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Idées simples et précises sur le papier monnoie, les assignats forcés et les biens ecclésiastiques ; suivies d'une Réponse à M. Bergasse et à M. de Montlossier ; et terminées par une Note importante sur M. Burke ([Reprod.]) / par M. Cérutti

De
129 pages
chez Desenne (Paris). 1790. Assignats -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
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I*D lÉ ES
SIMPLES ET PRÉCISES
sur'
LE PAPIER MONNOIE,
LES ASSIGNATS FORCES,
ET LES BIENS ECCLÉSIASTIQUES.
Suivies d'une Réponse- à M. Be gasse
et à M. de Montlosier et terminées
par une Note importante surM. urke.
P>~» JVT- CÉRUTTI.
1 Régna sissignata.
Ëe meilleur emploi des Conc uéte.»»
Médaille de Trajan.
A PARIS,
Chez DES EN NE. Libraire au Palais-Royal;
Numéros i et 2.
AVERTISSEMENT.
On trouvera, & la fin de cet Ouvrage, une Lett
de M. Claviére adressée l'Auteur et qui renfer o
ur parallèle des Assignats et du Système de Law
bien différent de celui que M. Bergasse en a tra é
dans sa seconde Lettre. Pour diffamer les Assigna.
M. Bcrga.vsey a gravé l*effigie de Law. M. Claviè
démontre qu'ils n'ont pas la moindre ressemblance
et que l'on a confondu la Banque de Law la Co
pagnie d'Occident les principes, les faits 1 s
époques, les noms même. Tant il est vrai que a
haine s:- trompe plus grossièrement que l'ignorance
4
IDEE
JL'aoteur de cet écrit se croirait. Uïk
.barbare plutôt qu'un Philosophe si
avflrnt de «'expliquer sur le décret qui a
aliéna les biens de l'Église, il ne sollici-
toit pas ep, faveur des' usufruitiers, 1
juste indemnité qui leur est due et qui
leur a été promise. Ce sont nos Frère'
et nos Concitoyens ils ont sacrifié leur
jeunesse et leurs espérances; plusieurs
même employoient leur patrimoine k
dés établissement publics. I<es verroni-
nous, sans pitié mourir de ikim a
côté des terres qu'ils possédoient et d^â
même qui ta rçceyoit d'eux ?" )Eux et leur»i
familles passeront-ils tout-à-çoup des
douceurs rdpulençe aipt horreurs 4a
la pauvreté? Il est impossible que la Loi
aese hâté de fixer leur sort d'une manier»
<o
(poû/brme à la décence Religieuse et pro-
portionnée à la fortune. qu'ils ont perjdue.
L'^ssenîbléTe Nationale pour libérer
l'Etat, a décrète sur la vente des biens
Ecclésiastiques quatre cens millions
d'Assîgnats-monnoie ne pourroit elle
pas voter, sur les mêmes fonds, la somme
nécessaire pour payer un ou ceux se-
mestres d'avance a chaque Ecclésiastique
que l'on va déposséder ? Obligé à de
nouveaux frais pour son établissement,
chargé peut -être encore des dettes de
l'ancien chacun d'eux va tomber dans
la pénurie la plus affreuse. La vue de
tant-de victimes sufliroit seule pour at-
trister, pour enlaidir toutes les images
de la Liberté Nationale. Il ne faut pas
que le retrait, exercé par la Patrie, soit
comme le retrait féodal qui étoit sans
pitié, et qui sembloit un vol fait par
des brigands,' plutôt qu'un bien revendi-
qué par les héritiers naturels.
Si quelque voix s'élève contre un dé-
dommagement si juste, il faut la regardeur
pomme le cri d'une bête féroce.
Aa
RÉPONSE
A M. BERÇASSE
ET A M. DE MONTLOSIER,
JL'éGLiSîî Gallicane s'étoit fondé 'tin
Royaume dans un Royaume. Elle av it
consacré au ciel ses vastes Etats afin le
les ravir pour jamais aux Puissances do la
terre. La nécessité, Divinité plus inflexible
que la superstition, vient de détrôner ce te
superbe Usurpatrice. Elle fanlène l'Eg] sa
à sa simplicité primitive et remet lx Franco
en possession, de ses Domaines usurper Le
Clergé s'af'flige de sa catastrophe rien de
plus naturel. Il se déchaîne contre I'Asseni-
blée Nationale rien de plus excusable.
Mais il veut soulever le Pcdple en sa favûlitf
(4)
rien de plus impossible. En vain i] tom«
dans la chaire dV l'Evangile et jusque» dans
le Tribunal de la Pénitence; en vain il in-
voque la pitié et le fanatisme dans es pro-
cessions séditieuses fi ces gothique} séec-
fades ont perdu leur pouvoir et 1 pdpu-'
lace crédule est devenue un Peuple raison-
neur. Désespérant d'armer la Foi reli ieuse
le Clergé tente d'effrayer l'opinion publique.
Ainsi 'quo Jonas il annonce à Ninive une
destruction universelle. La foule es mc-
contens s'est liguée avec lui. On a été
étonné de voir paroître à leur tête. Ber-
gasse.
Ce Député, un de ceux qui sétoicnt
élancés avec le plus d'éclat au milieu de
l'Assemblée Nationale s'en est retiré subi-
tement, non comme un Déserteur pusilla-
nime mais comme un héros découragé. Il
a suivi l'exemple de M. de Tollendal et de
M. Mounicr, qui avoient disparu de l'As-
semblée soit pour demeurer innocens deî
excès qu'ils redoutoient de sa pa'^t soit
\pour les condamner d'avance par une fuite
remarquable. Ceux mêmes qui admirent
leurNyertu ne sauroient approuver leur
fuite. Quiconque a été choisi pour détendra
A3
la Patrie doit rester dans son poste quand,
une armée entière d'ennemis l'enveloppe-
roit. Il ne doit point abandonner sa place,
ni par découragement, ni p'ar indignation.
Il ne doit pas non plus abandonner ses
principes l'honneur lui ordonne de les
opposer aux systèmes qui lui sembleroient
nuisibles ou pervers. Du haut de la tribune,
il peut ramender l'erreur dévoiler l'intrigue,
foudroyer les complots. Plus le péril aug-
mente et moins il lui est permis de s'éloi-
gner dût-il être vaincu comme Caton, il
ne doit pas sortir do la République.
Non-seulement M. Bergasse est sorti de
l'Assemblée Nationale mais il s'élève d
loin contre ses décrets, et il employé toute
son éloquence à les discréditer. C'est ainsi
qu'il vient de déclarer la guerre aux Assi
gnats monnoie et d'insulter publiquemen
un décret statué proclamé applaudi. 1
envoie, dit-il, sa protestation solcmnelle
il ses Commettons à toutes les Chambra
du Commerce aux pri/icipales Villes dis
Royaume. Quelle ostentation dans sa ré-
eistance et quelle solemnité dans ses dé-
cisions Sans avoir délibéré en commun,
il prononce tou t se ul sur la cause commune.
Il refuse de plier sous le joug de la voïon$4
générale et il lui commande impérieuse'
ment de plier sous la sienne. Est-il l'Envoyé
de l'évidence est il le Souverain de la
Loi?
Qu'est-ce que la Loi ? La libre décision
du plus grand nombre. Lorsqu'elle a été
acceptée par le Monarque et signifiée au
Peuple rien ne manque à son nutorité. I1
peut manquer quelque chose à sa perfec-
tion. Elle peut avoir méconnu quelque
principe ou négligé quelqu'inlérêt, Alors
i-i liberté a le droit de la remontrante la
philosophie celui de la discussion. ais la
vengeance ou la vanité peuvent s'arroge*
soûles le droit des protestations injurieuses,.
