//img.uscri.be/pth/aa2c3bef2f5e0c21182316222bdb2a6dbf61b11e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Instructions du comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France / Ministère de l'Instruction publique et des cultes

De
42 pages
Impr. impériale (Paris). 1853. 40 p. ; 24 cm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

PARIS.
IMPRIMERIE IMPÉRIALE.
1M DCCC LIII.
INSTRUCTIONS
DU COMITÉ DE LA LANGUE,
DE L'HISTOIRE
a:~ DES ARTS DE L~RANCE.
~MINISTÈRE
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES.
.< t,
DU BULLETIN DU COMITÉ DE LA LANGUE. DE L'UISTOIRE ET DES ARTS
DE LA FRANCE.
DE PHILOLOGIE,
EXTRAIT
D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE.
INSTRUCTIONS
DES SECTIONS
CIRCULAIRE
ADtiESSHE
Paris, le 28 octobre 18 53.
AUX CORRESPONDANTS DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES.
Monsieur,
En donnant une organisation nouvelle aux comités institués,
en 18 35, auprès du ministère de l'instruction publique, pour
recueillir les documents inédits de l'histoire de France, j'ai voulu
mettre en présence toutes ies sciences historiques, et ies appeler
à se contrôler mutuellement dans une délibération commune.
Désormais, la philologie, l'histoire et l'archéologie, réunies
dans un seul et même comité, travailleront de concert à éclairer
les parties obscures de nos annales. Les instructions rédigées par
les anciens comités devenant insuffisantes, j'ai invité le comité de
la langue, de l'histoire et des arts de la France à préparer, pour
ses correspondants, un nouveau plan de travaux et d'investiga-
tions. La pensée qui avait présidé à la nouvelle institution devait
aussi inspirer les rédacteurs des nouvelles instructions, et ils se
sont attachés à donner à leur travail plus d'unité qu'on n'avait
pu en mettre dans les instructions antérieures ils ont essayé
de faire bien comprendre que toute étude sérieuse ne saurait être
exclusive, et que la philologie et l'archéologie doivent servir, avant
tout, à éclairer notre histoire nationale.
La section de philologie n'a donc pas cru pouvoir se restreindre
à une étude stérile des mots et des formes diverses du langage;
elle a revendiqué l'histoire du développement intellectuel de la
France et la publication des monuments inédits de notre littéra-
2
lure. Pour diriger dans un champ aussi vaste les explorations des
correspondants, il faut des instructions précises que cette section
n'a pu encore terminer. Elle a du s'occuper d'abord du Recueil
fi'M poésies populaires, dont un décret impérial avait confié la rédac-
tion au comité, et préparer pour cette publication des instruc-
tions particulières, qui, sous la plume d'un savant écrivain, ont
pris le vif intérêt d'une véritable étude littéraire. En joignant
l'exemple aux préceptes, M. Ampère a su préciser, dans quelques
pages, le véritable caractère de la poésie populaire, et faire res-
sortir à la fois le charme et l'importance d'un recueil qui réunira
les plus naïves fantaisies de l'esprit français et les plus graves
souvenirs de nos annalesl.
La section d'histoire, qui doit recueillir et publier les monu-
ments inédits de la vie civile et politique de notre pays, a pu se
borner à signaler les sources principales où les correspondants
sont à même de puiser, et les grandes collections utiles à consul-
ter, pour s'assurer si les documents qu'on retrouve n'ont pas été
déjà publiés. Un court résumé des indications qui doivent accom-
pagner les envois termine ces instructions, destinées à recevoir de
nouveaux développements.
Les instructions de l'ancien comité des arts et monuments
rendaient la tâche facile à la section d'archéologie. Il lui a sufli
d'en reproduire une partie, en ajoutant quelques avis généraux
et quelques conseils pratiques.
En vous adressant les instructions réunies des trois sections du
nouveau comité, je n'ai pas besoin, Monsieur, de vous inviter à
vous bien pénétrer de la pensée qui les a inspirées, et de faire
appel à votre dévouement pour la science. Les travaux des cor-
respondants peuvent seuls permettre au comité d'atteindre le but
qu'il se propose. J'espère que vous voudrez bien continuer à lui
apporter le concours de votre zèle et de vos lumières.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
Le Ministre de l'instruction publique et des cultes,
H. FORTOUL.
Les instructions relatives aux poésies populaires de la France ont étf~ pu-
bH~esapart.
