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L'orateur des Etats-généraux pour 1789, seconde partie : suite de l'Orateur des Etats-généraux, pour 1789, adressée aux François, aux membres de l'Assemblée nationale, à tous les peuples de l'Europe & à tous les rois de la terre, divisée en cinq discours ([Reprod.]) / [par Carra]

De
60 pages
chez Garnéry & Volland (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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L'ORATEUR
DES ÉTATS.. GÉNÉRAUX.
SECONDE PARTIE.
A PA R 1 S;
Chez Garnéry, & Volland Libraire, quai de&
Auguftins, no. 25.
1789.
A 1
SUITE DE L'ORATEUR
DES ÉTATS-GÉNÉRAUX,
POUR 17S? (Oi
JLdrejJiz aux François aux Membres et
ïAffernbUe Nationale il tous les Peuples
de V Europe & à tous les Rois de la terre
divijlt tn cinq Diftours.
PREMIER DISCOURS.
JE l'avois dit, Peuples François (2) vous de-
viez triompher de la tyrannie & des tyrans. Vous
deviez élever le grand édifice de votre gloire &
(1) L'Orateur des Etats Généraux, brochure de afi
paga a paru vers la fia d'Avril dernier i-psu-près
au commencement de la tenue des Euts Géncraœc. Je
ne parlerai point du fucccs prodigieux qu'elle a eu; c'eft
à ceux qui Font lue, qu'il appartient d'en juger.
(z) L'Orateur des Etats-Gcncraux pour 1789, page r4
de la quatrième édition de Paris t'exprime ainfi « Qui
<4>
de votre profpcritc, fur les ruines du defpotifmc
& de l'autocratie aulique & miniitérielie. Après
ùYOiz fervi d'auxiliaires à la liberté de l'Amérique
vous deviez donner à l'Europc étonnée l'exem-
ple de la liberté en France. Vous avei'. vaincu
vos ennemis vou? avez déconcerté tous leurs
projets dévoilé roures leurs perfidies anéanti
toutes leurs efpérance5. Voyez -les! comme leur
rage fe morfond dans.fon orgueïlleufe impuif-
fance. Jouiflez a votre aire de l'humiliation
profonde où les plopgent pour jamais leur im-
f^eé&cie irapofàntv.• Js plus grand Peuple de l'univers
repréftnté par lui-même "Quel jour célèbre I
Les Francois s'élevant enfin à la hauteur de leur dîjrnitii
récite 6: de leur vraie valeur nationale! Quelle
révolution Le dcfporifme qui 'es opprimoir progreih-
veinent depuis neuf cents ans expirant enfin de
honte & de rage Quel triomphe La liberre
qui s'avance & qui va couronner leur patience & leur
courage Oui tous nos bràvcs Soldas pénétrés
d'un faint refpecT:, brifferont !a pointe de leurs armes
dévant l'Augure Majefté de cct:e AfTcrabiée üs ne ia
drefléront que. contre les enr.emis de nos droits & de no-
tre liberté. Qu'ils tremblent ces ennemis î tju'ils fuient
de nos contrées Leurs iniquités font connues j le jour
Ides- vengeances eft arrivé la France abaiffée trop
long temps vient enfin de lever la têze ».
Je crois que cVit bien là une prédiction complcttc de
tout ce qui eft arrive.
Ci)
̃̃ A J
pcritie criminelle & leur aveugle atrocité. Les in-
fenfésîllscroyoientque trente millions d'hommes,
courroucés d'une indignation trop long temps
concentrée", éclairés du flambeau d'une raifon
univerfelle, & remplis du fiint amour de la
liberté deviendroient facilement le jouct de
leurs manceuvees puériles ce d: leiirs barbares
projets. Ils ne fçàvoicnt pas, non, ils ne fçavoisnt
pas ( car la Providence obftrue I'cfprir des mé-
chanrs ) que tous leurs plans étoient renveifés
dès leur formation que d'avance toutes leurs
mines & contre-mines étoient éventées que leurs
moindres idées même étoient pénétrées avant 'de
naître. Trente millions d'hommes, qui s'uniffoient
par les mêmes fentimencs qtiîagiflbient pour le
même intérêt, qui multiplioient leur courage du
courage de tous leurs Concitoyens qui dévelop-
poient leurs lumières leurs taknts & leur acti-
vité en tout fens & en même temps Etoit ce
donc là une maire de puiflânee, que quelques
enfants gâtés & quelques femmelettes imbécilles
& corrompues, pouvoient mouvoir ou difToudreà
leur gré?
