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L'Évangile selon Louis XVIII, pour servir de commencement et de fin au règne de Napoléon Buonaparte,... Par un disciple de St Luc

23 pages
au Palais-Royal (Bruxelles). 1815. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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SELON LOUIS XVIII;
POUR servir de Commencement et de Fin
au Règne de Napoléon Buonaparte, ci-
devant Empereur des Français.
A BRUXELLES;
ET A PARIS,
Au Palais Royal, chez las marchands de nouveautés.
Juillet 1815.
SELON LOUIS XVIII.
EN ce tans - là, un grand royaume florissait,
gouverné par un Roi débonnaire , l'un des petits
fils de St. Louis et de Henri IV. Il eut besoin de
quelques additions d'impôts après la guerre, pour
réparer les maux de la patrie. Il eut recours aux
Princes des prêtres et aux Pharisiens qui avaient
des biens immenses et des palais somptueux ; et
qui lui dirent qu'ils ne payaient pas d'impôts.
mais qu'ils offraient des dons gratuits, quand il
leur plaisait. Et il s'adressa à quelques anciens
preux Chevaliers , et à ceux qui se disent, comme
le fidèle ami Sàncho, les écuyers seulement , et
très - nobles, pour leur argent ou celui de leurs
pères , en trop grand nombre malheureusement :
et ils ne payèrent pas non-plus. Et ils se récriè-
rent tous , que, s'ils venaient à payer , ils ne se-
raient donc plus ni les oints du Seigneur-Dieu ,
ni les Gentils-hommes de France , ni d'une autre
pâte que le vulgaire des hommes. Et il s'adressa
aux êtres laborieux, et utiles de la ruche humaiuer
A 2
(2)
appelés le tiers-état ; qui, sans l'orgueil et l'os-
tentation des oints et des frelons, fournirent au
Roi des secours de suite; mais qui voulurent que
dorénavant, chevaliers, écuyers, princes des prê-
tres , scribes et pharisiens, ou prophètes mêmes,
fussent tous égaux en droits , dans la patrie , de-
vant la loi commune. Et les oints, et les nobles ,
et les pharisiens, et les scribes, vivant dans la mol-
lesse et l'inutilité, firent grand bruit contre l' éga-
lité des droits à établir ainsi. Et le bon Roi eut la
faiblesse de s'en allarmer et de trop écouter le parti
des hommes vains et fainéans , qui se disaient ses
soutiens principaux, l'ornement de sa couronne,
et ses amis les plus puissans et les plus zélés. Et
le peuple le plus industrieux, le plus gai et le plus
libéral de la terre , mais opprimé et sacrifié aux
privilèges , s'échauffa fortement. Et il déclara ne
vouloir plus de Roi ; et il désira se gouverner par
lui-même , se croyant le plus légitime et le pre-
mier souverain , attendu que les Rois étaient
faits pour les peuples , et non les peuples pour
les rois ; comme l'avait dit, long-tems avant Na-
poléon le plus perfide des tyrans, mais plus
franchement et dans des intentions plus pures ,
l'orateur sacré Massillon , à la cour de Louis
XIV. Et le bon roi Louis XVI parut aussi le
croire , penser de même, et vouloir bien n'être
plus que le premier sujet de la loi en son roy-
(3)
aume. Et au fond, franchement, ou il ne le pen-
sait pas ainsi, où cédant aux circonstances seule-
ment, il ne put véritablement se déterminer à l'a-
bandon absolu d'un pouvoir trop restreint peut-
être par la loi, pour l'intérêt de tous, du moins
selon qu'il le parut au politique.philosophe abbé
Raynal, parce qu'il faut en toutes choses juste
mesure. Et le malheureux roi', par suite de ces
affreux démêlés, eut le cou coupé, au soi-disant
nom du peuple français assemblé par représenta-
tion. Et cependant, ce furent les plus médians,
les plus opiniâtres et les plus ambitieux des repré-
sentans de ce peuple indigné, qui firent cet acte
révoltant d'iniquité , pour parvenir à se créer ex-
clusivement les seuls chefs d'une république , qui
avait été proposée par un vil comédien de leurs
collégues et de leur faction (1).
Et les fils de Caïn et du Démon se liguèrent
entr'eux tous; et du haut dé leur montagne ou
Robespierre, Carrier, Lebon, Meignet, Collot-
d'Herbois, et autres scélérats, avec A . . . D . ..
S.-J..., Am..., Tur... et compagnie, tenaient leur
cour insolente, le poignard d'une main et la tor-
che de l'autre; ils fondirent comme des bêtes fé-
roces sur les fils d'Abel, dans les plaines et les
vallées; et après plusieurs combats livrés vers les
31 mai et 2 juin, 13 vendémiaire , ( ce qu'ils
appelaient des fournées glorieuses ), où ils signa-
A 3
(4)
lèrent leurs fureurs contre leurs frères aînés en
raison, prudence et sagesse; ils voulurent, redou-
tant une insurrection nouvelle d'anciens ennemis,
se disant les Patriotes de 1789, et cherchant con-
tre eux un protecteur puissant et sûr, que le nou-
veau Chef d'un peuple, se disant égal et libre, fût
choisi à l'instant du danger, dans une famille ab-
solument étrangère à celle, de Louis XVI; afin
que les fils à naître de la dynastie future n'eussent
point à leur faire de mal, par justice ou ressenti-
ment de leurs crimes. Et ils firent un dix-huit
frimaire.