INSTRUCTIONS
DU COMITÉ DE LA LANGUE. DE L'HISTOIRE ET DES ARTS
DE LA FRANCE.
SECTION DE PHILOLOGIE.
La section de philologie a dans ses attributions
i" L'histoire de la langue;
2° L'histoire de la littérature
3° L'histoire de la philosophie et des sciences.
L'objet de ses travaux est la recherche et la publication des
documents inédits, de tout genre, qui peuvent contribuer à en-
richir l'histoire du développement de l'esprit français dans ces trois
grandes directions. i
Pour éclairer, autant qu'il est en elle, dans un champ si vaste,
les explorations des correspondants du comité, dont elle sollicite
le concours, la section de philologie se propose de leur transmettre
prochainement des instructions détaillées et tout à fait spéciales,
qu'elle n'a pas cru devoir encore arrêter d'une manière définitive,
mais qu'elle n'ajourne que dans l'espoir de les rendre plus com-
plètes. Elle a jusqu'ici, d'ailleurs, consacré une grande partie de
ses séances à la préparation du Recueil des poésies populaires de la
France, et des instructions particulières qui s'y rapportent. C'est
même sur ce point qu'elle appelle aujourd'hui, sinon toute l'at-
tention, au moins la coopération immédiate et efficace des corres-
pondants.
Ceux d'entre eux, toutefois, qui seraient disposés à lui faire
il
des communications, à lui adresser des matériaux relatifs à l'un
des objets qui rentrent dans le cadre général de ses attributions,
trouveront ici quelques indications préalables de nature à diriger
leurs recherches. Aux divisions de ce cadre, que la section de,phi-
lologie leur rappelle, à la définition simple et nette par elle-même
de ces attributions, elle ajoute, comme exemples et comme types
caractéristiques de la nature variée de ses travaux, les titres des
ouvrages, actuellement sur le métier, dont la publication demeure
confiée à ses soins, d'après l'avis du comité, par décision de Son
Excellence M. le Ministre de l'instruction publique. Ces ouvrages
sont
1° Pour l'histoire de la langue, et devant faire partie d'une nou-
velle série et d'un nouveau volume de Mélanges Glossaire latin-
français du commencement du ~F' siècle; Lettres inédites de Balzac;
2" Pour l'histoire de la littérature, et indépendamment du Re-
cueil des Poésies populaires de la France Poëmes chevaleresques en
langue romane du Midi (GirartdeRoussillon, Ferabras, etc.); Poëmes
de Chrestien de Troyes;
3° Pour l'histoire des sciences Trésor de Brunetto Latini.
Parmi les ouvrages précédemment publiés dans la collection
des Documents inédits, qui peuvent servir à compléter ces rapides
indications, la section de philologie rappelle comme des modèles,
tant pour l'histoire de la langue et de la littérature, que pour celle
de la philosophie, qui est ici principalement, mais non pas ex-
clusivement, la scolastique la Traduction. des quatre livres des
Rois, le Poëme sur la Croisade contre les hérétiques albigeois, et le
5tc et non d'AbéIard.
Enfin, pour guider plus sûrement encore les correspondants,
par les inspirations mêmes qui ont tant contribué à fonder la
tradition entière de ces recherches et de ces publications natio-
nales, la section de philologie ne peut mieux faire que de les
renvoyer aux Instructions générales qui leur furent adressées à
l'époque de l'établissement du comité, en i835, et aux Rapports
qui font également partie de la collection des Documents inédits,
comme conséquences et comme annexes de ces Instructions.
s 1 ''l''I'IHf
INSTRUCTIONS
DU COMITÉ DE LA LANGUE, DE L'HISTOIRE ET DES ARTS
DE LA FRANCE.
SECTION D'HISTOIRE
La mission de la section d'histoire est de recueillir et de pu-
blier les documents nouveaux et importants relatifs à l'histoire
de France. Les correspondants doivent la seconder en lui signa-
lant ~es mémoires, chartes et autres pièces historiques que ren-
ferment les bibliothèques et les archives des départements.