Cette méthode est un reste de l'insubordi'
nation féodale c'est une rébellion impuis-
sante c'est le Manifeste des Mécontens.
Clergé, Noblesse, Magistrature, tous ceux
qui perdent un empire à la réibm.o des
abus, préconisent M. Bcrgasse t son
livre à la main ils voudroieut pouvoir ren-
verser l'édifice des Loix, étouffer le crédit
tous les ruines et nous précipiter dans
«leu* gouffres voisins l'un de l'autre la
banqueroute et la contre-Révolution
A4
C'est pour échapper à ces ftblmes que.
corps législatif a décrété' les Assignats. L
motifs du Décret ont été exposés d'une m
nière lumineuse. La proclamation Royale y
a joint des clartés frappantes. M. BergasiiQ
a essayé le premier d'y porter d'épais nuages.
M. do Montlosier a secondé urte tentative
ténébreuse. Elle ne peut arrêter la Lo
mais elle peut ralentir la confiance. Da is
toutes les opérations publiques celui q i
désaprouye semble toujours celui qui juge
le mieux. Il importe donc de rester deux
aussi violcns détracteurs. Il importe d'a
profondir un sujet, évident pôur les gcjis
instruits obscur pour tous les autres. o
lord Bolingbrocke disoit que la politique
étoit le système ou, la routine des Goimr-
nemcns mais que les finances en étoient
la science exacte et la géométrie. Cette géo-
métrie manque à la plupart de ceux qui
écrivent aujourd'hui sur les finances. '.Us
semblent ne produire que les romans de
l'espérance ou les satyres du désespoir. C'<j?st
faute d'idées simples et précises. Je viîîs
donc commencer par éclaircir les trois ques-
tions sur lesquelles porte la dispute, et par
donneur des notions exactes sur le Papier-.
monnoie, sur les Assignât forcés, et Sur
Jes biens Ecclésiastiques. Après avoir établi
les principes je répondrai aux ob ect on.
qui paroitront alors bien peu de chose
xualgré l'éclat du style dont elles ont; re-
vêtues malgré quelques vues sa es que
l'on y démôlp et malgré l'intérêt qu'inspira
la cause des malheureux.
Du Papier monnoie,
La monnoie est un signe qui non-seule-
ment représente la valeur de toutes les
marchandises mais qui en facilite encoro
les échanges, en créant sous un petit vo-
lume une mesure commune, et subdivisant
cette mesure de manière qu'elle puisso
correspondre à la subdivision des matières.
Par-là s'abrège le transport do la ichesse
et la .marche du Commerce.
Uno peuplade sauvage n'a pas besoin (La
signe représentatif de sa richesse parce-
qu'elle no possède point de richesse. Ello
est réduite à sa subsistance qu'elle trouva
ou dans la chasse ou dans la poche ou
dans une culture grossière. Ellc-môme forge
*cs armes construit ses cabanes prépaie
ses vôtemenS. Le Roi électif, ou le gênant
passager qu'elle se donne, un petit nombre
de Prêtres ou de Jongleurs qui la dirig nt
dans ses superstitions et dans ses maladies,
sont les seuls qui ne travaillent pas, et qui
aubsistent du travail d'autrui. Dans les cour- j
tes guerres qu'elle soutiettt, elle vit do il-
lage et dans le commerce moment né
qu'elle fait avec sès voisins, elle écharg»
bonnement ses comestibles contre des p o-
ductions inconnues on des bagatelles rares.
Les Othaitiens livroient h nos Navigateurs
des paniers de fruits des volailles et les
clochons pour quelques doux de fer p ur
des grains de verre et pour des plumes
rouges. Si ce commerce contre nature tînt
duré plus long-tems l'Isle entière d'Othiiti
eut été affamée,
Dénuée de richesses progressives uni»
peuplade sauvage conxcrvo l'égalité réclio
qui consiste dans l'égale jouissance des fruits
de la terre. Cette égalité n'admet aucune in*
dusirie et ne ,souffre pas rnêmc aucun
conquête. Aussi les Romains et les Spar-
tiates, conquérons par leur institution, n'ont
jamais pu rétablir chez eux la Loi agraire ou
lo partage égal des terres. Aussi ni l'un
(10)
ni l'autre Peuple n'ont su, durant le court
de leurs conquêtes, ni exercer les ar s, ni
professer aucun négoce. Tout ce qui étoit
libre chez eux étoit Soldat ou Magistrat
tout ce qui étoit marchand ou artiste, étoit
esclave.'
La richesse est donc le fruit'd'une culture
perfectionnée qui donne un grand excédent
de subsistances d'une manipulation ingé-
nieuse et libre qui compose un nouveau
revenu supérieur au revenu territ rial
d'un commerce étendu et rapide, q i fait
refluer le superflu sur les bords étrangers
et affluer l'abondance au sein de la atrie.
Un Peuple simplement cultivateur demeu-
rera toujours indigent comme la Nation
Polonoise parce qu'il ne pourra mais
négocier qu'avec ses denrées parce qu'une
mauvaise récolte le ruinera pour un an
ou deux parce qu'il se verra sans cesse
réduit, comme l'Othaitien à être Io nour-
ricier et la dupe du luxe étranger. Ln un
mot A' la véritable richesse disponible émane-
(le l'industrie qui seule occupe les bras
oisifs invente les arts utiles échange les
biens s perflus excite la reproduction des
matières en rehaussant leur valeur, rétablit
( il )
le niveau des fortunes sans les bouleverser
allie en quelque sorte toutes les conditions,
eniichit le propriétaire le capitaliste, l'ar-
tisan, le facteur, multiplie de toute parl
les sources les canaux les instrument
et les signes représentatifs de l'opulence.
Par-tout oû vous trouverez une pièce Je
monnoie dit Montesquieu vous marche*
sur une terre industrieuse.
Ainsi les signes de la richesse va rien
non pas selon l'étendue de la terre, mais
selon les progrès de l'industrie. Lorsque
Home ne possédoit que des champs et des
troupeaux, elle avoit pour enseignes non
pas des aigles dorées mais des bottes de
foin et sa monnoie consistoit non en
pièces d'or ou d'argent mais en bestiaux.
I,es premiers Romains coanptoient par bre-
bis, ainsi que les premiers Athéniens comp-
toient par 1,,oeufs pécunia mot dér vé
de pccus troupeau. Aussi-tôt après la c n-
quête d'Albe l'airain fut substitué ux
brebis dans les échanges du commerce s
delà le mot œrarium trésor public qui
vient du mot «tf, airain. Rome ayant ensuite
moissonné tous les métaux de l'Asie et de
l'Afrique, elle les versa par le luxe et le§
( i» ï
retint par l'usure (i). Toute son industrie
ae renfermant alors dans le pillage succes-
sif, et dans le prêt continuel de l'argent,
les signes de sa richesse se bornèrent toju-
jours au matériel de la richesse au poids
des métaux argenli pondus et au..
