Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

L'anniversaire, ou la France au 21 janvier 1825. Dithyrambe

42 pages
impr. de Firmin Didot (Paris). 1825. In-8°. Pièce cartonnée.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

L'ANNIVERSAIRE.
ôiv
J^Za> <^?wzce<oea 2/ <LSCV)wi&r /S2S,
DITHYRAMBE.
Prix : a Fr.
DE L'IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT,
_. " IMPRIMEUR DU ROI ET DE 1,'llISTITUT , RUE JACOB,-H 1; 24.
\ eseiotes
MDCCCXXT.
L'ANNIVERSAIRE.
OU/
Ji^i S^wmce au 2* *ycwwù&r s#2â.
DITHYRAMBE.
J.iin satis terns m vis atque dira?
Grandims misit Pater, et rubcnte
Dexicià saciasjaculutus orces,
Tel mît Uibem
Le ciel, assez long-temps, dècliainant son eourroti*,
Nous a frappés des plus terribles coups.
Et, sur la terre,
Son bras, «««et long-temps, a lancé le tonnerre
(Hou OD 7, liv ] )
y£\
Part**,
DE L'IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT,
IMPRIMEUR DU ROI ET DE i/lNSTITUT, RUE JACOB, Nft 24.
setist»«
MDCCCXXT.
HOMMAGE
Au Roi
ET ^
PAR UN ANCIEN
VOLONTAIRE ROYAL.
£'2lnnivev*ii\ve.
A.v pied des saints autels prosternez-vous, Français!
Du plus horrible des forfaits
S'il faut que, sans retour, l'Histoire vengeresse
Transmette à vos neveux l'effrayant souvenir,
Du moins, léguez aussi, léguez à l'avenir
Et les douleurs de la tendresse,
Et les regrets de la faiblesse,
Et les larmes du repentir !
Espère, ôuna Patrie,
Espère tout des pleurs que tu verses encor;
Le ciel n'est jamais sourd à la voix qui le prie;
Jamais il ne se ferme aux accents du remord !
(4)
Déjà, présage heureux des temps de sa clémence,
Vois au fond de nos coeurs renaître l'espérance;
Parmi tous les Français vois renaître l'accord;
Et, pour combler nos voeux, pour fixer notre sort,
Vois se lever enfin, sur la terre attendrie,
L'aurore des beaux jours dont sa bonté chérie
Nous gardait le trésor.
Hélas ! assez de maux ont pesé sur la France,
Au sortir de ces jours de désordre et d'effroi
Où, comme un noir torrent, l'homicide licence
Entraîna tour à tour dans un abîme immense
*
Les Français et leur Roi.
Entendez-vous ces cris d'horreur et d'épouvante!
Quels sont ces mots que ta folie enfante,
Peuple! où cours-tu?
Tu veux la liberté! Si son charme t'enchante,
Viens, cueillons sans efforts les fruits qu'elle présente :
La liberté, c'est la vertu !
Sois vertueux, tu seras libre !
Mais, que dis-je? un transport affreux,
( 5)
Parmi tous les Français, égarés dans leurs voeux,
De l'esprit et du coeur a rompu l'équilibre :
Ils veulent être heureux;
Et des dissensions le fantôme hideux
Est par eux évoqué des rivages du Tibre.
Rome n'est plus clans Rome, elle est toute en nos murs;
Et, dans un nouveau Capitole,
Redressant son antique idole,
On la fait encenser par des Rrutus impurs!
Oui ! de la liberté romaine
L'illustre fondateur,
Quand il constitua Rome républicaine,
Arrachait à sa chaîne
Un peuple gémissant sous uu prince oppresseur :
Mais vous, vous qui d'un règne auguste
Parlez d'interrompre le cours;
Vous qui d'un Roi toujours bon, toujours juste,
Empoisonnez les jours;
Direz-vous que la France appelle 'sur ses Princes
Un bras vengeur de l'abus du pouvoir?
Avez-vous entendu, du fond de nos provinces,
Les cris du désespoir
Accuser de Louis l'empire tyrannique ?
(G)
Partisans de la république,
Vous consultez vos goûts et non pas nos besoins !
Cessez donc, oui, cessez, dans votre zèle inique,
De nous vanter vos soins;
Et laissez aux Bourbons, à leur sang héroïque,
D'être, de la félicité publique,
Et les auteurs et les témoins !
Mais, c'est en vain que l'honneur les rappelle ;
Us osent tout oser sous la toge nouvelle
Dont ils ont recouvert leur infidélité :
« Liberté ! liberté ! »
Et, sous leurs étendards rangeant la multitude,
Tromper est leur espoir, séduire est leur étude.
Liberté ! liberté !
Voilà notre divinité,
Répétait chaque jour une foule ignorante;
Gage heureux de tendresse et de félicité,
Elle répond enfin à notre longue attente
L'heure de la fraternité!
