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I.€Le cadre conceptuel€: les trois espaces

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I.€Le cadre conceptuel€: les trois espaces

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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, 2
Thomas Buckley. CEIMA
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(Bret Harte et Jack London)
I. Le cadre conceptuel : les trois espaces
Tout commence par un schéma classique et nostalgique composé de trois
espaces qui représentent chacun l’habitat d’une espèce ayant un comportement
propre.
Le premier est tantôt un espace géographique : la campagne, la ferme où
règnent l’ordre et l’harmonie, où l’on respecte le travail, la famille, la patrie et
Dieu, le domaine du
Biedermeier
, l’honnête fermier qui mène une vie saine,
modérée et vertueuse, sans excès, sans s’éloigner du juste milieu ; tantôt un
espace temporel : l’ère qui précède la période moderne, avant que les moeurs
n’aient subi les mauvaises influences dont elles sont victimes de nos jours, époque
où les gens étaient encore honnêtes et craignaient Dieu.
Le deuxième est la ville, lieu de désordre, d’oisiveté, d’excès, de débauche,
de mauvaises fréquentations et de crime, où les valeurs apprises et cultivées à la
campagne ou dans le passé sont généralement corrompues, perdant leur pureté
originelle.
Le troisième lieu est la nature vierge et sauvage, le
wilderness
, royaume des
loups et des bandits sur la terre ferme, des marins, des pirates et des requins en
mer.
Ici on ne peut pas parler de lois, sauf celle du plus fort ou du plus malin qui
gagne sans état d’âme. Donc, pas de justice ou d’injustice non plus, pas de crime,
pas de vertu ou d’héroïsme.
On retrouve ces trois notions dans maintes oeuvres de littérature et
d’histoire ; ce sont des stéréotypes de base. Ainsi, les deux premières dans
Civilisation matérielle, économie et capitalisme XV
e
-XVIII
e
siècle
(3
. Le temps du
monde
), de Fernand Braudel :
En octobre 1810, le consul français qui vient d’arriver à New York, essaie,
comme on le lui demande à Paris, de définir « l’esprit actuel des habitants de
l’État et (...) leurs véritables dispositions envers la France ». Écoutons sa
réponse :
« Ce n’est
pas par la ville populeuse [New York a alors 80 000
habitants] que j’habite qu’il faut en juger ; ses habitants, pour la plupart
étrangers et composés de toutes sortes de nations exceptés pour ainsi dire
d’Américains, n’ont en général d’autre esprit que celui des affaires. New
York est, pour ainsi dire, une grande foire continue, où les deux tiers de la
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