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La France nouvelle, cantates et poèmes, par Forget,...

De
73 pages
les marchands de nouveautés (Paris et Lyon). 1830. In-8° , 96 p..
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LA
LYON. — IMPR. DE G. ROSSARY,
- BUE SAIHT-JDOMIMIQUE, H° I.
LA
FRANCE NOUVELLE,
CANTATES ET POÈMES J
£rcvr $ft)i«ae/; cÂtMOTirocà.
Ainsi ma muse vierge, aux rives de l'Arar
Répétait ces beaux mots : ÉCOLES , LAFAYETTE.
Ecoute des accords soupires à l'écart,
Sur ton chantre ignoré, France! jette un regard,
L'oeil auprès de la rose aime la violelte.
r
PARIS ET LYON.
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES.
1830.
A LA MUSE DES TYRANS.
O Muse! qu'as-tu fait? Des tyrans, des esclaves :
Tu prêtas au pouvoir ton prestige trompeur,
Et le monde séduit oublia ses entraves :
Tu devais cependant au monde du bonheur.
Va retremper ton ame aux lieux de ta naissance,
Et rapporte du Ciel ta première indigence,
Puisque l'or sert toujours aux triomphes du mal.
Tu sais quel coeur cruel couvre un manteau royal,
O Muse ! et tour-à-tour ou rampante, ou soumise,
Tu composes l'encens offert à la sottise.
Ces plaintes du sujet dépouillé de ses biens,
Ces cadavres déjà tombés autour du trône,
sa* u -es
lîîïïïïmiS (GIIilIL Dïïi\33IS,
SALUT, salut, ô ma noble patrie!
Du nom français on peut s'enorgueillir!
Par les tyrans ta couronne flétrie
Plus belle encore enfin va refleurir.
Regarde un roi fuir devant ta bannière
Traînant les fers qu'il voulait nous donner !
Console-toi, belle France , ô ma mère !
Il est vaincu,... tu peux lui pardonner.
Nous dédaignons ta honteuse faiblesse,
Des alliés cours reformer les rangs !
Va, va partout, promenant ta vieillesse
D'un grand exemple effrayer les tyrans !
m-12 •&
Espères-tu , monarque infanticide !
Qu'un jour ton fils fera notre malheur?
Plus de Bourbons ! plus d'étendard perfide!
Assez de sang a terni sa blancheur.
Jadis un Stuart, vint sur notre rivage,
Couvert aussi du sang de ses sujets ;
Notre or nourrit ce roi sans héritage
Va demander cet or au prince anglais.
S'il refusait, malgré ta voix plaintive,
D'armer les mains contre ton beau pays,
Poursuis ailleurs ta course fugitive,
N'imite point l'exemple d'un Denis.
Venez, venez, cohortes impuissantes ,
De votre sang engraisser nos sillons!
On reverra nos armes triomphantes
A Vienne encor pardonner aux Bourbons.
Hélas , trop cher on achète la gloire!
Plus d'un héros tomberait devant vous !
^ 13 ^
Mais nous mourrons dans un jour de victoire!
Et le Français sera libre après nous.
Non ! armez-vous pour briser vos entraves ;
Libres aussi vous serez nos amis !
Pourquoi frapper? infortunés esclaves !
Ah ! les tyrans sont vos seuls ennemis !
Voudriez-vous rendre le diadème
Au prince encor couvert de notre sang ?
De votre espoir tarir la source même
Par un succès utile au seul tyran ?
Au premier rang tu reprendras ta place,
Avec orgueil contemple l'avenir ,
France ! Des rois qu'importe la menace ?
Nous pouvons vaincre , et nous saurions mourir.
Courons, amis, dans l'Europe avilie,
Du serf tremblant effrayer les bourreaux !
Aux bords lointains frapper la tyrannie
El d'un laurier décorer nos tombeaux!
^- 14 ^
Salut, salut, ô France renaissante !
Hélas ! mes yeux, pendant ton court sommeil,
Aimaient encor ta beauté pâlissante...
Combien tu fus sublime à ton réveil !
France, salut, qu'un jour tu seras belle!
L'aigle indigné vole plus près des cieux;
Les serfs l'ont vu déployer sa grande aile,
Les rois déjà pâlissent devant eux.
^ 15 -^
Roi tout-puissant, ô magnanime Charle !