Tant que l'Europe ne fut que gùerri re ou
agricole elle ne connut pas d'autre mon-
noie. L'Inde si industrieuse et si chargée
de l'argent qui arrivoit chez elle sur toutes
les flottes recevant l'or à pleines m ns et
ne livrant que des marchandises, sans cesse
enrichie pas ce commerce, mais souv nt dé-
rouillée par ses Conquérans ou ses Despotes,
s'accoutuma à cacher sous terre un métal
abondant et à lui substituer pou mon-
noie des coquillages précieux parl;ur<ja-
CetW usure étoit énorme. Pompée ui avoit
pri^é au Roi Ariobarsane six cens ulens se faisoit
payer trente-trois pour cent par mois. Qui croiroi»
que Brutus lui-mémo préto;.t à quatre pour Cent par
mois sous des nom empruntas ? Et le sage Sénèque,
ne prétoit-il pas aussi aux Bretons un intérêt
cihorbitant ?
(2) Le despotisme Algérien produit la m;tme de-
fiance. Chaque père de famille y a un trésor enterré.
Lourde Ta tût; Histoire du Royaume d'Alger.
( i3 )
reté et léger3 dans leur transport Ce rastu
Pays n'ayant de relation numéraire qu'av
ses propres habitans auroit pu remplacer le
coquillages par une monnoie plus portativ
encore par le papier. Mais cette inventio
étoit réservée à des peuples plus libres et
à des siècles orageux pendant lesquels la
persécution proscrivit les gens riches t
les força de dépayser leur richesses. Les R
publiques commerçantes de l'Italie éprou-
vèrent, dans leurs guerres civiles le besoin
d'une monnoie presqu'inyisible qui pût clin–
paroître avec les Emigrans et fuir avec le*
Proscrits. Elles imaginèrent les lettres-d
change, le premier papier qui ait servi e
représentation au métal, de lien au Com-
merce, et, pour ainsi dire d'aîle à la circu-
lation, et de nuage au secret. Cette déco
verte a changé la face de l'Europe et la cons-
titution des Gouvernemens. Elle a rompu lia
barrières les coffres-forts et les chaînes d u
monde elle a établi, malgré les Rois une
communication ouverte de peuple à peuple
elle a facilité, malgré les loix et les préjugés,
un transport libre des richesses de pays en
pays et de comptoir en comptoir. Tous
les Royaumes coxumerçans de l'Europe se
( i4 )
«royoient encore des Monarchies et i cepen-
dant ils formoient déjà des Républiques
pécuniaires.
Le premier papier représentatif a été le pa-
pier de banque. D'abord il représentent la
remise d'une somme équivalente elld fut la
banque d'Amsterdam et de Gênes. Ensuite il
représenta une garantie valable, une caution
mobiliaire et irtimeuble telle fut a banque
d'Angleterre. Enfin il représenta une riche
espérance et une promesse solemn lle telle
fut la banque do Laws et le papier e l'Amé-
rique Septentrionale. Ces différentes repré-
sentations ontproduit trois papiers ifférens,
le papier infaillible, le papier pro able, le
papier incertain ou celui qui s'ap elle pro-
prement papier-monnoie. Les billets de la
Caisse-d'Escompte présentoient, à l'éporjue
de leur création l'infaillibilité d' n dépôt.
En se liant au Trésor -Royale ils contrac-
tèrent uno dépendance dangereuse et ne
conservèrent qu'une solidité probable. Enfin,
à chaque Arrêt de surséance, ils prirent un
caractère d'incertitude et devinrent un de-
rui-papier-monnoiè. M. de Calonneles soumit
4 la tyrannie de l'intrigue, M l'Archev^qu»
(i5)
de Sens à la tyrannie de l'erreur, M. Ne«?
ker à la tyrannie des circonstances.
Pour rendre la différence de l'argent et du
papier plus distincte je dirai Les signés de
la richesse représentent ou la réalité ma.
térielle, ou la fortune solidaire, ou la volonté
souveraine. Les métaux sont le premier de
ces signes et ils peuvent se convertir à
chaque instant dans la réalité matériell
qu'ils représentent signe d'autant plus s
lide, qu'il possède une valeur intrinsèque
consacrée par l'estime et l'amour de toute
les Nations. Les papiers de banque, lettres
de-change, mandats, délégations billets
d'Etat constituent le second signe de la
richesse et ils peuvent se convertir, à de
termes fixes, dans les sommes d'argent qu'ils
représentent signes valables qui circulen
parmi les habitans d'un même pays et quel
quefois parmi les Commerçans et les Ban-
quiers de tous les pays qui trafiquent en*
«emble. Le papier-monncie forme le dernier
signe de la richesse et ce signe est un effet
éventuel qui dépend du hazard^ qui flotté
avec l'opinion, dontl'échéance estarbitraire,
dont la conversibilité eet douteuse auquel
enfin la volonté souveraine commuaique un*
( le)
existence passive, une valeur changean :e t et
tepousse l'espérance.
Tel fut le papier-monnoie de Lavs dont
le nom seul fait peur encore à la France.
Coramcil n'avoi de base réelleque la volonté
«lu Régent, il s'éleva et tomba avec elle ( 1 ).
Le Régent dit Que le papier se fasse et le
papier fut fait que le papier se dé asse et
le papier fut défait plus vite encore La vo-
lonté d'une Nation, ou d'une ^semblée lé-
gislative paroît moins Instable que elle d'un
Prince. Cependant elle est sujette elpe-mênie
Il des variations. Un Corps Législatif dé-
pend de ses Orateurs et il a ses Despotes
ou ses Régens. Une Nation dépend des partis
ouil'aeitent, et des évènemens qui l'accablent,
elle a des terris de méfiance où rien ne fructi-
fie, et des jours d'orage oÙ tout est ravagé
elle est tantôt crédule aux plus fausses spécu-
lations et tantôt incrédule aux calculs les
( i ) 'La Banque de Law étoit un colosse qui
portait sur sa*Oompngnie sa Compagnie iin colosso
qui pbrtok sur un Commerce id&il. Ainsi Je''Indiens
représentent le monde porté par un Elépliant, et
l'éléphant porté par une tortue.
plut
i7 )
B
plus véritables. Ainsi, tout signe de riches e
qui n'offre que l'expression d'une volonté
souveraine n'est qu'une bypothèse brilla 10
ocx une supposition exagérée qui se réduit
bientôt à sa valeur, c'est-à-dire, à rien. L'ill
̃^ sion pour cortège, la faillite pour perspective;,
l'agiotage pour véhicule la place pour he
ceau et pour tombeau, voilà le papier 010
noie en alrégé. On peut le définir,- un chif-
fon placé eut- deux chiffons, entre l'Edit
qui le déclare bon sans garantie, et riyjit qui
le déclare nul sans dédommagement.
Le Papier-monnoie, institué parles Etats-
Unis d'Amérique n'étoit paa une fiction
aussi romanesque une promesse aus i
frauduleuse que le papier de Laws. Il avoit
pour hypothèque toute l'étendue de leur r
terre c'est-à-dire, un pays aussi vaste (Il o
l'Europe et pour garant la parole du
Congrès, c'est-à-dire la probité et la li-
berté réunies. Cependant il a éprouvé un
promit déchet et une dépréciation succes-
sive, malgré les peines sévères décernées
contre-quiconque oseroit le décrier. Pour-
quoi cela ? Premièrement il fut créé
pendant la guerre et frappé de terreur en
naissant. Secondement, c'étoit un papier k
C iôl
ti:op longue échéance t qui ne pouvait
se réaliser qu'après .la onqué,te de i.'iacié-
ppndance et l'organisation de Ja République.
Troisièmement, les ter 8 qui lui servoicfnt
de gage quoiqu'infiniinent fécondes jat-
tendoient la populatio et la culture pour
étre en valeur. Quatrièmement les ports
des Etats Unis étoient alors sans coin
merce, comme leu terres étoient presque
sans culture et Amérique ainsi 'avoit
hypothéqué son apier que sur de» désertt;.
