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Histoire de Esther Leggues

64 pages
Impr. de Barbou frères (Limoges). 1868. Leggues, Esther. In-32.
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BIBLIOTHEQUE
(RÉTIENNE ET MORALE
Reue avec oin
IR UNE SOCIÉTÉ D'ECCLÉSIASTIQUES
el approuvée
l MONSEIGNEUR L'EVÊQUE DE LIMOGÉS
TouL exemplaire qui nesera pas
revêtu de notre griffe sera réputé
contrefait et poursuivi conformé-
ment aux lois.
ESTHEft LEGGUES.
IllSTOlliE
DE
FSTHER l EGGUES
LIMOGES.
Barbou frères, iniprimeurs-libiaites.
ESTHER LEGGUES.
Esther Leggues naquit
à Saint-Malo, en Bretagne,
le 15 octobre 1610, de
Richard Leggues, anglais
10-
et marchand de sa profes-
sion, et de Rachel Le Moine,
française , tous deux éga-
lement atlachésaux erreurs
de Calvin. La Providence
voulut qu'ils donnassent
une nourrice catholique à
leur enfant, qui, parvenue
à peine à sa troisième an-
ûée, manifestait déià l'in-
cifoation pour la vérité. On
-11
la voyait soaveat se join-
dre aux enfants dr son âge,
que l'on conduisait à l'Egli-
se catholique. Lorsqu'elle
eut six ans, elle prit la fe^1
ferme résolution de ne ja..,
mais allef au prêche> quel-
le que pût être, à son égard,
la cruauté de ses parents ;
ills l'avaient déjà tourmen-
tée > dans leur haine con-
- 12-
tre l'Eglise romaine. Bien-
tôt cette passion leur fit
étouffer tous les sentiments
de la nature : ils devinrent
les persécuteurs acharnés
de l'être doux et caressant
qui réclamait leur amour.
Cependant la petite Es-
ther croissait chaque jour
en ferveur, et ne cessait
de demander aux person-
13 -
nes pieuses 'qu'elle rencon-
trait de lui apprendre la -
manière de servir Dieu.
Elle les écoutait avec une si
parfaite attention, que leurs
paroles demeuraient gra-
vées dans son esprit et dans
son cœur. Autant qu'il
était possible, elle se déro-
bait aux yeux de ses pa-
rents pour se trouver aux
-14 -
instructions publiques, à
l'office divin, et pour aller
quelques instants dans une
communauté religieuse, où
elle apprenait les vérités de
la religion. Sa famille la
maltraitait avec barbarie ;
mais, fortifiée par la grâ-
ce, rien ne pouvait l'ébran-
ler, ni menaces, ni cares-
ses ; sa ressource était la
15
prière ; en s'adressant avec
une vive émotion à la
Mère de Dieu , elle la
conjurait de lui obtenir le
courage dont elle avait be-
soin: Ainsi cette âme in-
nocente s'élevait vers le
ciel. à chaque instant du
jour, et souvent encore au
milieu des ténèbres ; alors
qu'on la croyait livrée au
16 -
repos , elle veillait pour
s'entretenir avec Dieu. Fi-
dèle aux lois de l'Eglise,
elle observait l'abstinence
tout le carême , ainsi que
les vendredis et samedis,
résolue, comme les pre-
miers enfants de saint Ber-
nard, à ne vivre que d'her-
bes et de feuilles, plutôt
que de céder sur cet ob-
M
jet à la volonté de ses pa-
rents. Eprouvée de mille
manières, sa physionomie
toute angélique respirait
la paix, le contentement :
« Je ne sens point vos
tourments, disait-elle avec
sainte Eulalie , parce que
mon Dieu est avec moi. »
Bien qu'à taULdZchagrins s'u-
1
nirent J /t'I' -rporel-
.-- e ,',1 (-~~ -:.-': \-
18 -
les qui accompagnèrent tou-
te l'enfance d'Esther, elle dé-
sirait ardemment de souf-
frir plus encore, pour la
gloire et l'amour de Jésus-
Christ. Notre Seigneur ,
disait-elle souvent, a souf-
fert davantage pour moi.