L
SOURCES PRINCIPALES DES DOCUMENTS HISTORIQUES.
I. BiBUO-mÈQCES.–Presque toutes les bibliothèques publiques
contiennent des manuscrits qui ont rapport à l'histoire de France.
Un grand nombre de cartulaires y ont été déposés, et personne
n'ignore de quelle utilité sont ces documents pour l'histoire civile
et ecclésiastique aussi bien que pour la géographie du moyen âge.
Les correspondants doivent envoyer au comité l'analyse de tous
les cartulaires que renferment les bibliothèques publiques. Ils
prendront pour modèle le catalogue des cartulaires conservés
dans les archives départementales qui a été publié par le minis-
tère de l'intérieurs. Les correspondants auront soin, en dépouil-
lant les cartulaires, de s'assurer si les chartes dont ils transmettent
l'indication au comité sont inédites, et d'avertir le comité que
Ces instructions ont été rédigées par M. Chéruel, membre du comité.
vol. in-4". Paris, 1847.
2
6
cette vérirication a été faite. C'est une précaution qu'ils doivent
prendre pour toutes les pièces dont ils enverront l'analyse ou la
transcription. La Bibliothèque historique de Leiong et Fontette
les Bibliothèques de Fabricius et de Casimir Oudin 3, ainsi que
l'Histoire littéraire de la France, le Gallia christiana 5, le Recueil
des historiens des Gaules et de la France 6, et les Monumenla Ger-
manice historica, publiés par M. Pertz7, leur fourniront presque
toujours les renseignements indispensables. Il serait également
utile de consulter les collections où les Bénédictins et d'autres
érudits ont réuni tant de pièces diverses; telles que le Spicilegium
de d'Achery8, les ~~ttœ lectiones de Canislus", Mm~tMtma
collectio 10 et le Thesaurus anM~oforum~ de Martène et Durand,
le Thesaurus anecdotorum novissimus de Bernard Pez~, les Ana-
lecla de Mabillon la Nova bibliotheca man.uscripiorum de Lanbe~,
Leion" BtM'of~utor~M de la France. Paris, 1719, 1 vol. m-f. Une
nouvelle édition, beaucoup plus compote, a été donnée par Fevret de Fontette.
Paris, 1768-1778, 5 vol. in-f.
Bi~totA~a latina m<'d~ et ~m~ latinitatis cum supplemento Christiani
&A~<t«n[;, et notis Dominici JMaMH. Padoue, 1754, 6 vol. in-4".
CommentartM scriptoribus ~ck. anliquis, illorumque scriptis adhuc ex-
tantibus in celebrioribus Euro~ bibliothecis, «c. Francfort et Leipsig, .7~.
3 vol. in-f°. j~ n
~totre littéraire de la France par les Bénédictins de Saint-Maur. Paris, 1733-
1763, 12 2 vot. in-4°. Cet ouvrage est continué par l'Institut, qui a publié 10 vo-
lumes; le dernier porte la date de i852.
Gallia christiana mprMMcia! ecc~t~tica~ distributa. Paris, 1715-1700,
i3 vol. In-f°.
Bernm~aMcarum et/ranctearunt scriptores. Paris, t738-t8Ao, vol. I-XX,
in-fo.
Monumenta Gfrman~ ;.Mf.rica. Hanovre, 1826-1852, voi.I-XXM. in~.
D Luc d'Achery, Spicilegium <tM collectio tetemm aliquot scriptorum, 1" édit.
Paris, 1653-1677, 13 vol. in- nouvelle édition donnée par de la Barre, en
3 vol. in-f', Paris, t723. ~j.
9 ~nti<7M. lectioncs, i" édit., tngolstadt..6o.6o8, 6 voL m-4 2' édit.
donnée par Basnage sous le titre de T~MrM mon~ntoram ecelesiasticoram,
Anvers, 1735, 7 parties réunies en 4 ou 5 vol. in-f.
~krMm~cr~torumamp~tmacoHMtM. Paris, i724-)7-).t, ovot.in-i.
"7'~aurMSMt)asaMcaoforttm.Pans,t7i7,5voLm-f°.