Enfin, l'émissiW sans ceste croissante de ce
papier fut nécessitée non parce q e l'ar-
gent Stoit en oui mais parce qu'i man-
quoit absolument. Lorsque l'argent abonde,'
le papier t reçu comme une facili pour
le. comm ce. Lorsque l'argent se cache par
défiance/, le papier s'il porte intéré peut
l'obliger sortir hardiment pour disputer
der in avec lui. Mais lorsque, l'argent est
absent, le papier qui le suppose pré ent ou
.ché tombe avec sa supposition. Con-
cluons le papier est une ressource pour
un État riche et non un remède -pour un
Etat pauvre il double la fortune du pre-
mier il triplo l'infortune du second.
Je terminerai cet article en rectifiant une
C'ip
B 2
erreur trop commune. Plusieurs Ecrivains,
mêmes instruits ont enseigné que ce qui
rendoit le Papier-monnoie dangereux*, c'é-
toit d'être forcé et noa libre; id<^e absolu-
ment fausse car l'argent monnoyè est forc4
et non libre et cependant il est le signe 1$
plus utile. 'Ce n'est donc pas la contrainte,
mais la nullit6 qui a diffamé le Papier-
monnoie c'est la pauvreté qui veut jouer
le rôle de la richesse et dont le dénoue-
ment est toujours tragique. Propageant
l'erreur que je réfute et profitant de la
terreur qu'inspire le nom de Papier-mon-
noie ,-tous les ennemis de la Constitution
ont essayé de confondre avec lui les Assi-
gnats forcés et n'ayant pu en arrêter le
Décret ils auroient voulu en intercepter
le cours.
Des Assignats monnoie.
Qui dit, Assignat, dit une délégation;
qui dit monnoie, dit un signe'reconnu par
la Loi. L'Assignat sur les' biens Ecclésias-
tiques n'est pas une délégation eh pays!
étranger sur un siècle venir, sur des ter-
res en friche. C'estun mardat spécial sûf'leil*
( ao ,)
meilleurs biens de la France c'est pour
dire un arpent de terre portatif et productif
en môme-tems par l'intérêt que l'on y joLit.
Mais silePapier assignatest si bon, pourquoi
le forcer, pourquoi en faire une xnonnoie ?
Pourquoi? Pour rappeller la confiance que
l'on égare pour écarter les obstacles que
l'on multiplie: en un mot, pour forcer la
cahale à se taire ou à se soumettre.
En déclarait que les Assignats seront ad-
mis dans tout le Royaume l'Assemblée
Nationale ne viole pas la liberté, n'opprime
pas la couliance jmais elle rompt les pièges
tendus de tout côté à l'une et à l'autre. Ello
déclare qne ces billets ne sont pas une spé-
culation d'agiotage; mais un effet d com-
merce, représentant une mormoie et rodui-
sant un intérêt. Elle déclare que tous les
bruits, semés avec tant d'art et de fureur,
contre ce papier-arpent sont des calomnies
sacerdotales. On doit se figurer le Clergé,
assis sur les bornes de ses possessions et
delà criant aux acheteurs N'achetez pas
ces biens: vous sériez des sacrilèges vous
seriez des dupes; vos acquisitions ne seroient
ni légitimes ni solides rejettez les assi-
gnats commer'des billets menteurs et
(21)
B a
Criminels Forage gronde la con
Révolution se prépare votre restitution
sera forcée et votre ruine inévitable
tremblez devant les bornes oÙ. je suis assi
elles sont posées par l'Eternel les portes
de l'enfer et les Décrets de l'Assemblée la
peuvent rien contre l'Eglise. Les personnes
éclairées se moqueront de ces clameurs
mais la foule ignorante écoutera mais es
gens pusillanimes trembleront mais es
Assignats seront repolisses mais la vente des
biens Ecclésiastiques sera moins prompte »
moin 3 facile moins avantageuse. Si lu
contraire les Assignats circulent forcéiu nt
à travers les impo&tures s'ils sont répandus
de main en main et de Province en Pio-
vince, alors tous les intérêts se liguant
Contre celui du Clergé; alors l'aliénation do
ses biens est irrévocable alors les Acheteurs
so présentent en foule et en confiance alors
la Révolution triomphe et de ceux qui la
calomnient, et de ceux qui n'osent compter
sur elle alors le glaive sinistre de la ban-
qusroute, suspendu depuis si long-tons sur
des millions de têtes disparoît; alors le
numéraire, si profondément enfoui par la
terreur, s'élance de sa prisqèi et cherche ïi
regagner en courant ce qu'il a perdu dans
sa longue captivité; alors les consommations'
interrompues dans leur cours et presque
Soc recommencent s'accroissent t s'é-
lèvent pour ainsi dire rase-bord alo;ra
cette France dui semble en ce m
couchée dans la poussière tout à coup
ranimée, se redresse de toute sa haut ur et
se replace au premier rang de l'Kujjtjpe.
Sans figure oratoire et sans image <:xagé-
rative, on peut dire que personne n osera
déchirer ce papier aussi -tôt qu'il en
aura une feuille. Les gens de Finance! los
gens de Robe la Noblesse et le Clerg4$ eux*
mômes tous ceux. qui passent pour r'frac-
taires il la Constitution se convertiront
elle dès qu'ils toucheront sa monnoie. La
Capitale qui suffoque sous le poids des pa.
piers, respirera. Les Provinces do n les
relations commerciales avec Paris son pres-
que perdues les verront se rétabl do
proclie en proche sorties de la disette
en mArne-tems que la Capitale, elles pour-
ront profiter, comme elle', de, la transfusion
salutaire des biens Ecclésiastiqhes en biens
Nationaux.' Ceux qui aimeroient nûeujc Tin*
tprêt des Assignats que le revenu des terres
( 23)
B4
garderoient léttr papier et fermant l.ettr
po'rte-feuille ouvriroient leur trésor. Ainsi
l'on peut regarder chaque Assigna t^conim6|
un gage de la concorde comme un brevet
de la iiberté comme um Bénéfice de la
Constitution.
011 ne commande pas là confiance irla;
le préjugé. Cette maxime si juste en ma-
tière de Commerce ne l'est pas en matière
de Législation, En forçant les Assignats-, la
Loi les place dans leur véritable poiri cfe
vue elle écarte le doute elle donnera
certitude, elle repousse le hazard et l' gio-
tago. La confance ne ce commande pas
mais il ne s'agit pas d'un papier de son-
fiance il s'agit d'un papier
d'un billet-contrat) signé juré par la Na-
tion. Le français, si long-tëms crédulb aux
promesses dé l'Etat t refuseroit-il de croira
au serment de la Patrie? La confiance e se
commande pas il y n une défiance rai son-
née et une défiance machinale ou circons-
tancielle la premicre doit être libre mais
la seconde peut être forcée. Lorsque le
tocsin des factions trouble les esprits l'àur
torité tutélairo doit se faire entendre. Elle-
peut dire ii un Peuple méfiant on vous
'<)'
trompe on vous aveu gle on caloïftaie mes
opérations et mes ressources la perfidie
vous insinue l'audace vous crie que les
Assignats sont une fausse monnoie: 'atteste
qu'elle est bonne. Je commande on fine
croyance servile', mais une foi raisonna-
ble je commande le salut Public.
Je résume ma pensée sur les Assignats-
monnoie, et je dis qu'ils sont
i°. Une délégation authentique, non sur
le Mississipi de Laws, mais sur le P^rou de
l'Eglise.