Mais pourquoi nous occuper encore de ces per-
tonnages errants & fugitifs ? Sans Patrie quel-»
que part qu'ils foient parce qu'ils ont trahi fi
leur, à la face du ciel & de la terre, abandon*
Dons-lesd la honte de leur exigence & à l'bppro-
( 6 J
bre de riiftoire (bngeons Peuples François!
fongeons, à confommef le grand que nos
jlluflres Représentants ont çomtncncé avec tant
d'énergie, & qu'ils /uiveot avec tant de talents
& de fuccès.
A peine le courageux Philadelphe a-t-il dé-
claré les droits de l'homme en Amérique, que
ces droirs font déclarés en France mais pour
remplier les décrets d'une Providence univerfelle-
ment bienfaifante & pour fa tis faire à la defti-
née morale de tout le genre-humain, ils doivent
être déclarés fur toute la furface du globe, &
pour tous les hommes & pout tous les Gouver-
nements car s'il exiftoit une forme de Gouver»
nement, qui ne parût pas s'accorder avec la dé-
claration ou le maintien du moindre de ces
droits il faudroit anéantit ce Gojverncmrnr
pour jamais. Ces droirs font uniformes ils font
univoques; ils font les mêmes pour ks Habi-
tants de toutes les Villes, pour ceux de toutes
les campagnes pour les Nations des quatre cond-
iments. Déclarons-les hautement & par-tout
ces droits ces imprescriptibles droits de la na-
ture & de la raison faifoBS retentît fans cefîe,
& d'un pôle à Pautfe leurs allâmes immortels;
Se que nos vcitlos frappés delà révolution mé-
morable qui vjejït de s'cp'tet parmi nous en
imitant nqt/ç le propageât aux deux
extrémités 4e la terre.
(7)
Droits de {homme*
IL DOIT mourir libre en trois motSjVoiii le*
véritables droits de l'homme! les altérer, c'eftnç
les pas connoître ou les diflàpultr*
Par la première déclaration nous
une vérité univerrellc éternelle, ifialcéfable
nous reconnoiflbns la liberté naturelle & indi-
viduelle, cette liberté, indépendante de toute
eonvention humaine & fociaje (i).
(i) Le premier pas qae £ât t'homme iiir la tsrce de
celui de la liberté. 11 jouit de cette liberté dtns Tcoâum
êc dans l'eut de ûuvtgc.
de ces deux états pcmiti& à mimi de fv^cic jpti) cft
forcé de fe plier aux erreurs & au* pvéjugét det cootem-
porains auxqueIs il fe trouve a0bci* d*Q». <pck(ues
la fuite des temps, que la fociéU était us état dr car*,
ruption *bfoJuc- Sans doute Tuât d$ iôcififé flTt doMaar
dangereux pour des hommes fçraat de
forêts chez qui la oawc«<rtKH«€ n9i«4, & cfaez^vL
I^initinâ des dç» agi( au» lafrarWm.
& uns expérience. oooit* dr paA-,
nons & de beâûns a^Taots &
& au ha&rd, ks fociétés ce jouf «ih dâ W fmt*
vorer dE Ce livrer à une politique incer»i«f 4t 4: dd
rabie nous reconnciflbns la liberti civile, cette1
liberté aflbciée à la liberté des autres qui ne
doit nuire à pcrfonne, fous peine d'être b!cfîcc
elle-même, & donc Taforance & la garantie
font réciproques & générales.
Par la troifieme déclaration nous annonçons
également une verke
inaltérable nous rcconroinbns la liberté de
confcience & d'opinion, '.t.re liberrc qui ticr.t
x la penfée de rhcmnBe; qui dcveîopoe toutes
fes facultés intcîiccruclîes au milieu des facaïrrs
intelle(5tacllcs de fcs iereblabîcs & Je nt ;>;for
en le grand véhicule de l'ciprit dc la raifon
& du génie.
