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La Cocarde blanche et la cocarde tricolore

13 pages
au cabinet de lecture, Palais-Royal (Paris). 1815. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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BLANCHE
ET
TRICOLORE.
De la nécessité de D'avoir en France
qu' une couleur et qu une opinion.
PARIS.
Au Cabinet de lecture, Palais - Royal, galerie de pierre
n°. 24 , et chez les marchands de nouveautés .
1815.
LA COCARDE BLANCHE
ET LA COCARDE TRICOLORE .
L
ES enfans d' Henri IV ne connurent ja ¬
mais d' autre couleur que la blanche. Cette
couleur, vraiment symbolique, était la remar ¬
que essentielle de la loyauté de l' honneur qui
brûlait alors dans le coeur de tout Français
pour son digne chef, pour le juste intérêt de
la patrie. Orgueilleux de la porter, fiers de
sentimens aussi purs que ceux dont elle est
l'emblème , nos guerriers de tous les temps ,
de toutes les époques , surent faire respecter
et honorer dans l' univers entier la couleur de
la France . Dans tous les pays, la coca de et
le drapeau blancs illustrèrent nos plus proches
et nos plus arrières - neveux. Cette couleur vir ¬
ginale et sans tache désignait le fidèle , le cour -
(4)
tois , le brave paladin , le chevaleresque trou ¬
badour, tout à l'honneur , tout à l'amour , dé ¬
voué jusqu' à la mort à son Prince et à sa mie.
Heureux âge ! Le Prince alors et la patrie n' é ¬
taient qu'un . L' union du monarque avec ses su ¬
jets était aussi intime que celle d' un vertueux
père de famille entouré de ses nombreux en -
fans. Les traîtres n' éprouvaient que des succès
aussi éphémères que passagers ; le félon n'a ¬
vait besoin d'autre supplice pour la vengeance
que d'être livré à ses remords. Confiance et
bonté , tel était le point de contact qui unis ¬
sait réciproquement nos ayeux et leurs augus ¬
tes chefs. Aussi notre nation, citée d'un pôle
à l' autre , faisait l' admiration et excitait l'en ¬
vie de tous les peuples. Partout nous primions,
sans que pour cela nous sachions en abuser;
de même que nous sortions toujours triom -
phans de l' agression que provoquait l'injus ¬
tice. IL n' en était pas comme de nos jours. Juges ,
et médiateurs dans les débats de nos voisins,
notre puissance, scellée de la bonne foi et de
la vaillance, était regardée comme un boule ¬
vard inexpugnable , aussi fort que nécessaire
pour balancer avec succès dans un utile équi -
libre tous les Etats de l' Europe et du monde
connu. Ce n'est jamais eh vain qu' Henri IV et
(5)
ses illustres descendans ont fait retentir ces
mots qui agitent si vivement le coeur de
tout Français dont le patriotisme n' est point un
jeu aussi vague qu' infamant : « Efans , ayez
» les yeux fixés sur mon panache blanc ; vous
» le trouverez toujours au chemin de l'honneur
» et de la victoire. » Jamais aussi le guidon ad-
mirable du Béarnais ne nous a trahi; et co ¬
carde ou oriflamme , la paix et la prospérité
de l'Etat , sauf les revers inévitables des em ¬
pires du monde, ont toujours été notre pos ¬
session, tant que la couleur blanche et les
fleurs - de - lys nous ont montré le chemin de la
gloire et de l' immortalité . Que ces temps sont
changés !..
Depuis vingt - cinq ans , une poignée de fac ¬
tieux, de turbulens agitateurs, d' atroces régi ¬
cides , ont plongé successivement ce superbe
royaume dans toutes les calamités que le gé ¬
nie du mal ait pu inventer . Si brillante qu' était
naguère notre patrie infortunée, elle n' est plus
maintenant que la honte et l' opprobre des na ¬
tions , et en place de sa richesse et sa fécon ¬
dité, elle n' offre plus à nos regards effrayés
que les scènes déplorables de la désolation et
de l' abomination Jamais ces dernières ex ¬
pressions n' ont été employées plus véridique -