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La corbeille de l'écolier : nouveaux compliments en vers et en prose pour fêtes, anniversaires, jour de l'an, cérémonies, etc. (3e édition)

67 pages
Larousse et Boyer (Paris). 1865. 1 vol. (71 p.) ; in-12.
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LA
CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
PREMIÈRE PARTIE
COMPLIMENTS EU PliOSE
Avis important. — Afin d'éviter la monotonie, nous avons dû varier
les titres de nos petits compliments; mais presque tous sont composes de
manière à convenir ans enfants des deux sexes. Ceux adressés à un
père, un oncle, un parrain, etc., peuvent l'être également à une mère, une
tante, une marraine, etc. Eulin, plusieurs, véritablespasse-partout, sont
applicables daus la plupart des cas. 11 suffit de très-légers changements,
qu'il serait superflu d'indiquer, pour les approprier à la circonstance.
POUR LE JOUR DE L'AN
1. — UNE PETITE HIXE A SA MERE.
Bonjour, bon an; voilà ce que chacun répète, et je
fais comme tout le monde. Mais pourquoi? je n'en
sais rien. Mon coeur, que j'interroge, me répond qu'il
ne fait que répéter aujourd'hui ce qu'il désire pour toi
pendant toute l'année.
2. — UN JEUNE ENFANT A SA MÈRE (1).
Bonne maman, je suis petit et n'ai qu'un petit coeur,
mais, tout petit qu'il est, ce coeur fait chaque jour des
( t ) Ce compliment, ainsi que plusieurs autres, peut s'appliquer^
une fêle.
6 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
voeux pour Ion bonheur ; chaque jour tes soins, ta ten-
dresse, y versent des trésors de joie et d'amour. Le
cadeau t'en plaira, je cage; quel présent à tes yeux
pourrait valoir mon petit coeur?
3. — AUTRE. — A UN PLTSE ET A USE MÈRE.
Qu'on est malheureux d'êlre enfanl, d'avoir un
coeur et pas d'espril ! Je voulais, comme chacun, vous
l'aire en ce jour un joli compliment ; j'ai beau chercher
dans ma tête, je n'y trouve que ces mots : .Taiiurpupa,
j'aime maman. Won ignorance vous l'ait sourire; mais
si l'esprit n'est pas satisfait, le coeur n'en demande pas
davantage.
4L. — UN PETIT GARÇON A SON PÈRE.
Cher papa, un nouvel an commence; dés ce matin
j'ai senti baltre mon coeur, c'était pour toi; quand j'ai
fait au bon Dieu ma prière, elle était encore pour toi,
et, dans ce moment où ma tendresse Filiale vient te
prier d'accepter son tribut, mon coeur n'a qu'une
penséo : c'est toujours toi. Puissent les baisers dont
mes lèvres vont couvrir ton front t'en offrir le gage
assuré !
5 — A UN GRAND-PÈRE ET A UNE CRAND'.MÈIVE.
Cher papa, chère maman, vous êtes si bons pour
moi, qu'alors même qu'on ne m'apprendrait pas tous
les jours à vous aimer, je sens, aux battements do
mon coeur, que je pourrais m'en dispenser. Oh! s'il
était assez grand pour parler, quelles jolies choses il
pourrait vous dire en ce jour! mais il ne sait encore
que balbutier : bonjour, bon un; ce qui veut dire :
Que Dieu répande le bonheur sur vos jours et qu'il en
prolonge longtemps la durée! Car s'ils sont précieux
pour papa et maman., ils le sont doublement pour moi.
COMPLIMENTS 7
G — UN FUS A SON PERE.
Tout le monde aujourd'hui s'embrasse, se pardonne;
chacun se félicite ; quel beau jour que le jour de l'an!
Mille cadeaux volent de main en main, et le plus heu-
reux n'est pas toujours celui qui reçoit. Mon cadeau,
cher papa, le voici : c'est le voeu d'un fils, reconnais-
sant de tes bontés sans nombre, qui demande à Dieu
que cette année tout entière passe sur ton front
comme un jour de printemps!
t. — UN FU.S A SA MÈRE,
au nom de ses jeunes frères et soeurs.
Nous venons, chère maman, célébrer en famille le
premier jour de l'an, usage antique et solennel qui,
dit-on, nous vient d'un bon et sage roi. C'est lui qui
voulut que, ce jour-là, chaque parent, chaque ami, se
fit un léger présent. Jlais quel don digne d'elle un
enfant peut-il offrir à sa mère? Nmvs n'avons que nos
coeurs; du moins ils sont remplis d'amour. Accepte-les,
bonne mère, voilà les ('traînes qu'avec joie t'appor-
tent tes enfants.
S. — UNE JEUNE FILLE A SON GRAND-PÈRE.
Cher grand-papa, tu es si bon pour moi que je ne
sais comment l'exprimer mon amour et ma reconnais-
sance, lîn vain je cherche des mots pour te le dire,
mon esprit rebelle est impuissant; je ne trouve qu'une
phrase, mais c'est mou coeur qui me la dicte : « Ta
petite-fille, bon papa, t'aime bien tendrement, et de-
mande ardemment au ciel de pouvoir te le redire, à
pareille époque, pendant de longues années. »
O. r— UNE PETITE-FILLE A SA ORAND'MÈRE.
Les enfants attendent le jour de l'an avec une vive
8 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
impatience; d'où vient cela? C'est qu'ils sont heureux
de pouvoir exprimer tout haut ce que chaque jour leur
coeur pense tout bas. Moi surtout, bonne maman,
j'avais hàle de venir L'exprimer tout l'amour que m'in-
spirent les soins et ta tendresse. Mais mon coeur
me dit que c'est trop peu d'un témoignage pour tes
bontés sans nombre, trop peu surtout pour ma recon-
naissance. Aussi, chère maman, je viens te prier d'en
accepter l'offrande.
I©. — UNE FILLE A SON I>ERE VEUF.