2°. Un supplément au numéraire qui for-
jCera peu-à-peu l'argent à circuler pour l'a-
vantage même de celui qui le possède.
3°. Uno combinaison politique pour as-
surer la vente rapide ou la gestion intègre
des biens du Clergé en rendant chaque
Citoyen Assignataire et chaque Assigna-
taire, acheteur ou surveillant de ces biens.
Une balance commerciale qui i doit
rétablir la proportion rompue entre les
marchés des Provinces et celui de Paris
entre le Royaume qui produit, et la Capi-
tale qui consomme.
i> Une contrainte salutaire et morale
gui obligera 1"Agioteur de renfermer son
papier dans son porte Veuille, et de deve r
Capitaliste et le Capitaliste de verser sort
porte-feuille sur les terres et de devenir
Agricole. r
Enfin une opération vaste et profonde
hardie et savante qui va combler en mêrns-
tems, le vuide de la culture, l'intervale de j
la circulation, le déficit de quatre règnes
et la restitution de quatorze siècles.
Des Biens
rendant quatorze siècles l'Eglise a c
3ervé une puissance et des richesses acquise»
également par des erreurs et par des crimes.t
Elle fut d'abord une communauté de pauvres
qui vivoient d'aumônes, et qui sa distin-.
guoient par leurs vertus. Comment s'est-ello'
changée en une armée de Conquérons et do
Déprédateurs? Des Villes des 'Province»,
des Etats envahis par qui? par des Prêtre?:
C'est un miracle qui n'est arrive dans aucun
autre Religion. Les Rois de France ont bit n.'
coopéré à ce prodige unique. Il faut dit
Montesquieu que sous les trois races l'on
ait donné, repris, redonné plusieurs fois,
il l'Eglise tous les Biens du Royaume.
Ces donations, faites par l'ignorance de»
tems et par l'enfance des peuples, sont nul es,
parce que les Donateurs étoient dans ime yé-
ritBible minorité celle d'une superstition Im-
bécile parce que les Donataires liés par le
.Toett de la pauvreté Evangélique étoient
par là-même inhabiles à recevoir enfin
parce que les dons .avoient, pour motifs, ,de$
promesses et des menaces égalementabsurde$
etcot'pables, telles due l'impunité des crimes,
le rachat des enfers, la simonie du Paradis,
et la proximité do la fin du monde.
Les Rois donnèrent à l'Eglise ce qui appar-
tenoit au Peuple; les Grands ce qu appar-
tenoit au Peuple et nu Roi le Peuple ,-èe qui
âppartenoit ses enfans et à ses proc'ies. De
krar côté, les Prêtres 9t les M6ines isoient
présentau monde d'un ciel qui ne leur apparie*
inoitguères. I1s assiégeoient le riche pour par-
tager sa proie Ils ohsédoient le pauvre pour
lui rendre l'espérance ils entouroieni: la feml
me pieuse pour rançonneur ses scrupules et
ses foiblesses ils épioient, ils recherchaient
l'homme coupable pour taxer ses forfaits
ils visitoient les malades pour échanger
contre son or des reliques et des remèdes
<*7>
charlatanesques ils torturoieut- le mourani:
pour ravir un héritage ou un lambeau à atv
frayeur; dans leur avidité sacrilège ils pour
suivoient les cadavres eux-mêmes, et repou
soient du tombeau celuiqui n'avoitpas achetai
sa sépulture par de pieuses profusions (1).
Ajoutez à cela t
Les fausses chartes fabriquées dans le»
Cotres ( 2 ).
I,cs entreprisses violentes exercées par de
Evoques en armes.
Les odieuses immuni tés extorquées bu
Prince.
Les terres confisquées pour cause d'hères
et d'anathême ( 3 ).
(i) L'enfance n'étoit pas mieux traii/o que la
vieillesse et les Prêtres mertant à contribution l'a-
mour Maternel, lioient sur l'autel l'enfant rju'i?»
^enoicnt de baptiser, et neé!e Uétachoient qu'«prèi
avoir reçu une riche offrande.
(2) La fab'rique dea faux ttters étoit k l'Abbaye d
St. Médard do Soiîson. On raconte que le Moi no
Ciupmon au lit de la ou se vaut.
ci'avoir enrichi de fautes Charte la plupart d«*
Monastères do son, Ordre. Préface flo XsjngliQ Sucra
çt Jou.ri.ii! de Trévoux Mari
(3) Les l'-vêchés dn Languedoc ne sont riches pouj»
(&)
Les marchés usuraires fait* pendant l'épié
demie des Croisades*
Les rapines entassées par le trafi<: àek in-
dulgences et des exorcismes.
Les testamens faussaires:
Les oblats fanatiqnes (5).
Les corvées mainmortables.
Le droit de servitude d'aubaine de pr^
libation etc.
Voilà quelles ont été les sources ures da
l'opulence Ecclésiastique. C'étoit oute la
rapacité féodale toute la rapacité fiscale t
toute la rapacité monacale débor ées sur
la terre.
la plupart que des dépouilles des Albigeois, Voyea
l'Histoire des Albigeois.
(t) L'usage s'étoit établi parmi les Va ux des
Seigneurs et ceux mème du Roi, de se vo er eux et
leurs biens à un Monastère et alors ils étoient
exempts de tous les devoirs de Vassal.
(2) On no pouvôit pas coucher ensemb la pre-
tniëre nuit des noces ni les deux suivante* sans crt
avoir acheté la permission de l'Evoque. 'C'^toil bien
ces trois nuits-là. dit le grave Montesquieu qu'il
falloit choisir car pour les autres, on n'aurcit pas
donné beaucoup, d'argent. Esprit des Loko^ Liv. aS^
Si les donations furent nulles et les acqui-
litions criminelles, les fondations furent ellea
justes et libres?
Elles ne furent pas justes. Que l'on fond
un Hospice pour d'infortunés orphelins, ou
pour de malheureux vieillards c'est un
oeuvre d'équité miséricordieuse. C'est la Pro-
vidence sociale. Mais fonder un revenu im-
mense pour ce Clergé que l'Evangile con-
damne à la médiocrité et au travail, c'est
démentir l'Evangile, c'est corrompre la mé-
diocrité, c'est détruire le travail, c'est doter
la paresse, c'est renverser l'ordre des choses
et des loix. Que veut cet ordre ? Il veut qu
le salaire soit le fruit de la vertu et non d6
l'intrigue ou de la faveur. Il veut que le sa-
laire soit mesuré sur les besoins et les service
et non sur l'avarice et sur l'orgueil. Il ve t
que le salaire soit dans la main du Maître que
salarie, et non dans celle du Serviteur salari
Par là se propage l'émulation ouvrière p
-là se conserve Esprit laborieux et intègre!
par-là s'établit, la proportion légitime entre
le talent et la récompense. Transférez au
contraire le salaire d'un art entre les mains
de l'Artiste ni l'Artiste ni le salaire, ne.
dépendront plus de vous car vous avez a£s
(3o)
frailçhrPPuYrier et aliéné la récompense.
Qpe 01 Il si l'ont créoit une fondation
opulente pour vos Fermiers ? Vos te res res-
teroient eu friche ? Principe incontsstable
pour que le service soit accompli il faut qua
le Serviteur soit payé après qu'il servi,
et comme il a servi il faut qu'il soi stijpen-
diaire et non possesseur; il faut ouvrir et non
engager le domaine de l'espérance.
