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Iles Marquises. Climat, productions, moeurs des habitants ; par un capitaine au long cours. Ouvrage orné de cent vignettes et de cinq portraits

106 pages
Aubert (Paris). 1843. France -- Colonies -- Histoire. France -- Colonies. Océanie -- Histoire. Marquises (Polynésie française ; Îles). In-32.
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ILES
MARQUISES.
CLIMAT, PRODUCTIONS,
mOBXJÏkS DÈS ÏUBVÏMVÏS,
I>AH
UN CAPITAINE AU LONG COURS.
OUVRAGE
Orné rie crnt vigneltea
v - "V <*)\ ET DE CINQ rOIlTRAlTS.
4 '\0\
PARTS,
CHEZ AUBERT Eï C'E,
PLACE DF, LA IÎOURSK, 29.
1843
IMIHÎIMI'. l'A H IÏF.THUNE ET PLON, A l'AlllS.
AVAINT-PROPOS.
Au moment où la France entre en possession
des lies Marquises et va s'occuper de coloniser
ce nouveau territoire national, il est utile d'é-
clairer l'esprit public sur les circonstances qui
ont précédé et accompagné cette conquête , et
sur les avantages qu'elle doit avoir pour la Po-
litique et le Commerce de notre pays.
C'est le but de cette publication. Malgré des
développements pleins d'intérêt, elle eût pour-
tant été insuffisante si des figures n'étaient ve-
nues donner une image fidèle des localités im-
portantes de l'archipel des îles Marquises, de la
physionomie de ses habilants, et des instruments
ILES MARQUISES,
NOUVELLE COLONIE FRANÇAISE.
« Par la prise (le possession des îles Marquises,
» j'ai assuré à nos navigateurs, dans ces mers
» lointaines, nn appui et un refuge dont la
» nécessité était depuis long-temps sentie. »
(Discours du roi, 9 janvier 1843- )
Le drapeau tricolore flotte aujourd'hui sur les
îles Marquises, au contre de la Polynésie ; iJ a suffi
à une frégate française de se montrer aux popula-
tions de cet important archipel, pour que ses braves
marins en devinssent, en peu de jours, les hôtes,
les protecteurs et les maîtres.
C'est M. le contre-amiral Dupelit-Thouars qui
a eu l'honneur de prendre possession de cette nou-
velle colonie française; nous ne pouvons mieux
commencer notre livre qu'en transcrivant le rap-
port que cet illustre officier a adressé au ministre
de la marine, pour lui rendre compte de son entre-
prise clans cette contrée intéressante, vers laquelle
2
18
se diiigeront désormais les calculs généreux du
commerce, de l'industrie et de la civilisation.
"Baie deTaioliae, frégate la Reine-Blanche,
le 18 juin 1842.
» En partant de Valparaiso, pressés d'arriver aux
Marquises, nous gouvernâmes directement sur
l'île Faluiva (la Madeleine), la plus méridionale du
groupe du S.-E. de cet archipel. Nous arrivâmes
en vue de cette île le 26 avril; le 27, nous en visi-
tâmes toute la côte occidentale et nous eûmes quel-
ques relations avec les indigènes. Celle île, qui con-
tient, assure-t on, de 15 à 1,800 habitants, n'offre
qu'un mouillage en pleine côte, toujours dangereux
cl fréquenté seulement par les baleiniers que le be-
soin de provisions force à y relâcher. Le 28 au
malin, nous étions sur la côte occidentale de l'île '
Tahuala (la Christine), où nous fûmes contraries
par des calmes qui se prolongèrent assez avant dans
la journée; cène fut qu'à (rois heures que nous at-
teignîmes le mouillage de la baie de Vaïtahu.
»A peine étions-nous à l'ancre sur celte rade, que
nous reçûmes la visite de M. François de Paule, su-
périeur de la mission établie en cette île ; mais ce
ne fut que le lendemain que le roi Yotété vint à
20
Repousses de l'île Fatuiva, ces marins avaient repris
le large et étaient arrives à l'île ïahuala, où le roi
ne les avait pas beaucoup mieux reçus; car il les
avait dépouillés de leurs vêtements, cl leur avait
même enlevé leur baleinière. Depuis cette époque,
les marins américains ayant trouvé à s'embarquer
sur un baleinier venu en relâche, protestèrent,
avant leur dépari, contre les actes de piraterie dont
ils avaient été les viciimes, et menacèrent Yotété de
la vengeance de leur gouvernement.