Cher papa, pour prix de mon amour, si Dieu me
permettait de régler tes destinées, quel plaisir j'aurais
d'en prolonger le"cours! avec quel soin tu me verrais,
me souvenant de ta tendre sollicitude pour mon en-
fance, écarter de ton front les soucis et les chagrins!
Mais console-toi de mon impuissance; lorsqu'on est
aimé de tout le monde, on ne vieillit jamais; quand,
comme toi, l'on compte les jours par les bienfaits, les
ans n'ont point d'automne, la vie est un perpétuel
printemps. L'année qui comiinnce, comme celle qui
vient de finir, comme celles qui suivront, ne peut
donc, ô mon bon père! qu'ajouter à ton existence des
jours innombrables, accompagnés d'un bonheur visi-
ble pour tous ceux qu'attire le doux parfum de tes
vertus et de ta bonté.
11. — UN FILS A SA MÈRE.
D'où vient que ce jour fait palpiter mon coeur, et
que, chaque année, j'en attends le retour avec tant
d'impatience? Ta tendresse serait-elle aujourd'hui plus
grande pour moi, tes soins plus empressés, ta bonté
plus parfaite, ou mon amour serait-il plus ardent, mon
respect plus profond? Oh ! non, mon coeur me dit qu'il
est toujours le même, et que le tien ne change pas.
Mais Ja nature, aussi bien que l'usage, a consacré ce
COMPLIMENTS 9
beau jour à la reconnaissance, et il ne peut ■venir assez
vite, puisqu'il m'offre l'occasion de rendre grâce à
Dieu de ra'avoir donné une mère aussi bonne, aussi
tendre, et de payer en baisers et en caresses, mon
unique fortune, les bienfaits dont tu te plais à embellir
mon existence.
12. — UN JEUNE ENFANT A SES TARENTS.
En ce jour de voeux et d'espérances, que peut désirer
un fils pour son bon père, pour sa tendre mère, si ce
n'est que Dieu daigne bénir leurs travaux et leur ac-
corder, avec la santé, des jours calmes et prospères?
Dans ce souhait que j'adresse ardemment au ciel, ma
part, j'en conviens, est bien belle; car n'est-ce pas
demander pour moi la joie et le bonheur? Quant à mes
espérances, elles ne peuvent me tromper : celui qui a
dit : Laissez venir à moi les petits enfants, exaucera,
j'en suis sûr, ma prière.
13- — IÏX FILS A SON TÈIVE ET A SA MERE.
Chers parents, beaucoup regardent les compliments
du jour de l'an comme une politesse banale, autorisée,
commandée même par l'usage. Que l'on pense ainsi
dans un certain monde, c'est possible; mais, au sein
d'une famille tendrement unie, c'est un devoir bien
doux pour un fils reconnaissant de remercier Dieu,
qui conserve à son amour un père, une mère, don t
les soins, la sollicitude, la tendresse, écartent du sen-
tier de sa vie les soucis et les ronces, ne laissant
croître pour lui que les roses du bonheur. C'est donc
avec joie quej'e vois l'aurore de cette nouvelle année;
puisse-t-elle finir pour vous aussi heureusement qu'elle
commence !
Ï4L — A DES PÈRE ET MERE ADOPTIFS.
0 vous, couple généreux, qui daignâtes prendre la
1,
10 LA CORBEILLE DE L ECOLIER
place des auteurs de mes jours, veuillez accueillir avec
votre bonté accoutumée les voeux ardents que je forme
pour votre bonheur. Cet hommage de celui que vous
nommez votre entant ne peut vous surprendre; un
coeur formé par vous doit aimer à remplir ses devoirs.
Vos années, pour moi, se comptent par des bienfaits,
vos jours par des pensées de sollicitude et de tendresse.
Plus heureux que Titus, jamais ou ne vous entendit
dire : J'ai perdu ma journée, et le monde honorerait
votre image, si, comme autrefois, on élevait encore
des autels à la vertu !
85. — UN COLLÉGIEN A SES PARENTS.
L'histoire nous apprend que nos vénérables aïeux,
au premier jour du l'an, recevaient, de la main de
leurs prêtres, le ijui sacré, coupé avec grande pompe,
car il devait les préserver de la maladie. Nous, enfants,
assurément mieux inspirés, nous cueillons sans façon,
en ce jour, sur le front de nos parents, un baiser qui
doit nous donner du bonheur pour toute l'année. Ils
tenaient leur coulume de la vilaine superstition ;
nous, nous devons la nôtre à la nature; l'amour la
grava dans nos coeurs. Permettez donc, chers parents,
que je puise en vos bras ma félicité accoutumée, et
que, en échange d'un si grand bien, je vous offre,
avec l'hommage de ma reconnaissance, mes souhaits
aussi vifs que sincères pour l'accomplissement de
tous vos désirs.
I©. — A UN ONCLE.
Mon cher oncle, il n'y a point de pauvres aujour-
d'hui; jeunes et vieux, tout le monde est riche. Ser-
ments et souhaits sont une monnaie courante que
chacun se prodigue à i'envi; on les donne, on les re-
çoit sans compter. Bonjour, bon an, voilà la formule
COMPLIMENTS 11
universelle que la bouche prononce, sans que le coeur
" bien souvent y prenne part. Rarement, j'en conviens,
on y ajoute foi, et j'ai bien peur que mes voeux
n'éprouvent le même sort. Pourtant, quelque chose
mejassure : le mensonge n'entre jamais dans ta de-
meure; tous ceux qui te connaissent te chérissent,
t'estiment, et tes bontés ont pénétré mon coeur de la
plus vive reconnaissance". Tu ne peux donc accuser ce
coeur d'imposture, et tu sens qu'il dit vrai lorsqu'il
te renouvelle sa protestation dé dévouement et de ten-
dresse, lorsqu'il demande à Dieu pour toi des jours
aussi longs qu'heureux.
V7. —r A UNE TANTE.
Chère tante, tout, dit-on, change ici-bas; telle est
la loi immuable de la nature. Un an succède à l'autre,
et les jours, qui se suivent, se ressemblent rarement.