Nos Ayeux ont suivi pour l'Eglise un prin-
tipe opposé. Séduits ou imprévoyants, ils
ontaccumulé autour d'elle fondation sur fon-
dation. Qu'est-il arrivé? Le Prêtre qi devoit
vivre en Ministre de l'Autel a vécu en So-u-
̃ verain de la terre. La race fertile ctes Labou-
reurs" a diminué et la race stérile du Clergé
s'est étendue. On s'est jette dans la carrière
ecclésiastique, non pour y cultiver la vertu
mais poury recueillir la fortune. Les Artisans
de la richesse ont langui dans la misère et
lès Prédicateurs de la pauvreté on\ brillé dans
l'opulence. Que dis-je? Dans l'Eglise même,
la classe les Pasteurs oisifs a trouvé la splen-
deur et la mollesse-, et cella des Pasteurs utiles
ria rencontré que l'abaissement et l'indigence.
Dès croix d'or, des mitres d'or, la pourpre
et «la soie- ont relevé le faste épiscopal. Un
(Si )
joug de fer des couronnes d'épine» des va'
temens de bure ont été le partage des *élfl
tables Pontifes. Voilà ce qu'a produit le piin- j
çipe immoral des fondations, substitué-ait
principe civique du salaire (
Ces fondations si imprudentes et si injui-
tes furent-elles libres? C'est demander si
père de famille est libre Lorsque dans aô
fanatisme, il exhérède ses enfans pour e
richir un Monastère. C'est demander si e
Chef d'une Nation est libre, lorsque, da
son aveuglement il expolie des hamea x
pour décorer les Eglises. C'est demander si
un homme égaré, un malade affaibli vn
pénitent hébété, sont libres lorsque po
faire des largesses à un Confesseur» il font
banqneroute à leurs créanciers. C'est de-*
mander si l'on est libre, lorsqu'on est en.
touré de brigans qui vous enlèvent rotref
bien ou que l'on se croit investi de dém
qui demandent votre ame ou votre fortune.
Eh que l'on ne croie pas que les n)a-
chines de la superstition ne fussent dirigées
(t) On a comlaré souvent Rousseau de GenèVe.f
h Diogène. Mais celui-ci n'étoit qu'un Cynique fai-
néant. L'autre étoit un Stoicien laborieux.
que par des mains obscures. De Prélats
célèbres des Saints fameux, des Coriciies
imposans, lés employoient eux-mêmes pour
frapper l'imagination des Peuples et es Rois.
Charles Martel, vainqueur des Sarraxins
ayant dépouillé plus d'une Eglise sauvée de
leur fureur St. Eucher feignit q e dans
une révélation, il avoit vu ce Prince plongé
dans les abîmes de l'enfer et condamné
aux flammes tant que Pepin son fils no
restitueroit pas des biens qui devo'ent êtro
intangibles, inta, ngibilia Tout le pouvoir
de Charlemaghe et tout celui de la Religion
n'ayant, pas suffi pour extorquer la dîme
aux Peuples écrases, le, Synode d Franc-
fort profita d'une année de famine our per-
suader à la multitude que les épis e bled
trouvés vuides à' la récolte avoien! été dé-
vorés par les démons vengeurs de 'Eglise,
vacuas annonas a dœmonibus de oratas.
St. Eloy Evêque de Noyon diso t à Da-
gobert Donnez-moi 1& terre de Solignac
j'en ferai une échelle qui vous servira à mon-
ter dans le Ciel, scalarn tibi paraba. Enfin
l'éloquent St. Bernard, promettait aiiix guer-
iièrs qui', partant pour les Croisades, lais-
soient leur terre à l'Eglise, une Couronne
dans
(33)
c
dans l'Asie, et un Etat dans l'Empirée. Spa-
ci um in Cœlo (1).
Nullement. respectables dans leur origine,
les fondations Ecclésiastiques sont devenues
scandaleuses parleur emploi. Quelles étoient
les. conditions et les loix qu'elles prescri-
voient ? Elles ordonnoient une part mbdi-
que pour le Prêtre une part suffisante pour
le Culte, et une part abondante pour les
Pauvres. Le Prêtre s'est-il contenté d'une
part modique? Considérez les palais super-
bes les chars magnifiques les pompeux
jardins, les tables somptueuses- de nos Pré-
lats évangélistes. Le culte a-t-il reçu sa part
suffisante? Mais quand il-faut bâtir une
Eglise, pour quoi irnpose-t-on la charité pu-
blique? Quand il faut réparer un Presby-
tère, pourquoi taxer tout le hameau? Quand
il faut baptiser, marier, enterrer les ouail-
les, pourquoi faut-il soudoyer le Pasteur?
Dans l'Eglise naissante, les aumônes s'uf-
(1) Voyez l'Abbé Thiërs Histoire des
Superstitions et Sainte Palaye. Voyez aussi ce que
rapporte Sainte-Poix de la fondation des Chartreux
de Paris, qui ont dû la moitié de letartex rein à un®
Fable de Revenaa^.
i'H)
fisoient ftyt Ministres de$ .Autels; letts suc-
cesseurs plus avides, recueillirent de toute
fondations et les privilègés pour se rendre
iiïdépendans pour grossir de plus en plus
leurs r.evenus ils s'affranchirent' d con-
tributions et des* impôts; bientôt a rès ils
établirent sur toutes les terres celui de la
dîme à tous ces revenus' fonciers, ils joi-
gnirent enfin les revenus Usuels, et le culte
surpayé d'avance par la Nation futsurpajé
encore par chaque Citoyen.
Dira-t-on que c'étoit pour augmenter to
part des Pauvres? Cette part qui dev it êtro
si abondante, leur est-elle distribué*!? Par-
courons les différentes classes de la pau-
vreté.
Les pauvres Orphelins sont-ils éle és par
l'Eglise?Non; ils là sont aux frais du Prince,
du Peuple et des Hôpitaux.
Les pauvres Etutlians sômt-ils entretenu*
par l'Eglise ? Non ils le sont aux frais du
Prince, du Peuple et des Colléges.
Les pauvres Ouvriers sont-ils employée
par l'Eglise? Non; ils le sont aux frms du
Prince du Peuple et des Attellera de
charité.
Ca
Les pauvre Yi^lkrcîa ,Malade. en fcrru
lidys sont-ils soulagés, recueillis par ïllr-
glis»? Non; ils le sont aux frais duprincu,
du Peuple et des Hospices.
Les pauvres Guerriers, les pauvres Juris»
consultes, les pauvres. Gens de Lettres, h&
pauvres Commerçans, tous ceux enfin qui
sont la victime d'un travail infructueux ou,
d'une fortune inconstante sont-ils secouru»
par l'Eglise ? Non ) ils le sont aux frais u
Publie on de l'amitié.
Qnels sont denc les Pauvres que l'Eglise
enrichit? Les Neveux de l'Evêcrûe à qui l' n
achète. des grades hriHans ses Nièces à qui
l'oii achète des maris illustres, quelques pa-
rens que l'on pensionne par orgueil qu l.
ques Mendians que l'on nourrit par. \nM
ou par honte.
Des richesses si bien employées, des fon-
dations si bien accomplies sont- elles inatta-
quables? Pas plus inattaquables. que les sijb-
titutious abusives qne les monopoles du
commerce, que les entrares et les fléaux
de la culture.
