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La Lyre angélique, recueil de cantiques nouveaux,... par M. l'abbé Justin Etcheverry,...

De
214 pages
Périsse frères (Paris). 1870. In-12, XV-200 p..
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LÏRE AN&ÊilQUE
.',.,-. CANTIQUES NOUVEAUX ,
OFFERTS AUX MAISONS D'ÉDUCATION
PAROLES DU R. P. JUSTIN ETCHEVERRY
• De la Compagnie de Jésus
Musique et accompagnement de M. Nicolas BOUSQUET
Chevalier de la Légion d'honneur, ancien élèie dn Conservatoire.
OUVRAGE APPROUVÉ
.. , . PAR SA SAINTETÉ PIE IX
51«r I,'ARCHEVÊQUE DE PARIS ET MSr L'ÉYÊQUE D'AIRE
Soyez ma parole première,
O Jésus, mon premier amour !
Je veux TOUS chanter sur la terre,
Pour vous chanter au ciel un jour !
(LYRE ANGÉLIQUE).
NOUVELLE- ÉDITION DES PAROLES SEULES
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RÉGIS RUFFET ET Cio, SUCCESSEURS
PARIS
38 , RUE SAINT-SULPICE
BRUXELLES
PLACE SAINTE-GUDULE, 4
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LA
LYRE ANGÉLIQUE
CANTIQUES NOUVEAUX
PROPRIÉTÉ.
Ces Cantiques, entièrement nouveaux, tant pour la
poésie que pour la musique, sont la propriété exclusive
de l'Éditeur. Toute reproduction, môme partielle, est
interdite, et sera rigoureusement poursuivie selon l'es
lois.
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>v IM Chevalier de ]« Légion d'honneur, ancien élère du Conservatoire.
OUVRAGE APPROUVÉ
PAR SA SAINTETÉ PIE IX
ïiier L'ARCHEVÊQUE DE FARIS ET MSf L'ÉVÊQUE D'AIRE
Soyez ma parole première,
0 JÉSUS, mon premier amour !
Je veux vous chanter sur la terre,
Pour vous chanter au ciel un jour !
(LYRE ANGÉLIQUR).
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I . BRUXELLES
I PLACE SAINTE-GUDULE, 4
1870
La LYRE ANGÉLIQUE a tracé son sillon dans le
monde des fidèles. L'harmonie des vers et le
charme des mélodies ont touché les coeurs de la
jeunesse religieuse ; l'orthodoxie de la pensée
poétique et la simplicité savante du chant et de
l'accompagnement ont obtenu le suffrage des mi-
nistres.de Dieu ; enfin, l'approbation générale don-
née à celte oeuvre par les âmes chréliennes a été
scellée par les félicitations des princes 'de l'Église.
En publiant une nouvelle édition de la Lyre an-
gélique, nous croyons devoir borner à ces quelques
mots toute préface et toute introduction. Quelle
dissertation sur les cantiques ne deviendrait
superflue après les termes dans lesquels l'appro-
bation de Mgt l'Évêque d'Aire a été formulée?
4 Quelle autorité serait supérieure à celle de ce
digne prélat, dont la vie s'est usée au zèle de la
— VI —
Tnaison de Dieu? A ses yeux, cet ouvrage est un
trésor pour la jeunesse. En effet, dit-il, les canti-
ques renferment toute l'année liturgique et rendent
, d'une manière souvent très-heureuse, avec les pa-
roles de l'Église et des Livras Saints, les sentiments
propres à chaque fête et à chaque mystère. Livre
de chant et livre de prière, ce recueil exhale un
parfum de douce piété, et la poésie du R. P. Justin
Etcheverry est douce, pleine de sentiment et de
naturel. Livre de méditation et d'instruction reli-
gieuse, la Lyre angélique présente sous une forme
attrayante les vérités de la Religion et les princi-
pales vertus de la morale chrétienne.
M. Nicolas Bousquet, l'auteur de la musique,
présentement professeur de chant et d'harmonie à
Fécole de Sorèze, voit son oeuvre se populariser dé
jour en jour. Dieu l'a déjà bénie en lui envoyant,
les plus flatteuses et les plus nobles félicitations.