Moi, je réponds avec assurance qu'il est des choses à
l'abri de cette vicissitude, et qui sauront braver la faux
du. temps : ce sont tes vertus, ta bonté, mon amour et
ma reconnaissance.
18. — TIN JEUNE ENFANT À SON TUTEUR.
Mon cher tuteur, bénie soit l'aurore de cette nou-
velle année! Pourrais-je ne pas m'en réjouir, quand
je sais que vos bienfaits m'aideront, comme par le
passé, à en achever le cours? Je voudrais vous
exprimer, ainsi que je la sens, la vive tendresse
que m'inspirent vos inépuisables bontés. N'accusez
pas ma volonté, ne doutez pas de mon dévouement et
de ma reconnaissance, mais daignez excuser ma jeu-
nesse.
19. — A UNE BIENFAITRICE.
Madame, si le ciel permettait à ma tendresse de
régler-le cours de vos destinées, vous verriez tous vos
12 LA CORBEILLE DE L ÉCOLIER
voeux s'accomplir et vos jours s'écouler dans une en-
tière félicité. Chaque année m'apprend à vous aimer
davantage, à mieux apprécier les douces vertus que
vous faites briller à mes yeux, et dont vous êtes le sé-
duisant modèle. Aussi, mon coeur, je l'espère, pourra
un jour, vers le déclin de vos ans, vous rendre le bon-
heur dont vous aurez embelli l'aurore de ma vie.
£©. — A UN BIENFAITEUR.
Monsieur, l'intelligente tulipe s'ouvre aux rayons du
soleil qui lui donna l'exislence et se ferme lorsque
cet astre s'enfuit; le sensible ormeau, que rafraîchit en
passant le ruisseau qui serpente à ses pieds, étend
sur l'onde murmurante un vert feuillage pour entre-
tenir la fraîcheur de ses eaux; tous deux sont recon-
naissants du bien qui leur est l'ait. Qu'ils sont heu-
reux, et que j'envie leur sort, moi qui n'ai rien,
monsieur, à vous offrir en échange de vos bontés, si
ce n'est des voeux, bien ardents, il est vrai, pour vous
remercier de vos nombreux bienfaits! Ah! du moins,
ils ne seront pas stériles, soyez-en persuadé, et cette
année nouvelle vous apportera des jours fortunés,
car le ciel aime et protège les coeurs vertueux et bien-
faisants.
2i. — A UNE PROTECTRICE.
En vain la voix de la reconnaissance s'élève clans
mon coeur; en vain ma bouche veut vous faire enten-
dre ses accents; l'expression me manque pour vous
peindre comme je le voudrais ma profonds gratitude.
Telle on voit, en nos champs, la plante grandir et
sembler vouloir atteindre les deux pour remercier le
Créateur ; mais elle comprend son impuissance et
courbe devant lui son front respectueux. Ainsi, vous
me voyez, madame, bénir la main bienfaisante qui me
soutient; semblable à la faible plante, dont le parfum
COMPLIMENTS 13
s'exhale vers le ciel, mon coeur adresse pour vous au
Seigneur des voeux bien sincères, qu'il sent; mais ne
peut exprimer.
22. — UNE JEUNE FILLE A UNE MARRAINE.
S'il ne s'agissait, chère marraine, que de vous
offrir mes voeux de bonne année, je ne serais nulle-
ment embarrassée; mais je tiens à vous exprimer ma
tendresse et ma reconnaissance, et je ne connais pas
d'expressions capables de bien rendre ces sentiments.
Prenant donc pitié de ma jeunesse et de mon inexpé-
rience^ daignez, bonne marraine, accepter ce bouquet
d'éternelles et de pensées, emblèmes de l'une et de
l'autre. Elles vous diront que je vous aime de tout
mon coeur, et que le souvenir de vos bontés y est gravé
pour toujours.
IGTIEËS
23. — UNE JEUNE PENSIONNAIRE A SA MERE.
Je profite avec empressement de l'occasion que
m'offre le nouvel an pour te renouveler l'assurance de
mon amour et de ma reconnaissance; ce seul motif
me faisait attendre impatiemment son arrivée. Ta sol-
licitude constante, tes bontés incessantes, que sem-
blent redoubler l'éloignement et l'absence, me l'ont
bénir chaque jour davantage le Dieu bon et miséricor-
dieux qui daigna me donner une mère si tendre, si
indulgente et si dévouée à son enfant. Puissé-je, à
mon tour, marchant sur tes traces, le procurer la
jouissance de posséder une fille sage et vertueuse!
Bien souvent je prie le Seigneur de te rendre heu-
reuse et de te combler de ses grâces; sans doute il
exaucera ma prière, et, dès ce monde, tu recevras
14 LA CORBEILLE DE l/ÉCOLIER
juste récompense réservée aux âmes d'élite, que Dieu
se plaît à créer çà et là pour servir d'exemples sur la
terre.
S'S. UN FILS A SON TÈRE.
Voici, cher papa, mes souhaits de bonne année; mon
coeur, sois-en bien persuadé, me les dicte, et non
l'usage; ma pluma ne l'ait que répéter, en ce jour, ce
que, soir et matin, mou âme demande à Dieu, car
pour toi sont toujours ma première cl, ma dernière
pensée. Puissent tes années égaler en nombre les bien-
faits dont tu comblas mon enfance ! que ta santé,
comme ta tendresse pour moi, soit toujours parfaite, et
que rien ne vienne altérer ton bonheur, pas plus que
les sentiments d'amour, de respect et de reconnais-
sance qui animent le coeur de ton (ils !
25. UNE JEUNE PENSIONNAIRE A SES PARENTS.
Fidèle à une coutume pieuse et louable, je viens,
chers parents, vous renouveler, au commencement de
Tannée, l'assurance de mon respect filial, de ma re-
connaissance pour toutes vos boutés, qui me rendent
si facile l'accomplissement de mes devuirs. Mais ces
mots : devoir, respect, reconnaissance, ne valent pas
celui d'amour, qui seul exprime, à mon gré, les senti-
ments qui se pressent dans mon coeur. Oui, je lésons,
je vous aime de toutes les forces de mon âme : jamais
je ne me lasserai de vous le répéter. Puisse Dieu per-
mettre à votre fille de vous le redire encore dans cin-
quante ans!