Et, chaque jour, une page sanglante
Offrait, au monde épouvanté,
Les décrets des bourreaux dont la férocité
Insultait froidement l'humanité tremblante.
( 7)
Liberté! liberté!
S'écriaient-ils dans leur sombre allégresse,
Ces êtres si jaloux d'exhausser leur bassesse;
Et, de ce nom mille fois répété,
Profanant sans pudeur la magique beauté,
Ils en électrisaient une ardente jeunesse :
Mais l'homme impartial
Pénétrait dans ses plis leur génie infernal;
Et de mille tyrans la rage obéissante
Semblait dire aux Français : « Regardez-la croissante,
« La liberté du Mal ! »
Liberté! liberté! redisaient-ils sans cesse,
Et jusqu'au pied des échafauds !
Insensés! quel démon, prolongeant votre ivresse,
Vous pousse à des excès nouveaux?
Eh quoi! dans sa bonté, dans sa tendresse extrême,
Mettant le comble à ses faveurs,
Votre Roi vous offre lui-même
La liberté "qui convient aux grands coeurs !
Des élans généreux d'un siècle magnanime
Louis veut être le soutien ;
Et, dans le zèle qui l'anime,
Il vient vous accorder, comme un droit légitime,
Laliberté du Bien!
(8 )
« La liberté du bien ! quelle est cette chimère
« Dont on voudrait saisir notre crédulité ?
« La liberté du bien! non, pour nous satisfaire;
« Sans limite, sans frein, donnez la liberté:
« C'est ainsi seulement qu'elle pourra nous plaire !
« Et malheur aux tyrans
« Qui, s'obstinant à méconnaître
« L'égalité des rangs,
« Voudraient encor nous imposer un maître ! »
Ils ont ainsi parlé ces insolents mortels
Qui, pour nous asservir à leurs sanglants autels,
De la philanthropie affectaient le langage !
Ils ont ainsi parlé bientôt, plus criminels,
Us ont grossi dans l'ombre un sacrilège orage ;
Et, de leurs noirs complots s'assurant l'avantage,
Us ont livré l'autel, et le trône, et les lois,
Aux lâches ennemis des vertus et des rois.
Soudain vous eussiez vu leurs phalanges cruelles
Attaquer à la fois et la terre et les cieux;
Vous eussiez vu ces outrageux rebelles,
Levant leurs fronts audacieux,
Annoncer hautement les plus horribl»s voeux;
. (9) -
Et, de leurs fureurs solennelles
Effrayant leurs concitoyens,
De la société, tremblante devant elles,
Briser tous les liens.
Mais qu'entends-je ? un cri lamentable
Vient frapper tout à coup mon oreille et mon coeur!
Aux chants de la démence, aux voix de la fureur
Succède par degrés un silence effroyable
De la stupeur publique inquiets et surpris,
Une invincible horreur a glacé mes esprits
Semblable au matelot qui sait que la tempête
Par un calme sinistre avance sur sa tête,
Des maux que je pressens je cherche à m'assurer:
J'interroge, on se tait j'approche, on se retire
O vous tous qui voyez ma peine et mon martyre,
Du salut de l'état s'il faut désespérer,
Apprenez-moi du moins sur qui je dois pleurer !
O ciel! faut-il le croire?
Jusqu'à ce point le crime a triomphé!
Cruels! vous l'avez donc cette infâme victoire?
Et le sang du Juste est versé ! ! !
Il est versé! Noble et sainte Victime,
(io)_
Déjà, du haut des cieux,
Pour te venger des auteurs de ce crime,
Tu vas prier pour eux :
Mais le ciel doit frapper pour instruire la terre ;
Il se doit à lui-même un exemple sévère ;
Et contre nous l'arrêt est prononcé :
« Allez, dit le Seigneur à ses anges fidèles,
« Allez, et du Très-Haut justement offensé
« Annoncez le courroux aux nations rebelles ;
« Allez, qu'on reconnaisse à mes rigueurs nouvelles
« Que le sang du Juste est versé ! »
Il est versé! quel farouche délire,
Monstres ! s'est emparé de vous?
Précipitant leurs coups,
Les voyez-vous sourire,
A l'aspect des terreurs que leur présence inspire,
Ces hommes odieux
Qui, dans le sang des hommes vertueux,
Espèrent étouffer le remords qui déchire
Leurs coeurs séditieux!
Voyez-vous ces morts, ce carnage!
Regardez quelle aveugle rage
Conduit sur le même échafaud
Et la victime et le bourreau!
L'une par l'autre renversées,
Mille factions insensées
Naissent, et meurent sans retour;
Et de ces idoles d'un jour
Échafaudant la destinée,
Une^populace effrénée
Les environne tour-à-tour
De sa haine ou de son amour !
Mais, quel spectacle sanguinaire!
Voyez donc, bravant nos mépris,
La fille dénoncer sa mère,
Et le fils inscrire son père
Sur une liste de proscrits!