Veux-tu régner ? Sache d'abord punir,
Malgré ton ordre ici tout Français parle
Et plein d'espoir rêve un autre avenir.
Mon coeur s'irrite, et mon ame délire
Au souvenir de ses discours affreux ;
Il ose dire, oui Charle ! il ose dire :
Qu'un potentat doit faire des heureux.
Qu'il lève enfin ce voile des annales
Sur le passé jeté comme un linceul,
Son oeil verra des tombes triomphales
Et des lauriers desséchés par l'orgueil.
S©* 16 ^ •
Toi seul, Henri, cherchant une autre gloire,
D'un peuple heureux tu mérites l'amour ;
Un poignard brille , adieu, rêve illusoire!
Devant tes fils l'espoir fuit sans retour.
Voici du Ciel l'arrêt irrévocable ;
Au roi déchu Dieu l'avait révélé :
Peuple ! ici-bas vis et meurs misérable ,
Par son bonheur tu seras* consolé.
Les temps passés creusèrent cette ornière
Où tes aïeux marchaient sans murmurer;
Suis bien leurs pas et notre auguste père
Au bon Français permettra de pleurer.
Du sang versé quel laurier vient de naître !
Il s'enracine au milieu des tombeaux;
Hier planté sur l'Europe , peut-être
Demain déjà s'étendront ses rameaux.
Son pied durci peut émousser la hache ;
Mais Charle au loin , malgré l'arrêt du sort,
m-17 •&
Comme le ver aux racines s'attache :
Sur des débris il veut régner encor.
Philippe vient admirer son feuillage,
Et sur sa tête apparaît l'arc-en-ciel :
Mais l'arc-en-ciel brillant après l'orage
Annonce-t-il toujours unbeau soleil ?
La liberté retrouve son domaine,
Elle agrandit l'horizon du Français.
Puisque l'esclave osa briser sa chaîne
Ultra tombé ! profite du succès !
Lorsque la fleur refuse ici d'éclore,
L'oiseau craignant l'approche des hivers
D'un ciel plus doux va saluer l'aurore
Et vit heureux sous des soleils divers.
Du trône encor premières sentinelles,
Venez, Ultras ! mendier des présens,
Ou nos trésors cherchant, des mains fidèles
Seraient un jour prodigués aux talens.
21
LE DRAPEAU TRICOLORE.
JURONS sur ce drapeau de vaincre, et nous vaincrons!
Français ! (bis) haine aux tyrans! amour aux nations!
Tu reparus avec l'orage,
Drapeau glorieux du Français !
Offert par l'honneur au courage,
Tu brilleras pendant la paix!
Les rois ne troublent point fes fêtes
Du grand peuple renouvelé :
Les trois couleurs ont rappelé
Trop de succès et de défaites !
Jurons, etc.
$9- 22 «$
D'illustres souvenirs de gloire
Ont réuni tes défenseurs :
Le sang versé par la victoire
Hier ennoblit tes couleurs !
Si les rois , voulant des entraves ,
Donnaient le signal des trépas ,
Nous volerons dans leurs États
Briser la chaîne des esclaves !
Jurons, etc.
Devant toi s'écroulaient des trônes ;
Autrefois tu fus craint, aimé :
Demain précédant nos colonnes
Tu consoleras l'opprimé.
Enfant d'une terre asservie !
Sur le trône émousse ton fer !
Les peuples ont assez souffert
Des crimes de la tyrannie!
Jurons, etc.
Etranger! chez le Franc sublime,
^ 23 -^
Vîendras-tu chercher des tombeaux ?
Et, des tyrans toujours victime,
Illustrer encor nos drapeaux ?
Ce monstre fuyant nos frontières
Un jour avec toi reviendrait!
Et le Français obéirait
Au lâche assassin de ses frères !
Jurons, etc.
Sonnez plutôt nos funérailles,
Lugubres instrumens de deuil !
Sur les débris de nos murailles,
Nous saurons trouver un cercueil !
Ses crimes lui ferment nos havres :
S'ils vainc malgré tous nos efforts,
Canons ! entassez- morts sur morts,
Et qu'il gouverne des cadavres !
Jurons, etc.
Non, Français ! l'Europe vous aime ;
^ 24 ^:
Vainqueurs, vous fûtes généreux.
Souillé de sang, un diadème
Des rois aussi blesse les yeux.
Voyez-vous déjà votre enseigne
Ranimer les serfs abattus !
