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L'Acropole d'Athènes, par Louis Delatre

De
15 pages
les principaux libraires (Paris). 1853. In-8° , 15 p..
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L'ACROPOLE
D'ATHENES,
P.\R
LOUIS DELATRE.
-^0
PARIS.
CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRE*.
1853
morceau a été écrit, en 1847, a Athènes même. Ce qui a décidé l'auteur
.e publier, c'est que l'Académie Française a choisi l'Acropole pour sujet d'un
de ses concours. Il n'y a, d'ailleurs, rien de commun entre le plan tracé par
l'Académie et celui du morceau suivant.
,..
ici
7 mai 185:! Ù
L'ACROPOLE f MHS.
Fille de Jupiter, c'est aujourd'hui ta fête.
Déjà l'aube a semé ses roses sur le faîte
Du temple où les géants sentent ton bras vainqueur,
Et dont le marbre, ô vierge, est pur comme ton cœur !
Et la brise, quittant sa couche d'asphodèles,
Secouant la rosée éparse sur ses aîles,
Répète au loin : CI Voici le jour sublime «t doux, ,
Ruisseaux, forêts, côteaux, vallons, réveillez-vous! »
Et les fleurs que caresse et berce le Zéphire, -
Entr'ouvrant leur corolle, avec un doux sourire,
Raniment à sa voix l'éclat de leurs couleurs,
Et les gais papillons dansent autour des fleurs.
La ville de Cécrops, du monde la merveille,
Athènes, qui l'entend, à son tour se réveille.
De l'Attique, déjà les dèmes assemblés,
Se pressent dans ses murs, nombreux comme les blés
4
Que Jupiter arrose et que Cérès protége;
Et déjà la trompette annonce le cortège.
Voici les cavaliers et leurs coursiers fumants,
Qui sous le pied dompteur se courbent écumants,
Comme on voit sous le choc de la trirème aîlée,
Blanchir et se cabrer la vague échevelée.
Fiers hoplites, salut! De la cité des arts, -
Vos intrépides cœurs sont les meilleurs remparts.
Vieillards de Marathon, héros nés sous le chaume,
D'un parfum de vertu sur vos pas l'air s'embaume.
Dans votre noble main, un rameau d'olivier,
Tout paré de ses fruits, semble nous convier
A goûter les douceurs que la paix seule enfante,
Et qu'étouffe en leur fleur la guerre triomphante.
Jeunes gens qui serez, vous aussi, des guerriers,
J'aime à voir vos fronts ceints d'héroïques lauriers.
Jeunes filles portant des urnes sur la tête,
Pour vous, ce jour paisible est un jour de conquête ;
Et vos chastes regards, qu'en vain vous détournez,
Entraînent après eux mille cœurs enchaînés.
Mais voici le navire inventé par Minerve,
Et que dans son trésor un soin pieux conserve.
La harpe, la cithare aux accords tout puissants,
La lyre aux sons plaintifs, la flûte aux clairs accents,
Retentissent autour du char où se déploie
Le rpystique peplum tissé d'or et de soie.
L'aiguille industrieuse a, sur ses plis flottants,
Représenté Pallas qui dompte les Titans ;
De Phlégra tout meurtris ils jonchent les campagnes,
Ensevelis viyants sous ces mêmes montagnes
Dont ils voulaient se faire une superbe tour
Pour monter à l'assaut du céleste séjour.
Et la foule, de joie et de respect saisie,
T'offre., ô Pallas, ses vœux plus doux que l'ambroisie ;
5
Et, d'une voix pareille au bruit de l'Océan
Jette aux échos du ciel ton glorieux péan :
« Comme une jeune fleur s'abrite sous sa feuille,
Sous ton égide sainte Athènes se recueille,
0 sagesse éternelle 1 ô Minerve 1 Tes yeux
Brillent du même éclat que le parvis des cieux.
L'oiseau qui suit tes pas marque ta vigilance.
Pour terrasser rerreur, ta main porte une lance ;
Dès que sa pointe luit, la tyrannie a peur;
La fraude se dissipe ainsi qu'une vapeur;
,L'imposture en tremblant laisse tomber son masque !
La poésie a mis ses ailes à ton casque,
Car ta mâle pensée, aussi libre que l'air,
Plane dans l'infini, rivale de l'éclair.
Tu changeas en jardins les landes infertiles
Où régnaient la Gorgone et ses hideux reptiles ;
Tu fis de leur repaire un sol hospitalier,
Et leur dépouille horrible orna ton bouclier.
Pour sillonner les mers, tu façonnas la proue;
Pour rapprocher les lieux tu fis tourner la roue ;
Le navire et le char nous prirent sur leur dos,
Et, dociles porteurs, traînèrent nos fardeaux.
Le pénible labeur, qui nous coûtait des larmes,
Sanctifié par toi, nous parut plein de charmes;
Tu fis du besoin même un maître ingénieux, --
Et du roseau flexible un chantre harmonieux.
Dans les mains de la femme et de la jeune fille,
Tu plaças la navette et la légère aiguille ;
C'est toi qui, recueillant la neige des brebis,
La livras au fuseau qui file nos habits.
Mère de nos cités, c'est toi qui, la première,
Convertis en palais la rustique chaumière ;
C'est toi qui, maniant le ciseau studieux,
L'instruisis à créer les héros et les dieux.

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