Thesaurus anecdotorum novissimus seu ~tcr~ monumentoruni collectio recen-
(~;n.f<.Augsbourg.t7~-i7S9,6voI.in-f.
~t.r~cf~ édit. Paris, i675-.685, AvoL m-8°; édit., donnée
par de la Barre, 1 vol. in-f°. Paris, 1723. ,<
.Vot-a bibliotheca manMcn/)ff)rt;m librorum. Paris, i653.. 1 vol. tn-4 et
7
les Miscellanées de Baluze 1, les Collections des concïles 2, les
Tables de Bréquigny~, les diverses Bibliothèques des P~re~ la
Collection des Bollandistes 5, les Vies des saints de l'ordre de saint
Benoît etc. Parmi les ouvrages récents, nous recommanderons,
<entre beaucoup d'autres, quelques-unes des savantes publications
du cardinal Angelo MaF, ainsique la collection des Monuments
pour servir à l'histo.ire des provinces de Namur, de Hainaut et de
Luxembourg s. A défaut de ces ouvrages, les correspondants ont
au moins à leur disposition les histoires locales, où ils peuvent,
presque toujours, faire la vérification qui leur est demandée~.
t657, 2 vol.in-f°. Ces deux ouvrages n'ont de commun que le titre; le pre-
mier est un inventaire de manuscrits et le second un recueil de documents
'inédits.
Miscellanea, i"éuit. Paris, 1678-1715, 7 voL in-S", 3' édit. donnée par
Mansi, avec de nombreuses additions, Lucques, t~ë)- 4 vol. in-f'
CoftCiitorttBt omnium qen~ra~KfneiproBtnoa~'umco~cttor~tft, Paris, 1644,
37 vol. in-f°; Labbe et Cossart,&fcroM)tefttconc[!:a,Paris, 1672, i8vol.in-f°;
Balme, Cone~torttm nova collectio, Paris, 1683, t vol. in-f°; Mansi, Supplemen-
.tttm ad collectionem conciliorum, Lucques, i748-<752, 6 vol. In-f; du même,
Sacrorum concHtomm nova et amplissima collectio, Fiorence et Venise, '759-
1700, 3t voLin-f°;SIrmond, Cottc~ttantt~ftGftMs!, Paris, t62Q, 3 vol. in-f°,
avec un supplément par de Laiande, Paris, t666, in-f°.
Tatk chronologique des dt'n~omes, cAar<< titres et actes imprimés concernant
l'histoire de France. Paris, .769-1850, 6 vol.m-f. 1) fautajouter à cette collec-
tion ceUe des Diplomata, ctarta-~ e/)[s<o! leges, aliaque instrumenta ad rfs gallo.
/r<me:efM ~eef<t)ttt<t, réédités et complétés par M. Pardessus. Paris, 17~3-17~9,
2 vo).in-f°.
Sacra ~~Ho~tMa SS. Patrum, Paris, i589, 9 voL in-f°; Magna bibliotheca
Patrum, Cologne, i6i8-t622, i5 tom. in-f°; Maxima !.ttHo~ca M;t. Pafrum,
Lyon, 1677. 27 vol. in-f° Andr. GaUandii, Bt6ffotA.Mtt.PatrHm, Venise, 1765,
i4 vol. in-f°. Ces trois collections renferment beaucoup de documents relatifs à
l'histoire du moyen âge.
5 Acta Sanctorum, quotquot Mo or~cohniMr. Anvers etBruxeUes, t643-t852,
55 5 vol. in-f'.
° Acta SS. ordinis S. ~nedMtt in Mcu!ornn! classes dutrttKftt. Paris, 1668-
1702, 9 vol. inLf°. Cet ouvrage est complété par ies Annales ordf'nu S. Benedicti.
Paris, 1733-1730. 6 voLin-f°.
Clussici auctores e Valicanis codicibus <'(M. Rome, 1828-1838, 10 vol. in-8*;
&)!Ct~<;iumfom<utum,Rome, i838-i814, iovoLin-8°.
s Monuments pour servir à l'histoire des ~roctncM de Namur, etc., publiés par
le baron de Reiffenberg. Bruxelles, 1844-'8~8, 4 vol. in-8°.
