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La bienfaisance du baron de Montyon , ou ses legs et ses fondations en faveur des hospices et des académies

De
21 pages
Delaunay (Paris). 1826. 18 p. ; in-8.
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Y
LA BIENFAISANCE
DU
BARON DE MONTYON,
ou
SES LEGS ET SES FONDATIONS
EN FAVEUR DES HOSPICES ET DES ACADEMIES.
A PARIS,
Chez DELAUNAY, Libraire, an Palais-Royal.
1826.
N. B. Cette pièce de vers a concouru, en 1825, pour le prix
proposé par l'Académie française.
Aucun des poèmes qui ont été présentés cette année n'ayant
été couronné, le même sujet a été remis au concours pour 1826.
V. BÀLLARD, IMPRIMEUR DU ROI,
Rue J.-J. Rousseau, N°. 8.
1
oAo wo clk)LuieA.
Au dieu farouche des combats
Qu'un autre porte ses hommages :
Je hais la guerre et ses ravages,
Où sous le glaive des soldats
Les temples, les palais, tombent réduits en poudre.
La ruine et la mort épouvantent mes yeux :
Du sanguinaire Mars je déteste la foudre,
Et c'est à leurs bienfaits que je connais les dieux.
Muses, charmantes sœurs, déités tutélaires,
J'aime d'une guirlande à parer vos autels.
Aucun fer meurtrier n'arme vos mains légères;
A l'ombre de la paix vous plantez vos bannières,
Et par des nœuds de fleurs unissez les mortels.
Heureux qui, loin des cours, sans regrets, sans envie,
Aux Muses doucement abandonne sa vie !
Les plus sauvages monts, les plus sombres déserts
S'embellissent à leur sourire.
Leur cortège enchanteur réjouit l'univers,
Et de l'ambition trompant le vain délire,
D'un modeste héritage elles font un empire,
Et rappellent les ris au milieu des hivers.
2
Des biens ni des honneurs mon cœur n'est point avide :
A mon obscur séjour prodiguant leurs attraits,
Elles couvrent ma plage aride
Des jardins d'Armide,
Et changent ma cabane en superbe palais.
Que la fortune, à la marche inconstante,
Sur l'opulent secoue en passant ses rigueurs ;
Vierges de l'Hélicon, votre main consolante
„ Vient essuyer ses pleurs.
Du chantre des métamorphoses
Vous partagez le sort, vous abrégez les nuits;
Et de sa vaine attente allégeant les ennuis,
Sur sa terre d'exil faites naître les roses.
Le Tems, ce vieillard détesté,
Qui, d'une ardeur égale, engloutit dans l'abîme
Le pauvre ou le puissant dans sa fuite emporté,
A votre aspect s'arrête, épargne sa victime,
Sent sa rage adoucie et son glaive écarté.
En vain tout reçut l'être afin que tout succombe;
Celui que les célestes sœurs
Ont enivré de leurs faveurs
S'élance vainqueur de la tombe;
Il brave du destin les arrêts éternels :
Les filles de mémoire
L'environnent de gloire
Et l'élèvent joyeux au rang des immortels.
Peuples, accourez tous aux doux combats des Muses.
L'altière violence et les sanglantes ruses
Par elles avec soin sont mises à l'écart;
Leurs triomphes jamais n'excitent les alarmes,
Ni d'une mère en deuil ne font couler les larmes;
Les Jeux et les Plaisirs suivent leur étendard.
3
Dans les hasards rians qu'un jeune auteur affronte,
La crainte d'un revers ne doit point l'arrêter'
On triomphe avec gloire, on succombe sans honte;
C'est mériter le prix que de le disputer.
Vous qu'une voix divine appelle en la carrière,
Laissez l'Envie en feu s'agiter en arrière;
Mais que de vos rivaux les généreux efforts
Accroissent votre ardeur, redoublent vos transports :
La fortune souvent à l'audace est unie,
Et l'émulation est mère du génie.
Tels on a vu, dans la Grèce autrefois,
Accourir à l'envi les rhéteurs, les poètes,
Et dispater d'immortelles conquêtes,
Que briguait vainement la puissance des rois.
Le spectacle enivrant d'une foule éperdue,
Ses acclamations saluant le vainqueur,
Jusqu'au fond de leur âme émue
Portaient une féconde ardeur.
Pour ravir la gloire d'Eschyle,
Sophocle, comme un aigle, atteignait dans les cieux;
Et dérobant une flamme fertile,
Il rapportait à la Grèce immobile
Les sublimes discours des héros et des dieux.
Grèce, de tous ces jours de bonheur et de gloire
Il ne te reste plus qu'un amer souvenir!
Avec la Liberté les filles de Mémoire
Ont fui ton ciel d'azur, qu'elles ont vu ternir
Par un vainqueur barbare. Ah! puisse un jour venir.
Mais les Muses en France ont transporté leurs fêtes,
Et leurs nobles défis, et leur brillante cour;
Déjà s'ouvre la lice et les palmes sont prêtes;
C'est pour les célébrer qu'on s'assemble en ce jour.
4
A leur voix ont frémi les cordes de ma lyre;
Une flamme inconnue embrase tous mes sens :
Je vais chanter ! o Muses! d'un sourire
Encouragez mes timides accens !
Mais, pour chanter les dons et les bienfaits du sage,
Et son cœur magnifique et ses soins généreux,
Bannissons de notre langage
Le vain éclat d'éloges fastueux;
Et que de MONTYON les vertus bienfaisantes
D'un doux transport venant nous agiter,
Rendent nos chants flatteurs et nos voix éloquentes :
Qui ne sait les sentir ne doit point les chanter.
LA BIENFAISANCEr
DU
BARON DE MONTYON.
Sur les bords opulens où la Seine captive
Par de superbes murs voit renfermer sa rive;
Où de vastes palais les magiques tableaux
De leurs reflets brillans viennent peindre ses eaux ;
Près de ce Louvre enfin que son orgueil contemple ,
Les Muses avec joie ont élevé leur temple.
Pour propager leur culte et maintenir leurs lois,
De ministres fameux elles ont fait un choix.
La porte du lieu saint à leur garde est commise ;
A l'orgueil ignorant, l'intrigue et la sottise,
Leurs vigilantes mains la ferment à jamais,
Et du mérite seul favorisent l'accès.
Dans l'enceinte du temple une insolente ligne
Ne marque point les rangs : l'empire est au plus digne.
Là des ministres saints l'ordre favorisé
En quatre corps égaux apparaît divisé;
Ainsi que les neuf sœurs chaque troupe est unie,
Et tour-à-tour préside aux travaux du génie.
L'une, de l'éloquence et l'organe et la sœur,
Dans la chaire, au sénat, fait tonner l'orateur,

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