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L'Esprit de la liberté, par Chaubry de Troncenord

De
10 pages
Crozet (Paris). 1831. In-8° , 11 p..
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L'ESPRIT
DE
LA LIBERTÉ,
PAR CHAUBRY DE TRQNCENORD.
A PARIS,
CHEZ CROZET, LIBRAIRE,
QUAI VOLTAIRE, N° 17.
1831.
L'ESPRIT
DE
LA LIBERTÉ.
LES extrêmes sont dans la nature physique et morale.
Il n'y a point de raisonnemens à faire sur les rigueurs
des hivers, sur les sécheresses, sur les inondations ;
mais les extrêmes dans les opinions politiques mé-
ritent d'être caractérisés par l'importance de leurs
résultats, afin qu'on sache d'où ils viennent et où ils
vont.
L'amour de la liberté fait partie de l'existence; il
active la circulation du sang, il captive la pensée, il est
plus impérieux que l'amour de la vie ; il enfante ces
niouvemens spontanés, ces faits héroïques si naturels
aux Français ; mais ce noble sentiment, si fécond en
belles actions, peut flétrir son origine par des excès de
toutes espèces.
L'homme est né avec un instinct admirable sur tout
ce qui tient à sa conservation et à son bien-être. Sous
ce rapport purement physique , il ne sommeille jamais.
Cette vérité d'organisation posée, il est essentiel de
fixer le sens dans lequel on doit entendre l'axiome
« nemo sibi secundus. » Il est de toute vérité si l'on
(4)
ne voit l'homme qu'à l'époque de la création, sortant
du chaos, ainsi que tout ce qui vit ; mais comme par
son intelligence il fait exception aux autres animaux, il
a été poussé par instinct d'abord à rechercher ses sem-
blables , et avec le temps il s'est réuni en société mieux
ou moins bien organisée.
Des métaphysiciens philosophes, dont l'esprit avait
plus d'étendue que l'âme n'avait de chaleur, ont maté-
rialisé l'espèce humaine, en donnant cet axiome comme
absolu, que personne n'est à soi que second. Ceux
même qui ne sont pas éloignés d'avoir cette opinion,
ne voudraient pas cependant qu'on les mît ainsi parmi
les brutes.
L'amour de soi est une conséquence de la création
sans doute ; mais la nature a si bien fait son grand
oeuvre, qu'elle a donné à chaque espèce les moyens de
se conserver, sauf accidens ; et l'homme, son chef-
d'oeuvre, étant destiné pour son plus grand bien à vivre
avec ses semblables, a de toute nécessité les qualités
indispensables à la vie commune ; qualités qui le por-
tent constamment à chercher un moyen terme entre la
liberté innée , très tyrannique, et les abus de l'autorité
despotique, moyen terme qui seul peut donner le plusr
de bonheur possible.
Diriger la liberté individuelle pour le plus grand
avantage de tous, voilà le problème à résoudre, pro-
blème dont la solution offre beaucoup de difficultés,
parce que les citoyens sont des hommes; difficultés
qui ne doivent pas exister pour les législateurs et les
hauts fonctionnaires de l'État, leurs intérêts privés