9 Les correspondants pourront encore consulter les Notices et extraits des ma-
nuscrits, Paris, 1787-1851,17 vol. in-4° les Ordonnances des rois de France de la
(roi~merace, Paris, t723-t84q, vol. in-f°;Dumoct, Corps HntMMeifi~~ma-
2.
¿
8
La plupart des bibliothèques publiques contiennent aussi des
chroniques et des mémoires manuscrits. Ces manuscrits ne sont
pas toujours anciens; ce sont souvent des copies de chartes, des
journaux, des recueils d'anecdotes, écrits par quelque ecclésias-
tique ou par quelque amateur patient et laborieux. Ces ouvrages. 1
quelle que soit leur date, n'en ont pas moins leur prix. Tout est
à consulter, tout est à recueillir en ce genre les correspondants
devront transmettre au comité l'indication et l'analyse de ces ma-
nuscrits. Sans doute les bibliothèques ne fourniront pas toutes,
comme celle de Clermont, des journaux écrits par un Fléchier;
mais partout il se trouvera quelques matériaux plus ou moins
incomplets, qu'il importera de réunir. Dans le cas où les corres-
pondants ne pourraient s'assurer si ces chroniques ou mémoires
manuscrits sont inédits, ils devraient envoyer au comité la copie
des premières et dernières lignes de l'ouvrage. Ils auront encore
à rechercher et à indiquer au comité les lettres d'ambassadeurs et
d'autres personnages historiques conservées dans les bibliothèques
des départements. Les lettres des savants, des écrivains et des ar-
tistes doivent également être signalées. H importe que tous ces
documents soient connus, et que le comité soit informé des ren-
seignements nouveaux qu'ils pourraient fournir pour l'histoire de
France.
5 IL ÂRCmvES. Les archives publiques sont de tous les dé-
pôts ceux où les correspondants trouveront les documents Inédits
les plus nombreux et les plus intéressants. On peut les diviser
en archives ecclésiastiques, archives civiles ou politiques et ar-
chives judiciaires.
tique, Amsterdam, i~ô-i~St, 8 vol. in-f'; Rymer, FŒdfra,<;ont)cn;;onM,e;e.,
Londres, t~o/t-t~, 20 vol. in-f'; Eckhart,CorpMAutoneiimnMt!itŒf~Leip-
sig, 1723, 2 vol. !n-f°; Ludwig, Mf~'a' manuscri.ptorum, etc., Francf. et Leips.,
t~so-i~t, t2 vol. in-8"; Archiv der GM~bcna~ /ur altere deutsche GMcAtcA~-
~unJe (Archives de la société pour l'étude de l'ancienne histoire d'Allemagne); ce re-
cueil, publié par M. G.-H. Pertz (Hanovre, 1820-1852, voL I-X, in-8"), contient
beaucoup de documents relatifs à l'Histoire de France. Les correspondants trou-
veront dans l'/iHnumre de la société de l'histoire de France, pour i83'7. une bi-
bliographie de l'Histoire de France rédigée avec beaucoup de soin par M. Jules
Desnoyers. Les tables des ~r~ cites dans les tomes XVIII, XX, XXI et XXII de
l'Histoire littéraire de la France seront aussi très-utiles à consulter. Il suffit de
citer les noms des éditeurs pour inspirer une entière confiance. La première de
ces tables a été rédigée par M. Daunou et les trois autres par M. J.-V. le Clerc.
