec rage,
Le saisit et le tue, et des restes sanglants
Fait les frais d'un repas qu'il porte à ses enfants.
Bientôt leurs cris joyeux bénissent la nature
Qui sait leur procurer si douce nourriture.
Et qui donc maintenant saura faire comprendre.
A l'oiseau destructeur que sa griffe est le MAL
Pour le petit oiseau qui s'est laissé surprendre.
Mais qui fera jamais à l'oiseau matinal
Admettre un seul moment que ce qui Je déchire
Est le BIEN pour celui qui cause son martyre.
Tel fait est jugé bon tant qu'il nous enrichit
Qu'on trouve fort mauvais lorsqu'il nous appauvrit.
LA. VOISINE
* A Mademoiselle Mélanio Lcclcr.
Dès qu'elle enlr'ouvre sa fenêtre
Aux fraîches brises du matin,
L'aspect du jour qui vient de naître.
Met le courage dans son sein ;
Puis quand la plaine s'illumine,
Sa voix éclate avec bonheur.
Chantez longtemps, chantez bonne voisine,
Pour conserver votre aimable douceur.
Les moineaux, cachés dans le lierre
En la voyant cessent leurs jeux;
Bientôt la troupe familière
Se réunit devant ses yeux :
« Que voulez-vous, troupe mutine?
« Un peu de pain, petite soeur....»
Donnez encor, donnez bonne voisine.
Pour conserver voire aimable douceur.
Devant sa chambre solitaire,
Parfois un papillon léger,
En voltigeant vient la distraire
Lorsqu'elle est prête à s'affliger;
Mais en voyant l'oeuvre divine
Elle espère un monde meilleur.
Rêvez toujours, rêvez bonne voisine,
Pour conserver voire aimable douceur.
La nuit, bien lard, quand toul repose,
Excepté les étoiles d'or,
Auprès de sa fenêtre close,
Paisible, elle travaille encor.
Enfin quittant la mousseline,
Elle rend grâce au Créateur.
Dormez en paix, dormez bonne voisine,
Pour conserver votre aimable douceur,

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