»Yolélé, éclairé depuis par les missionnaires et
par les capitaines venus en relâche dans la baie de
Vaïlahu, conçut de vives inquiétudes sur les suiles
22
naître la souveraineté de S. M. Louis-Philippe, et
prendre le pavillon français. Il accepta avec empres -
sèment ces propositions, et nous convînmes que la
déclaration de prise de possession aurait lieu le 1er
mai, jour de la fête de S. M. Louis-Philippe, et
qu'aussitôt le pavillon français serait arboré sur l'île
Tahuala. Toutes nos dispositions furent prompte-
ment faites, et le 1" mai, à 10 heures, je me rendis
à terre accompagné de l'état-major général et d une
24
lée à petite distance du rivage et entièrement pa-
voisée, prit également part à celte cérémonie, en
répondant à nos acclamations par une salve de
vingt et un coups de canon.
» Les habitants réunis en grand nombre manifes-
taient également leur joie par des acclamations
bruyantes et répétées, et tous me demandèrent de
mettre des canons à terre. Nous nous rendîmes en-
suite chez le roi, où Pacte de la reconnaissance de
la souveraineté de S. M. Louis-Philippe et celui de
la prise de possession furent immédiatement signés.
» Le même jour nous fixâmes avec le roi Yotélé
le lieu de la baie où notre établissement serait fondé,
et nous entreprîmes, sans perdre de temps, les tra-
vaux nécessaires à la construction des logements et
magasins. De jour en jour , depuis cette époque,
ces travaux- prirent une plus grande activité : les
marins de la Reine-Blanche, envoyés à terre pour
prendre part a nos opérations d'élablissement, ri-
valisèrent de zèle avec les marins de la 120° com-
pagnie destinée à former la garnison.
» Le 22 , la baraque destinée au logement de la
garnison , et celle des vivres, que j'avais fait con-
struire à bord pendant "notre traversée, en venant
de Valparaiso, étaient achevées, ainsi que le four et
25
un magasin à poudre; l'élablissement commença
à s'administrer par lui-même.
» Dans une course que j'ai faite le 5 mai à la baie
de Hanauianu, île d'Hivaoa (la Dominique), j'ai ob-
tenu la reconnaissance de la souveraineté du roi par
les chefs principaux de l'île, qui nous ont'demandé
à prendre le pavilion français et à recevoir une gar-
nison, ce que j'ai promis d'accorder lorsqu'ils au-
raient construit pour nous une case de 20 mètres
de long sur 8 mètres de large. Ayant tracé cette
case, les trois Iribus qui occupent la baie se sont
immédiatement mises à l'oeuvre pour satisfaire à ma
demande.
» Tout semblait prendre à Vahitahu une tournure
favorable à nos intérêts et nous promettre un
26
prorapt succès, lorsque le 23, au moment où je nie
disposais à quitter la baie pour me rendre à l'île de
Nukuhiva, un homme qui passe pour être l'instru-
ment aveugle des volontés du roi, menaça de luer
un Espagnol que j'avais fait venir d'une baie située
au vent de l'île pour servir d'interprète dans l'éta-
blissement , s'il ne quittait pas aussitôt la baie d;
Yaïlahu. Instruit de ce fait par l'Espagnol lui-même,
il me parut que cette menace avait été faite pour
voir jusqu'à quel point nous étendions notre pou-
voir. Je me rendis aussitôt chez le roi, où ayant j
fait venir le coupable, je lui déclarai, en présence:
27
du roi Yolété, que, si à l'avenir, il se permettait la
moindre insulte contre les hommes de l'établisse-
ment, ou même contre ceux que je pourrais em-
ployer, je le ferais embarquer, et qu'il ne reverrait
jamais son île. Il ne parut pas très-effrayé de ma
menace, et deux jours après il poursuivit un Anglais
que j'avais fait venir de l'île de Hivava pourfaire de la
chaux et l'attaqua dans le jardin même du supé-
rieur de la mission, qui, étant survenu, empêcha
qu'il ne fût tué.
» Cet événement se passait au moment du cou-
cher du soleil: je n'eu fus informé qu'un peu tard,
mais dès le jour, je me rendis chez le roi que je ne
trouvai plus; il était parti avec toute sa famille
pour aller pleurer un mort, me dit-on; mais bien^
tôt j'appris qu'il s'était caché dans une baie voisine,
ce qui me confirma dans l'opinion où j'étais que ces
insultes répétées avaient été provoquées par lui.
'! J'envoyai une embarcation à la recherche du
roi, elle revint sans l'avoir trouvé où on assurait
qu'il était allé. Je fis venir alors son neveu , jeune
homme qui parle bien l'anglais, et je l'engageai à
aller dire à Yotété que s'il ne reparaissait pas, je ne
le considérerais plus comme roi, et que je me ferais
roi moi-même à sa place. Cet indigène alla en effet
à la recherche de Yolété, qu'il trouva caché tout
»29
qu'il me le livrât et que je le garderais quelque
lempsà bord pour le punir, mais qu'il ne lui serait
fait aucun aucun mal; j'annonçai ensuite au roi
l'inteulion où j'étais de garder son fils enotagejus
qu'à ce qu'il eût rempli celte condition. Il parut
alors très-aftligé de ma résolution, mais il se rendit
à terre avec l'intention apparente de nous satisfaire.