9
Archives ecclésiastiques.-Dans la première catégorie, outre les
cartulaires, dont nous avons déjà parlé, nous signalerons aux cor-
respondants les Registres capitulaires. Ces documents remontent
ordinairement jusqu'aux xin" et xiv" siècles, et présentent une série
d'annales ecclésiastiques d'un grand intérêt. Ils peuvent servir n
compléter ou à rectifier le Gallia christiana. Souvent même l'his-
toire politique y trouve d'utiles renseignements, tels que des
lettres de rois, de princes ou gouverneurs adressées aux chapitres;
les instructions données par le clergé aux députés qu'il envoyait t
aux états généraux ou aux états provinciaux; les détails de la ré-
ception des princes dans les églises cathédrales, et le récit des ce
rémonies qui s'y sont accomplies. Ainsi les registres capitulaires de
la cathédrale de Rouen contiennent les renseignements les plus
complets sur le couronnement de Charles, frère de Louis XI,
comme duc de Normandie en t.~65, sur le serment qui lui fut
imposé, et sur les cérémonies religieuses qui accompagnèrent
cette investiture solennelle. L'inventaire des bibliothèques capi-,
tulaires, les règlements auxquels elles étaient soumises au moyen
âge, le prix des livres; les dépenses faites pour la construction ou
l'entretien des cathédrales; et bien d'autres renseignements pré-
cieux pour l'histoire des mœurs et des institutions de l'ancienne
France, font désirer que ces registres capitulaires soient complé-
tement dépouillés. Dans plusieurs diocèses ils ont été remis au
secrétariat de l'évêché. Les correspondants obtiendront facilement
l'autorisation de les y consulter et d'en extraire les documents
qui Intéressent l'histoire de France.
Les Obituaires des cathédrales et des grands monastères doivent
aussi être étudiés attentivement. Ils renferment des indications bio-
graphiques intéressantes, non-seulement sur les évêques et les di-
gnitaires ecclésiastiques séculiers et réguliers, mais encore sur les
bienfaiteurs des églises et des monastères, et sur les artistes qui
ont présidé à la construction ou à l'ornementation des édifices.
Les Registres des o~tc: diocésaines fourniront des détails utiles
sur les mœurs et les institutions du moyen âge. Les Pouillés ou
registres des bénéHces ecclésiastiques sont importants à consulter
pour la topographie de l'ancienne France. On y trouve, en effet,
le dénombrement des paroisses, des chapelles, des hôpitaux, des
bénéfices ecclésiastiques séculiers et réguliers sous leurs noms an-
ciens, et dans un ordre méthodique. Les correspondants devront
–10–
indiquer la date probable de la rédaction de ces pouitlés, faire con-
naître si les noms de lieux sont en iatin et diffèrent de la forme
actuelle, si ces registres contiennent les noms des patrons et des
collateurs, le revenu de la taxe, le nombre des communiants, etc.
Ces renseignements seront utiles pour préparer une géographie de
la France au moyen âge. Les Calendriers ecclésiastiques, qui sont
annexés à des missels, à des chroniques et à d'autres manuscrits,
peuvent servir à déterminer l'époque de l'inscription des saints
au martyrologe. Enfin, le comité recommande aux correspondants
les Registres des visites pastorales que les évéques ont quelquefois
fait rédiger. On y trouve les documents les plus authentiques sur
la situation morale et politique du clergé aux diverses époques
de notre histoire.
Archives civiles. Quant aux archives civiles, nous nous bor-
nerons à signaler, au milieu des nombreuses pièces qu'elles ren-
ferment, les lettres adressées par les rois, princes et gouverneurs
aux bailliages et aux villes, les registres contenant les délibérations
des hôtels de ville et échevinages, les procès-verbaux des assem-
blées de bourgeois, les comptes des receveurs du domaine et des
percepteurs des divers impôts, les aveux rendus par les posses-
seurs de fiefs, les Mémoriaux des chambres des comptes, et sur-
tout la correspondance des intendants avec les ministres. Quelques
mots suffiront pour indiquer le choix à faire entre ces documents.
Les lettres des rois, princes et gouverneurs sont quelquefois des
circulaires sans intérêt, destinées à annoncer une bataille, la nais-
sance ou la mort d'un prince, ou tout autre événement de cette
nature. Mais, à côté de ces lettres le plus souvent insignifiantes,
il s'en trouve qui ont un caractère original ou qui présentent des
détails historiques intéressants. Les correspondants doivent en
transmettre l'indication au comité.