Ici gouvernent les vertus :
Philippe commence son règne.
Jurons, etc. ,
Sois triomphante, ô ma patrie!
Malgré la haine des tyrans,
Déjà ta couronne embellie
Porte des boutons renaissans.
O Dieu! rends aux Français leur gloire
Sur eux abaisse ton regard !
Bénis, bénis cet étendard
Enfin rendu par la victoire !
Jurons, etc.
$©• 27 -^
L'ÉPOUSE ABANDONNEE.
EH quoi ! l'âge jaloux emporte sur son aile
Ces sermens répétés de tendresse éternelle,
Léon déjà n'est plus heureux de son bonheur !
Regarde ces bosquets , regarde ton Adèle :
Ici rien n'a changé, rien, excepté ton coeur.
Bouton jeune et fragile, ignoré ce matin ;
Sous tes baisers d'amour, hélas ! éclos enfin ,
Ton amante a l'éclat de la rose nouvelle ;
Pourquoi n'aimes-tu pas t'arrêter auprès d'elle?
Lorsqu'un voile léger, arrondissant son sein,
Semble ajouter encore aux charmes qu'il révèle,
Ses yeux cherchent tes yeux et les cherchent en vain.
^ 28 ^
Aussitôt l'étranger accourt sur son chemin,
•*
Et les cils abaissés recouvrent la prunelle,
Afin de mieux cacher un innocent plaisir ;
La pauvre délaissée aime paraître belle ;
« Mon amant va rougir enfin d'être infidèle. »
Elle dit, et l'espoir semble encor l'embellir.
Zéphire, voltigeant de calice en calice,
Au stérile rosier porte un germe fécond,
Et la fleur s'embellit des charmes du bouton.
L'homme, obéissant seul au bizarre caprice
Dédaigne l'arbrisseau chargé d'un rejeton ;
Comme l'insecte ailé, sans amour il repose
Sur la fleur confiante immolée aux dégoûts,
Hélas ! et trop souvent il effeuille la rose
Après avoir ravi ses parfums les plus doux.
« Quelle cause inconnue éloigna ton époux ?
« Jadis n'avais-tu point ces formes élancées ?
« Ou, ton coeur nourrissant d'infidèles pensées
^- 29 ^
^« Laissa-t-il une excuse au caprice jaloux ?»
Non ; malgré tes erreurs ; modeste parmi nous ,
Sans blesser ton ami tu savais plaire à tous ;
Lorsqu'un sourire errant sur tes lèvres rosées
De son charme divin embellissait l'amour,
Au coeur fidèle alors tu l'adressas toujour.
Qu'ils devaient être doux, échappés de ta bouche,
Ces mots délicieux répétés tour à tour !
Comment Léon peut-il briser ce coeur qu'il touche!
Après des nuits d'ivresse abandonner ta couche !
Il rit de vos sermens oubliés sans retour,
Fille déchue ! en vain ta bouche les répète ;
Les remords puniront ta faiblesse d'un jour ;
Heureux de les causer, Léon dit ta défaite;
Tes pleurs semblent donner du prix à ta conquête;
Et ses nombreux amis viendront dans ton séjour
Rêver le déshonneur de l'amante trompée.
Mais déjà de ses yeux une larme échappée
Révèle sa faiblesse au regard scrutateur.
%&• 30 «@
Tremblante , épouvantée elle sonde l'abîme
'S?
Où l'entraîne la honte après un jour d'erreur.
« Lorsque mes flancs rendront ce triste fruit du crime,
« Viendras-tu ranimer ta mourante victime,
« Des fautes de l'amour consoler la pudeur ?
« Soutiens ma tête, ami, dans mes heures d'épreuve,
« Et, malgré la douleur, tu verras mon souris.
« Non ! victime d'amour, épouse, fille , veuve,
« Tu ne m'as point livrée aux.poignards du mépris!
« Donne un père à ton fils, prends son premier baisé,
« Ou notre enfant un jour n'essuierait point nos larmes;
« Il trouverait la mort sur mon sein épuisé. »
Mais de la délivrance enfin le moment sonne :
Ses yeux ont parcouru la chambre monotone ;
Au milieu des douleurs cherchant son bien-aimé,
L'espérance soutient son coeur inanimé.
Des pleurs mouillent ses yeux; hélas! elle les cache;
Quel être affectueux viendrait les essuyer ?