Nous devions appareiller le même jour, je retardai
notre départ pour lui donner le temps d'envoyer le
nommé Panaau, ce qu'au bout de deux jours il n'a-
vait pas encore fait. Alors pressé par le lemps, crai-
gnantque quelques-uns des bâtiments de ma division
ncfussenldéjà arrivés à la baie de Taiohae (île Nu-
kuhiva), j'appareillai pour venir ici, en emmenant
comme otage le jeune Timao, fils aîné du roi. 11
était essentiel pour moi d'avoir cette garantie, le
30
nommé Panaau étant un très-mauvais sujet, très-
dangereux, et capable de commettre toute espèce |
de crime. J
« Je ne me suis point éloigné de Vaïtahu sans !
éprouver quelque regret d'être obligé de partir si
promptement ; cependant je laissais M. le capitaine
de corvette Halley dans un poste suffisamment for-
tifié contre un coup de main, avec des hommes bien
armés et capables de battre à eux seuls tous les ha-
bitants de Tahuata. Cette île qui, encore en 1838,
contenait de 11 à 1,'200 habitants, n'en a pas au-
jourd'hui plus de 7 à 800 en tout ; il y a celte dif-
férence pourtant, c'est qu'en 1838, il n'existait que
31
très-peu d'armes à feu sur celte île, tandis qu'au-
jourd'hui il n'y a pas un indigène qui ne possède
au moins deux ou trois fusils. Il n'y a point à crain-
dre, avec ces habitants, une attaque de plein jour
ni à force ouverte, mais on peut redouter un assassi-
nat par surprise ou le feu, si une surveillance active
n'empêche pas une tentative de ce genre de réussir.
» En partant pour Vaïtahu nous emmenâmes avec
nous le révérend père supérieur de la mission, qui,
depuis plus de quatre mois, élait sans nouvelles des
missionnaires de Noukahiva etdTapou, qu'il savait
d'ailleurs très-exposés aux brutalités des indigènes
de ces deux îles. Il désirait vivement savoir ce qu'ils
étaient devenus, et, d'un autre côté, j'étais con-
vaincu, par l'influence de la morale qu'ont déjà
acquise nos missionnaires parmi les naturels, que
la présence de M. François de Paule à bord de la
frégate ne pouvait qu'être très-favorable au succès
delà mission que j'avais à remplir; et en effet je
ne nie trompais pas, comme le verra bientôt Votre
Excellence par les détails qui vont suivre.
» Nous allâmes en premier lieu nous présenter
devant la baie la Hukahau, où demeure» le roi
d'Uapou ; j'expédiai un canot à lerre, et j'appris, à
son retour, que M. Caret et les missionnaires qui
fiaient avec lui sur celle île avaient été forcés de
32
s'embarquer il y avait à peu près irois mois, et i
qu'au moment de leur départ ils avaient été pillés;
enfin, que ce n'était qu'à grand'peine qu'ils avaient
pu s'échapper sains et saufs. Nous apprîmes encore
que leur mission n'était cependant pas restée sans
succès, qu'ils avaient fait dix ou douze prosélytes
que leurs compatrioles ne pouvaient arracher à la
foi qu'ils avaient embrassée, et que parmi eux se
faisait surtout remarquer une ancienne grande-
prêtresse.
» Pressé de suivre ma mission, je ne pus, pour le
moment, m'occuper de porter secours à nos core-
ligionnaires, et j'ajournai ce projet à l'arrivée du
premier bâtiment qui nous rallierait.
» Le lendemain, 31 mai, nous mouillâmes dans
la baie de ïaiohae, où aucun des bâtiments que
j'attendais n'était encore arrivé. Je fis aussitôt dire
au roi de venir à bord, et il arriva sans se faire al-
33
tendre. Après avoir causé quelques instants avec
lui par l'intermédiaire de M. François de Paule,
je lui proposai de reconnaître la souveraineté du
roi des Français, et je lui promis de mettre une
garnison dans sa baie s'il y consentait; de plus, je
m'engageai à forcer la tribus de Taoias à faire la
paix et à lui rendre sa femme, qu'ils lui avaient
enlevée par surprise. Le roi s'empressa d'accéder
à mes propositions ; il fut convenu que j'enverrais
le lendemain chercher les principaux chefs de
Taoias, que la paix se ferait à bord en ma présence,
et qu'aussitôt tous déclareraient ensemble, par un
acte authentique, la souveraineté de S. M. Louis-
Philippe. Ayant en effet invité les chefs do Taoias
avenir faire la paix sous ma médiation, ils se ren-
dirent à mon invitation, et arrivèrent à bord de
"ès-bonne heure le 1er juin. '
34
» Tous les chefs principaux des deux baies ayant
consenti à faire la paix, se donnèrent la main en
signe de réconciliation, et on rédigea aussitôt l'acte
de reconnaissance et de la souveraineté de S. M.