Le Souverain Pontife lui a fait don d'une médaille
d'or en faveur de ce travail qui l'a réjoui; La Non-
ciature l'a honoré de deux médailles d'argent;
M6r Sibour, le saint prélat si misérablement enlevé à
son troupeau, lui écrit que Dieu lui tiendra compte
d'avoir consacré son talent au service de la Reli- >
gion; enfin, le Génie de l'éloquence chrétienne au
— VII —
XIXe siècle, le R. P. Lacordaire, en songeant que
M. Bousquet est professeur à l'école de Sorèze, at-
tache un "plus haut prix au succès de l'ouvrage,
parce que, dit l'illustre orateur, il est le nôtre en
partie et que, jouissant chaque jour de votre ta-
lent, nous avons le droit de l'aimer comme quel-
que chose qui est à nous.
M. Nicolas Bousquet est digne de ces hautes ré-
compenses. Si son oeuvre, qui est le travail d'un
maître, doit avoir un long avenir, son talent
compte un long et honorable passé. En effet, cet
artiste a été élève du Conservatoire et chef de mu-
sique du 6e régiment de ligne, et, pendant plus de
vingt années, compositeur de journaux de musique
militaire. Aux nombreux concours décompositions
musicales où il s'est présenté, son nom a toujours
été distingué, parce qu'il a toujours remporté des
couronnes. Il a été nommé chevalier de la Légion
d'honneur, et il élait officier recherchant les lau-
riers des batailles, quand, sa santé trahissant son
imagination ardente, il a été ramené à sa véritable
mission, celle de consoler les âmes et de les élever
jusqu'à Dieu, en exprimant par. une musique
fraîche et correcte, simple et savante, les senti-
ments du poëte chrétien son digne collaborateur.
; VIIC
A chaque page, à chaque cantique, le poète et le
musicien semblent avoir voulu développer cette
pensée :
Où donc sera la paix ? — Seigneur, dans l'espérance,
Dans les saintes vertus dont tu nourris l'enfance,
Dans la simplicité du coeur et dans ta Foi,
Et dans ton sein, mon Dieu ! Car le bonheur, c'est Toi (1) 1
Tel est ce livré. La présente édition a été l'ob-
jet des soins les plus minutieux. Nous avons l'espoir
qu'elle recevra l'accueil qu'elle mérite.
LES ÉDITEURS.
(t) Poésie inédite du R. P. Justin Etoheverry.
A
MONSEIGNEUR FBANÇOIS-ADÉLAIDE-ADOLPHE LANNÉLUC
ÉVÈQUE D'AIRE.
MONSEIGNEUR,
Lorsque j'ai voulu placer ce livre sous un auguste et saint
patronage, c'est vers vous que s'est reportée ma pensée.
Ces Cantiques furent composés dans votre Petit Séminaire et
pour les jeunes âmes, portion chérie de votre troupeau. Je dus
alors à votre Wenveillance des encouragements et des conseils ;
je lui dois aujourd'hui, pour l'ouvrage, une flatteuse approba-
tion, et, pour l'auteur, un de ces témoignages d'tiffecticn pater-
nelle auxquels vous l'aviez depuis longtemps accoutumé.
La vocation religieuse qui m'a éloigné de vous et de votre
diocèse n'a point brisé les liens du coeur qni m'y rattacheront
toujours ; c'est là que me ramènent les meilleurs souvenirs de
ma vie, les souvenirs du premier jour et des premières années
de mon sacerdoce.
Tous ces motifs me sollicitaient à déposer cet hommage aux
pieds de Votre Grandeur.
J'étais heureux aussi de lui offrir une nouvelle occasion d'exer-
cer un zèle souvent signalé par de'grandes oeuvres. Celle que je
— X —
vous demande d'abriter sous votre nom est petite ; mais c'est
une oeuvre de piété, et, à ce titre, elle était sûre d'attirer votre
faveur. La faiblesse de mes chants a déjà été relevée par la suave
musique de mon savant collaborateur; il ne leur manquait plus,
pour être bien accueillis des fidèles, que la sanction sacrée d'un
Pontife ; bénis par vous, ils obtiendront le seul succès que nous
ambitionnons pouf nos travaux, le bonheur de porter aux âmes
la pensée de Dieu, et, à Dieu, l'expression de l'amour des âmes.