Je dis les substitutions abusives en est-
il une plus ruineuse que celle des biens Ec-
clésiastiques ? Cette masse prodigieuse de
(3s)
terrea séparées à jamais de la circulation
des propriétés est un larcin immense it
il cette circulation. Je dis les monopoles du
commerce quel est le privilège exclusif,
plus capable d'éteindre l'industrie humaine,
que celui par lequel une seule proiessijOn
absorbe une étendue de richesses crtti ré-
parties sur toutes les autres professio les
rendroient toutes florissantes ? Je dis es en-
traves et les fléaux de la culture quels cul-
tivateurs en effet, que des Prélats in olens
ou frivoles toujours pressés de jouir tou-
jours lents à réparer laissant toinbe leurs
fermes et pressurant leurs Fermiers anti-
cipant sur leurs terres, au lieu de leur faire
des avances conservatrices dévoran leurs
fonds au lieu de les nourrir et de les amé-
liorer vivant inutiles à l'Eglise et mourant
débiteurs au monde
De grace que l'on calcule tout e que
la Société a perdu depuis l'invasion du
Clergé on trouvera qu'il a plus détruit
qu'édifié plus anéanti de valeurs territo-
riales que pratiqué de vertus religieuses. On
trouvera que son luxe et sa mollesse ont
été plus ruineux que le luxe et la mollesse
des Rois.
C3
Les plus belles terres de la France ab
données à la culture la plus négligée!
Les revenus les plus riches de la Société
prodiguées à la profession la moùis labo- j
rieuse
Des donations immenses taites par de
Insensés h des Imposteurs
Des fondations vicieuses en elles-mêmes,
chargées de tous les 'vices des usufruitiers
Des Salariés maîtres impérieux do leurs s
Salarians
Des Célibataires dépeuplant à la fois les
terres et les familles
Il a quatorze cens ans que l'Egliso Gi-
tholique Apostolique et Romaine dévaste
s, ainsi l'Europe; mais il y a, dit un Ecrivain
philosophe trente ou quarante mille ans
quo les renards désolent nos campagnes et t
il est permis de les repousser dans leurs ta-
nières
Si nu lieu d'une autorité philosophique
je voulois me servir d'une autorité reli-
gieuse, j'invoquerois le fondateur du Chris-
tianisme, j'invoquerois les premiers ^AtreS
c'est à eux que je soumettrais la question
des biens Ecclésiastiques. Je lirois devant
eux la liste innombrable des Evêchés des
<3ô)
AHhayes, clés Prieurés des Bénéfices flcs
Déclines des Monastères «les Cathédrales.
Ptîupjes Chrft^ieiKS je vous le 'drinaiiflc
quel seroit Jour Décret? seroit-il tnoLijt sé-
vère que celjii de l'Assemblée NutionUlo i(i)î
Les Pères dis l'F.gliso tb sont ftevA fonfrt1 hî
murt>hii<>iis bieu pltts fortonenVqus
les Philosophes. St. Jii&iii. «pprlloii U> Clr»rj;é de «ou
tfins, Ifi brigands «lu %M\cu.vA\TC,speluncalatrotHim.
St. Chrisosiôme rejuocfuit aux Moines d Antioib.8
d'être des hscflnvstfurs de testament, heiedùalnm
furet. Ce dernior abus /toit porté si loin q l'ftttro-
i\i(- fut obligt'e de venir au jccotifs ï «*-s f.t-
jBiilli'». Valentiuien cléfflndit aux femmes drç HgiK-r
Jeur,s biens aliz Toutes les dévote jettfer'Ut
Irs hauts cris. Les Prô.'fPS sn plaignirent juo l'oii
att-ntoit au droit Matin. ^I. M fallut que Sr.
écrivit pntir appaiser Je immi te. Voici S'1» par >l"ï
|'ai lvonte de la dire l'affront fait à H'£ «(••est le
ju*t« ( liàtinient de soi» avidité ou pcrUX't nux
Prêtres des i,loles aux Farceurs des 1I1M rcs
Cochers du cirque aux Courlisntines des niuces, de
rece\oir et ou le défend aux Pu' res Chré-
riens c'est cju'ils sont devenus plus avides qr.e les
Couriis;tn«es les Histrions et les dit
flux 1-(13. Se. Hjcr. Epist. Voyez, aussi le Cwiip
(̃3$ )
C4
Réfutation de M. Bergasse.
J'ai rendu justice au Corps Ecclésiastique
avec la môme justice, je dirai que ce Cor 3*
renferme une foule d'hommes éclairé^ et
vertueux qui méritent les hommages tlu
monde et les égards de la loi. Il ser it
horrible, on ne peut trop le répéter que-
l'on eXpfopriAt un si grand nombre d\is!t-
fruitiers respectables, sans' leur assurer un
revenu .suffisant pour leur existence et
mémo pour leur dignité. Je commence
donc, en répondant à M. Bergasse, pir r
adopter, par applaudir tout ce que lui ins-
pire. n ce sujet, un zèle humain et patrioti-
que. Son zèle s'est emporte pins loin :4l s'est.
abandonné à d'éloquentes clameurs et à
des suggestions rebelle^. Craignant pour !a
France un déluge de papier- monnoie il
cherche à soulever les Provinces contre '0
système des assignats qu'il ne cesse de con-
fondre avec le système de Laws. Les prin-
cipes que j'ai établis réfutent d'avance son
erreur. Je vais cependant répondra en détail
à celles de ses objections qui pourroient frap-
(
per encore les esprits inattentifs ou t'mi<!#«
car la peur oublie aisément les principes.
les ennemis de la liberté sont il l'affût
de chaque -Loi nouvelle pour la faire ivor-
ter par la peur. Ils ressemblent à ea mé-
chantes fées qui arrivoientà la naissance des
bons Princes pour les maMficier»
Objection.
On dans l'ombre des
sastreux on en prépare le succès par des
coalitions perfdes et on ne laisse quô des
m ih u tes pour y. répondre.
R i p 0 N S js.
Pourquoi accusez-vous l'Assemblée • Na-
tionale de n'avoir laissé que des minutes
pour répondre sur la question des Assignats?
Cette question avoit été annoncé depuis
quatre mois agitée pendant plusieurs se-
maincs. Le premier Ministre des finances
l'avoitdiscutéed'abortl comme un des moyens
de leur régénération. Vingt séances publiques
Font examinée ensuite trente Orateurs op-
posés l'ont débattue à l'envi. Chaque hiinute
étoit importante car la détresse publique
( 4i )
seconde, et chaque Citoyen
étoit impatient, quand vous étiez tranquille,
Pourquoi appellez-vours un projet désastrmtcD
un projet combiné par la, nécessité et par la
sagesse un projet approuvé par toutes les
Provinces, par tous les Calculateurs, par tous
les hommes d'état excepté par M. Kom-
innnn ? Est-ce un si grand désastre d'av ir
sxégligé votre oracle ? Et pourquoi trait
vous de coalition perfide l'accord spontané
ou la conciliation inspirée du plus grand
nombre? Dans le choc dès intérêts dans la
dispute des préjugés peut-on se passer do
coalion? Plus on est divisé, et plus elle est
nécessaire. Chaque parti cherche à réunir es
opinions. Vous nommez perfide celle qui tm-
verse la vôtre. Rome et Carthage se tazoi nt
réciproquement de perfidie Punicafxdesl
OBJECTION.
Des Ecrivains gagés ont dit que VAs-
signat Monnaie inspiroù autant de con-
fiance çn'une Lettre de-Change.
REPONSE.
Ces Ecrivain* gagés ont volé leur argent
(4a)
«'il* n'ùnt dit tpa ççla
tnleu* qu'une
-Celle-ci pevt 6tre refusée At l'autre
au Banquier et Î'À*.