Viennent enfuite les droits du Ckcyer. qui
dérivent en premier principe ôc en ii^ne iramc-
diatc des droits de l'homme.
Droits des Citoyens.
Tous les hommes font égaux en droits, parce
qu'ils font nés tous libres, parce qu'ils doïverî
vivre tous libres, parce qu'ils doivent isouxic
tous libres.
Cette égalité de droits vient de !en'
tien même, dans lacueMe
iz légitime )Ion feulement le principe de fon
4roit naturel qui eft le mewe rua celai dis
( le )
autres, rnais la cencours de (a raifoti » de ft
force, de fon induftrie, pour garantir le 'droit'
commun, comme le droit commun garantit le
droit individuel.
C'eft dans ce droit commun que les produits
ou l'héritage des produits de la force, de II
wifon, de rinduflrie, qui ne bleflent point la
forcé, la raifon & Tinduftrie des autres, trou-
vent & donnent une garantie inviolable & ré-
cipioque c*eft en un mot dans le droit com-
mun -de tous, que la juftice naturelle & l'intérêt
de tous ont placé le droit facré de la propriété de
chacun.
Tels font les droits du Citoyen d'où déri-
vent en ligne immédiate les droits des Nations.
Droits des Nations,
Tout principe d*aflocïarîon dérivant du droit
commun à tous il eft évident que tout pou-
voir quelconque réfide effentiellemcnt politi-
quement & générativement dans le Peuple a^bcié
que toute fraction morale ou métaphyfique des
ce pouvoir ne peut émaner que jde lui Se que:
comme cette fra&ion de pouvoir n'émane que
,de lui elle ne peut abfoiument être employé*;
fon avantage &C valoir qfi*à fon profit.
Quels font maintenant les -droits des Rois,.
que quelques perfannes ont voulu martre ayant
ceux des Mations en prenant la préféance du
Roi fur chaque individu de fa Nation pour un*
preuve de fa fuperioriré fur la Nation toute en-
tiere ? Ces droits font amples; ils dérivent de
la nature même des principes que je viens de
développer. Les Rois ou Chefs, (car le mot de
Roi n'a pas une vertu plus magique que celui
de Chef ) comme hommes ont tous les droits
communs aux autres hommes & comme Rois,
ils n'ont que des devoirs à remplir. Ces devoirs
à la vérité, font plus grands & plus férieux que,
ceux des autres hommes; & pour cela, on leur
accorde des prérogatives & des diftinctions par-
ticulieres mais il ne s'en fuit pas de là que la
comirjjflîonde faire exécuter la Loi, foitan droit
qui tienne a régence corporelle & individuelle
de leur personne ce droit ne tient qu'au nom
que la Nation leur a donné, & qui eft le figne
politique d'un pouvoir délcguc & c'sft en fa-
veur de ce ligne que leur perfonne eft facree»
& que les Peuples confirment à leur donner une
portion coaii décable des reversas de l'Etat, pour
repréfenter dignement. Ainfi ce feroit errer de.
fantôme en encorne, que de chercher dans le
mandat tacite ou formel d'un Chef devine à
faire exécuter la Loi ( ce Chef eut-il le nom de
Dieu t du lieu de celui de Rci, vu £ Empereur}
( il )
autre chofc que des devoirs car s'il avoit def
droits, je ne dis pas fupérieurs à ceux des Peu-
ples, mais feulemenr indépendants de ces Peu-
ples ou infubordonncs à leur cenfure légiflative,
on comprend facilement qu'il auroit bientôt la
toute-puitîance arbitraire car 'encore une fois,
la Déclaration des droirs de l'homme, de ceux
du Citoyen & de ceux des Nations, ieroit incon-
féquenre & fauffe, & les hommes ne feroicnt pas
tous nés libres; ils ne feroient pas tous égaux en
droirs; tous les pouvoirs enfin ne rétidcroient pas
dans le Peuple, f un fcul d'entr'eux prétendoit par
fa naiflance ou par un titre quelconque, avoir
des droits différents & indépendants de ceux de$
autres.
