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Hommage funèbre à la mémoire de Jean Reboul. (Signé : Désiré Cadilhac.)

De
13 pages
impr. de Soustelle (Nîmes). 1865. In-8° , 14 p..
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JtftJMHAGE FUNÈBRE
jLA MÉMOIRE
Dff'%fAN REBOUL
HOMMAGE FUNÈBRE
A LA
MÉMOIRE DE JEAN REBOUL
Intanto voce fu per me udita :
« Onorate l'altissimo poëta ! »
(Dante, inf. eant. iv. 79.)
Toi qui de Siméon , en fermant ta paupière,
Mêlais le doux cantique à ta sainte prière,
Et, voyant de tes jours s'éteindre le flambeau,
T'endormais sans fatigue et presque sans souffrance,
Au sein de cette paix et de cette espérance
Que Dieu donne aux élus, bien avant le tombeau,
Ton âme pour la fêle était toute parée !
Tes regards avaient vu « la gloire préparée ,
« Le Rédempteur promis, le Sauveur d'Israël,
« La Révélation, la Lumière éternelle, » (1)
Et ces splendeurs du Dieu que voile de son aile,
Dans les cieux rayonnants, l'Archange Raphaël !"
Ton oeuvre était remplie et pleine ta journée !
Comme le pèlerin , qui las de sa tournée ,
Au piédestal béni qui supporte la croix,
Pour rafraîchir son front vient chercher une place,
De notre jour brûlant ta paupière était lasse,
Et tu pouvais la clore eu t'écriant : Je crois !
Et c'est ce que tu fis : — du divin sacrifice
De Jésus expirant près d'un amer calice
Tu t'étais souvenu (2) ; lui ne t'oublia pas,
Et, brisant les liens de ton âme captive,
Mit le sceau du silence à ta lèvre plaintive,
L'Eden devant tes yeux , et le Ciel sous tes pas !
(1) Au cantique de Siméon, n. Compli.es.
(2) Le Christ îf. Gelhsemani, l'une des pièces composant le pre-
mier recueil des poésies de Reboul.
Du vieillard de Pathmos., aux tendresses mystiques,
Tu portas le grand nom. Ses rêves prophétiques,
Dictèrent à ton luth ses chants les plus féconds.
Aimant, ainsi qu'aimait cet aigle, au coeur de cygne,
Tu peux voir maintenant cette Lumière insigne,
Dont son regard mortel entrevit les rayons.
Ton dernier jour, si doux à ta mélancolie ,
Te rappela sans doute , à l'heure où tout s'oublie ,
Ce poème animé d'un souffle si pieux , (1)
Lampe tout à la fois vivante et mortuaire,
Que ta main suspendit aux clous du sanctuaire ,
Phare qui rayonna toujours devant tes yeux !!
Cette main , secourant une double indigence ,
Pétrissait pour le corps et pour l'intelligence
Un, pain qui fut toujours vierge d'impur levain :
Le jour , rude artisan , la nuit, penseur austère,,
Tu contemplais le ciel, tu nourrissais la terre ,
Fidèle imitateur de ton Maître divin !
(V Le dernier jour, poème, — Delloye, — Taris, — 1B39.