Louis-Philippe, roi des Français, que tous signè-
rent avec nous. Il fut ensuite convenu que la dé-
claration de prise de possession aurait lieu en grande
cérémonie dès le lendemain,, à onze heures du
malin, et que le pavillon serait aussitôt arboré sur
le mont Tuhiva, situé au sud de la baie de Haca-
pehi. Le roi s'empressa alors de me céder en loutc
propriété pour la France, par un acte authentique
émané de sa volonté, le mont Tuhiva pour y faire
un port, et toule la baie pour y fonder les établis-
35
semenls qui nous feraient utiles ; et il me demanda
avec instance que je lui fisse délivrer un pavillon
pour l'arborer sur sa maison au moment même où
nos couleurs nationales seraient déployées sur le
mont Tuhiva, lors de la déclaration de prise de
possession.
» Le 2 juin, à dix heures, je quittai la Reine-
Blanche, accompagné de l'état-major général et
d'une partie de celui de la frégate, et nous nous
rendîmes à terre, où le roi vint se joindre à nous.
H était suivi des chefs principaux de la baie, de
ceux des Taoias et de la tribu des Ilapas. Arrivés
sur le mont Tuhiva, nous y fûmes reçus par M. le
capitaine de corvette Collet. Ayant fait ouvrir un
ban, je prononçai, au nom du roi, la déclaration
de prise de possession de Noukahiva et des îles du
36
groupe nord-ouest qui en dépendent. L'acte authen-
tique de la prise de possession fut dressé immédiate-
ment après la cérémonie, et signé par tous les chefs.
» Les transactions terminées, les chefs des Taoias
me prièrent de leur donner un pavillon pour arbo-
rer sur leur baie, où ils demandèrent à être recon-
duits. Je leur accordai un pavillon, et je leur fis
distribuer quelques présent*. Ils partirent ensuite,
très-satisfaits de l'accueil qu'ils avaient reçu, par
la baie d'IIacapahi, où ils résident. En témoignage
de leur reconnaissance, ils m'envoyèrent, par le
retour du canot, des cochons en présent.
» Dès le même jour, nos lentes furent dressées
dans la baie de Kakapéhi, au pied du mont Tuhiva,
où doit être placé un fort dont j'ai ordonné la roi-
37
slruction, et auquel j'ai donné le nom de Collet,
en commémoration du conlre-amiral de ce nom,
père du capitaine de corvette Collet, destiné à le
fonder et à le commander, ainsi que le groupe du
nord-ouest des îles Marquises.
» La 2° section de la 120e compagnie fut immédia-
tement débarquée pour y tenir garnison. Les tra-
vaux d'établissement commencèrent aussi'ôt, et de-
puis ont été continués avec une ardeur qui ne s'est
pas ralentie un instant.
» L'équipage de la frégate la Reine-Blanche
envoie chaque jour tous ses ouvriers de chaque
profession et les corvées d'hommes nécessaires pour
employer le peu d'outils dont nous pouvons dispo-
ser pour les travaux.
» Le roi Temoana nous a accueillis avec un em-
pressement très-remarquable ; il a changé de nom
avec M. Collet, espèce de contrat en usage parmi
39
les Polynésiens, qui fait de celui auquel on donne
son nom un autre soi-même. Nous lui avons fait
présent d'un uniforme rouge, d'une paire d'épau-
Ieltes de colonel, de chemises, d'un pantalon. Il
porte tous ces vêlements avec aisance, et s'est
montré très-reconnaissant de nos bons procédés. Il
nous a donné en échange douze arbres à pin ma-
gnifiques et six cocotiers. Avec ces matériaux, que
nos charpentiers sont occupés à mettre en oeuvre,
j'espère que bientôt nous pourrons disposer d'une
baraque de 20 mètres de long sur 7 ou 8 de large ;
on continuera à augmenter les constructions à me-
sure que les matériaux nous arriveront. Des indi-
gènes nous fabriquent de la chaux ; et le comman-
dant Collet ayant trouvé une argile propre à faire
des briques, j'ai l'espérance fondée que nous pour-
rons arriver à faire des tuiles et des briques eu
quantité suffisante pour les besoins de rétablisse-
ment. Le 4, la corvette la Triomphante est ar-
rivée et a mouillé en rade venant de Valparaiso, et
en dernier lieu des îles Gambier, où elle est allée
porter les présents de la reine ; ils ont été accueillis
avec enthousiasme et reconnaissance par le roi et
toutes les populatious de ce groupe; le comman-
dant et l'état-major de la Triomphante ont assisté
à l'inauguration de la cathédrale des îles Gambier,
40
où en effet il paraît que les efforts de nos mission-
naires ont été couronnés du succès le plus complet.