Peuples de la terre! voilà les vrais principes
En vain les demi-favant» lcs demi-politiques
les demi-Patriotes, ou les hommes de mauvaife
foi voudroient-ils Icsi plier à leurs idées, à leurs
inréréts, à leur orgueil, à leurfoiblefle, & pré-
tendre ne pouvoir les appliquer au Gouverne-
ment Monarchique, ces principes n- varieront
jamais; jamais ih ne s'allieront qu'avec des prin-
cipes homogènes jamais, la démonstration ri-
gourcufe des- vérités qu'ils préfenrent ne fera
Subjuguée par aucune dém on (l ration contraire.
Jamais enfin on n'imprimera dans un cerveau
bien organifé, qu'il en: des hommes fur la terre
( M)
qui ont d*s droits Cupérieurs aux autres, & in-
dépendants du droit comrnun des Nations, parce
qu'ils s'appellent Rois ou Empereurs quoique
cependant Tous s les hommes foient égaux ca
droits.
SECOND DISCOURS.
Si la perfectibilité <ïe l'organifation & de l'édu-
cation humaines peut nous faire cfpérer que les
vérités que je viens de démontrer par elles-
mêmes, ne feront bientôt plus une énigme pout
perfonne, l'idée d'un Veux
Çonftituiion fera bientôt aulïi reléguée dans la
claffe des abftrajftions-anti- nationales, d'où l'on
n'auroic jamais dû la tirer (i).
(i) Je crains fort que cetre idée anti- Nationale d'un
Veto Royal ne nous amene au printemps prochain une
armée d'Autrichiens & de Hongrois que nous frrons obli-
gés d'enterrer ou- d'éclairer- fuî leurs
droits, par des traduftions allemandes de nos meil-
leurs écrits relatifs à la liberté & à l'égalité des
droits des hommes.L'Empereur croira peut-être avoir.
une belle occaflon de renir nous attaque»', 'pour avoir
refufe le Yao abfolu au Roi il voudra peut-être per-
( '4)
Ce tsîifman politique ( le Veto ldont le Peuple
Romxin Ce fervit, avec raifon parce que tout ce
qui eft utile au Peuple, eft bon en foi-même Ôc
trai en principes ne peut & ne doit par cecte
raifon même, fous aucun rapport & fous aucun
prétexte > fe déposer dans les mains de celui que
la volonté générale arme déjà du glaive de la
Juftice. Il faudroit peu connoître le coeur humain,
pour ne pas comprendre que cette amulette ver-
tigieufe rameneroit bientôt l'imagination d'un
Monarque dans le cercle magique & vicieux des
èfpétinces & des prétentions du pouvoir arbi-
traire K pltfs Ia corrftitution du Gouvernement
s'oppefëroit i fës tentatives, plus ce Monarque
feroit malheureux. Hointnrt fages & éclairés
dignes Rtprcfenknts dé la Natrorî c*eft vous
i qui je mPaéreffë îogez df cette vérité St
voyez les erreurs faneftes auxquelles un Monarque
efi fujet, quand fon imagination n'eU pas ccu-
tenue dans les principes & les bornes d'une
logique univerféiîc & quand il fe biffe perfuadex
que le droit dés Nations r.'cŒ rien, s'il ne l'a
fmder aux autres Puiilaoces qu'il dt de leur intérêt;
^c fappuytr mais Ries autres Puifiancés entendent bien
knrs intérêts elles fe réuniront contre lui pour afcâtrrc
cet orgueil autricîûen & cer te ambition extravagante
qui font le malheur de l'Europe, depuis cent ans au niolns.
(«5)
reconnu. Rappeliez- vous le paragraphe fuiranr,
cirait du Discours du Roi, du .23 Juin dernier
à l'AfTemblée Nationale.