Et de deux concurrens habiles, selon eux, à
devenir les chefs de la nation, ils écartèrent celui
qui se montrait le plus honnête, habitant de la
plaine, ménageant le sang des soldats, savant dans
l'attaque, et célèbre dans les retraites. Et ils choi-
sirent l'Etranger odieux, obscur sur la montagne
de Corse, déjà connu pour avoir trop bien mi-
traillé sans ménagement les Parisiens (2) ; et de qui
un prophète avait dit, que si on ne l'avançait pas,
il saurait bien s'avancer de lui-même : et par les
grâces d'une femme, Buonaparte, simple capi-
taine, obtint le commandement d'une armée dans
la patrie où César et Pompée s'étaient disputé
l'empire du monde. Et le montagnard Corse eut
de brillans succès militaires, et la gloire d'avoir
gagné force batailles à coups d'hommes (qu''il pro-
( 5)
diguait; d'avoir dévasté bien des villes, des cam-
pagnes, des républiques et des, royaumes. Il porta
ses armes, de l'Italie, vers l'Orient, jusques dans
le pays des chameaux et des éléphans ; et il dit
aux Egyptiens, en passant chez eux, avec le des-
sein de pousser plus loin, jusqu'au-delà des con-
trées où avait vaincu le grand Alexandre ; qu'il
'était le meilleur ami de leur prophète de la Mec-
que et des fidèles du Koran. Et il fit massacrer;
néanmoins jusqu'à quatre-vingt mille de ces fi-
dèles, en leur ville du Caire, dans les mosquées,
et jusques sur les autels du Prophète, parce qu'ils
lui refusaient un impôt. Et cependant, les fidèles
Musulmans et les. Egyptiens, aidés des fiers et ri-
ches Insulaires Bretons, auprès desquels toutes
les richesses de Salomon ne sont rien, vainquirent
enfin le faux ami de Mahomet et du Koran ; et il
s'évada un beau jour, par la mer, très-secrète-
ment , emportant les trésors de l'armée, et trom-
pant ses généraux, ses soldats, tous stupéfiés de
sa fugue. Et Napoléon Buonaparte revint, sans
mot dire, à Paris, rue Chanteraine dite depuis
rue de la Victoire; et il s'associa aux fils conjurés
de Caïn et du Diable, qui avaient tué le roi dé-
bonnaire , et aux vils flatteurs Carnb. ., à Regn. .
S.-J. d'A. . ., à Rog. D.. ., à Reg..., à Corn...,
à Boul. de L. M. . . et autres; et par le secret de
leurs, intrigues préparées hors de Paris, à St-
A 4
(6)
Cloud, en un beau matin, avec labbé Sy, . .
Roed. . ., de N. . ., etc., etc. ; ils firent le Corse
Buonaparte général commandant de Paris ; et
puis, de toutes les armées de la république ; et puis,
le 1.er des trois Consuls à terme; et puis, le seul
Consul à vie ; puis, Roi et Empereur, à la place
du bon Roi étranglé au soi-disant nom de ses
sujets, qui déclarèrent vouloir se faire une troisiè-
me ou quatrième constitution, pour régler mieux
désormais le pouvoir arbitraire d'un monarque.
Et tout ce grand oeuvre diabolique du consulat à
vie, fut fait par une majorité imaginaire, ainsi for-
mée par les non votons du peuple; attendu, (ce qui
est déclaré par le proverbe) , que qui ne dit rien,
consent; et aussi par les votes des soldats de la na-
tion qui avaient dû répondre, sans délibérer, le
mot oui au commandement exprès et un peu brus-
que de leurs officiers, à peine de cachot. Et tous
les enfans de Caïn et du Démon, tous les bâtards
de Carrier, de Robespierre, tous les méchans gar-
nemens régicides, vinrent aider Napoléon, pour
devenir à leur tour, ses chanceliers, ses chambel-
lans , ses grands officiers ; des ducs, des princes,
des comtes, des barons, des chevaliers, ses séna-
teurs à gages, et pensions, décorés, chamarrés,
comme ils l'avaient désiré, et ainsi qu'il leur avait
été promis.
Et quand Napoléon fut, par leur assistance,
(7)
leurs menées et leurs intrigues, créé roi et em-
pereur des Français, il voulut ( son ambition
croissant sans cesse), et devenu à l'égal des
cèdres du mont Liban les plus hauts, s'élever en-
core, portant sa tête au-dessus de tous, dans la
nue, se faire le Dictateur des rois et des empires,
unis par un grand pacte fédéral de sa façon, pour
leur commander la paix ou Ja guerre. Et portant
alors ses armes de l'orient à l'occident, afin d'at-
taquer d'abord et de soumettre le César le plus
puissant, le plus magnanime de la terre, il leva
des légions de soldats innombrables, sortant du
sol de la France toutes armées, comme celles de
Cadmus, au seul coup de pied ou de tambour de
la conscription; la plus avilissante et la plus des-
tructive des institutions révolutionnaires, (3) sou-
tenue par Lac. . ., Font.. ., et autres vils cour-
tisans de la tyrannie qui décore et enrichit. Na-
poléon alla donc faire la guerre au loin, jusqu'aux
régions glacées, habitées par les rennes et les ours
blancs. Et il prodigua, de plus en plus, le sang et
la fortune de ces braves descendans des Germains.
et des Francs, que le fils d'un huissier d'Ajaccio
avait appelé ses sujets ; et il perdit par la faim et
le froid, jusqu'à cinq cens mille soldats de la plus
belle jeunesse conscrite de son empire, en une
seule campagne deguerre en ces climats affreux(4).
Et les enfans d'Abel, indignes, reprochèrent

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