«Dès l'arrivée de la Triomphante, qui, comme
vous le savez, monsieur le Ministre, a perdu son
commandant, M. Baligot, dans sa traversée de
Brest à Rio-Janeiro , j'ai nommé à ce commande-1
ment M. Postel, second de la Reine-Blanche, cl j
j'ai embarqué M. Cellier de Starnor sur la frégate,
où il commande la batterie et la 160° compagnie
des équipages, qui, précédemment, était com-
mandée par M. Sevin, lieutenant de vaisseau, au-1
jourd'hui devenu second de la frégate par suile du |
débarquement de M. Poslel.
»Le détachement d'artillerie arrivé par la Triom-
phante est dans la meilleure situation possible, et
est animé d'un très-bon esprit ; M. Rohr, qui le
commande, montre un grand zèle pour son service.
» Conformément à vos instructions, j'ai divisé ce
détachement en deux sections, composées chacune
de la moitié des canonniers d'artillerie de la marine
et de la moitié des ouvriers de la même arme : lu
première section, commandée par M. Rohr, est
placée ici sous les ordres de M. Collet ; la seconde
est partie sur la Triomphante pour se rendre à
ceux de M. Halley, à Vaïtahu.
»Le7, nous avons reçu le navire le Jules-César,
41
expédié par M. le commandant Buglet, en venu
des ordres que je lui avais laissés ; il nous, apporte
huit mois de vivres pour le personnel des deux éta-
blissements , ce qui me permet d'en assurer la sub-
sistance jusqu'au 1er janvier prochain, et d'aligner
jusqu'au même jour les vivres des deux corvettes
la Boussole et l'Embuscade, qu'il est urgent de
laisser ici jusqu'à ce que tous les logements et ma-
gasins d'approvisionnement soient terminés.
» Le 9, voulant consolider la paix entre le roi Te-
moana et les chefs des Taoias, qui, malgré les trai-
tés conclus à bord de la Reine-Blanche, rete-
42
liaient toujours la femme du roi, je m'embarquai
au jour, accompagné de Témoana et du révérend
supérieur de la mission de l'île de Tuhatuta, et nous
allâmes à la baie d'Hakapahi, où ils résident. A
notre arrivée, nous aperçûmes le pavillon français
qui flottait sur la maison du vieux chef Mahéatité.
Nous fûmes très bien accueillis, non-seulement des
chefs qui déjà avaient passé deux jours à bord de
la frégate, mais encore de toute la population;
elle nous accompagna dans notre promenade au
milieu d'une magnifique vallée d'une largeur va-
riable de trois quarts de mille environ. Cette
vallée est couverte de la plante nommée Ti, en-
caissée entre deux immenses montagnes à pi
43
comme des murs et de 1,000 à 1,200 mètres d'é-
lévation. Le sol, en s'éloignant de la plage , va en
s'élevant par une pente si insensible qu'il paraît
presque uni ; au milieu de la vallée coule un ruis-
seau abondant, et de chaque côté, jusqu'aux mon-
tagnes , le terrain est couvert d'une forêt d'arbres
à pain entremêlés de cocotiers et de pardaniers, de
bananiers et de quelques champs cultivés en patules
douces et en tabac.
» De dislance en distance, nous trouvions des
cases où on nous engageait à nous arrêter, et où
l'on nous offrait des cocos. Nous trouvâmes enfin la
reine Témoana dans une de ces cases ; on nous la
fit connaître; je l'engageai à nous accompagner
après notre retour; elle me le promit d'abord, mais
un indigène qui était auprès d'elle la fit se rélracter.
44
Nous la quittâmes; et nous continuâmes à nous
enfoncer dans la vallée, pour aller voir un vieux
chef, nommé Tumée, qui, étant malade , n'avait
pu venir au-devànt de nous. Nous le rencontrâmes
dans sa case, couché et souffrant beaucoup d'un
rhumatisme aigu. Nous n'étions là que depuis
peu d'instants lorsque la reine vint nous y rejoin-
dre ; je lui fis de nouvelles instances et lui donnai
quelques présents, mais tout fut inutile, elle per-
sista dans son refus. Nous retournâmes alors vers
la plage, où nous nous arrêtâmes de nouveau à la
case où nous l'avions rencontrée la première fois.