RéflcchiâTez Meilleurs qu'Ai cun de vos
» projets, aucune de vos difpofiuons ne peux
» avoir force de loi fans mon
» ci ale. Ainfi Je fuis le garant naturel de vos
droits refpedtifs & cous les Crtrcs de l'ttx
peuvent Ce reposer fur mon équitable irrpar-
» tialite. Toute défiance de votre part [croit une
» grande injuftice. Ceft moi, Jufgu'à prefenr
» qui fais tout pour le bonheur de mes Peuples;
» 5c il cft rare peut-être que l'unique ambition
d'un Souverain Toit d'obtenir de Tes Sujets
» qu'ils s'entendent enfin pour accepter (es bien»
» fai ts
Tout eft change me dirs-t-oo depuis le 23
Juin. Mais le coeur humain eft-il auffi change ?
Eft- 00 bien sûr que le Yeto abfolu ou le Yuo
(ufpeatif n'autoriferont pas les Arirtocrares à dire
que l'on a été forcé de reconnaître que le Roi
avoit saifon, & que i'Aflembléc Nationale ne
pouvoir rien faire fans fon approbation fjfècialt?
Eft-on bien fût que l'un ou l'autre de ces Veto aa
lieu d'afFermir notre conftirarion,nc fera pas^acon*
traite le vcritaHe germe de & deftrudion ? Eft-oft
bien sûr qu'il n'y a pas rniHc manières d'ioterpréter
ces Veto pour ceux qui auroieot iarcrè: de lui In*
terpréterà leur fantaife ? Eft-on bien sûr que ces
interpréta 'ions corcp'âifames ne rameneroient pas
les idées de personnes aux propres ex-
prenons du paragraphe que ;e viens de citer?
Qu'on rclife ce paragraphe &c qu'on me per-
mette enfuirc d'obferver, que pour rétrograder
jufqa'zu peint d'où l'on étoit parti, ce n'étoic
pas la peine d'avancer.
La des Veto eft abfurde en elle-
soeme, par Ia raifon que fi l'un ne peut avoir
lieu l'autre inadmiffiblc. Maisfai-
linons, s'il eft comble, & en peu de mots, tous
les éléments dont cette quefrion fe coœpofe err
générai, ôi donnons-lui toute la force de raifon-
ncment.quc f2s peuvent y mettre.
Le Veto doit roctïre le Roi en- rapport réci-
proque de raifon avec fon Peuple ( M. Barnave ).
Iltrapprra fur
cohftitutif ( M.Targct d'abord que
le rapport réciproque de raifbn qui doit exiftet
enrr'un Roi &: [on Peuple ne r*&tz
que parun Corps intermédiaire, qui eft ièCorpr
des Repréfentams de la Nation librement élus
par elle & doués par elle- du
s'il en étoir autrement le -Corps IcgiJJatif na-
tional feroit nul dès ce moment, ou n'exifte-
T oit pas du tout. Cette- vérité fç démontre claire-
ment d'elie-même, par le Gouvernement Turc &
paj
(•7)
tous les Gouvernements defpotiques où le Chef
agit immédiatement fur le Peuple, !bit en bien,
foit en mal & eo reçoit de même là réac*H©n
toit pour l'élever fur le Trône, ou lui couper la
tête. Ainfi ie rapport réciproque de raifon du Roi
avec fon Peuple quand mêmes il -rie dureroit
qu'un mois nous reconduiroit droit au defpo-
tifme ou à la démocratie ce que je démontrerai
encore dans un inftant,fous des rapports mathé-
matiques. Ainfi la raifon donnée par M.-flaxnive
en faveur du Veto, efl in&dmitâblé.' >r3
Je demande, en fecond lieu à qui appartient le
droit de juger un décret qui bleflèroicïe pouvait
constitutif: Eft«ce au pouvoir
Roi Ce feroit au Roi fans doute, fi fë Vtib
avoit lieu mais comme le pouvoir légiflatif &
le pouvoir judiciaire ne peuvent jamais s'aliéner
ni fe tranfmettre d'une collection d'hommes à un
feu^horome*, & que l'intelligence de tous ne il
transie pas dans l'intelligence d-un feul je né
vois pas comment le Roi pourroir ou anroit le
droit de juger que tel ou tel décret du pouvoir
législatif bîeflc le pouvoir conftitutif car en der-
nière analyfe, le pouvoir conftitutif n'a de compte
à rendre qu'au pouvoir constituant, & jamais 1
un pouvoir conftitué. Or le pouvoir exécutif eft
un pouvoir confrnué non pour contrôler, juger
approuver, défapprouyer ou fufpendre les dé*
f «8)
déetetf du pouvoir légiltacif mais pour foire exé-
cuter ces décrets, quels qu'ils foiem bas quoi
le pouvoir exécutif ne ferait pts fubordoa-oé au
pouvoir légiflsuif comme il doit l'être goût
& l'harmonie du Gouvernement, Aine
<ie quelque manière qu'on tourne dans ce cercle
4e laifouDemems on n'en forcira jamais qu'en
contenant que l'idée d'un Veto royal eft I'effet
d'une précaution exagérée inconftiiutionneHc
irréfléchie f iiullemeni néceffairc en aucun temps
& dangereufe i tout moment.