Entendez cet homme farouche
A la mort, de sa propre bouche,
Condamner son malheureux fils!
Hélas! dans ces coeurs endurcis,
C'est vainement que la nature
Voudrait revendiquer ses droits;
Vainement la pitié murmure;
On n'en reconnaît plus les lois :
« Amour sacré de la patrie,
« Seul tu posséderas nos coeurs;
« Ecoutez sa voix qui nous crie :
( » )
«Périssent tous mes détracteurs! >•
Malheureux! sur vos coeurs coupables
Un voile épais s'est abaissé;
Contre vous le ciel courroucé,
En vous abandonnant à vos voeux exécrables,
Semble vous dire : « Annoncez, Misérables,
« Que le sang du Juste est versé! »
Il est versé ! déjà leur barbarie
Sous le couteau semble s'être aguerrie :
Bientôt, couronnant leurs forfaits,'
Et sans retour déchaînant l'anarchie,
Us ont enveloppé, sous un double cyprès,
Et la France et la monarchie ! ! !
Mais, ce n'est pas assez pour ces êtres pervers!
O douleur! plongé dans les fers,
Un jeune lis lentement se consume ;
Abreuvé de mépris, abreuvé d'amertume,
Il semble accuser l'univers !
Ah! par pitié, n'écrasez pas la tige,
Si vous voulez en abattre les fleurs;
Laissez-nous ce faible vestige
De ses primitives splendeurs!
Mais notre voix n'a pu se faire entendre;
( i3)
Leur bras ne s'est point abaissé :
Hélas! qu'en pouvions-nous attendre?
Le sang du Juste était versé!* —
Il est versé ! Viens, Démon des batailles,
Viens accomplir nos rigoureux destins ;
Viens, et du sein de nos murailles
Que tu foudroyas de tes mains,
A nos sanglantes funérailles
Appelle les peuples voisins :
Sous les dehors trompeurs de l'éclat de tes armes,
Va promener partout notre deuil et nos larmes :
Hélas! dans les transports de mille égarements,
De nos fougueux et longs emportements
Si nous avons scandalisé la terre,
Il faut bien que l'Europe entière
Soit le témoin de nos tourments!
En vain, sous un manteau de gloire,
Français, vous déguisez vos maux;
Sous les drapeaux de la victoire,
En vain au temple de mémoire
Vous marchez en héros ;
D'un souvenir amer la présence invincible ,
A vos triomphes les plus beaux
( i4)
Oppose incessamment son aiguillon terrible.
Poursuivez néanmoins, poursuivez vos exploits ;
A vingt peuples divers allez dicter des lois;
Soyez tous des Césars ; soyez tous des Alcides ;
Et, jusqu'au pied des Pyramides,
Frappez d'étonnement tous les siècles passés;
Que ces lauriers, dont vous êtes avides,
Sur vos fronts belliqueux s'élèvent entassés;
Toujours fiers, toujours intrépides,
Bravez tous les fléaux contre vous amassés;
Mais, des peuples vaincus ou s'imposant vos chaînes,
Des peuples même implorant vos bienfaits,
Redoutez, oui, redoutez les respects,
'Us cachent bien des haines!....
Et toi, toi qui verses leur sang,
Qui, nouveau potentat, prétends au premier rang;
Quel orgueilleux espoir vient abuser ton ame?
Du trône où tu t'assieds, et qu'un Bourbon réclame,
Penses-tu transporter à ta postérité
L'impérissable hérédité ?
En vain tu séduisis la terre
Par la splendeur de ta gloire guerrière;
En vain le Monde entier, prosterné devant toi,
Te salue en tremblant du titre de Grand-Roi;
( i5)
Les temps sont accomplis : bientôt tu vas connaître
Le terme où le souverain Maître
Nous affranchira tous des rigueurs de ta loil
C'est vainement encor que, sous sa main puissante,
Tu voudras raffermir ton pouvoir chancelant;
Devant sa volonté ta gloire pâlissante
Va déposer enfin son prestige brillant :
Et si la trahison, secondant ton délire,
Nous courbe de nouveau sous ton funeste empire,
Bientôt nous expîrons, au sein de la douleur,
L'oubli de la justice et l'oubli de l'honneur :
Mais toi-même, écrasé sous des foudres nouvelles,
Nous te verrons t'offrir à des chaînes cruelles ;
Et, jeté sur un roc au bout de l'univers,
Repassant de tes jours les accidents divers,
A l'aspect des tableaux que le passé déploie,
Tu frémiras d'horreur, ou d'orgueil, ou de joie :
Et lorsque sur ton front, abaissé pour jamais,
La mort, à tes lauriers, unira ses cyprès,
*
Affranchi sans retour de crainte et d'espérance,
Le monde apprécîra, sans amour, sans vengeance,
Ton immense génie, et les torts *et l'erreur
Où t'a plongé l'orgueil qui dévorait ton coeur :
Toujours juste, il dira qu'en toi l'on vit sans cesse

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin