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La Grande Armée en 1812. [L'Officier français. Naufrage. Villes fameuses. Guerre de Kabylie. L'Officier français. La Neige.] [Signé : Maurin.]

De
8 pages
impr. de Perrot-Prat (Tarbes). 1859. In-4° à 2 col., 8 p..
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LA BArliuE ru, FI-le
LE
:.. - y
En 1812..
Le 7 septembre 1811, par une journée magnifique,
- éclairée d'un soleil radieux, l'armée française prend
les armes, après avoir entendu une proclamation dic-
tée par l'empereur, pour attaquer l'armée russe,
commandée par les généraux Kutusoff, Kalirkoski,
Brossik, Kosnskoff et Platoff.
Les batteries ennemies, placées sur des hauteurs
formidables garnies de nombreuses palissades, comp-
taient 300 pièces d'artillerie. L'empereur Napoléon
venait de donner ses derniers ordres d'attaque aux
maréchaux. Le point essentiel était de s'emparer de
la redoute, si bin défendue par l'ennemi qui, après
sa défaite, ne pouvait manquer de noûs laisser lee
portes de Moscou libres. Ney, le prince Eugène, Da-
voust, Poniatowski, Murât, Labaissières, à la tête
des troupes sous leurs ordres, ne tardèrent point à
commencer un feu terrible sur l'ennemi. Ce dernier
y répondit par une décharge de toutes ses pièces,
l'action était engagée, nos braves s'élancèrent sur les
bataillons russes avec un élan et un courage irrésis-
tibles. Pendant près d'une heure, l'arme blanche fit
place à l'arme à feu ; une mêlée des plus sanglantes
fut engagée; après des efforts héroïques, l'ennemi
fut culbuté sur toute la ligne : il restait des hauteurs
garnies de canons à enlever, qui semaient la mol"
dans nos rangs.
L'attaque et la résistance furent également achar-
nées. Mais grâce aux efforts de Davoust et à l'hé-
roïsme du maréchal Ney, notre cavalerie conduite
par Murât put se développer et décider la victoire en
enfonçant le centre des Russes. Pendant ce temps, le
général Montbrun s'élance à la tête des. cuirassiers :
il tombe mort. Auguste Caulaincourt lui succède et
pénètre enfin dans la grande redoute que le prince
Eugène envahit d'une autre côté; un combat terrible
se renouvela sur ce point et se termina par un grand
massacre de l'ennemi qui, obligé de fuir, laissa l'an-
cienne capitale des czar à la discrétion du vainqueur.
Nous étions dans Moscou ; mais la fatalité devait
bientôt nous la faire abandonner, après l'avoir ac-
quise par tant de victoires remportées sur les enne-
mis de la France dans mille rencontres.
.-' "-
La torche incendiaire était allumée et remise aux
mains des bandits. Les flammes commencèrent à dé-
vorer les faubourgs de cette fameuse capitale. Bien-
tôt l'incendie gagna le cœur de la ville et n'épargna
rien. Le fléau destructeur ne respecta pas même le
1859
-
1 — 2 —
Kremlin. Ce palais immense occupé par le premier
guerrier du monde, fut à son tour la proie des flam-
mes. Cette grande cité n'offrit en peu de temps qu'un
brasier ardent. La neige tombait en abondance. Un
vent impétueux soufflait et couvrait l'horizon d'un
_brouillard épais et sombre : presque tous les chevaux
périssent, la cavalerie est à pied, l'artillerie n'a pas
d'attelage. Parmi les hommes, les uns engourdis et
glacés, cèdent au sommeil qui donne la mort; les
autrcs sont désarmés par la faim qui ôte la force
d'agir, et par la rigueur intolérable du froid qui leur
gèle les mains. Ceux qui pem ent encore se servir de
leur fusil ont à dissiper des nuées de cosaques pen-
dant le jour, et ne trouvent aucun repos pendant la
nuit. Depuis le commencement de la retraite de l'ar-
mée française après l'incendie de Moscou, le désordre
avait gagné les différents corps de troupes. Des
bandes d'hommes appartenant à divers régiments sui-
vent la route comme un troupeau sans défense, et se
répandent dans toutes les directions pour chercher
du pain et un abri.
Néanmoins, au milieu de oette désorganisation, un
grand nombre de soldats et d'officiers, et surtout les *
vieux compagnons de guerre de l'Empereur, conser-
vaient un calme, une contenance, une force de vo.
lonté, en même temps qu'une vigueur d'action qui
rendaient les débris de notre armée encore imposants
aux yeux de l'ennemi. Pendant cette retraite pénible
et glorieuse, l'attitude de Napoléon fut celle d'une
grande âme aux prises avec l'adversité. Les souf-
frances de l'armee, le soin de son salut, la pré-
voyance des projets de l'ennemi occupent sa vaste
pensée sans. troubler son esprit.
A Dorogobourg, l'arrière-garde, sous les ordres
du maréchal Ney, venait d'être attaquée en queue et
en flanc par les russes commandés par Platoff. Le
brave maréchal, avec cette rare intrépidité qui lui
était familière repousse l'ennemi avec une poignée de
braves pour protéger le gros de l'armée en retraite
sur Smolenks.