De ses flancs déchirés la souffrance t'arrache;
Elle a vu Ion souris, elle t'entend crier :
$9* 31 «$
Ta mère, enfant ! doit vivre, elle va l'essayer.
Epoux barbare ! ailleurs un caprice t'attache,
Tandis que ta victime , exposée aux besoins,
Nourrit ton fils de pleurs et d'affreux sacrifices.
Mais quelle femme ici t'accueille néanmoins ?
On lui cacha sans doute et ton crime et tes vices!
Dieu puissant ! elle croit enchaîner ses caprices,
Sa vanité caresse un espoir criminel !
« Quoi ! privant d'un époux l'amante infortunée,
« Tu foules sans remords sa couronne fanée !
« Et, toujours malheureux loin du sein paternel,
« L'orphelin maudira sa mère abandonnée !
« Vierge! respecte enfin leur serment solennel ;
« Ou par d'autres Léon ta fille subornée
« Verrait flétrir aussi les roses d'hymenée !
« Léon, père insensible et criminel amant,
« Veut retarder d'un jour sa précoce vieillesse,
« Et, docile à l'hymen , porter un joug d'argent;
« Mais ton or pourra-t-il acheter sa tendresse ?
m- 32 -m
« Sur la couche ravie où l'abandon t'attend,
« O femme ! ton oreille entendra sa maîtresse
« Au lâche corrupteur rappeler son serment !
« Léon fait sans douleur des promesses perfides ;
« Crains les baisers offerts à tes lèvres avides !
« O vierge ! ton bonheur ne serait point le sien !
« Il repousse son fils, aimerait-il le tien? »
Adèle cependant sous sa triste demeure
Regarde l'orphelin, travaille, espère, pleure.
Déjà près d'elle il peut essayer quelques jeux ;
Des baisers maternels il semble assez heureux ;
,11 rit, et son bonheur recommence chaque heure ;
Des larmes rarement s'échappent de ses yeux ;
Quand celles de sa mère ont laissé quelque trace,
Il sourit l'oeil humide , et son baiser l'efface.
Sa bouche bégayante aime dire deux noms :
L'un soulève le sein de l'amante craintive,
L'autre rend du courage à la mère plaintive :
« Sois docile toujours, et tu verras Léons;
« Tes lèvres souriant rappellent son sourire;
i\UJi &(B(DtLI2S tH&AS!®iMIS128o
PREMIER TABLEAU.
ÉTERNEL , esprit, Dieu ! tes fers sont trop pesans,
Ils accablent notre faiblesse !
Faut-il user ses jours au profit des tyrans ?
Nos maux font-ils ton allégresse,
Et ces maux seront-ils légués à nos enfans ?
L'Eternel répondit : « Attends : »
Et dans mon coeur flétri survécut l'espérance.
Déjà qu'il a souffert, et ma course commence!
« Voici, voici l'instant promis au malheureux ;
« Les attentats des rois ont lassé ma clémence.
^ 38 -@J
« Réveillez-vous. 35 Dieu dit; tout un peuple s'élance :
Ce rempart du despote, ouvert par nos aïeux,
Voit leurs enfans aussi forcer sa porte immense ;
Malgré l'airain grondant les flots impétueux ,
Roulant, roulant partgut, mais roulant sans vengeance,
*Bjiseht un trône encore et rejettent loin d'eux
Les restes desséchés d'un tronc jadis fameux.
De: tes nobles enfans, sois fière, auguste France !
Les vaincus ont trouvé des frères généreux.
Tandis qu'on leur conserve un reste d'existence,
Des glaives sont là, là, souillés d'un meurtre affreux.
Guerrier ! quel triste usage on fait de ta vaillance!
Tu combats , et des pleurs s'échappent de tes yeux ;
Charles à Rambouillet continuant ses jeux
Apprenait nos trépas avec indifférence.
Pourquoi cou vrir de morts nos champs délicieux?
Viens-tu d'un pays-libre , enfant de l'Helvétie !
Donner des fers au peuple et vendre des trépas ?
Tesiqhefs au Gessler-franc promirent des combats,
@- 39 -^
Ils trafiquent d'honneur et tu livres ta vie;
Tes chefs, Suisse trompé ! diffament ta patrie.
0 sol long-temps fameux ! tes dociles soldats
Seraient-ils tour-à-tour, dès qu'un roi les achète,
Propres aux grands exploits éSfmme aux noirs attentats?
