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La Franciade , poëme

De
71 pages
impr. de J. Didot l'aîné (Paris). 1829. 70 p. ; in-8.
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1 Y
LA
FRANCIADE
> ta1
Chaque position sociale fera partie de ce
poëme. Les premiers chants sont offerts au
public afin qu'il décide cette question :
Doit-on renoncer ou s'adonner à l'ouvrage?
PARIS
IMPRIMERIE DE JULES DIDOT L'AINÉ,
IMPRIMEUR DU ROI,
RUE DU POHT-DE-LODI, N° 6.
M DCCC XXIX.
LA FRANCIADE.
LA
FRANCIADE
POËM
Chaque position sociale fera partie de ce
poëme. Les premiers chants sont offerts au
public afm qu'il décide cette question :
Doit-on renoncer ou s'adonner à l'ouvrage?
PARIS
IMPRIMERIE DE JULES DIDOT L'AINÉ,
IMPRIMEUR DU ROI,
HUE DU PONT-DE-LODI, N° 6.
M DCCC XXIX.
1
LA FRANCIADE.
CHANT PREMIER.
Naguère assis, rêveur, en un riant bocage,
Objet de tous mes soins, délices de mon cœur,
Du sort, envers chacun, admirant le partage,
Bientôt après du mien estimant la valeur,
Plus que jamais alors j'en goûtai l'excellence.
Bienfait inespéré ! rare, unique faveur !
A l'horrible tourmente échappé dès l'enfance,
Inaperçu, paisible, au long jour du malheur,
2 LA FRANCIADE.
Bien mieux, sans cesse exempt de toute servitude,
Du plus mince tribut, du plus léger devoir,
Maintes fois j'ai béni ma clière solitude,
Qui sut me dérober aux actes du pouvoir.
De mon lot satisfait depuis cinquante années,
Je redisois encor : Modeste obscurité,
Reste avec moi!. Fuyez, brillantes destinées!.
Trop souvent on apprit votre instabilité;
Et trop souvent aussi grandeurs, richesses, gloire,
Ne furent qu'un pénible et dangereux fardeau.
Sur ce vaste sujet, ah ! de nos jours l'histoire,
En larges traits nous peint un sinistre tableau.
A cette école instruit, heureux, heureux le sage
Dont le cœur modéré ne cherche aucun emploi !
Tranquille, insouciant, à l'abri de l'orage,
Sans aucun embarras, heureux qui vit pour soi !
CHANT 1. 3
J.
En raisonnant ainsi, tout-à-coup, ô prodige!
Non loin de moi j'entends une éclatante voix.
Le son devient plaintif. il intéresse, afflige.
Surpris, ému, troublé, curieux, à-la-fois,
J'écoute. « Ingrat, dit-on, aujourd'hui de ta mère
« Reconnois les accents. Oubliant sa bonté,
« Insensible à ses dons, qu'as-tu fait pour lui plaire?
« Abjure, il en est temps, la molle oisiveté.
« Honteux et repentant, donne-moi l'assurance
« De réparer des torts aussi graves. Eh quoi !
« Faut-il le rappeler? chacun doit à la France
« Soins, intérêt, amour, respect, hommage, et foi. »
Soudain, me prosternant, éperdu, je m'écrie :
« Qu'exigez-vous, hélas!. au déclin de ses jours,
« Inhabile, indolent, qui peut à la patrie
« Désormais apporter le plus foible secours?
4 LA FRANCIADE.
« Pour elle ignorez-vous qu'une secrète flamme
« Me consuma jadis? or, si ce doux penchant
« Depuis s'est affoibli par degrés en mon ame,
« Accusez la Discorde, et plaignez votre enfant. »
— « Lâche timidité! coupable nonchalance!
« Un grand cœur au pays, dans les jours orageux,
« Jamais, jamais ne doit refuser assistance.
« Ne crains rien cependant : satisfais à mes vœux,
« Et, sans délai, tu peux regagner ma tendresse.
« Je vais t'en indiquer l'infaillible secret.
« Dès long-temps un chagrin, un noir chagrin m'oppresse.