Daignez agréer l'hommage de la vénération et de la reconnais-
sance avec lesquelles
J'ai l'honneur d'être, Monseigneur,
de VOTRE GRANDEUR,
Le très-humble et très-obéissant serviteur,
J. ETCHEVBRRY, S. J.
TOULOUSE, 1852.
Romo, 7 septembre 1832.
MONSIEUR,
On a remis en votre nom aii Souverain Pontife Pie IX votre
dernier ouvrage, dans lequel vous avez revêtu d'une musique
expressive des vers pleins d'une tendre dévotion. II était accom-
pagné d'une lettre où brillaient vos sentiments de religion, de
foi et de piété. Sa Sainteté s'est beaucoup réjouie, Monsieur,
du zèle qui vous a fait entreprendre d'éveiller, d'animer la piété
des fidèles, en relevant par la beauté de vos harmonies le
mérite du vers. Aussi m'at-elle chargé de vous exprimer, Mon-
sieur, sa reconnaissance pour votre gracieux présent, en même
temps qu'elle m'a remis, pour vous l'offrir, une médaille d'or
que vous recevrez avec cette lettre. De plus, comme gage de son
affection particulière pour vous et comme présage de tous les
biens d'en haut, ce Pontife plein d'une paternelle bonté vous
envoie, dans l'effusion la plus tendre de son coeur, sa bénédiction
apostolique.
Il ne me reste qu'à vous exprimer, Monsieur, mon profond
respect et les voeux empressés que j'adresse au ciel pour votre
parfait bonheur.
Votre très-humble et très-dévoué serviteur,
Dominique ÏIOHASIOIÏTI,
Secrétaire de notre Saint-Père le Pape
pour les lettres latines.
A Monsieur Nicolas BOUSQUET,
à Paris.
APPROBATION
FRANÇOIS-ADÉLAÏDE-ADOLPHE LANNÉLDC, par la miséricorde
divine et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Évèque d'Aire.
Nous avons fait examiner un ouvrage ayant pour titre :
La Lyre angélique. Cantiques nouveaux, par le R. P. Justin
Eicheverry, de la compagnie de Jésus, ancien professeur de
Rhétorique de notre Petit Séminaire. Il résulte du rapport qui
nous a été fait que ce recueil peut soutenir la comparaison avec
les meilleurs livres de ce genre, si même il ne les surpasse à
certains égards. Ces cantiques seront un vrai trésor pour la
Jeunesse ; ils renferment toute l'année liturgique et rendent
d'une manière souvent très-heureuse, avec les paroles de l'Église
et des Livres Saints, les sentiments propres à chaque fête et à
chaque mystère. Ce recueil peut servir en même temps de livre
de chant et de livre de prière^ il exhale un parfum de douce
piété. Il peut encore servir de livre de méditation et d'instruc-
tion religieuse, en présentant sous une forme attrayante les
vérités de la religion et les principales vertus de la morale
chrétienne : le dogme catholique y est exposé de manière à ins-
— XIII —
truire et à édifier le lecteur. La poésie de ces cantiques est élé-
gante, douce, pleine de sentiment et de naturel.
Nous sommes heureux de pouvoir donner ce témoignage hono-
rable, avec notre approbation épiscopale, à un ouvrage dont
l'auteur, prêtre de notre diocèse, a su mériter d'ailleurs notre
paternelle affection.
DONNÉ A AIRE, en notre palais épiscopal, sous notre seing, le
sceau de nos armes et le contre-seing du Secrétaire Général de
notre Évêché, le 25 avril 1852.
t Ve. Ad. Ad., ÉVÊQUE d'AIKE.
L. f S.
Par Monseigneur l'Évêque,
V. DU LIN,
CHANOINE, SECRÉTAIRE GÉNÉRA:.-
Paris, 10 juin 1853.
MONSIEUR,
Vous avez bien voulu m'envoyer un splendide exemplaire des
oeuvres musicales que vous venez de publier sous le titre de
la Lyre angélique. J'ai été touché de votre délicate attention, et
je vous prie d'agréer mes remercîments.
Je vous félicite, Monsieur, de l'esprit chrétien qui se révèle
dans vos compositions. Il m'est agréable' de penser que Dieu
tiendra compte du sentiment qui vous a porté à mettre votre
talent supérieur au service de la Religion. Je souhaite vivement
que les familles et les écoles fassent à votre beau travail le gra-
cieux accueil qu'il mérite, et que les jeunes mémoires gardent
toujours les salutaires impressions qu'il est si propre à pro-
duire en elles.
Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée,
t D. M. Auguste, AiiciiEvÈQui; DE PARIS.
A Monsieur BOUSQUET, chevalier de la Légion d'honneur.
Sorèze, 8 mars 1858.
MONSIEUR,
J'ai été bien aise d'apprendre que vous prépariez une nou-
velle édition des chants religieux dont vous avez composé la
musique. En tout temps, je me fusse réjoui de les voir s'étendre
et se populariser; mais aujourd'hui que vous appartenez à l'école
de Sorèze, j'attache un plus haut prix à votre succès, parce qu'il .
me semble qu'il est le nôtre en partie, et que, jouissant chaque
jour de votre talent, nous avons le droit de l'aimer comme quel-
que chose qui est à nous. C'est à Dieu que vous l'avez consacré
depuis longtemps; c'est lui qui vous a rendu en renommée le sa-
crifice que vous lui en avez fait, et je ne puis rien ajouter par
mon suffrage à cette récompense que vous avez reçue de lui et
qui vous était si bien due.
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression cordiale do mes senti-
ments très-distingués.
rr. Henri-Dominique LACOBDAIRE,
DES FR. PRECII.
A Monsieur BOUSQUET, professeur de musique à l'école
de Sorèze.
. 1.—A JÉSUS*.
CHANT PRÉLIMINAIRE.
Jésus 1 dès le berceau, nia langue, faible encore,
Bégayait votre nom si doux ;
Qu'il s'élance aujourd'hui de ma lyre sonore
Et d'un coeur tout rempli de vous !
REFRAIN.
Soyez ma parole première,
0 Jésus, mon premier amour !
Je veux vous chanter sur la terre
Pour vous chanter au ciel un jour !
Si la gloire frivole a ses brillants poètes,
Le plaisir ses chantres légers,
A nous de réveiller les accents des prophètes
Dédaignés de ces étrangers !
D'autres ont consacré leur voix, pourtant si belle,
Aux hymnes des folles amours ;
Mais la nôtre, qu'anime une ardeur immortelle,
Seigneur, vous chantera toujours.
Ah 1 de tous les grands noms que le siècle proclame^
De ceux qu'il caresse le plusf
* Le numéro placé en tête de chaque Cantique désigne le
numéro correspondant de la. MUsiqué,
1
2 LYRE ANGELIQUE.
En est-il qui résonne aux profondeurs de l'âme
Comme le vôtre, ô mon Jésus?
Soyez donc mille fois béni dans ces Cantiques
Par la voix des enfants pieux,
Heureux d'unir leurs chants aux concerts angéliques
Qui retentissent dans les cieux!
I
OUVERTURE
DE
L'ANNÉE SCOLAIRE
2. — RETOUR A L'AUTEL DE MARIE.
Nous revenons, ô notre bonne Mère ;
Reconnais-tu la voix de tes enfants ?
Ils ont souffert loin de ton sanctuaire,
Ils sont heureux sous tes yeux caressants.
Tes bras ouverts nous appelaient sans cesse :
Oh ! nous voici, presse-nous sur ton coeur !
Nous te rendons toute notre tendresse,
Rends-nous aussi notre premier bonheur.
Tu le sais bien, malgré la longue absence,
Nous n'avons pas perdu ton souvenir ;
Rien n'étouffait la voix de l'espérance
Qui nous disait : Vous pourrez revenir.
Nous revenons avec la même ivresse,
Nos fleurs d'amour ont gardé leur fraîcheur ;
Nous te rendons toute notre tendresse,
Rends-nous aussi notre premier bonheur.
4 LYRE -ANGÉLIQUE.
Comme l'oiseau qui redoute l'orage
• Se réfugie en tremblant dans son nid,
Nous avons fui de ce monde volage
Pour nous presser à ton autel béni.
Mets à l'abri notre frêle jeunesse,
Réchauffe-nous sur ton sein prolecteur ;
Nous te rendons toute notre tendresse,
Rends-nous aussi notre premier bonheur.
3. — LA SOLITUDE.
REFRAIN.
0 sainte solitude,
Que ne puis-je toujours
Dans ta béatitude
Voir s'écouler mes jours !
Comme l'oiseau timide
Fuit le trait du chasseur,
Loin d'un monde homicide .
Abritons notre coeur.
Vivons au sanctuaire
Sous le regard de Dieu,
Et disons à la terre
Un généreux adieu.
Ici nul bruit funeste
. Ne trouble le bonheur
De cette paix céleste,
Premier trésor du coeur.
Dans les sombres tourmentes,
Que deviendrait la fleur,
Si des mains vigilantes
N'en sauvaient la fraîcheur?
LYKE ANGELIQUE.
Ainsi, la Providence,
Nous couvrant de ses mains,
Préserve notre enfance
Des orages mondains.
Le monde ! c'est un fleuve
Au cours impétueux,
Où le passant s'abreuve
D'un flot noir et fangeux.
La solitude douce
Ressemble au clair ruisseau
Qui roule sur la mousse
Le cristal de son eau.
Mon Dieul longtemps encore
Gardez-nous dans ces lieux,
Où l'âme vous adore,
Vous aime et vous sert mieux !
4. — LE MONDE.
Chrétien, oh ! n'aime pas le monde !
Son bonheur passe comme l'onde
Et ne laisse que des douleurs.
Vain fantôme qui nous attire,
Il a des pleurs dans son sourire
Et des épines sous ses fleurs !
REFRAIN.
Va, je te déteste,
Monde corrupteur ;
Ton souffle funeste
Flétrirait mon coeur !
LYIiE ANGELIQUE.
Combien j'en ai vu de ton âge,
Trompés par ce monde volage
Qui flattait leurs naissants désirs!
Qu'ont trouvé ces âmes légères
Au sein des brillantes chimères?
Des remords au lieu de plaisirs.
Leur jeune front, hier encore,
Avait la fraîcheur de l'aurore...
Il est ridé par le souci !
La grâce n'est plus sur leur bouche,
Leur oeil si vif est terne et louche...
Le monde les a faits ainsi !
Le monde est une sombre école
Où, par l'exemple et la parole,
Les coeurs sont entraînés au mal;
Immense arène de scandales,
Où les maximes infernales
Dressent leur étendard fatal 1
Le monde ! Dieu, dans sa colère,
A frappé d'un arrêt sévère
L'homme insensé qui le chérit.
Ah ! si tu veux sauver ton âme,
Fuis du sein de Sodome infâme :
Quiconque y demeure y périt !
S. — LES PLAISIRS DU MONDE.
REFRAIN.
Plaisir! plaisir! trompeuse ivresse,
Qui nous promets des biens si doux,
Ah ! dans ta coupe enchanteresse,
Je n'ai trouvé qu'amers dégoûts!
LYRE ANGÉLIQUE.
J'ai vu les heureux de la terre,
Au sein même des voluptés,
S'écrier : « Tout n'est que misère
« Et vanité des vanités! »
C'est qu'il faut à notre âme avide
Un bien qui n'est point ici-bas;
Le coeur humain est toujours vide
Lorsque Dieu ne le remplit pas.
En vain donc l'homme se consume
A combler ici ses désirs ;
Non ! la tristesse et l'amertume
Sont au fond de tous les plaisirs.
C'est un fruit dont l'écorce est belle ;
Son aspect éblouifd'abord ;
Mais bientôt on sent qu'il recèle
Le poison qui donne la mort.
Mon Dieu, le bonheur de ce monde
Brille et s'efface dans un jour ;
Aussi notre espoir ne se fonde
Que sur les biens de votre amour.
6. — MESSE DU SAINT-ESPRIT.
REFRAIN.
Seigneur, que par vous tout commence
Comme par vous tout doit finir !
Nous implorons votre assistance :
Oh ! venez, venez nous bénir!
Au début de cette carrière, ■'■',
Nous venons, Esprit de lumière,
8 LYRE ANGÉLIQUE.
De vos saintes faveurs invoquer le secours ;
Nous mettre encore sous vos auspices,
Et vous consacrer les prémices
De nos travaux et de nos jours.
Sans vous nos labeurs sont stériles ;
Nos efforts meurent inutiles
Si votre feu divin ne vient les animer.
Ainsi, sans chaleur, sans rosée,
La terre languit épuisée;
Son sein refuse de germer.
Ouvrez à notre intelligence
' Les. trésors de votre science ;
Le savoir d'ici-bas n'est qu'un éclair mortel,
Notre âme chrétienne demande
Un rayon qui du ciel descende
Et nous dirige vers le ciel.
7. — HYMNE DU MATIN.
Quand le monde qui sommeille
Se ranime aux feux du jour,
Bientôt, mon âme s'éveille
Aux feux du divin amour. ' -
REFRAIN.
. .. Quand la lumière
Brille à mes yeux,
Que ma prière
S'élève aux cieux !
Le soleil remplit l'espacé
De lumière et de chaleur ;
LYRE ANGÉLIQUE.
0 mon Dieu, que votre grâce
Rayonne ainsi dans mon coeur.
Puisque votre providence ,
Daigne prolonger mes jours,
Protégez mon innocence
Dans les périls que je cours.
Que vos mains daignent conduire
Mes pas dans votre sentier,
Et le jour qui vient de luire
Sera pour vous tout entier.
8. — LA SAINTE MESSE.
REFRAIN.
Les cieux s'unissent à la terre,
Recueillons-nous, faibles mortels !
Comme autrefois sur le Calvaire,
Dieu s'immole sur nos autels.
Oui, Jésus veut renaître encore
Avec les rayons de l'aurore,
Et se livrer pour notre amour ; •
Ce n'est plus le sanglant supplice,
Mais c'est le même sacrifice
Qu'il renouvelle chaque jour.
Il est caché sous un symbole,
Il n'a fallu qu'une parole,
Les cieux mêmes sont descendus ;
Et celui qui créa le globe
Voile sa gloire et se dérobe
Sous l'ombre d'un pain' qui n'est plus !
i.
10 LYtlE ANGÉLIQUE.
Si Dieu, près de nous, voit ses anges,
Devant ces merveilles étranges,
, Courber leurs fronts anéantis,
Comment ne pas frémir de crainte,
En face de sa grandeur sainte,
Nous, si pécheurs et si petits !
Seigneur, malgré notre misère,
Nous voulons, notre vie entière,
Nous immoler aussi pour vous ;
Tels que le feu de la victime,
Nous élever au ciel sublime
Comme vous descendez vers nous.
9. — L'ÉLÉVATION.
0 toi que l'univers "adore,
Réponds à l'amour qui t'implore,
•Viens, viens à nous...
Il est venu le Roi des anges !
Que l'homme chante ses louanges
A ses genoux !
Il est voilé sous le mystère,
Mais la nuée est bien légère
Pour notre foi !
Si mon oeil ne voit qu'un emblème,
Mon âme sait que Jésus même
Est devant moi.
Sauveur béni de la nature,
Tu répands tes dons sans mesure
Dans ce séjour;
Reçois l'encens qui, de la terre,
S'élève avec notre prière
Et notre amour !
LYRE ANGÉLIQUE. 11
10. — AVANT LA COMMUNION *.
Voici donc l'heure solennelle,
Voilà le banquet des élus !
0 moment fortuné, dès longtemps je t'appelle,
Mon espoir, mon amour, ma foi, tout me révèle
L'approche de mon doux Jésus.
Non, Seigneur, je ne suis pas digne
De m'unir à l'Époux divin !
Je sais que, pour goûter cette faveur insigne,
11 me faudrait un coeur aussi blanc que le cygne,
Et plus ardent qu'un Séraphin !
Mais vous nous l'avez dit vous-même :
Vous ne voulez que notre ardeur.
La flamme de l'amour est un nouveau baptême ;
Vous versez vos pardons dans l'âme qui vous aime:
Et je n'aime que vous, Seigneur!
Venez donc, ô Dieu que j'implore,
Mon âme est si triste sans vous !
Elle languit d'amour, votre soif la dévore ! , .
Mes sens, perdus en vous, tressailliront encore.
Venez, venez, ô mon Époux.
11. — APRÈS LA COMMUNION.
0 mon Dieu, je vous adore,
Présent dans mon coeur mortel !
A l'amour qui vous implore,
Mon Dieu, vous donnez le ciel.
*0n trouve à l'article Première communion d'antres cantiques
sur le même sujet.
18 LYRE ANGÉLIQUE:
Élève-toi, mon âme, au-dessus de ce monde ;
Devant mes yeux là terre a fui.
O transport ! le bonheur m'inonde !
Dieu vit eh moi, je vis eh lui !
• Pour jouir de la présence
De l'objet de mon amour,
Je volais par l'espérance
Souvent au divin séjour.
Enfin, je l'ai trouvé Celui que mon coeur aime ! .
Habitants fortunés des cieux,
. Je le possède dans moi-même
: Comme il est là devant vos yeux.
Seigneur, que pourràis-je dire
: Poiy .célébrer ce grand jour ?
J'aime, je bénis, j'admire,
Je n'ai que ce mot : Amour !
Ah ! je voudrais sans fin prolonger cette aurore,
Ce jour le plus beau de mes jours !
Doux Jésus, demeurez encore,
Avec'moi, dans mon coeur, toujours !
12. —INVOCATION POUR LES INSTRUCTIONS *.
REFRAIN.
Esprit-Saint, nous venons entendre
La parole de vérité ;
Mais il nous faut, pour la comprendre,
Les splendeurs de votre clarté.
Donnez à notre âme en prière
La chaleur et l'éclat du jour ;
* On trouve à l'article Confirmation d'autres cantiques sur
le même sujet.
LYRE ANGÉLIQUE." n
A notre esprit votre lumière,-
A nos coeurs, ô Dieu, votre amour !
C'est la voix de l'homme qui sème
Les vérités du Ciel en nous ;
Mais venez féconder vous-même
Son oeuvre stérile sans vous !
15. — A NOTRE-DAME DES HEURES.
J'aime à te voir, ô Vierge pure,
Sur cette Horloge qui mesure
Mçs heures qui coulent toujours !
C'est ainsi, me dis-je en moi-même,
Que la bonne Mère qui m'aime
Veille d'en haut sur tous mes jours.
Les jours passent comme un nuage;
Combien en a vu cette image
S'en aller pour ne plus venir !
Mais qu'importe ? Mon coeur espère,
Après cette vie'éphémère,
L'éternité de l'avenir.
Je vois bien, ô ma Souveraine,
Que tu veux être la gardienne
Des jours qu'il me faut vivre encor;
A ton amour je les confie,
Garde surtout, je t'en supplie,
L'heure terrible de ma mort !
14 LYflE ANGÉLIQUE.
14. — HYMNE DU SOIR.
La nature est dans le silence.
L'ombre descend, le jour s'enfuit ;
Pénétrés de reconnaissance,
Nous prions en votre présence,
O Dieu du jour et de la nuit !
REFRAIN.
L'âme pieuse vous adore
Dès le réveil ;
Elle repose en vous encore,
Dans le sommeil !
Ainsi passe notre carrière,
Et chaque jour nous est compté ;
Ah ! puisse notre vie entière
Être inscrite en traits de lumière
Au livre de l'éternité !
Il est en nous tant de faiblesse !
Seigneur, malgré tous vos secours, .
Notre coeur s'égare sans cesse ;
Les fautes de notre jeunesse
Sont plus nombreuses que nos jours !
Nous prions avec espérance,
Écoutez-nous avec bonté !
Voyez nos pleurs de pénitence ;
Couvrez d'un voile d'indulgence
Notre pauvre fragilité. "
Et vous, dont l'amitié fidèle
Veille aussi sur notre sommeil,
• Gardiens de notre âme immortelle,
Anges, couvrez-nous de votre aile,
Jusques à l'heure du réveil !
II
ANNÉE ECCLÉSIASTIQUE
1S. — JÉSUS-CHRIST.
Dieu, laissant pour un jour son céleste royaume,
Nous apparut dans l'univers,
Le Fils de l'Éternel devint le Fils de l'homme,
Pour racheter l'homme pervers.
La nature humaine était morte,
Mais Jésus-Christ la releva ;
Sa main, à la fois douce et forte,
Toucha la terre et la sauva.
REFRAIN.
Gloire à Jésus, source féconde
De grâce et d'immortalité !
Soleil qui jette sur le monde
Les rayons de la vérité !
Oui, le monde dormait dans le vice et les songes",
Sous le pied de Satan vainqueur,
Quand le Christ, dissipant la nuit de ces mensonges,
Vint rendre la vie à son coeur;
1C LYRE ANGÉLIQUE.
