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L'appel au peuple : pétition adressée à l'Assemblée nationale / par Jacques Bonhomme

De
9 pages
Lachaud (Paris). 1872. France -- 1870-1940 (3e République). 8 p. ; 21 cm.
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L'APPEL
AU PEUPLE
PÉTITION
ADRESSÉE A L'ASSEMBLEE NATIONALE
PAR
JACQUES BONHOMME
PARIS
LACHAUD, EDITEUR
Place du Théâtre-Fançais
1872
L'APPEL AU PEUPLE
PÉTITION
ADRESSÉE A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
MESSIEURS,
Un grand nombre de Français veulent clore la révo-
lution par un appel au peuple ; ils sont fatigués d'un
provisoire qui ne peut rien résoudre et aspirent aux
bienfaits d'un gouvernement régulier.
On entend dire, du haut de la tribune et dans les cer-
cles, on écrit chaque jour dans la presse qu'il faut laisser
la politique et s'occuper d'affaires; que tout bon citoyen
doit ajourner la solution des problèmes qui nous divisent,
— 2 —
et donner toute son activité à la réorganisation maté-
rielle du pays. Il faut, dit-on, relever nos finances, rendre
la prospérité à notre industrie et à notre commerce, ré-
conforter le moral de notre armée ; et ce n'est qu'après
ces utiles travaux qu'on pourra sans danger couronner
l'édifice et lui donner son nom définitif.
A notre avis, Messieurs, cette thèse si chère à beau-
coup d'honnêtes esprits n'est rien moins qu'un non-sens.
Il n'est jamais venu à la pensée d'un propriétaire intel-
ligent de mettre des meubles dans une maison inachevée,
pas plus qu'un ingénieur ne fabrique les rouages d'une
machine avant d'en avoir tracé le plan définitif ; si
l'homme d'État fait le contraire et viole, sans y prendre
garde, cette règle impérieuse du sens commun, il s'expose
à de graves mécomptes; toutes ses oeuvres seront frappées
de discrédit, et, pour avoir négligé les assises de son
monument, pour avoir tardé à s'expliquer sur la question
fondamentale de monarchie ou de république, il aura
mis au jour des lois tiraillées dans tous les sens par des
partis contraires, et que le public estimera provisoires,
comme le milieu qui fut leur berceau.
N'est-ce pas là le fait des lois sur le conseil d'État,
sur la magistrature, sur les conseils généraux et munici-
paux, sur le jury ? N'est-ce pas le sort qui attend les
lois sur la presse et sur le mode d'élection? Une oeuvre
faite dans ces conditions ne sera jamais qu'une marquet-
terie, et plus elle aura satisfait de législateurs, plus elle
sera mauvaise. Si elle contient quatre articles, et que, par
impossible, chacun d'eux soit respectivement l'oeuvre des
légitimistes, des impérialistes, des parlementaires et des
républicains, on aura atteint à la fois l'idéal de la con-
ciliation et l'idéal du gâchis.