« Mais avant de savoir quel en est le sujet,
« Trop heureux, lève-toi; contemple mon image;
« Juge ainsi de mes traits l'ineffable beauté. »
J'obéis. A l'instant, au milieu d'un nuage,
Apparut devant moi, pleine de majesté,
CHANT I. 5
Une attrayante vierge (on la sait immortelle)
Qui captive, éblouit, charme, enchante nies yeux.
« Attentif et soumis, apprends, retiens, dit-elle,
« Mes généreux desseins. En abordant ces lieux,
« Où naît et s'entretient la plus douce alégresse,
IC Non, non, je ne veux pas, trop cruelle en ce jour,
« T'en arracher : de moi reçois donc la promesse,
« Avant tout, d'y fixer à jamais ton séjour. »
A ces mots, transporté, dissipant mes alarmes,
Empressé de bénir l'aimable déité,
Je cherche vainement à répondre ; les larmes
Deviennent les garants de ma félicité.
« Un sujet m est rendu ! De toutes ses pensées
« Le tribut m'appartient ; j'en appelle à son cœur.
« N'a-t-il pas entendu ces clameurs insensées,
« Ces cris injurieux dont le bruit fait horreur?.
6 LA FRANCIADE.
« 11 connoît ces écrits où la haineuse envie,
« L'orgueilleux égoïsme, et l'aveugle fureur,
« De leur souffle empesté veulent souiller rua vie !.
« A l'étranger jaloux on pardonne l'erreur.
» Injustice, dédains, se conçoivent encore :
« Des rivaux, on le sait, loin d'être humiliant,
« Procédé si commun enorgueillit, honore;
« Mais se peut-il, hélas ! se peut-il qu'un enlant,
« Cruel, dénaturé, frappe, blesse, déchire,
« Celle qui l'a nourri, le comble de bienfaits !.
le O jour ! n éclaire pas ce monstrueux délire ;
« 0 nuit ! dérobe-nous le plus grand des forfaits.
« Pour affoiblir dès-lors en moi tant d'amertume,
« Pour alléger le poids de ces mortels ennuis,
« Imite un noble exemple, et consacre ta plume
« A venger mon honneur ; sois l'un de mes appuis.
CHANT 1. 7
« De ses loisirs peut-on faire un meilleur usage,
« Et pour ses facultés est-il plus digne emploi ?
« Des poëtes enfin emprunte le langage ;
« Recherche quelques fleurs, ensuite offre-les-moi. »
— « Plein de votre douleur, ô mon auguste mère!
« Sensible à tant d affronts, prêt à vous obéir,
« A témoigner combien votre gloire m'est chère,
« Je dirai toutefois : Qu'importe le désir?
« Un tel engagement, un si grand avantage,
« Me font trembler. hélas! quel espoir de succès?
« Trop débile ouvrier pour cet insigne ouvrage,
« Trop obscur avocat pour ce grave procès,
« De tous côtés je vois dans votre bel empire
« (Malgré le vandalisme) écrivains élégants,
« Chantres harmonieux, tandis que de ma lyre
« Les accords sembleront maigres ou dissonants.
8 LA FRANCIADE.
« Les muses, aujourd'hui sans aucune influence,
« Sans le moindre crédit, alors sans partisans,
« Comme un roi malheureux, déchu de sa puissance,
« Ont peu d'amis, encor bien moins de courtisans.
« Qui ne connoît d'ailleurs la présente manie?
« Chacun se livre et tient au rôle de censeur.
« A quoi bon tant d efforts?. certes, l'auteur oublie
« Qu'en vain il cherchera plus d'un admirateur.
« Je m'abuse : on y pense ; et se louant eux-mêmes,
« Plusieurs ont enseigné d'admirables secrets.
« Oserois-je employer ces heureux stratagèmes?.
« Ah ! les renards malins toujours sont aux aguets.
« Réussit-on enfin, bientôt la renommée,
« Enlevant du repos l'innocente douceur,
« Peut fasciner les yeux de sa vaine fumée,
« Offrir à si bas prix l'enivrement du cœur.