2G. — UN JEUNE ÉCOLIER A SES PARENTS,
en leur envoyant une page d'écriture.
Cher papa, chère maman, le renouvellement de
l'année m'offre l'occasion de me rappeler à votre ten-
COMPLIMENTS 1S
dresse; j'en profile pour TOUS adresser une page de
mon écriture. J'aurais voulu vous envoyer des êtrennes
plus dignes de vous; mais j'ai fait de mon mieux, et
j'aurai réussi si vous reconnaissez, dans ce faible
essai, mes efforts pour vous payer, par mon travail, de
vos soins et de vos sacrifices. J'espère vous prouver,
plus tard, par mes succès, tout mon amour et
ma reconnaissance. Si vous pouviez lire dans mon
coeur, vous verriez que ces mots y sont parfaitement
écrits.
2¥. — UNE JEUNE TILLE A SA MKllU.
Chère maman, tu m'as si souvent dit que les faiseurs
de compliments n'élaient pas sincères, que je riais
beaucoup en voyant mes compagnes se creuser la tète
pour écrire leurs brouillons de lionne année. Mais ma
maîtresse m'a dit que c'était un devoir, et j'obéis.
Seulement, interrogeant mon coeur, je te dirai tout
simplement que je t'aime bien tendrement, et qu'il en
sera de même toute ma vie. Ob ! puisse la prière qu'en
ce moment j'adresse à Dieu arriver jusqu'à lui, et tous
tes désirs seront promplement remplis, et tu vivras
longtemps pour faire le bonheur de ceux qui t'aiment,
surtout celui de ta petite fille.
2S. — UN rus A SON rÈr.E.
Cher papa, docile à tes conseils, je me livre avec
ardeur à l'élude, et mes mai 1res paraissent contents de
moi. Si tu m'en vois joyeux, c'est que mes petits succès,
j'en suis sûr, le feront plaisir, et que je ne pouvais
mieux, a ton gré, inaugurer l'année qui commence.
Telles sont, cher papa, les Urémies que je te prie d'ac-
cepter; j'y joins un coeur tendre, aimant et respec-
tueux. Tu ne peux refuser mon hommage; car ce coeur
fut formé par les soins, et les sentiments qui l'animent
sont l'oeuvre de ta tendresse. .
16 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
29. — UN GRAND-PERE ET A UNE GRAND'MERE.
Bon-papa, bonne-maman, vous êtes, avec les auteurs
de mes jours, ce que j'ai de plus cher en ce monde. Je
voudrais pouvoir vous le dire aussi souvent que je le
pense, mais mon coeur et mon corps sont captifs;
l'oiseau ne gazouille plus guère lorsqu'il est renfermé.
Toutefois, je saisis avec joie l'occasion du renouvelle-
ment de l'année pour vous remercier de toutes vos
bontés passées, et vous prier d'agréer les souhaits que
j'adresse au ciel pour la conservation de deux exis-
tences qui me sont si chères. Continuez, je vous en
supplie, de chérir votre petit-lils aussi tendrement
qu'il vous aime.
«14>. — A UNE TANTE.
Chère tante, les années se succèdent sans se res-
sembler ; il n'y a que vos lion lés et ma reconnaissance
qui ne changent pas. Je voudrais pouvoir vous exprimer
ce que je sens si bien, mais les mots me semblent im-
puissants à rendre ma pensée. L'esprit parfois peut être
ingénieux, mais ses finesses ne valent pas l'éloquence
du coeur. Le compliment le mieux écrit est bien pâle
auprès de ces mots si simples : Je vous aime. Oui,
chère tante, je vous aime; à cette vérité permettez-
moi de joindre l'hommage de mes voeux pour l'ac-
complissement de vos désirs.
3B. — A UN PARRAIN, TUTEUR OU PROTECTEUR.]
Mon cher parrain, souffrez qu'au renouvellement
de l'année je vous exprime les sentiments de recon-
naissance dont mon coeur est pénétré. Orphelin dès ma
plus tendre enfance, vous avez bien voulu me tendre
une main prolectrice, devenir pour moi un second
père. Que ne dois-jo point à vos bons soins, à vos
sages conseils! Comblé par vous de bienfaits, je n'ai,
COMPLIMENTS 17
jusqu'à ce jour, cueilli que des fleurs dans la vie;
TOUS en avez sans cesse écarté les épines. C'est à moi,
désormais, à vous prouver ma reconnaissance par une
conduite exemplaire et des travaux couronnés de
succès. Oui, je réussirai; car je n'ai qu'une pensée,
qu'un but : me rendre digne de vous et de vos
bontés. En attendant l'effet de mes promesses, daignez
agréer les voeux bien sincères que je forme pour votre
bonheur.
3®. — UN FILS A SES PARENTS.
Voici l'époque où notre imperceptible planète vient
d'accomplir le trajet que Dii'ii lui a tracé ici-bas. Je
m'empresse de vous en manifester ma joie, puisque
ce jour est pour moi l'avertissement d'un devoir bien
doux à remplir, celui de vous offrir l'hommage de mes
sentiments respectueux et dévoués, et de vous renou-
veler les voeux que je forme pour votre bonheur. Je
me félicite encore de cette heureuse circonstance,
puisqu'elle me fournit l'occasion de songer qu'en avan-
çant dans le sentier de la vie, ma raison, qui grandit,
peut mieux apprécier vos bienfaits, mon coeur sentir
plus vivement le bonheur de vous aimer, et qu'enfin
l'étude, dissipant peu à peu les ténèbres de mon esprit,
me permettra un jour d'être digne de vos soins et de
votre tendresse. C'est dans ces dispositions que j'inau-
gure l'année qui commence, vous priant d'agréer mes
respectueuses félicitations.
: ,' ' 33. —' AUTRE.
