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Hommes nouveaux et tiers parti, lettre à un homme d'État, par Grégory Ganesco

De
10 pages
Librairie nouvelle (Paris). 1867. In-8° , 9 p..
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HOMMES NOUVEAUX
ET
TIERS-PARTI
LETTRE A UN HOMME D'ÉTAT
PAR
GRÉGORY GANESCO
Prix : 10 centimes
PARIS
LIBRAIRIE NOUVELLE
Boulevavd des Italiens, 13
1867
LETTRE A UN HOMME D'ÉTAT
Montmorency (Seine-et-Oise), le 3 fevrier 1867.
MONSIEUR,
Vous êtes l'un des hommes d'Etat qui connaissent les cir-
constances à la suite desquelles je suis sorti, malgré moi, de la
politique. Vous êtes également en position de savoir avec quelle
précaution patiente je me maintiens, depuis longs mois, dans le
domaine des questions purement littéraires et économiques et
avec quelle résignation j'y resterai aussi longtemps qu'il le
faudra.
Mais, à l'heure qu'il est, tout le monde parle et écrit politique,
surtout ceux que l'étude et l'expérience y ont le moins préparés,
Ce devrait être une raison de plus de me taire. Je romps le
silence cependant pour un instant. Ne craignez rien, Monsieur,
c'est encore pour continuer des habitudes modestes que j'ai dû
contracter, c'est pour traiter une question de simple chronologie
que je vous adresse cette lettre.
—2—
On ne cesse, depuis le 19 janvier, de répéter l'expression :
hommes nouveaux, et cette autre expression : tiers parti.
N'est-il pas opportun, n'est-il pas bon, n'est-il pas juste de
se souvenir aujourd'hui que ceux qui se prétendent si fort des
« hommes nouveaux » ne sont pas ceux qui, les premiers, ont
essayé de créer en France une politique nouvelle? Qu'ils ne sont
même capables ni de la comprendre, ni de l'appliquer.
En fondant, il y a neuf ans, le Courrier du Dimanche et en lui
donnant pour mission de parler haut alors que tout le monde
parlait bas, j'ai essayé, avec mes collaborateurs, non pas sans
doute de renoncer aux vieilles traditions de liberté qui honorent
la France de la Révolution, mais de présenter cette liberté sous
une image plus jeune, plus large et plus vraiment démocratique.
Nous n'étions pas de ceux qui jettent la pierre aux ouvriers de
la première heure ; mais nous pensions que s'ils n'avaient pas
réussi, cela tenait peut-être à ce qu'ils avaient manqué d'idées
suffisamment compréhensives ; et ces idées, nous les cherchions
en hommes qui, tout en se montrant respectueux pour leurs aînés,
ne se croient pas obligés de l'es suivre toujours en disciples.
Trois exemples entre mille.
Lorsque le chômage ravagea, en 1861, les populations ou-
vrières de Lyon, Saint-Etienne, Rouen, Roubaix, Lille, Tour-
coing, etc., j'eus l'honneur d'entreprendre une campagne qui,
si elle m'a conduit, moi, à Mazas, a conduit un grand nombre
d'ouvriers à un sentiment plus précis de la dignité humaine.
De même, dans l'examen des questions internationales, nous
avons apporté des éléments d'information sans précédent,
peut être, dans le journalisme, et une connaissance spéciale,
une conception particulière et nouvelle des affaires européen-
nes, comme il serait heureux qu'un grand nombre d'hommes
d'Etat et écrivains politiques du jour en possédassent. La ques-
tion allemande venait à peine d'être posée à Francfort par
l'empereur François - Joseph dans le fameux Congrès des