Elle y revint bientôt, mes instances réitérées n'eu-
rent point un meilleur succès; mais M. François
de Paule, lui ayant parlé pendant quelque temps,
parvint à la décider à revenir avec son mari. Té-
45
moaha s'approcha alors de sa femme, à laquelle il
n'avait encore rien dit. Dans ce moment, toute la
population fit un cri qui nous donna lieu de penser
qu'elle s'opposait à leur réunion; c'était tout le
contraire : M. François nous expliqua qu'ils avaient
voulu, par délicatesse, qu'on laissât le roi seul
avec sa femme, afin qu'il lui parlât en toute li-
berté. Peu d'instanls après, la reine se leva; elle
fut suivie par son mari ; et tous deux, la femme
marchant la première dans le sentier, prirent le
eliemin de la plage; dès cet instant, tous les indi-
46
gènes se levèrent et suivirent en jetant des cris
d'approbation, et en manifestant leur joie par mille
démonstrations étranges : c'était une véritable fête
improvisée. Cet événement, dont le succès est dû à
notre révérend missionnaire, est en lui-même ex-
trêmement heureux en ce qu'il consolide la paix
entre les Taoias et les Féiï's, dont Témoana est le
roi ; de plus il assure également la paix de toute
l'île, car la princesse, Taipis par naissance, est
chez les Taipis l'héritière du pouvoir suprême,
par l'adoption qu'elle a faite du fils du chef de
cette tribu : sa réunion avec Témoana assure donc
à ce dernier la souveraineté entière de l'île,
et à nous la tranquillité et le temps nécessaire pour
accoutumer ces peuplades à notre domination, à
notre civilisation et à nos moeurs, ce roi Témoana
nous étant tout dévoué.
» Ces transactions terminées, nous revînmes à la
baie de Taiohae, où le lendemain , des tribus en-
tières vinrent de l'intérieur nous apporter des pré-
sents en cochons et en cocos. Ces manifestations
sont, m'a assuré M. François, les signes les plus
certains de la reconnaissance de notre souveraineté,
d'où il suivrait que nous sommes établis ici de la
manière la plus complète possible et la plus rassu-
rante pour l'avenir de notre colonie.
48
» Le 11 la corvette la Triomphante a mis à la
voile pour aller à Vaïtahu porter le détachement
de canonnière et d'ouvriers d'artillerie de marine
destinés à servir sous les ordres de M. le comman-
dant Halley ; elle était également chargée de lui
faire un versement de deux mois de vivres pour cent
hommes, et celui de quelques animaux nécessaires
à l'établissement pour y commencer un troupeau
capable, lorsqu'il sera plus complet, de parer aux
graves inconvénients qui pourraient résulter de la
perte d'un des bâtiments chargés de vivres pour
l'approvisionnement de la garnison.
«En se rendant à Vaïtahu la Triomphante doi
ramener le révérend père François, dont le dé
vouement nous a été si utile jusqu'à présent. JElle >
encore pour mission, d'après la demande «
49
M. François, d'essayer d'enlever de l'île d'Uapou
les prosélytes que le révérend père Carey n'a pu
enlever avec lui en s'en allant. Je n'ai pas cru de-
voir refuser de rendre ce service à la mission. Le
succès peut avoir d'importants résultats pour notre
progrès, et par suite pour notre établissement
lui-même. J'ai, en conséquence, donné l'ordre au
commandant Postel de se présenter devant la baie
de Hakapou, déjà visitée par nous, et de tâcher
d'embarquer les prosélytes qui s'y trouvent, pour
les porter ensuite à Vaïtahu, d'où je lui ai recom-
mandé de revenir du 20 au 25 au plus tard.
» Le meilleur appui que l'on puisse donner à nos
4
50
établissements, et le seul nécessaire, est de faire
séjourner sur rade des bâtiments de guerre ; il est
même, urgent d'en maintenir constamment un à
Vaïtghu et un second à Taiohae jusqu'à ce que nos
établissements soient achevés et que nos moeurs
aient commencé à faire impression sur ces popula-
tions , ce qui, je l'espère, ne peut être très-long,
surtout ici, le roi se montrant fort enclin à la civi-
lisation : il suffira de l'entretenir dans ces bonnes
dispositions, chose facile en lui faisant de temps à
autre des présents, surtout de ceux qui peuvent
favoriser son penchant pour nos goûts et nos moeurs,
tels que des meubles pour orner une petite maison
à l'européenne qu'il vient de faire bâtir; des vête-
ments pour lui et pour sa femme. Déjà le roi est
velu en colonel et porte des souliers. Étant resté à
bord avec sa femme après le coucher du soleil,
pour assister à la représentation d'une petite pièce
que l'on jouait, il a vu des matelots habillés en
51
femmes, et aussitôt il nous a priés de faire faire
des robes semblables pour sa femme; ce que nous
nous sommes empressés de faire, convaincus que
ces moyens sont les plus puissants sur eux pour
nous les attacher : en leur créant des besoins nous
nous rendons nécessaires.