CHANT I. 9
« On craint tout-à-la-fois, des autres, de soi-même :
« Juste ciel ! que d'écueils en ce fâcheux état !
« Et vainqueur et vaincu, le péril est extrême.
« Ou la honte ou l'orgueil, quel triste résultat! »
« Lorsqu'au lieu de combattre un guerrier délibère,
« Il recueille, à bon droit, mépris et déshonneur.
« Trop heureux qui reçoit les ordres d'une mère,
« En aveugle obéit! Toujours rempli d'ardeur,
« L'amant calcule-t-il?. Les vœux de sa maîtresse
« Pour lui sont douces lois et rigoureux devoir;
« Le courage en son ame égalant la tendresse,
« De l'esclavage même il tire le pouvoir.
« Ainsi de mes attraits le mortel que j'enflamme
« Cherche à me plaire, agit, n'estime rien après;
« De moi seule il attend la louange ou le blâme,
« Et pour moi seule il prise ou défaite ou succès.
10 LA FRANCIADE.
« Tes frères, en ce temps, au nom seul de patrie,
« Emus, puis indulgents, soutiennent chaque voix,
« Et leur amour ici t'offre ample garantie.
« Si quelques uns pourtant se plaignoient de mon choix,
« Je leur en apprendrois aussitôt le mystère.
« Les actes, trop souvent, démentent les discours ;
« Pour organe dès-lors je prends un solitaire
« Dont chacun peut, sans risque, interroger les jours.
"Si de sa plume enfin blâmant l'inélégance,
« Ils ne tenoient pas compte au moins de ses efforts,
« En eux je lui ferai trouver la récompense,
« Car le zèle, à mes yeux, sait couvrir pareils torts.
« Délicat, attentif, or vois de ma couronne
« Les plus brillants fleurons dans mes dignes sujets,
« Et suis fidèlement l'ordre que je te donne :
« Il faut les chanter seuls, au gré de mes souhaits.
CHANT I. n
« Sans cesse j'admirai leur noble caractère.
« Que de fois les sachant outragés, méconnus,
« Gémissante, ai-je dit, en ma douleur amère :
« Aucun peuple ici-bas n'offre autant de vertus !.
« Assez il l'a prouvé, même aux jours où l'impie,
« Cruel dominateur, ensanglantoit mon sein.
« Tu le proclameras, sur-tout quand l'ineptie,
Par un jaloux orgueil, dans un lâche dessein,
« Omettant les hauts faits, n'expose que les crimes.
« De tant d'iniquités serviles instruments!
« Vous parlez de bourreaux. mais citez les victimes.
« Pour un coupable on compte ainsi mille innocents.
« Hélas ! ces insensés calomniant la France
« Feignoient d'y voir encor de vils perturbateurs,
« Sans penser qu'envers moi l'injuste défiance
« Devient un attentat Bien plus, dans leurs fureurs,
12 LA FRANCIADE.
« Jusqu'au trône ils alloient, d'une voix mensongère,
« Porter les noirs soupçons, causes de vains tourments.
« On ne peut abuser long-temps un tendre père.
« Naguère il répondit aux vœux de ses enfants,
« Et par tous fut béni!. La fraude, l'ignorance,
« La maladresse, enfin, s'éloignent sans retour.
« Oui, le Français mérite, aura sa confiance :
« Oui, pour son prince il jure obéissance, amour.
« Assez éloquemment jadis à ma famille
« L'infortune enseigna la règle du devoir!.
« Constamment depuis lors elle est sage, tranquille,
« Aimant la liberté, respectant le pouvoir. »
En achevant ces mots disparoît la déesse,
Au moment où je veux implorer son secours,
Et soumis désormais, faire aussi la promesse
D'accomplir ses desseins jusqu'à mes derniers jours.
CHANT 1. 13
Ce subit abandon bientôt me décourage,
Et rend, je l'avouerai, mes esprits incertains.
Sans aide, sans soutien, sans maître, un tel ouvrage
Sera-t-il entrepris par de novices mains !.