Le Vetç j dit M. de Mirabçiu fu fpendra &
arretera ration du Corps l^gjflacif, quand U
fera faite, &; qu'ik s'agira iculemcnt
la maintenir. Je demande d'abord quelle fe:â
cette Sera-t-ttfe. jàvoiabîe aux mœurs,
à,fa la Condiittyon Il n'y aura ricâ
dire. 5«a-t-elle cjefttucirve.de la Constitution ?
le foppofer à moins de fuppofcr aufîî
flttç le pouvoir confütuant n'ait commande lui-*
picme cette deflruciion car' s'il ne l'avoir pas
commandé il -£,croit airez fort, je penfe pour
l'empêcher» Or i le pouvoir conftituant eft aflèz
empêcher le Corps législatif délégué
je ne vois pas que 11
cLî cette ariftocratie future
doaner.au Roi
teVaç le douer d'une
t '9Ï
̃ • B-2
qu! n*.s ©parti en* qu'a» Peuple, Je qui rtri*
̃droit le Roi maître des bcas & des volontés 4m
Peuple, pour les opçoict aux Rep «Tentants de
ce Peuple > ^umiii le Jtrecroit 1 propos,
des prétextes que lui [eu.! ou Ces
trouvés fuffifaots. Je demande endure coœmenc
on peut «'imaginée que le Roi mai tui endroit
mieux la Conftirarkm que la. Nation entière»
étant le diftributcmr de toutes l:$ grâces pçoir
maires, de toaces les penfior*, de totiçcs les
grandes places êc des
A-t-il donc un intérêt plus geami que nous à
•conlerver notre liberté & nos, étoksl Norv,je
le dis frificherhent f admire avrctoatefEurope
les talents& le génie de M.-de MHabeau j'aime
le Roi autant qu'aucun François puiflè
"mais je penie qu< potirla gloire & le repos de ce
bon Monsique ain (î que pour la profpcrkc de ik
Nacion & le maintien de fsi droits il faut
îaiflér tomber dans éa Veto
-royal, abfolu ou fulpenfif & q»*H faut (9 f6-
duire pour la fenâJon à la fiavple promulga-
tion de la LoL Lt ProWdcnce bi«ii
Servis depuis quelque temps, 6c les progrik*
pides drune raifon univeTTefle, fcrooe le tefte.
Je vais démontrer nsaitîtenam vue
des pouvoirs dans »oç raadiiàe
eff lûKee et petK iHilkmem
(«0
Veto royal, ni d'un Veto populaire, mais de la
di/Hn&icm précife & de la réparation bien mar-
quée de ces mêmes pouvoirs; distinction & fé-
paration qui, ea rendant les mouvements de la
machine fimples & faciles, éviteront tous les
frottements & les chocs qui pourroient bientôt
la détruire & pout arriver à cette déraontlra-
tion, je commenctfai par faire évanouir l'argument
le plus fort et faveur du Yeto.
Sens un droit de réfi (lance dans la main du
Dcpofî taire de la force publique, dit M. de Mi-
rabeau cette force poutroit fouvent être réclamée
ât employée malgré lui à exécuter des volontés
contraires à la volonté général. toutes les ob-
je&ions difpacoii&nt devant cette grande vé-
tiré i i ).