» Je suis, etc.
» Lt contre-amiral commandant en chef la
station navale de l'occ'an l'acifique.
» A. DUPETIT-TlI OUAT.S. »
52
HISTOIRE.
L'archipel, de Noukahiva, compris entre les 8e et
10° degrés de latitude sud et les 140° et 1/I2C de
longitude, placé à l'ouest de Paris, occupe un
espace de soixante lieues marines environ, du
N. N.-O. au S. S-E., sur une largeur d'à peu près
quinze lieues. Il.se compose d'une douzaine d'îles
dont trois seulement ont une assez grande étendue,
les autres peuvent être considérées comme des îlots
ou rochers.
Les terres se présentent dans l'ordre suivant, en
venant par le sud : Otahi-Hoa, petite île de 15
à 20 milles de circuit, haute et populeuse. A 10
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lieues de là Motané, dé cinq à six milles, étroite,
haule et faiblement peuplée. A l'ouest de Mo-
tané, et séparée par un beau cana],Tao-Wati, de
25 à 30 milles de circuit, occupée par de nom-
breuses tribus. Au nord se trouve Ohiva-Hoa,
ayant 24 milles de territoire de long sur une lar-
geur de 6 à 10 milles; elle est moins peuplée
que les précédentes. A 6 ou 7 lieues d'Ohiva,
Fetougou de huit à dix milles de circuit; puis, à
22 lieues, l'île Oua-Poua, haute et peuplée, de
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20 milles de circuit. A vingt mille de Roua-Poua se
révèle la riante et belle Noukahiva, la reine de
NorJ
l'archipel ; elle a dix-sept milles de l'est à l'ouest,
sur dix milles du nord au sud : sa population est
estimée à 15000 habilantsdivisés en plusieurs tribus.
A dix milles de Noukahiva se trouve l'île Roua-
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Hong a, haute et peuplée. Deux petites îles fré-
quentées par les pêcheurs indigènes se rencontrent
à 10 lieues environ de Noukahiva. L'archipel se
termine par les deux îles hautes et inhabitées de
Bidon, et Fatouhou, ces deux îles occupent une
étendue de dix ou douze milles ; elles produisent aux
Noukahiviens des cocos, et des plumes pour leurs
parures.
Si Pou veut comprendre l'intérêt qui s'attache à
la prise de possession de cet archipel et l'impor-
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lance de celte conquête, il est indispensable de
connaître les relations que divers voyageurs en ont
laissées. Nous allons tenter, par un récit authentique,
d'initier le lecteur aux moeurs et usages de ces in-
sulaires, et à la connaissance des produits de leurs
contrées; nouvel Eden, qui, placé à moins de trois
mille lieues de la France, peut lui donner rapide-
ment des moyens imprévus d'activité commerciale
et d'influence politique.
Ce fut en l'année 1595 que l'Espagnol Men-
dana, dans les excursions qu'il faisait, par l'or-
dre du vice-roi du Pérou Mendoce, découvrit cinq
îles du groupe dont nous venons de préciser l'é-
tendue , et Jui donna le nom d'îles Marquise de
Mendoça, par gracieuseté pour la marquise de
Mendoça, femme du gouverneur du Pérou. Chaque
île qu'il découvrit fut tour à tour baptisée par lui,
il nomma Otahi-Hoa SANTA-MAGDALENE ; Mo-
taneSAN-PEDRO ; Tao-WatiSANTA-CHRISTINA ;
Ohiva-Hoa la DOMINICA; les autres îles formant
le groupe complet de l'archipel furent reconnues
plus tard par d'autres navigateurs.
L'espagnol Mendana, à la vue de ces îles cou-
vertes de verdure, envoya une chaloupe recon-
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naître les lieux. Les hommes qui la montaient
prirent terre au son du tambour ; aussitôt un essaim
de femmes parut, et, nouvelles Circés, elles firent
tout pour séduire ces nouveaux débarqués dont
les traits paraissaient faire sur leurs sens une très-
vive impression. Le bruit du tambour recommença
et des hommes arrivèrent ; ils se rendirent à bord
du bâtiment où les attendait Mendana. Ils invi-
tèrent le capitaine à descendre dans leur île* Men-
dana les suivit ; il fit célébrer une messe en action
de grâces de la réception amicale qu'il recevait de
ces sauvages. Et, ce qui doit étonner, c'est que ces
sauvages assistèrent à la cérémonie, avec respect
et recueillement. On est en droit de supposer,
d'après cette réception polie, que Mendana n'était
pas le premier Européen qui les visitât ; quoi qu'il
en soit, c'est le premier qui ait été connu.