Le comité appelle aussi l'attention des correspondants sur les re-
gistres des délibérations des hôtels de ville. Ces registres contien-
nent presque toujours une histoire complète des municipalités; on
y trouve des relations faites par les échevins, lorsqu'ils sortaient
de charge, sur les événements qui avaient signalé leur administra-
tion et des comptes rendus par les députés que les villes avaient
envoyés aux états généraux. De pareils documents n'intéressent
pas seulement l'histoire locale. Les Registres des délibérations de
f'tJt<~ de ville de Paris pendant la Frond~, publiés par la Société
J~
de l'histoire de France~, ont jeté une nouvelle lumière sur cette
époque, et prouvé que la bourgeoisie, bien loin d'avoir participé,
comme on l'a prétendu, aux intrigues des grands et des parle-
ments, y avait courageusement résisté. L'histoire générale de la
France y a gagné un renseignement précieux et authentique.
Les Mémoriaux des chambres des comptes, qui ont été souvent
réunis aux archives civiles, fourniront encore d'utiles documents.
Ils contiennent, entre autres, les lettres de noblesse et les dona-
tions accordées par les rois. La Société des antiquaires de Norman-
die a rendu un véritable service à l'histoire en faisant publier à ses
frais l'analyse des Mémoriaux de la chambre des comptes de Norman-
die. Il serait à souhaiter qu'un pareil travail fût exécuté pour toutes
les anciennes provinces.
On trouve aussi, dans les archives civiles, des procès-verbaux
d'états provinciaux. Rien ne serait plus utile qu'un inventaire com-
plet de ces documents pour préparer une histoire encore à faire
des états provinciaux de la France. Personne n'ignore qu'aux xiv'
et xv" siècles, les états provinciaux ne se soumettaient pas toujours
aux décisions des états généraux. Les états de Normandie, entre
autres, résistèrent à la perception d'un impôt voté par l'assemblée
de i35i. L'étude et le dépouillement des cahiers des états pro-
vinciaux auraient donc un intérêt réel pour l'histoire générale de
la France.
A ces diverses catégories de documents que contiennent les
archives civiles, il faut ajouter une correspondance dont jusqu'ici
on n'a tiré presque aucun parti, et qui servira à faire connaître
l'administration monarchique des deux derniers siècles. Les in-
tendants, institués par Richelieu, maintenus et affermis par
Louis XIV, ont été les instruments les plus actifs de la puissance
centrale dans les diverses parties de la France. La correspondance
des ministres avec ces fonctionnaires existe dans les archives des
départements. C'est là surtout qu'on peut suivre le travail inces-
sant de l'administration monarchique pour transformer la France,
annuler les droits féodaux, les libertés municipales et les fran-
chises ecclésiastiques, et en même temps développer l'industrie.
améliorer les finances, ouvrir des routes, creuser des canaux,
réformer les universités et le clergé. La publication de la Corres-
Registres de !'AOte: deville de Paris /jcn(!fM<h Frot~f. Paris, i846-<848,
3 vol. in-8'.
12
panclance administrative de Louis ~/F a déjà fourni d'utiles rensei-
gnements pour l'histoire de ce règne; et cependant elle se com-
pose principalement de lettres adressées par les intendants aux
ministres de Louis XIV, tandis que les archives des intendances
contiennent les dépêches mêmes des Colbert, desLouvois, et
d'autres personnages illustres des xvn° et xviii' siècles, dont l'ad-
ministration n'est encore qu'incomplétement connue. Cette partie
des archives départementales a été beaucoup trop négligée. Les
correspondants y trouveront la matière de communications aussi
neuves qu'intéressantes.
Archives judiciaires. Les Archives judiciaires renferment les
registres des anciennes juridictions seigneuriales et royales. Elles
ont presque toujours été conservées avec soin par les fonction-
naires chargés des greffes; mais il s'en faut de beaucoup que l'his-
toire en ait profité comme elle l'aurait dû. On est étonné que les
archives des parlements soient ainsi oubliées, quand on se rappelle
que ces tribunaux joignaient l'autorité politique à l'autorité judi-
ciaire, et que leurs registres contiennent l'histoire la plus complète
et la plus exacte des provinces depuis le xvi" siècle jusqu'à la fin
du xv)ii'. L'exemple de M. Floquet, qui a tiré des registres du
parlement de Normandie l'histoire de cette province pendant les
trois derniers siècles, n'a eu que bien peu d'imitateurs. Les corres-
pondants doivent s'occuper immédiatement et avec persévérance
du dépouillement de ces archives. L'analyse complète des registres
parlementaires comblerait une des lacunes de l'histoire de France.