GbfervonsbicQ que cet argument ne prefeote
.une grande vérité que relativement aux Minières,
qui peuvent abuier^ au nom du Monarque, de
la force pubtique confiée à ce Monarque mais
qu'il n'eft nullement fondé en raifon ni. rela-»
tivement aa peuple, qui n'abufe jamais de rien
on n'abufe pas de loi ni relativement aux Corp«
légîfladrs ou judiciaires, qui n'abu feront & ne
pourront jamais abafer de. rien, fi leurs pouvoirs
font réparés entr'eux^c diflinâs de celuidaMo-
jitti^ue; ou- fi le Monarque n'a aucun moyen 'iç
( i ) Courier dc Provence Numéro XiXV, p. p.
( il )
Bj
les corrompre ou de les dominer. L exemple de
l'Angleterre que M. de Mirabeau nous donne
pour prouver la neceffitéd'un Veto royal ( comme
notre Ganftkucion, pour plaire aux Anglois,
ne devoir pas être^plus parité que ia leur ) nous
prouve au coatrairc que c'eft p ceci fanent par la.
facilité qu'a le Monarque de corrompre les mem-
bres des deux Chambres du Parlement de d'in-
fluer fur la législation1 par Ton dr>it de Veto
que c'eft par ces. deux
combinés, que le Gouvernement Anglob éprouve
tant d'embarras & de frottement dans fes rouages
politiques > & que l* machine en- t& prefque en-
tièrement urée, quoiqu'elle *ic à peine cent ans
d'exigence. Personne n'ignore d'aiHeurs qu'en po»
lirique/le droit de refiftanîc ameoe bientôt celui
d'attaque » Se qu'en phyfique c'effc pac la réâftance
de deux corps qui foQt fans eeflè en frottement l'an
contre l'autre, que ces deux corps ce détruisent. Or,
quand on trouvera fans cette le pouvoir Iégillatif
entre le pouvoir exécutif & le Peuple il n'y aura
point de frottement dangereux entre le Peuple &
le Roi. Or, quand vous aurez toujours te pouvoir
conftinunt entre le pouvoir légi1latif & le pou-
voir executif délègue? ? vous a'aurez nullement i
craindre que ces deux derniers pouvoirs empiètent
l'un fur l'autre or c'eft précifémeat pour qu'ils
n'empiètent pas l'un fur l'acoœ qu'il ne faut pas
donner au fécond la moindre fra&ion morale oa
(̃̃«̃-)•
car c*e& pfocôt de Fc*è-
carioa de la Loi que de fa fotrnzaofl y que
dérivent l'abus & b, décorapoértoQ iafcftftbte de
cette Loi. La Lai, en un mat, eft fixe tandis-
qoelemode fDobrle;à.c>cft ptecf-
(ément parce que le mode d'exécution eft mo-
bttey q»e h Monarque ne doit ja*>ais apprécier
la- Loi ni la. tocchet. Jl<k>k feulement la moa*
trer de lois avec le doigt je puis me ferra:
de.ce terme» en diiimt au Peule oheiffe^ à
cette Loi qne vous aver faite à laquelle vous
vous ùrs fournis fous peau d4 roir
vue Conutoyems. y votre &trimenr;&
fams. pmu encore (titre frappé du glane do«
vota ittaYcj damé 14 SreSion (i>.
