//img.uscri.be/pth/2f99cd60432d0e726a3d9db791f81b8661aafdf7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

L'excellence des femmes , avec leur response à l'autheur de l'Alphabet, accompagnee d'un docte et subtil discours de la feu reyne Marguerite envoyé sur le mesme suject à l'autheur des "Secrets moraux"

De
14 pages
P. Passy (Paris). 1618. 15 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

M. DC. XVIII.
L'EXCELLENCE
DES FEMMES,
Auec leur
RESPONSE
A L' AVTHEVR.
de l'Alphabet.
ACCOMPAGNEE D'VN
Docte etfubtil Difcours de la feu
REYNE MA RG VE RIT E,enuoyé
fur le mefine fuiect a l'Autheur
Par PIERRE PASSY , rue S. Iacques,
pres S. Yues,au Saulmon.
3
A
RESPONSE
DES FEMMES
A L'AVTHEVR DE
L'ALPHABET.
O v s euffions pluftoft donné ref-
ponfe à ce mercenaire écript fait
contre le refpect deu à noftre fe-
, n'euft efté que nous l'en iu-
gions indigne pour des inepties tellement
barbares & ridicules,qu'il n'y a fi petit enfant
fortant du berceau, qui ne puiffe recognoi-
ftre fes impertinentes raifons , bafties feule-
ment au defir de ceux qui ne cerchent qu'à
rire aux defpens d'autruy: Et encor que nous
n'ignorions pas auecquel mefpris & defdain
il a efté reccu des gens d'efprit, fi eft ce que
nous auons voulu mettre au. iour ce petit
difeours , tant pour luy faire voir fon igno-
rance , qu'auffi pour faire cognoiftre à cha-
cun l'honneur & l'obligation qu'on a à no-
ftre fexe: Comme auffi de peur que nous tai-
4
fans, il ne femble que nous y apportafsions
du confentement. Il n'y a celuy qui n'ait deu
s'eftonner devoir blafmer ce qui doit eftre
chery & honoré, & dont le mérite eft fi grãd,
que tous les Hiftoriens n'ont eu autre em-
belliffement en leurs écripts, que le récit des
merueilles de ce fexe. S'il les auoit tant foit
peu feuilleté,il auroit leu que les Laçede-
moniens, qui tenoient efcoleouuerte de fa-
geffe en la conduitte d'vne vie politique &:
particuliere, ont bien tefmoigné combien
leur Republique eftoit riche en beaux & ca-
pables efprits des femmes, veu qu'ils pre-
noient leurs aduis fur la decifion des affaires
publiques & domeftiques.
Que les Atheniens qui ont feruy au mon-
de de pépiniere de toutes les fcieces humai-
nes , alloient aux emprunts du fecours des
efprits de leurs femmes, quand il falloit de-
mefier quelque affaire publique vn peu trop
embrouillée.
Qu' Argentaria Polla,qui fut mariée en pre-
mieres & fecondes nopces aux Poëtes Lu-
cain & Statius, enrichit grandement les ou-
urages de fes marys.
Qu'Erinna Lefbia mourant âgée feulemec
de dix neuf ans , auoit approché de fort pres
de cefte majefté d'Homere,
5
A iij
Que Chiron le Centaure & le fage mai-
ftre d'Achilles,eut vne file nommée Hippo,
qui eut AEolus pour difciple en l'eftude de
l'Aftrologie.
Qu'elle mefme a premierement predit les
choies Diuines par les Oracles & par l'afpect
du leuer des Aftres,
Que ne difent les Hiftoriens de la pucelle
d'Orleans ? c'eft chofe que chacun fçait affez
fans qu'il foit befoin d'en groffir noftre dif-
cours.
Si nous voulions pourfuiure à reciter la
nombre des beaux & doctes efprits feminins
qui ont embelly leurs fiecles,il nous faudroit
faire eftat de leur donner vn volume tout en-
tier. Nous nous contenterons feulement de
faire encor le narré de quelques vnes de cel-
les , lefquelles ont efté auffi Royales en l'ex-
cellence de leur efprit qu'en leur extraction.
Zenobia Reyne des Palmyreens, eftoit do-
cte en Grec, en Latin & en Egyptien : Elle
fift l'epitome del'Hiftoire d'Alexandrie
compofa & declama fouuentesfois de tres-
elegantes Oraifons deuant les Soldats de fes
armées.
Vrfula Angloife, & fille du Prince de Cor-,
nouaille, a efcrit vn liure des vifionssoccultes,&C
vu autre appelé, des Documents de la foy.
6
Veronique Gambara, & Victoria Colum-
na, toutes deux grandes Princeffes, furent
bien verfées en la poëfie.
La Reyne Timaris a fait vn poème fort ele-
gant de la pierre precieufe, ainfi que Pline le
raconte.
Theonos fille de Protheus Roy d'Egypte,
eftoit docte en la Theologie de ce temps-là,
& en la Philofophie dit Euripide.
Phaennis Albanoife,fille du Roy des Chao-
niens, a eu fa place entre les poëtes felon le
rapport de Paufanias.
Nicoftrata fille de louius Roy d'Arcadie, a
mis en vers force propheties.
Nicaula Reyne de Saba en Ethyopie, & de
laquelle il eft fait mention au liure des Roys,
& aux Paralypomenes, lors qu'elle vint vifi-
ter le Roy Salomon, excelloit aux fciences.
Martia Proba, Reyne des Anglois,fut tres-
docteen tous les Arts liberaux : & c'eft elle
qui a compofé les loix du Royaume : elle vi-
uoit en l'an 348. deuant la Natiuité du Fils
de Dieu.
Alconora Reyne des Anglois, & mere du
Roy Ican , a efcrit des doctes epiftres au Pa-
pc Celeftin III. & au Roy Iean fon fils.
Amalafontha Reyne , & mere du Roy
Athalaric, entendoit fort bien les langues