Qu'ils retournent enfin au milieu des frimats','"
Conduire la charrue ou prendre la houlette.
Des vents trop dangereux grondent dans nos climats.
Louis , afin d'échapper aux coups de la tempête,
D'un grand peuple d'heureux entoure sa retraite;
Nous saurons sans appuis défendre ces états,
De l'esclave ennobli glorieuse conquête..
Des volontés du ciel, infaillible interprète,
Charles disait au Franc : « Sois serf ou tu mourras ;
«Apporte-moi ces biens qu'un travail abject donne;
s . ■ .... .: : ' *■''' ""' *
«Tout devient juste et saint dès qu'un puissant l'ordonne;
■■' '. ■<■/■ ■:."-'' ' r. . 1 T ;:i .~'"-7 "' '
« L'Eternel aime voir des chaînes ici-bas. »
" t.'7. :.■ : c'. ■: ' vpt*; ■*•'-'*-
Eh quoi ! Charles commande'et l'on n'obéitpas !
^ 40 -^
Du sang des factieux, rougissez sa couronne,
Ils sont tous criminels, qu'on n'épargne personne!
Assez, assez long-temps Berry retint son bras !
Venez, venez féaux ! mourir autour du trône
Tandis qu'à Rambouillet Sa Majesté s'endord ;
Les4 cris du combattant pourraient troubler peut-être
Le repos du grand roi, votre chef, notre maître,
Il viendra recueillir l'héritage du mort.
Dans mon sein oppressé mon coeur bat et s'indigne;
Charles dix , roi cruel, revis dans cette ligne...
Muse ! vers l'avenir prends ton sublime essor ;
Poursuis sans t'effrayer nos tyrans d'âge en âge ;
Et peignant- avec feu les scènes du carnage
Remplis d'effroi leur ame insensible au remord.
Charles s'émeut enfin, il ouvre son trésor
Aux bâtards dégradés ', dont rougira Soleure.
Veille, mère française ! appauvris ta demeure,
Au meurtre de ton fils on emploiera ton or !
1 Chefs suisses.
^- 41 ^
Juilletfuneste aux grands ramèneune belle heure. 1
L'écoleaccourt; tremblez, Polignacs et Marmonts,
Sicaires ! cachez mieux la pâleur de vos fronts !
Tout Elève déjà rivalise d'audace,
Il tombe, tombe en vain, un autre le remplace.
« Tu seras libre enfin, ô France, nous vaincrons; »
Tout un peuple répète:« Oui libre, ou nous mourrons!»
D'un règne injurieux la honte enfin s'efface,
La liberté s'éveille au bruit de vos canons ,
Elèves généreux ! Charle oubliait vos noms
Lorsque sa bouche osa proférer la menace.
Hier, tristes encor, nous rêvions des revers ,
Et déjà vos exploits avaient brisé nos fers.
Mais connais-tu l'école ? Interroge l'histoire.
Répondez rois unis ! quand des peuples entiers,
Conduits sous nos remparts par des succès sans gloire,
Couronnant des Bourbons flétrissaient nos lauriers,
Quels bras auraient sauvé l'empire du grand homme ?
1 Les tyrans tombèrent généralement dans ce mois, (juillet.)
^ 42 ^
Ah ! du nord au midi poursuivant un fantôme,
Pourquoi fit-il long-temps et renversa des rois!
Combien de pleurs encor nous coûtent ses exploits;
S'il avait préféré, maître du grand royaume,
Appuyer son pouvoir sur la base des lois,
Aujourd'hui moins de sang aurait rougi nos plaines;
Un Charles au Français n'eut point donné des chaînes.
Pourquoi tous ces poignards ? qu'avais-tu résolu
Pour attacher un peuple au char de l'esclavage ?
Prêtre cruel ! soutien du pouvoir absolu ,
L'Éternel voulait-il dégrader son ouvrage?
Réponds, réponds enfin... ah ! s'il l'avait voulu
Notre main sur l'autel eût brisé son image !
Mais non ! n'espère plus jamais nous égarer !
Non ! au mépris du ciel tu joins encor l'outrage,
Du ministère saint tu profanes l'usage.
Comme il trompa ce roi qu'il devait éclairer !
Il attendait du crime un funeste avantage,
Dès-lors Bourbon pouvait impunément jurer.

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