Jalouse d'acquérir de
nouvelles grâces, elle se
rendit seule chez J'évêque
- 49
de Saint-Malo, et le con-
jura de lui administrer le
sacrement de la ConJirma-
lion. Le. Pontife , après
avoir interrogé cette petite
créature angélique, la trou-
va disposée d'une manière
admirable et céda à ses
tI" -
désirs empressés. Comme
il lui parlait des dons du
Saint-Esprit, de la force
20 -
qu'il lui communiquait
pour résister aux tenta-
tions, et soutenir avec cou-
rage les persécutions qu'el-
le éprouvait journellement :
« Ah ! Monseigneur , ré-
pondit elle, tout ce que je
puis endurer n'est rien en
comparaison des tourments
que notre Seigneur a souf-
ferts pour moi ; je suis bien
21
résolue de vivre et de mou-
rir catholique , et d'aller
à la messe , quand même
mes parents me devraient
ôter la vie, comme ils m'en
menacent.
Depuis cetie époque ,
elle cherchait toujours les
moyens de voir le pontife
et de recevoir sa bénédic-
tion. Alors le bon "pasteur
22
lui faisait de courtes exhor-
tations , qu'elle écoutait
comme venant de Dieu mê-
me. Pour arrêter les trai-
tements inhumains de ses
parents à son égard, il
leur fit dire que s'ils ne la
laissaient tranquillement
observer la religion catho-
lique , il les dénoncerait
aux conseils de Sa Majesté
--23 -
très-chrétienne, et les fe-
rait condamner à lui payer
une pension dans la com-
munauté des Ursulines, où
elle désirait ardemment
d'entrer. Ces menaces sus-
pendirent à peine un ins-
tant la persécution; mais
la pieuse enfant se réjouis-
sait d'être trouvée digne
de souffrir pour Jésus-
21 -
Christ, disant qu'elle vou-
lait vivre et mourir catho-
lique , et qu'elle aimerait
mieux endurer mille mar-
tyres que de renoncer à la
foi. Avec quel attendrisse-
ment on la voyait, dès l'â-
ge de six ans, prosternée
au pied des autels, et priant
avec une ferveur céleste I
Dans sa touchante dévotion
-25
à la Mère de Dieu, elle ré-
citait exactement le cha-
pelet ; mais ses parents ne
supportaient pas qu'elle en
eut un, et faisaient souvent
une recherche dans ses pe-
tits effets, afin de lui en-
lever les objets de sa pié-
té. Elle s'en procurait aus-
sitôt de nouveaux, quoi-
qu'elle fût, pour ainsi dire
26
certaine que ce serait un
motif de châtiments cruels ;
souvent elle répétait que,
quand elle verrait devant
elle un feu ardent, elle s'y
précipiterait plutôt que de
s'éloigner de la vérité. Un
jour, pour l'éprouver, les
femmes catholiques qui
avaient coutume de la con-
duire à l'église refusèrent
- "27
de s'en charger; à l'instant
elle dit, en fondant en
larmes : « Si tout le mon-
de .m'abandonne , je tra-
vaillerai seute à mon sa-
lut, le mieux qu'il me
sera possible , avec l'aide
de Dieu et le secours de sa
sainte Mère.
Cependant ses parents
se montraient chaque jour
- 28 -
plus fanatiques et plus in-
humains. Comme elle ren-
trait chez eux une après-
midi, ils lui demandèrent
avec colère d'où elle ve-
nait ; elle répondit naïve-
ment qu'elle sortait du jar-
din de l'évêque, où elle
avait cueilli des fleurs. Sa
mère, se doutant qu'elle y
avait pu recevoir quelque
29 -
instruction catholique, lui
défendit d'y retourner, ajou-
tant que s'il lui arrivait de
sortir de la maison à son
insu, elle périrait de la
propre main de ceux qui
lui avaient donné le jour :
ces paroles furent accom-
pagnées des coups les plus
barbares : dans leur fureur
inouïe, ces parents dénatu-