Déjà triste, inquiet, je blâme l'imprudence
Qui soudain me prescrit des devoirs imposants;
Anéanti déja dans un morne silence,
Assailli de regrets, assiégé de tourments ;
De mes loisirs prisant la douceur sans pareille,
A l'aspect effrayant d'un mandat rigoureux,
Je gémis. Mais pour moi quel bienfait!. ô merveille!
D'où viennent ces transports ardents, impétueux?.
D'où naît cet enthousiasme attenant au délire?.
Voluptueuse ivresse et délices du cœur!.
Touché, reconnoissant, or je me plais à dire,
Croyant ici du moins en deviner l'auteur :
14 LA FRANCIADE.
« Me voici tout à vous, aimable souveraine!
« Si par tant de faveurs, si par tant de bontés,
« Vous savez attirer dans la plus douce chaîne,
« Ah ! sur moi répandez vos célestes clartés ;
« Effacez tous mes torts; soutenez mon courage;
« Guidez toujours mes pas; surveillez mes travaux.
« Plein de zèle, d'amour, consacrant sans partage
« De trop foibles moyens à des chants nationaux;
« Sans délai m adonnant à si noble entreprise,
« J'oublierai, s'il se peut, mes propres intérêts.
« Votre gloire, avant tout!. oui, telle est ma devise;
« Heureux, bien plus, jaloux de remplir vos décrets.
LE GUERRIER.
2
LA FRANCtADE. 1
CHANT SECOND.
LE GUERRIER.
Je chanterai d'abord ces généreux guerriers
Dont la bouillante ardeur et la rare vaillance, •A
En tous pays cueillant des monceaux de lauriers,
Par tant d'exploits naguère ont illustré la France,
Tribut accoutumé. Constamment les premiers
Des héros les beaux noms sont inscrits dans l'histoire 1
D'âge en âge transmis. Or à ses devanciers
Qui des nôtres le cède en talent comme en gloire ?.
18 LA FRANCIADE.
Si pendant trop long-temps on les vit désunis,
Et placés, à regret, sous diverses bannières,
Combattant même, hélas ! en des rangs ennemis,
D'un pas égal ils ont tous fourni leurs carrières :
Tous seront célébrés. Par un jour nébuleux,
Aisément du devoir aperçoit-on la ligne ?
Pour eux jamais l'honneur ne semblera douteux ;
Dans rame du Français il a gravé son signe.
Que de fois les humains se trouvent engagés
Contre leurs vœux secrets, malgré toute prudence !
Des âges, des états, des lieux, des préjugés,
Chacun a reconnu l'immanquable influence,
Et du sort aussi bien la constante rigueur.
L'un croit servir son roi, délaissant sa patrie
(Pour un grand nombre alors inévitable erreur),
Et l'autre qui la sait au-dedans asservie,
CHANT II. 19
2.
Près de subir la honte et le joug étranger,
Frémissant à l'aspect de ce double esclavage,
Soudain vole aux combats. Dès-lors aucun danger
Ne pourra désormais affoiblir son courage.
D'un si beau dévouement, d'une si noble ardeur
Ayant reçu le prix des mains de la victoire,
Il rend à son pays sécurité, bonheur,
Lui donne immensité de puissance, de gloire,
Et par ces biens nous fait oublier tant de maux,
Que chacun doit amour, haute estime en échange.
Des héros enfantés, grandis sous nos drapeaux,
Qui peut énumérer l'immortelle phalange?.
Sans aucun droit, serois-je assez présomptueux,
Séduit par un sujet si vaste, si fertile,
20 LA FRANCIADE.
Pour chanter des exploits inouïs, merveilleux?.
Non, non, cet œuvre exige une main plus habile
(Me déclarant au moins digne appréciateur),
Et ce pompeux récit une voix plus sonore.
Qu'un autre des guerriers redise la valeur,
Le talent, les succès !. Heureux, heureux encore
Lorsque nous choississons ce modeste tableau !
De leur ame exaltons sagesse, bienfaisance,
Prudence, fermeté. Déjà, rôle assez beau !
Trop même, on l'avouera, pour notre insuffisance.
Ah ! dans nos camps, jadis, quel spectacle touchant !
Du belliqueux Français combien d'actes sublimes !.
L'ange exterminateur levoit son bras sanglant.