Bientôt pourtant Mendana fut obligé d'opposer
la force pour échapper au pillage que les insulaires,
devenus hardis, auraient exercé sur son bâtiment;
mais les coups de fusils partirent, et l'effroi des sau-
vages fut tel, qu'ils se dissipèrent aussitôt, et vin-
rent offrir à Mendana , pour apaiser sa colère, les
seules richesses qui fussent en leur possession,
savoir : des cochons, des cocos et des pommes de
l'arbre à pain.
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Mendana ne pouvant demeurer long-temps dans
une contrée qui n'avait pour lui que l'intérêt d'une
découverte de plus, partit en laissant quelques ca-
deaux en échange de la bonne réception qu'on lui
avait faite.
Il paraît que, durant l'espace d'un siècle et demi,
les habitants des îles Marquises restèrent tranquilles
au milieu de la belle nature qui les environne.
Mais ils avaient sans doute conservé la tradition' des
coups de fusils, car, lorsqu'en 1774, Cook débar-
qua aux îles Fetougou et Tao-Wati, il eut bientôt
raison des habitants par le même procédé qu'avait
employé Mendana. Quelques amorces brûlées, la
population fut à ses pieds. Cook et les savants qui
l'accompagnaient, étudièrent avec intérêt les moeurs
de ces insulaires; mais cette étude dura peu, Cook
n'ayant séjourné que quatre jours dans l'île.
Il reçut à bord la visite d'un chef de tribu qui se
disait roi de toute l'île, ce roi se nommait Honou ;
il avait, pour cette occasion, mis son costume de cé-
rémonie : un manteau d'étoffe papyriforme flottaitsur
ses épaules, il portait un diadème, un hausse-col, de
larges pendants d'oreilles et, çà etlà, l'on voyait ac-
crochées autour de lui des touffes de cheveux hu-
mains.
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En 1791, Ingraham, Américain, compléta la re-
connaissance du groupe que notre compatriote Mar-
chand eut lieu de sanctionner un mois après. Au
bout d'un an le lieutenant Hergest mouilla dans les
mêmes parages, et, depuis, les baleiniers prirent
souvent le chemin des îles Marquises, et plusieurs
fois ils y débarquèrent des passagers. Enfin, un jour,
arriva uu navire que montaient deux missionnaires
chargés d'apporter aux sauvages la sainte parole de
Dieu.,Ils furent d'abord reçus avec politesse; mais
bientôt l'un d'eux mourut de la peur de servir de pâ-
ture à ces nouveaux frères, et l'autre fut obligé de
fuir pour échapper à une mort certaine..... Faut-il
en conclureque ces saints hommes avaient peu d'é-
loquence ?
Jusqu'en 1813, les îles Marquises ne furent
le théâtre d'aucun grand événement. Ce fut à
cette époque, le 25 octobre 1813, que le capi-
taine Porter aborda sur la baie de Taiohae. A
l'aspect de ce lieu propice à servir ses excursions
maritimes, il conçut l'idée de faire de l'île une
espèce d'entrepôt de ses prises. Pour arriver à son
but il fallait s'y établir en maître ; le moment était
favorable : l'île était alors gouvernée par un roi vieux
et décrépit, forcé de soutenir une guerre opiniâtre
avec la tribu des Hapas ; trop faible pour espérer
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le succès, il se jeta dans les bras de cet hôte envoyé
comme par un miracle, pour lancer sa foudre
sur l'ennemi. Porter accueillit la prière de ce roi
malheureux, et bientôt des canons furent transpor-
tés à grand'peine par les sauvages jusqu'au haut
du morne qui domine la forteresse des Hapas.
Bientôt les pourparlers commencent, l'insolence de
l'ennemi décide le combat; et des projectiles lan-
cés avec force, jettent dans ses rangs la terreur et
la mort. Quand la victoire fut assurée, le vainqueur
exigea de larges rançons pour le roi qu'il avait pro-
tégé et pour lui même, et il reçut des denrées qui
servirent amplement aux besoins de son équipage.
Celte victoire jeta la terreur parmi d'autres tri-
bus ; le plus grand nombre vinrent se ranger sous
la protection du vainqueur des Hapas. Porter, en-
couragé par ses succès, eut la pensée de s'emparer
de l'archipel au nom des États-Unis; pour consa-
crer sa puissance par un acte visible, il se fit d'a-
bord bâlir un village, qu'il nomma Madisonville,
village consacré aux Européens ; éleva un fort pour
garder son village , prit ainsi possession de Nou-
kahiva , et mit le sceau à ses prétentions par un
acte ainsi conçu :
« Les présentes ont pour but de faire connaître à
» l'univers, que moi, David Porter, capitaine de

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