Encore, une année qui finit et une autre qui com-
mepceltBravp! point de monotonie dans la nature. Et
;;songer çrUe, notre beau soleil est en route pour revenir;
'qUèj bientôt^ ,hos; campagnes vont se parer de leur
riante verdure, et les oiseaux recommencer leur ga-
18 LA CORBEILLE DE L'ECOLIER
zouillement dans le feuillage! c'est la joie qui accourt.
Salut donc au retour de tous les plaisirs innocents,
salut au nouvel an qui nous donne laul, d'espérances
et aussi parce qu'il nous rappelle les voeux que nous
devons adresser à Dieu pour la conservation des êtres
chéris qui nous l'ont aimer l'existence ! Veuillez, chers
et bons'parents, agréer à la fois et mes souhaits affec-
tueux et rhuiumnge de mon respectueux dévouement.
A l'exemple du bon roi Henri, dont le souvenir
semble narguer les années : Je vous embrasse à tort et
à travers-
ai. — IN ÉCOLIER A SON PÈRE ET A SA MERE.
Enfin mes voeux se réalisent, voici le grand jour des
étrennes et des souhaits. Pour les étrennes, mille raisons
puissantes, à mon âge, me dispensent d'en distribuer;
mais rien ne s'oppose à ce que j'accepte de grand coeur
celles qu'on voudra bien m'octroyer. Quant aux sou-
haits, c'est différent, je suis en fonds pour en faire une
large et généreuse distribution. A vous, cher papa et
chère maman, revient naturellement la plus grosse
part. Veuillez donc accueillir les ardentes prières que
jsadresse à Dieu, aujourd'hui comme toujours, pour
qu'il daigne vous accorder de longs et heureux jours.
35. — ux JEUNE HOMME, LANCÉ DANS LE MONDE,
A SES PARENTS.
Une comparaison burlesque se présente à mon esprit
à l'occasion du renouvellement de l'année : la succes-
sion du temps me semble avoir une ressemblance par-
faite avec un manège de chevaux de bois. Le tour
achevé, l'autre recommence; il n'y a pas de raison
pour qu'il n'en soit pas toujours ainsi, à moins que le
grand moteur ne juge convenable d'arrêter tout a coup
l'impulsion dont il anime la machine.
En attendant cet instant d'une halte solennelle, moi,,
COMPLIMENTS i 9
cavalier grimpé sur mon cheval d'argile, je continue à
courir la bague. Cette bague, c'est la fortune, que je
désespère d'attraper; car elle marche avec une vitesse
capable do laisser loin derrière elle la locomotive
lancée à toute vapeur. Laissons-la courir, et recueil-
lons-nous un moment pour adresser au ciel, avec une
religieuse ferveur, les voeux qui débordent de mon
coeur, et qui ont pour unique objet votre parfaite féli-
cité. Tels sont, chers parents, les sentiments que
j'aime à vous renouveler au début de l'évolution qui
nous entraîne, et que je désire bien sincèrement voir
s'accomplir sans le plus léger accident.
Veuillez, je vous prie, recevoir mes affectueux em-
brassemenls, et me croire votre tout dévoué et respec-
tueux fils.
COMPLIMENTS
POUR FÊTES OU ANNIVERSAIRES.
55©. — UNE JEUNE FILLE A SA MÈRE.
Peu de talent, mais beaucoup d'amour, voilà, chère
maman, tout ce que je possède. Je voudrais en savoir
davantage, afin de pouvoir célébrer dignement ta fête;
mais comment le payer de la tendresse infinie, de ton
inépuisable bonté, des mille soins dont Lu entoures
mon enfance? Ta fille n'a que ses bras caressants pour
enlacer ton cou, que ses lèvres impatientes pour cou-
vrir ton front de baisers. C'est un don bien léger sans
'20 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
floule ; ce qui lui donne quelque valeur, c'est qu'il est
offert par l'amour et la reconnaissance.
37. — IN FILS A SON I>ERE.
Cher papa, n'attends point de moi un de ces com-
pliments qui partent de l'esprit sans être dictés par le
coeur. Trop jeune encore pour savoir embellir mon
langage, mes paroles sont uniquement l'écho de mes
sentiments; mon hommage n'en sera que plus pur et
plus sincère. Puisse le Dieu bon, que j'invoque avec
amour, veiller sur ton existence et répandre sur toi
ses bienfaits! Si mes voeux sont exaucés, chacun de
tes jours sera l'été par le bonheur.
38. — UN ENFANT A SON CRAND-PÈRE.
Bon grand-papa, on me dit que c'est aujourd'hui ta
fête; on se trompe assurément; c'e^l bien plutôt celle
de ton pelit-fils, puisque ce jour permet à ma tendresse
de prendre ses ébats, de te dire combien j'admire tes
vertus, de t'exprimer à quel point je t'aime, de t'offrir
enfin, par mes transports joyeux, l'imat;e du bonheur
que je dois à tes bontés sans nombre. Peut-être, bon-
papa, te suffit-il de recevoir amour pour amour : mais
ce n'est pas assez pour moi, et si Dieu daigne exaucer
mes voeux, abrégeant mes années pour allonger ta vie,
tu atteindras l'âge d'un patriarche, et, comme Jacob,
tu pourras bénir les fils de tes petits-enfants.
39. — UNE JEUNE FILLE A SA GIUND'MÈRE.
Bonne-maman, comme la plus jeune, c'est à moi
de te fêter la première, et cependant grand est mon
embarras. Je ne veux point l'offrir de fleurs, leur par-
fum serait effacé par celui de tes vertus. 11 est superflu
de te souhaiter le bonheur, ne règne-t-i! nas foujouvr-
COMPLIMENTS 21
dans une âme pure et bienfaisante? Eh bien! dussé-je
te paraître égoïste, je demanderai à Dieu qu'il me per-
mette de redire encore longtemps, bien longtemps,
comme aujourd'hui : Bonne-maman, je t'aime mille
fois plus que tu ne peux le penser.
4©. — UNE PETITE FILLE A SA MERE.
Chère maman, lorsque chacun, un bouquet à la main,
accourt le rendre hommage, ta (ille veut aussi t'appor-
ter son offrande. Amour, dévouement, reconnaissance,
voilà mes fleurs; mieux que les filles de Flore, elles
parlent le langage du coeur.