Tris kmt ̃> Sktftra Repréf entama et la
le» fbsôiofis au 4c les droits d'mi
Chef on Monarque dans &ge
& biee combat Tel eâ le r&ppoft tsadbént*
(1) Si l'on "-eut voir dams VhlŒoUxc des ptsures ao»
équivoques de Tînfxiélhé continuelle de: Rois à tenir kar
parole & de la nullité de tcus Ibs Ectts-Gc'nsraux de France^
fiir-Totit depuis te treizième 6ec!e 1^14, on n'a
qo'â lire la bretchnre qui i ptfnr titre
(t far les Z&r&Gènèrmtx t «rai
a paru <Jcrtû«r, le qui fil twoVcfac* t«
i*ft
«banc Telle eft fe
lol»y fin», y
au
le, 4*1
fec le ceit <i*M k»
J'ajouterai encore, que fat*
fonaement de M. de Mirabeau fur i'étabBflênienc
tocrates, & fut de lrautorké>
sopaife ieroieoc pàrraketaest s*ft
4<ie le Peuple ne Um. riét^ parce qae «te^tl»
dmjze fiedes en- il n'orak bsè éomptd
pour rien. Mais cumrac ft eft vrai de ic«fe étw>
»kcr qnc le Peupler et tour; « nuit etmnfte A eH
vrai «tô* «p«»
«il étoit roue r tf<»n*r<rul«meor four La
fctKt des mais poot It force <*«*
le principe de la revient i fem
appikation naturelle & l'on p*»t /e« rappovcef
à lui, sxaoc pour diârper les de filtiUlre
Dépoté, que pour retabtir ^quffîbftf polîfiqwt
du Gouvernement qteon vdttdféli fbffdtf Aff* la
awgk d'un Veto topA.
(M)
légifladf permanent dont les
Membres Ce renouvelleront tous les ans .ou les
deux 4ns, comme nous avons éprouvé depuit
cinq ceoj* ans,» l'horrible influence du defpo-
néceflïté royal niais est
«teodant, ce (croit utr piege dans lequel nous
aurions donne bien 'gratuitement; car M. de
Mirabeau a beau dire» l'expérience du pafle cft
-.•.•;•
T RGÏS I E M &2>:I.;5-.C DUR S.
Notis avons conquis notre liberté; nous avons
déclaré les droits daThomaie; nous avons poiè
les vrais principes de ces droits &r des différents-
pouvoirs politiques des -Gouvernements nous
avons commencé le fuperbe édifice de la prof*
périté & de la gloire Nitionales-Françoifcs-, Jet-
tons maintenant un coup-d'oril fur l'état actuel
4es Nations de la terre, & confierons an mo-
mçnt les fcenes diverfes qui s'y font pauses de-
puis cinquante ans.
Les cinquante dernières années de ce f eclt
feront (inguliérement remarquables il. par le
règne de Frédéric Il., Roi de Pruffe; z©, par
l'exigence de deux femmes,
Catherine H, qui ont troublé &
t 1f
Tope pendant' trente: ans > 30- par
de l'Amérique; 4°. par les. révolutions de 4'Ifl^
éoftan & par celle de Holtande 5*. par Vefprlt
phiiofophique qui a remplacé ptefque partout
Tignorarce & le Wel çfprit, & .qui étend aujourr
d'hui fon influence de toutes part?} 6 par l'excès
de la dépravation des mœurs, des idées & des
-principes politiques dans presque toutes' les Court
*le l'Europe 7*. par les efforts des amis de i'buv
manité & de 1& raifon ? qui en médiiittt /Vr le
ryftcrae d'une liberté univerfelle, n'ont point
oublié te fort des malheureux efriaves noirs (il,
89. par la guerre injufie des deux Cours Im-
périales contre les Tùrcs (2); & 9°. ,par la mé-
(t) CeTt à M. Briflbt de Wrt»ii!c, dont le rcte &
Tdâivité pour le bien public font vraiment admirables
qu'on doit en France rinfcitutioa de ia fociétc conçue
fous le nom d'Amis des noirs. Ses e^cellems- & nombreux
ouvrages n'ont jamais eu pour objet que la liberté des
Peuples & le bonheur de l'humanité. Ils ont finguliexe»
ment influé fur la reWvtion aéhidle. M. de Mirabeau
Ec lui tour, à coup iïir, les deux Ecrivains qui ont joué le
plupgrand rôle dans cette circonstance. La Nation leur
doit à chacun, une bclle couronne civique.
(a) Un certain Auteur auicit peut-être quelque re-
proche a fe faire, iorfque, dans ion EffiU politique fur
il partage de la Turquie d'Europe, imprimé CI: 1776,
il czestoit les deux Cour» Lnpériajes 4 faire h guerre