Pour secourir alors d'innombrables victimes,
CHANT II. 21
Bravant d'iniques lois, de féroces bourreaux ,
Pour soustraire un proscrit au dernier des supplices.
L'aimable humanité paroît sous nos drapeaux,
Enseigne à tout grand cœur ses nombreux artifices ;
Compatit au malheur, prodigue ses bienfaits,
Sèche bientôt les pleurs, dissipe les alarmes ;
De sa douce main cherche à couvrir les forfaits ;
Veut rehausser ainsi la splendeur de nos armes.
On bénit en secret ce consolant séjour ;
On cache ses effets. Car, hélas ! dans ce monde
Je vois que la malice a tout l'éclat du jour,
Et la bonté pour elle obscurité profonde.
Des jugements humains si telle est l'équité,
Comment l'enfant de Mars en sa noble carrière,
Par ce moyen a-t-il quelque célébrité?.
Un beau trait^J^J^nt frappa l'Europe entière.
22 LA FRANCIADE.
Illustre Vendéen ! même à ton lit de mort,
Que de Français ravis soudain à la furie
Par tes généreux soins !. Quand ce pieux effort
Va réjouir les cieux, à jamais la patrie
Bénira ta mémoire. Ici, bien qu'abattu,
Un peuple de héros, au nom seul de Vendée,
Par son courage, et plus encor par sa vertu,
Vient saisir, émouvoir, étonner la pensée.
S'il eut à déplorer d'excessives rigueurs,
S'il compta des bourreaux parmi ses adversaires,
En retour, ah ! combien, au milieu des fureurs,
Agissoient envers lui comme amis, comme frères !.
A témoin prenons-en les vierges, les enfants,
Les femmes, les vieillards, arrachés par nos braves
A la misère, au fer, à la honte, aux tourments,
En dépit du barbare et malgré ses entraves.
CHANT IL 23
Cesse de m'alniger, importun souvenir!
Fuis au loin !. Bien plutôt à l'ère fortunée
Où nos guerriers enfin ont pu se réunir
Hâtons-nous d'arriver.
Or, au sein de l'armée,
Naît, s'élève, apparoît un grand homme. A sa voix
L'orage est conjuré, s'apaise la tourmente ;
Notre pays recouvre et son culte et ses lois ;
Les partis sont vaincus ; sous une même tente
Ensemble reposant, Français, jadis rivaux,
Ensemble recherchant aujourd'hui, sur la terre,
innombrables périls et glorieux travaux ,
Suivent avec orgueil le géant de la guerre.
D'un être sans égal envisageant les traits,
24 LA FRANCIADE.
Repousserai-je ici d'impertinents outrages?.
A son vaste génie, à ses brillants effets,
De tous côtés on voit prodiguer les hommages.
Lorsqu'envers les bannis aussi juste qu'humain,
Il cherche à réparer leur trop longue infortune,
Loin de nourrir contre eux un funeste levain,
Dans rame des guerriers l'alégresse est commune :
C'est à qui de son frère obtiendra le retour ;
C'est à qui de ses maux veut effacer les traces ;
On demande instamment, on reçoit chaque jour,
Pour lui, dès-lors et biens, et dignités, et places.
Le zèle ingénieux produit les plus hauts faits.
Si l'un compte avec soin ses nombreuses blessures,
Et pour chacun implore, exige ces bienfaits,
L'autre se venge ainsi noblement des injures.
Rivalité touchante ! ô magnanimité !
1- CHANT II. 25
Quel peuple nous offrit jamais scène pareille?.
Elle sera transmise à la postérité
Comme utile leçon, profitable merveille.
Sachons nous estimer !. et de légèreté
Si l'impudent orgueil nous accusoit encore,
Gais, ouverts, les Français ont une fermeté
Qu'aveugle il ne voit pas, que stupide il ignore.
Cette vertu se montre avec assez d'éclat,
Un exemple suffit. Déjà lame attendrie
Hésite à le fournir. en quel pénible état
Nous met-il!. Peut-on bien?. achevons : la patrie
Hautement vient dicter ce sujet à mes vers.