41. — UN PETIT GARÇON A SON PERE.
Cher et bon papa, depuis huit jours je sais que c'est
aujourd'hui ta fête, et depuis ce temps je cherche en
"vain un compliment pour célébrer ce beau jour. Mon
coeur n'a pu et ne peut encore que balbutier ces mots :
Je t'aime. Si tu n'en doutes pas, je n'ai plus rien à
désirer. Mais je vois tes bras s'entr'ouvrir, je suis
heureux : sans doute, l'année prochaine je t'en dirai
davantage.
4®. — UN ENFANT A SES PARENTS.
Cher papa et chère maman, vous à qui je dois le
jour, qui entourez mon enfance de soins si tendres,
si affectueux, que puis-je vous offrir, en ce jour de
joie et d'ivresse, en échange de vos nombreux bien-
faits? Je n'ai que des voeux ; mais si Dieu, voyant
leur ferveur et leur sincérité, daigne les exaucer, vous
coulerez des jours sans nuages; la santé, ce bien si
précieux, brillera sans cesse sur vos fronts, et votre
vie, qui n'aura été qu'une belle journée, verra le bon-
heur luire à son déclin comme à son aurore.
22 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
43. — UN ÉCOLIEK A SA MÈllE.
Chère inaman,
Que d'autres cherchent et trouvent, parmi les dons
de Flore, les heureux emblèmes des vertus de leur
mère, et qu'ils accourent joyeux eu orner le front
maternel, liélas ! j'ignore encore lu langage des fleurs,
et je n'ai pu le retracer à mon gré l'image de tant de
qualités, source de mille bienfaits, que je vois briller
en toi. Mais, du moins, je puis te poindre mon amour
et l'exprimer ma reconnaissance. Une immortelle me
suffisait: en la cueillant, mon coeur m'a dit que ce
bouquet, bien simple et bien léger, aurait cependant
le bonheur de te plaire.
'1-1. — UN ENFANT A SON PL'RE,
Un bouquet et un baiser, voilà, ponsais-jc, de quoi
fêter dignement, un bon père, Àiais à quoi bon un
bouquet'.' Tous les trésors de nos jardins ne valent pas
les fleurs (pic la main bienfaisante se plaît à répandre
chaque jour sur mon existence. Un souhait te plaira
mieux. Cher et bon père, puisse l'amour de ton (ils,
puissent sa vive reconnaissance et son aveugle soumis-
sion à tes désirs, répandre, à leur tour, quelque charme
sur ta vie et en prolonger le cours !
45. — l'NE JEUNE DEMOISELLE A SA MERE.
Chère maman, pour te souhaiter ta fête je voulais
faire choix d'un bouquet : le réséda me disait que tes
qualités surpassent les charmes; la violette, que la
modestie se cache sous tes traits; Y oranger, que ta
bonté pour moi est inépuisable; la rose me rappelait
tes grâces, l'oeillet ton esprit, et la mousse ton amour
maternel. J'allais les cueillir; mais, rélléchissant :
« Non, non, m'écriai-je, j'ai mieux que cela : cent
baisers formeront mon bouquet. »
COMPLIMENTS 23
-flG. — POUR UN ANNIVERSAIRE.
Chère maman, on me disait, lorsque j'étais petite,
qu'une fée, autrefois, assistait à la naissance de chaque
enfant, et lui faisait des dons divers. Longtemps j'ai
cru que c'était un coule; mais, aujourd'hui, je suis
bien tentée de penser le contraire. En te voyant, si
bonne et si aimante, dislriboer le bonheur à tous
ceux qui t'entourent, je me dis qu'en effet il est des
femmes privilégiées, au berceau desquelles vient s'as-
seoir encore une fée bienvriiiaide, qui prend soin d'or-
ner leur coeur des plus nobles qualités, leur esprit des
grâces les plus exquises. Le jour où tu naquis, jour où
la bonté, la bienfaisance, vinrent se fixer dans ta de-
meure, est donc pour nous le plus beau de tous ; et
tu ne dois pas être surprise si, unissant leurs voix dans
un concert de joie et de félicitations, l'amitié, la
reconnaissance et l'amour s'empressent d'en célébrer
l'heureux anniversaire. Si l'amour parle le premier,
c'est qu'il est impatient de te dire qu'il part d'un coeur
qui t'appartient pour la vie.
47. — AUTRE.
Voici donc, cher papa, l'heureux anniversaire du
jour qui te vit naître. Naguère mon coeur palpitait
d'impatience; il bat aujourd'hui de joie et de bonheur.
Car ce jour me permet de te dire tout haut ce que je
pense tout bas, que je t'aime de lotîtes les forces de
mon âme, et que tes bienfaits de chaque jour ont été
semés dans le champ de la reconnaissance. Aussi mon
coeur, qui, formé par tes soins, te doit les plus pures
comme les plus douces jouissances, le promet de
n'avoir désormais d'aulre souci que celui de combler
tes désirs en cherchant à imiter les vertus dont l'exemple
est sans cesse sous mes yeux.
24 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
48. — À UN ONCLE.
Mon cher oncle, à mesure que je grandis, je sens
plus "vivement le besoin de te donner un nouveau
témoignage de mon vif attachement, 'l'a fête m'est une
occasion trop précieuse pour que je ne la saisisse pas
avec empressement, Permels-moi donc de t'offrir les
souhaits sincères que je forme pour Ion bonheur, et de
t'assurer que les bornés sans nombre ont provoqué
dans mon coeur la plus ardenle reconnaissance. Dieu,
qui lit clans mon coeur et . ; ni voit son désir et son im-
puissance, daignera se charger d'acquitler ma dette, et
répandre sur tes jours la félicité que méritent tes
vertus.
'fi®. — A UNE TANTE.