La Rremiere péri À étro
négociée, et le second gagne soit qu'il cît-
̃cule, ou qu'il repose.
Objection.
Quel est le motif de la confiance ue l'on
4; dans une Lettre -de* Change?
Von confiait la solidité de celui qui la tire
de •Celui qui dt de lui qui
l'accepte,
R i. v 0 n s fi.
Pour l'ordinaire on ignore la solidité des
troiA, 'mais1'on s'en tient à leur réputationf
M. Iiergasse peut-il nier que l'honneur Fran-
çais n'ait obtenu quelque répu.tj tior dans le
monde ? Peut il soupçonner l'Assemblée
Nationale de vouloir manquer à la foi pu-
blique? Ou pensé- t-il que l'Édifice de nos
Loix n'est bâti que sur un sable mouvant?
La Nation qui livrera ht Assignats T ne
(4V)
livrera ptwr grrga, que des espérances ùt»
REPONSE..
Où est l'incertitude ? dans l'étendue de»
biens fin Cl«-rgé.?.Ils composent
la septième partie la France. Il est des
Provinces mêmes où il* s'étendent au qu rt
du territoire. Sn Artois, selon le Marquis
d'ArgenSon, de dix -huit charrues, les
Mnines en ont trçizQ. y Franche-Comté
si l'on en croit i'Oidonnance clu iO f a»
jr?3i le Reljgiçu~-K et les Brnrjia'ers pos-
tbdent. la ti.oitié des terres. Qa pont dire la
niêuic.cho*e du. Cambresis de l'Alsace et
de quelques mitres, citons ̃ qui ^pnt» pour
nùisi (lire des Ecclésiastiques.
incertitude vojojt^
Nationale? Cette volonténe scroit-clle qu'une
fantaisie momentanée ? Depuis di?t siècles,
la Nation aspire au retrait des biens usurpés
sur elle le ddSpotisnie et la superstition Ine
despotisme est mort la superstition £s$
mourante, la raison commande, la liherté
obéit un million de Créanciers ct deux
millions do Soldats appuyent la tplonté
(f«V..
L'incertitude seroit-elle dans les éVène^
xnehs ? Jusqu'ici les obstacles ont avan é lu
Révolution qui pourra la faire rétrogra-
der ? Philippe II, avec tous les trésors du
Mexique n'a pu remettre dans les fers un
Peuple de Pêcheurs. Albert d'Autriche, avec
toutes les forces de l'Empire n'a pu r met-
tre dans les fers les Pâtures des Alpes. !¡la-
nuel de Savoye avec tous les stratagèmes de
l'I talié n'a pu remettre dans les fers les
Horlogers du Lac Léman. Georges I II,
avec toutes les Flottes de l'Angleterre n'a
pu remettre dans les fers les Colonies é arses
d'Amérique. Quand toute l'Europe se ligue-
jroit aujourd'hui elle ne pourroit remettre
dahs les fers le courage Français. La liberté
qui a long-tems dormi, se réveille av c des
fcrces invincibles qui s'accroissent à chaque
mouvement.
Objection.
Il y a plusieurs hypothèques sur les biens
du Clergé.
RÉPONSE.
Si l'on .transportoit ces biens dans une
autre Planète les hypothèques auroient
(45)
peine' à les suivre. Mais ces biens resteni;au
milieu de la France et les hypothèque*
restent assises sur les mêmes possesicns.
L'intérêt Ecclésiastique en étoit un fort il
gardien: l'intérêt National et l'intérêt desj
Créanciers seront-ils moins vigilans ?
Objection.
L'Assemblée a-t-elle le droit de conver-
tir la créance du Clergé era créance a-
tionale ?
RÉPONSE.
Oui, si cette créance devient meilleure. On
devoit préférer l'hypothèque du Cler à
celle de l'Etat lorsque le Clergé représcn-
toit une corporation immuable et l'Etat
une puissance arbitraire .et changeante. De-
puis la Révolution le Clergé n'offre plus
qu'un,e corporation dispersée, abatue et
l'Et;t est devenu une puissrmce absolue dans
ses volontés, et permanente dans ses
créa. Quel créancier pourroiî balancer au-
jourd'hui entre l'Assemblée Nationale et
l'Assemblée du Clergé ?
Objection.
Qui forcera la Nation à teni ses en-
gagertiens?
Ripo» jb,
En 1561, le Clergé ne put remplir les siens;
et s<\s Créanciers ne purent l'y forer r. Réunis
anjotmJ'huiavectous les Créanciers deJ'Elat,
leurs clameurs seraient toutes puissantes,
même contre TAss- mhlf' -3 -Nationale. L'opi-
nioji a une force couctivo. Ajoutez :jn 'aupa-
ravant on 11s pouvoit ni faire saisir, ni luire
vendre les terres de
sont décrétées pour être vendues, et quatre
cens millions d'Assignats seront qiu.tre cens
millions d'autorités qui forceront la vente.
ÛOJECTIQK,
Qui aclzetera tant de terres lorsqu'il en
existe déjà un si grand nombre 4 -vendre
et qui ne peuvent t être 'vendu es?
Un grand nombre de terres ne se vendoii
pas, parce fju'il n'existoit cjn'un petit nombre
de capitaux disponibles ou parce que l'ar-
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gent produlsoil davantage sut* la place. Grâce
aux Assignats le Trésor-Royal ra. remettre
en circulation une niasse considérable de
i et grâce à là bonté des terre* «cclé-
siastiques l'argent employé à les acheter,
fructifiera mieux sur ce fond cjue sur la plice.
La liste de ces acquisitions sera a rentable
feu'ille des Bénéfices.
Object.ïon.
Que devicndra Hypothèque du culte
public. REPONSE.
M. Bergasse appuyé avec raison sur Il
majesté qui convient au culte pulzlic niais
qu'il en soit juge lui-même. L'Eglise faisoit-
elle beaucoup de sacrifices pour entretenir
cette majesté dont le Prêtre profitoit plue qu
la Divinité? Recormok-on cette majesté sain!(
au milieu deâ Hameaux où elle étoit, ce sem-
ble, plus nécessaire qu'ailleurs pour con-
duire par les seps un peuple moins conduit
par la morale et la loi ? Et tronve-t-on je n<i
dis pas la majesté mais la dignité mais la
décence du culte public dans ces Eglises dé-
lahrées ces Autels crouÎ4tfs ces chaires
vermoulues ces onvsmens en .Nmbeaux
il
qui d&honorent le culte champêtre et le
Prêtre Villageois? L'EgUso, si ami des dé-
corations n'auroit-*ilè pas dû parer le Dieu
des Champs comme calui des Cités
Objection.
J'espère qut l'on n'en est point
'venu au point de fairu des m urs sans
Réponse.
J'espère que cette réfôrnae va rendre des
mœurs à la Religion elle-même. pourquoi le
Clergé d'Angleterre paroît-il meilleur Ci-
toyen qi*e le nôtre demande Montesquieu(i)?
Pourquoi se, distingue t-il par une vie plus
retirée une 'conduite plus réservée et des
mœurs plus pures? Pourquoi voit-on sortir
de ea plume de si bons ouvrages, p ur prou-
xef la révélation et la Providence u stand
être? parce qu'il est moins dwtraii: par de
vaines cérémonie* et moins corro ipu prir
une excessive opulence parce que ne pou-
ant protéger la Religion, ni être protégé par
elle sans force pour contraindre il cherche
(1) Esprit dzi Loix tiv. 19, Çhap.