D'autre part, Murat se voit soumis avec ses soldats
aux plus rudes épreuves sur des chemins que la neige
et le verglas ont détruits. Ils ont néanmoins chassé
y les cosaques qui les harcelaient sans cesse de tout côté
jusqu'à Dukhorizina où nous attendaient encore de
cruelles angoisses; il fallait traverser le Wop; cette
rivière, fangeuse et encaissée entre deux rivières-es-
carpées, présente un obstacle presque insurmontable;
tout en résistant à un gros d'ennemis, Murât la fait
passer a gué par la garde. Cependant on a formé une
rampe sur laquelle commençaient à défiler l'artillerie
et les bagages ; la rampe céda bientôt sous le poids
qu'ette supportait, et nos canons s'engloutirent dans
de profondes ornières.
L'ennemï nous précédait déjà sur la route que nous
devions suivre. On le repousse en lui faisant éprou-
ver de fortes pertes en hommes et chevaux. Enfin, le
prince Eugène, sous la protection du général Brous-
sier et de la cavalerie bavaroise, arrive à Smolenks
avec un débris informe composé des plus braves sol-
dats du monde.
L'armée française partit de Smolenks pour gagner
le pont d'Arka. Le général ennemi Kutnsoff avec son
armée nous y avait déjà précédés. Souvent puni de sa
témérité en pareille circo nstance, ce capitaine auda-
cieux hésita cette fois à s'opposer à notre passage :
néanmoins le péril semblait s'agrandir; la route de
Krosnoée était fermée par 42 mille, russes sous les
ordres de Kutusoff. Ce dernier, fier de J'avantage du
nombre, s'adressa d'abord à une colonne de 1,500
hommes de la garde, commandés par le général Guille-
minot : l'ennemi le somme de mettre bas les armes,
mais une indignation unanime repousse cette inju-
rieuse proposition plusieurs fois répétée et nos dignes
soldats fondent avec intrépidité sur les bataillons en-
nemis. En un instant la mêlée fut terrible, et un grand
nombre de_braves trouvèrent la mort sous le fer des
baïonnettes et djn feu. Le maréchal Ney en cette oc-
casion redevient grenadier, s'empare d'une carabine,
il donna le premier l'exemple de la bravoure et du
courage- en une circonstance si périlleuse; mais la
moitié de la colonne française succomba dans cette
lutte inégale. Néanmoins la perte de l'ennemi fut con-
sidérable, le reste de notre colonne put rejoindre le
maréchal Davoust et le trouva aux prises avec l'en-
nemi. Sur un autre point, les russes occupaient la
route qu'ils devaient suivre; c'est là que 4 millefran-
çais de nos plus braves, harassés, manquant de tout,
n'ayant plus que quelques canons, mais soutenus
par d'habiles dispositions, encouragés par nos géné-
raux à l'cxemple du prince et par la brillante valeur
de tous les chefs, ont affronté à plusieurs reprises un
corps puissant que protégeaient un bois et des hau-
teurs hérissées d'une nombreuse -artillerie; c'est là
que trois cents hommes ont osé a-border ces hau-
teurs où des masses de cavalerie les ont assaillis
avec fureur. La constance des fratiçais n'a pu suffire
4 à forcer ce passage : il fandra périr ou se rendre;, la
nuit survient. Le prince, loin de s>bandonner au
découragement, en profite pour tourner la position
des russes, et, pra cet habile stragème, il se réunit
au quatrième corps et à la jeune garde, placée par
Napoléon à Krasnoé.
Chaque jour c'étaient de nouvelles épreuves, c des
privations de toute, espèce, des combats acharnés
contre nos ennemis supérieurs en nombre, ^insi,
après bien des batailles où la valeur française ne se
démentait jamais, nous arrivâmes sur les bords de la
Bérézina, tleuve qu'il ïallait traverser pour leméttre
entre nous et l'ennemi. Le maréchal Ney comman-
dait l'arrière-garde avec Davoust. Déjà une partie de
notre cavalerie avait traversé au gué le fleuve en
portant chaque cavalier un fantassin en croupe ; deux
ponts venaient d'être construits par ordre de l'Empe-
reur pour l'artillerie et le train ; les canons tonnaient -
au loin, une vive fusillade se faisait entendre. Ney et
plusieurs généraux étaient aux prises avec l'ennemi
sur l'autre rive de la Bérésina ; quelques milliers de
nos braves contenaient les Russes avec leur courage
habituel. 39 mille soldats étrangers ne pouvaient for-
- cer une poignée de soldats de Napoléon qui proté-
geaient leurs frères d'armes. Pendant ce temps, 150
bouches à feu et leurs caissons roulent sur le pont,
les chevalets s'enfoncent sous le poids d une si enor-
me charge, la présence de l'Empereur, les prodiges
qu'il inspire à nos pontonniers et mains, à nos sapeurs
,plongés jusqu'aux épaules dans l'eau glacée, triom-
; phent de tous les obstacles ; mais une grande quan-
tité de courageux soldats trouvèrent la mort sous
les glaçons du fleuve quantité de bouches a feu avec.