Chère tante, est-il au monde plaisir plus doux que
de fêter ceux qu'on aime? Non, n'est-ce pas? Aussi je
viens, le coeur joyeux, l'apporter mes voeux et mon
bouquet. Permets-moi, en t'olïranl ce gage de ma ten-
dresse, de t'assurer que, chaque jour, je prie Dieu de
le bénir et de répandre sur toi ses grâces. Pourrait-il
en être autrement quand on voit briller en toi les
vertus les plus rares, alors que lu te montres sans
cesse si bonne et si dévouée pour tous ceux que tu
affectionnes? Reçois donc, chère tante, mes souhaits
pour ton bonheur, et laisse-moi répéter encore : Est-il
plus doux plaisir que de fêter ceux qu'on aime?
5©. — JEUNE ENFANT PAUVRE A UNE 5IAU1UINE.
Quand je vois chacun, chère marraine, venir vous
fêler un bouquet à la main, et vous offrir ainsi un gage
de tendresse, je pleure de dépit, car je n'ai que mon
coeur; ce coeur est toute ma richesse. Mais veuillez
l'accueillir, chaque jour il vous dira : Je vous aime,
marraine ; ah ! daignez-, daignez me chérir de même
COMPLIMENTS 25
51. — A ENE BIENFAITRICE.
Je voudrais, madame, vous peindre en ce jour mon
respect cl ma reconnaissance ; les paroles se pressent
sur mes lèvres, mais elles me semblent de glace, quand
mon coeur est brûlant. Que fcrai-je alors? Je prierai
Dieu de répandre sur vous ses bénédictions; lui seul
connaît vos mérites, et sait les heureux que l'ont cha-
que jour vos bienfaits. Celui qui a dit : Un verre
d'eau donné en mon nom sera rétribué, ne laissera pas
vos vertus sans récompense et acquittera la dette du
pauvre, qui n'a que sa gratitude à offrir. Daignez
ïlonc permettre qu'elle s'épanche eu votre sein, et ac-
cueillez avec boulé les voeux de l'enfant qui apprit de
vous l'art d'aimer.
5~. — A EN BIENFAITEUR MALADE.
Monsieur, pourquoi faut-il que notre joie se change
en deuil, que la tristesse se joigne au piuisir que nous
cause votre fête? Mais ma tendresse s'alarme à tort; le
temps, qu'on dit inexorable, respecte la vertu souf-
frante. Oui, j'en crois mes pressentiments, bientôt la
santé reviendra dans celte maison, qu'elle n'eût jamais
dû quitter; vous vivrez encore de longs jours, vous
vivrez pour jouir du bonheur des heureux que vous
faites.
53. — A I!NE TANTE.
Enfin, chère tante, luit le jour de la fête; je puis,
hautement et en ta présence, adresser au ciel les voeux
que pour toi forme ma tendresse. Mon Dieu! vous
voyez son coeur, il n'en est point de pins pur; son ca-
ractère, bien rarement il en fut de meilleur ; sa bien-
faisance, elle semble inépuisable. Tant de précieuses
qualités veulent une récompense; comme à vos anges.
Seigneur, donnez à ma tante les joies de l'âme; accor-
dez-lui le bonheur sur la terre.
26 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
5-8. — A UNE MARRAINE.
A quoi bon, chère marraine, chercher de grands
mois pour célébrer voire fêle? Le langage du coeur,
qui dit tout simplement : Je vous ai/ne, \aut, selon moi,
niillc fuis mieux, liai-jc demander aux Heurs quelque
ingénieux emblème? mais l'image est bien pâle auprès
de la réalité. Je cous aime, chère marraine, sera donc
à la fois mon compliment et mou bouquet; il n'en est
point de plus vrai, de plus durable.
»«>. — A UN RICHE PROTECTEUR.
On dit que le mérite et la fortune ne marchent point
de compagnie; que là où brille l'une, l'autre hésite à
se montrer. Assurément cVst une erreur, puisqu'on
vous sont réunis et le bonheur et la vertu. En voyant
l'esprit, la bonté, la richesse, s'ébattre gaiement dans
votre demeure, et chacun chercher à embellir votre
destinée, quel voeu pourrais-je former pour vous eue
jour? Le ciel semble avoir comblé tous vos souhaits. Il
en est un cependant, un seul : c'est de savoir vous
plaire aussi longtemps que je saurai vous aimer.
5>©. — UN ÉCOLIER A SON PARRAIN»
Je voulais célébrer vos vertus, chanter les heureuses
qualités que chacun reconnaît en vous; mon maître
m'avait l'ait un compliment rempli d'esprit. Je le sa-
vais hier, el, ce matin, j'ai tout oublié. Mais mon
coeur, dont la mémoire est plus lidèle, s'est souvenu
qu'il vous aimait hier, qu'il vous aime aujourd'hui,
comme il vous aimera toujours; aussi, consolé de nia
mésaventure, je vous dirai tout simplement : Conti-
nuez, cher parrain, de chérir celui dont la tendresse
égale le respect et le dévouement.
COMPLIMENTS 27
5>7. A UN TUTEtR.
Mon cher tuteur, une jeune vigne, battue par la
tempête, était sur le point rie périr : un bel ormeau vit
la pauvre délaissée; il s'attendrit, et, lui présentant
son tronc vigoureux qu'elle enlace, brava l'orage avec
elle et sut l'arracher nu trépas. Dans ce tableau, vous
reconnaissez en moi la vigne abandonnée, vous fûtes
le sensible ormeau. A vos bontés, à vos bienfaits, je
dois le soin de mon enfance; votre exemple, vos ver-
tus, m'ont appris à aimer le bien, à fuir le mal. Dai-
gnez, en ce jour de votre fête, agréer mes bien vifs re-
mercîmeiits, et croire que ma reconnaissance, ne s'é-
teindra qu'avec ma vie.
59. A UN INSTITUTEUR.
Monsieur, voire fête nous réunit tous autour de
vous; nous sommes heureux de vous apporter nos hom-
mages, tribut affectueux que déposent à vos pieds nos
coeurs, en échange de vos soins incessants et de vos
inappréciables bontés. Quel doux empire est le vôtre!
