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La jeune fille mourante : élégie : précédée de plusieurs lettres des Académies de Douai, de Berlin, de MM. de Chateaubriand, Casimir Delavigne et Andrieux, sur le génie poétique de l'auteur, avec son épitaphe par le célèbre Corai / par Alphonsine-Théolinde Cotte

De
15 pages
impr. de vve Poussin (Paris). 1833. 16 p. ; in-8.
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LA
JEUNE BSIUbl fiLQtMWKB.
ÉLÉGIE
J$fer tLSfo^donJme- fé/ieo/bit/e C1&ofâe,
DE PLUSIEURS LETTRES DES ACADEMIES DE nOUAI, DE RERUN,
DE MM. CHATEAUBRIAND, CASIMIR DELAVIGNE
ET ANDRIEUX , SUR LE GÉNIE POETIQUE
DE L'AUTEUR ;
AVEC SON EPÏTAPHE
<"
PARIS.
1853.
IMBŒŒÏEIÈ©
ADRESSÉES A M. LOUIS-HONORÉ COTTE ,
SUR LES POÉSIES:
£otte,
SA FILLE.
1.
Société royale et centrale du département du Nord,
séant à Douai.
MONSIEUR,
La Société a été vivement émue à la lecture de votre let-
tre , et des pleurs ont coulé sur la touchante élégie que votre
douleur doit désormais regarder comme une source de con-
solations. Non, Monsieur, la jeune vierge ne mourra pas
tout entière : ses accens sont impérissables; la mort est au-
dessous de la gloire. Vivez, père malheureux, pour nourrir
vos regrets et les offrir aux mânes de votre fille. Dans deux
jours, elle revivra cette fille chérie, au milieu d'une solen-
nité, où les cœurs seront pénétrés de tristesse, où les esprits
seront transportés d'admiration, lorsqu'une voix mélanco-
lique répétera les doux chants du cygne. Quelques rayons
de sa gloire vous apparaîtront sur la tombe que garde votre
amour paternel, etc. 1- ..hJ J
Agréez, etc. ! j ! .:' ).:;,
PRONNIEII, Secrétaire général.
4
II.
Institut de France (Académiefrançaise).
MONSIEUR ,
J'ai lu avec attendrissement et avec admiration la pièce
de vers que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer manus-
crite, et qui a été composée par mademoiselle votre fille
dans sa dernière maladie, lorsqu'elle était âgée de moins de
quinze ans: c'est, assurément, un rare phénomène qu'un
pareil talent dans un âge si tendre. J'ai surtout été louché de
la piété filiale qui se fait sentir dans tout l'ouvrage : on voit
que cette aimable personne regrette beaucoup plus son
excellent père qu'elle ne regrette la vie. Je suis père aussi ,
Monsieur; j'ai des filles : c'est vous dire assez que je com-
prends votre douleur, et que j'y compatis de toute mon âme.
Agréez, etc.
ANDRIEUX, Secrétaire perpétuel.
-;,,,, III.
r Académie royale de Beriin.
MONSIEUR,
L'académie de Berlin regrette d'être exclusivement vouée
par ses statuts aux travaux scientifiques;, néanmoins , un
phénomène en littérature et en morale aussi extraordinaire
que celui dont vous avez bien voulu lui donner connais-
sance, ne pouvait qu'exciter son admiration; et c'est bien
sincèrement que nous prenons part à la douleur que vous
s
tâùse la mort prématurée d'une jeune personne douce d'un
St rare talent.
Agréez, etc. L'Académie royale des Scicndes.
ERMAN , Secrétaire.
IV.
MONSIEUR,
Je vous dois des remerciemens pour le plaisir que vous
m'avez procuré, bien qu'il ait été mêlé d'un profond senti-
ment de tristesse. 11 y a d'admirables inspirations dans les
vers de mademoiselle votre fille : les Muses doivent la pleu-
rer avec vous, et je crois qu'elle était réservée à de bien
brillantes destinées.
Recevez, Monsieur, avec l'expression de mes regrets sur
une perte si douloureuse, l'assurance de ma considération
très distinguée.
CASIMIR DELAVIGNE.
V. , u-
MONSIEUR,
Mauvais juge en poésie, mais bon juge en douleur, je
sens quelle doit ctre la vôtre. Rien ne me paraît plus tou-
chant, et n'offre une image plus Irisle et plus gracieuse à la
fois, qu'une jeune fille chantant elle-même sa mort, et di-
sant à propos de son père :
S'il vient, ah que sa fille ouvre encore au sourire
Une bouche flétrie, un oeil faible et mourant !
Oui ! ranimons la. mort ; devant lui si j'expire,
Que je meure en lui souriant.
Cannina jani moriens canil excqaialia. Tout cela , Mon-
6
sieur, peut exciter l'admiration d'un étranger, mais ne con-
sole pas un père. La jeune muse n'est plus : la France, qui
a renié tant de souvenirs, avait cependant besoin pour les
remplacer de conserver ses espérances.
Recevez, je vous prie, Monsieur, avec mes remerciemens
empressés , l'assurance de ma considération très distinguée.
CHATEAUBRIAND. *
€pitapl)f
POUR LE TOMBEAU DE THÉOLINDE COTTE,
c- - PAR LE CÉLÈBRE CORAt.
KOPAH.
TRADUCTION.
Pleure, ô ma patrie! elle a péri, malgré la destinée, cette
merveille de l'Hélicon, cette jeune vierge qui portait le
sceptre des vertus ei des accords sublimes. La Seine et l'Oder
pleurent une mortelle accomplie : mais c'est une impiété de
proférer que cette âme divine s'est éteinte sons les glaces du
tombeau : elle chante les héros parmi les immortels.
CORAÏ.
+ Le Constitutionnel dit, dans son numéro du 6 février 1833, en
rendant compte de la dixième livraison du livre des Cent-et-Un :
« Le dernier chapitre qui termine ce volume est un morceau
« de poésie gracieuse, par mademoiselle Cotte, jeune fille que la
« mort a trop tôt enlevée à la tendresse d'un père. MM. deChateau-
« briand , Casimir Delavigne et Andrieux , en jetant des fleurs sur la
« tombe de ce génie précoce, lui ont assuré l'attention de la pos-
« térité.