Comment, en enet, retracer les troubles religieux du xvie siècle, les
agitations et les intrigues de la première moitié du xvn'' com-
ment exposer les résistances provinciales à l'influence adminis-
trative qui a transformé la France, si l'on ne connaît l'histoire de
ces puissantes corporations judiciaires, qui furent d'abord un utile
auxiliaire et plus tard un obstacle redoutable pour la royauté?
Archives et bibliothèques particulières. Nous n'insisterons pas
sur les archives et les bibliothèques particulières, On ne doit ce-
pendant pas oublier que beaucoup de familles ont conservé des
papiers terriers et des correspondances historiques. Des lettres de
Henri IV, de Vauban, de Catinat ont été retrouvées dans des ar-
chives et des bibliothèques particulières. Combien d'autres trésors
/7<iio«-<'(~)a)~fnt de .f)rma;t[<;f. Rouen. tS3g-t84g, i yot. in-8".
–13–
3
y sont enfouis et exposés à des causes incessantes de destruction
Le comité ne saurait trop vivement engager les correspondants à
s'enquérir des documents historiques que contiennent ces dépôts,
et à lui en transmettre des copies ou du moins une analyse dé-
taillée.
IL
INDICATIONS Qt)! DOIVENT ACCOMPAGNER LES COPIES TRANSMISES
PAR LES CORRESPONDANTS.
Les correspondants doivent donner au comité les indications
paléographiques qui déterminent l'âge, l'authenticité et le carac-
tère des pièces communiquées. Ils trouveront dans le savant ou-
vrage que M. N. de Waiily a intitulé Essais de paléographie 1 tous
les renseignements nécessaires pour rendre leurs notes paléogra-
phiques précises et complètes.
Ils doivent indiquer si l'ouvrage est écrit sur papier de coton
ou de chiffe, sur parchemin ou sur papyrus d'Égypte. Si le ma-
nuscrit paraît fort ancien, ils en donneront un fac-simile. Dans
le cas où le manuscrit ne serait pas daté, on examinera si les
raies sur lesquelles s'appuient les lignes d'écriture sont tracées à
la pointe sèche (avant 1200), au plomb (du xr' au xn'" siècle)
ou en rouge (du x:v'' au xve siècle); si les simples sont accen-
tués (après 1200), ou pointés (après l~oo); sil'uest surmonté
d'un ou plusieurs accents aigus (du x" au xn° siècle); si les mots
sont séparés entre eux ou non; si l'a; est formé d'un a el d'un e
conjoints (avant 1200), ou d'un e simple (du xm" au xve siècle),
ou d'un e avec cédille (avant 1100); si les chiffres sont arabes
(après 1200); à quelle distance les signatures des cahiers (si
toutefois il y a des signatures) sont placées au-dessous de la ligne
inférieure.
Pour les chartes, on aura soin d'indiquer si elles ont des sceaux;
si les sceaux sont plaqués ou pendants; s'ils sont ronds ou ovales,
en cire ou en pâte blanchâtre, verte ou rouge; si les attaches sont
en soie ou en parchemin.
H ne faudra jamais s'en rapporter uniquement au titre des ma-
nuscrits, ni à la table des matières; mais chaque manuscrit doit
être parcouru pièce par pièce, feuille par feuille, page par page.
Publié dans la collection des Documents inédits relatifs A l'histoire de Fr~cc,
s vol. ïn-4"~
–M–
On regardera avec attention les feuilles volantes, ia reliure, les
marges et les notes diverses qui peuvent avoir été ajoutées au com-
mencement, à la fin ou dans le courant de l'ouvrage. Relativement
Aux collections de pièces, on distinguera les pièces détachées de
celles qui sont inscrites sur des registres suivis.
Les dissertations, introductions historiques, morceaux interca-
lés pour relier des extraits de pièces, en un mot les travaux person-
nels, de quelque nature qu'ils soient, ne rentrent pas dans le cadre
des renseignements que demande le comité. Des notes courtes et
substantielles, portant principalement sur des noms de personnes
ou de lieux et sur des usages locaux, devront seules accompagner
les copies qui lui seront transmises.