Vous régnez parla lcmlresse; la justice et la raison
commandent, par votre organe. Le savoir dicte vos
leçons, la douceur les grave dans noire esprit et dans
nos coeurs; chacune de vos paroles est l'expression de
la sagesse. Enfin, vos efforts n'ont qu'un but, qu'un
désir : préparer notre bonheur. Aussi tous, vous regar-
dant comme un second père, nous venons avec joie
vous renouveler, en ce jour, l'assurance de notre res-
pectueux attachement et de notre sincère reconnais-
sance.
59. A UNE INSTITUTRICE,
en lui offrant une immortelle et une pensée.
Madame, ces deux fleurs, mieux que ne le pour-
raient faire nos paroles, vous peignent nos sentiments;
28 LA CORBEILLE DE L'ÉCOLIER
daignez en accepter l'hommage. Vimmortelle vous re-
trace l'attachement inaltérable que nous inspirent vo-
tre tendresse et vos soins complaisants. La pensée est
l'emblème du souvenir que vos vertus ont gravé dans
nos coeurs; souvenir impérissable comme les bonnes et
sages leçons que nous recevons de vous, et qui, ap-
puyées_ par l'exemple, ouvrent à nos pas chancelants
le sentier étroit de la sagesse qui conduit au bonheur.
<S©. — ALTRE.
Madame., pour vous aimer, nous n'avons pas attendu
le jour de voire fêle; mais ii venait bien lentement au
gré de notre impatienre.. puisqu'il nous permet de
vous le dire, lui peut-il être autrement? Nous Irouvons
en vous l'allacheinent, la sollicitude d'une mère; vos
pieuses leçons nous guident vers le bien; votre douceur
sans faiblesse, votre sévérité sans injustice, nous pré-
servent de tout danger, et la justesse de votre esprit,
votre connaissance du coeur humain, nous aplanissent
la route du bonheur. Daignez donc recevoir, en ce jour,
l'hommage et l'expression de notre reconnaissance.
458. — A UN PROTECTEUR,
en lui offrant une branche de chèvrefeuille.
0 vous qui, comme un père, daignez veiller sur
mon jeune âge et guider mes premiers pas dans la vie,
mon coeur ne pouvait rester muet en ce jour d'allé-
gresse pour votre protégé. Mais, hélas! les expressions
me manquaient pour vous exprimer mes sentiments.
Désespéré de mon impuissance, j'aperçus ce cliécre-
feuille. Que le langage des fleurs est admirable! 11 me
sembla que colle plante, qui s'attache fortement à l'ar-
bre qui la protège, que celte Heur, emblème du lien
puissant qui enchaîne les coeurs reconnaissants, vous
COMPLIMENTS 29
dirait, plus éloquemment que mes paroles, combien
grande est la gratitude qui remplit mon coeur, et que
ma tendresse, inaltérable et sans bornes, égale mon
respect et mon dévouement.
©3. — UN ENFANT A SA MERE, AU NOM DE TOUS.
Chère et bonne maman, de tous les jours de l'année,
celui de la fête est pour nous le plus beau; tu le de-
vines sans peine à la joie qui brille sur nos visages.
Ce bouquet, que nous t'oiïrons, n'est qu'un emblème
bien imparfait de nos sentiments; demain il sera flétri,
et notre amour ne peut avoir, n'aura d'autre terme
que notre vie. Mais tu ne mesureras point noire ten-
dresse d'après ce faible et périssable hommage; en
vain nous chargerions ton front de fleurs, la seule cou-
ronne digne d'une bonne mère est le coeur de ses en-
fants.
LETTRES
G3. — UNE JEUNE PILLE A SA MERE,
eu lui envoyant une pensée brodée par elle.
Chère maman, si'j'élais près de toi, que t'offrirai-je
pour la fêle? des fleurs, car c'est le seul présent qu'une
enfant puisse faire à sa mère. M\i bien! quoique éloi-
gnée de loi, c'est encore une fleur que je. l'adresse;
mais celle-là ne se fanera pas. Celte pensée, brodée
par moi, le premier ouvrage de la 1111e, cr-t une pensée
d'amour et de reconnaissance. Puisse-l-elle te plaire el
te prouver que ton enfant, de loin comme de près,
songe toujours à toi
30 LA CORBEILLE DE L'ÉC R
$»<&.[ — UNE FILLE A SON PÈRE.
Cher papa, s'il est pour moi un jour de bonheur
c'est celui de ta fête, j'y trouve l'occasion de t'expri-
mer mon amour et la profonde reconnaissance que tes
bontés ont fait nailre dans mon coeur. Ma seule peine
est d'être éloignée d'un père hien-aimé, d'être privée de
ses embrassemeuls. A défaut du baiser filial, reçois
mes voeux, parmi lesquels se trouve l'ardent désir de
te rendre heureux en profilant des excellentes leçons
que je reçois ici. Désormais, ce ne sera plus par des
paroles que se manifestera mon envie de te plaire, non,
je veux le prouver mon amour en travaillant à acqué-
rir les vertus que tu es jaloux de voir briller dans le
coeur de ta fille. Dieu, qui voit mon but, secondera
mes efforts; il exaucera surtout les prières que je lui
adresse chaque jour pour qu'il répande sur loi ses bé-
nédictions les plus abondantes.
Daigne agréer mes voeux, cher papa, et croire à leur
sincérité.
Ta fille respectueuse et dévouée.
€»5> — UN FILS A SON FEKE,
en lui envoyant une couronne qu'il vient d'obtenir.
Cher papa, c'est demain ta fête; chacun, je le sais,
t'apportera des compliments, clés fleurs. Voici mon
bouquet; il n'a point été cueilli dans un parterre; j'ai
eu le bonheur de le recoller dans le champ de l'étude.
Cette couronne sans parfum flattera peu tes sens, mais
quelque chose me dit qu'elle charmera ton coeur. Qu'il
m'est pénible d'être séparé de toi! Combien je souffre
de me voir privé de tes embrassemeuls! Mais tu me
l'as dit: il n'est point de roses sans épines; je veux donc
m'armer de courage et redoubler d'efforts, car ta ten-
dresse est la fleur que j'aspire à cueillir.

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