Alors l'univers vit paraître *~
Les splendeurs dé son premier jour,
C'est l'Éden qui sembla renaître
Au souffle vivant de l'amour.
Jésus toujours mêlait l'exemple à la parole;
De Bethléem au Golgotha,
Avant que d'imposer la croix à.notre épaule,
Longtemps lui-même la porta.
Avant qu'il eût dit à la terre :
« Soyez humble et pauvre d'esprit ! »
Lui-même épousait la misère,
Et fuyait la gloire et le bruit.
Jésus partout semait les bienfaits sans mesure,
Ses mains ne s'étendaient jamais
Que pour sécher les pleurs de toute créature,
Ou verser des trésors de paix.
Plein de pitié pour nos faiblesses,
Il ouvrait ses bras au pécheur,
Disant à toutes les tristesses :
« Venez reposer sur mon coeur ! o
O Christ ! ton nom puissant grandit avec les âges,
Tout être gravite vers toi ;
Le monde est à tes pieds, déposant les hommages
De son amour et de sa foi.
Chaque siècle à son tour proclame
Tes victoires sur les enfers :
O Christ! sois le Dieu de mon âme,
Comme tu l'es de l'univers..
LYRE ANGELIQUE. 1.7
16. — AVENT.
REFRAIN. .
Cieux, répandez votre rosée !
Nuages flottant dans les airs,
Versez sur la terre épuisée
Le Rédempteur de l'univers !
Quarante siècles d'espérance
Appelaient le jour inconnu,
Où la terre dans la souffrance
Dirait enfin : « Il est venu ! »
Et chaque siècle à son aurore,
Se demandait : « Vient-il encore,
L'objet des soupirs d'Israël? »
Et, se couchant dans la poussière,
Il murmurait cette prière
Que les anges portaient au ciel.
Les Patriarches, sous leur tente,
Jetant les yeux vers l'avenir,
Soupiraient au lpin, dans l'attente
De Celui qui devait venir.
Les Prophètes, perçant les âges,
Voyaient à travers les nuages
Se lever le jour fortuné;
Forts de l'Esprit qui les inspire,
Ils chantaient déjà sur leur lyre :
« Le Sauveur, le Sauveur est né ! »
Pour nous, plus heureux que nos pères.
Chrétiens, qui voyons de nos yeux
Celui qu'appelaient leurs prières,
A leurs désirs mêlons nos voeux !
18 LYRE ANGELIQUE.
Ce Sauveur, que notre âme adore,
Demandons qu'il nous vienne encore
Aux grandes fêles de Noël.
Enfant Jésus, daignez descendre
Dans nos âmes, pour y répandre
Tous les dons apportés du Ciel !
17. — L'HOMME SOUFFRANT VOUS APPELLE.
REFRAIN. '
L'homme souffrant vous appelle,
Il n'espère plus qu'en vous!
Calmez sa douleur cruelle,
Quittez la voûte éternelle,
Venez, Seigneur, sauvez-nous !
Le jour où le premier père,
S'égara dans son orgueil,
L'humanité tout entière
Se brisa sur cet écueil.
Mais la bonté souveraine
Compatit à son malheur,
Et promit à l'âme humaine
Un divin libérateur.
Venez donc, vous qu'on espère,
Sauveur si longtemps promis !
Devenez le tendre père
Des hommes, vos ennemis.
Que notre âme se dégage
De son crime originel ;
Terminez notre esclavage,
Rendez-nous enfants du Ciel !
LYRE ANGELIQUE. 19
Vous voyez comme le monde
Flotte d'erreurs, en erreurs,
C'est une nef vagabonde .
Sans voiles et sans rameurs.
La vertu proscrite expire ;
Voués au culte infernal,
Les peuples, dans leur délire,
Ont divinisé le mal.
O Dieu, créateur du monde,
C'est à vous de le sauver !
Seul, de sa chute profonde,
Vous pouvez le relever.
Que de l'un à l'autre pôle
L'homme entende les échos
De la puissante parole
Qui féconda le chaos !
" 18. — VENUE DU MESSIE.
MESSE DE MINUIT.
Longtemps on l'avait attendu
Le Sauveur qui devait régénérer la terre,'
Et l'homme, gisant éperdu,
Demandait quand le ciel lui serait donc rendu,
Quand finiraient les jours de sa misère...
Tout à coup, dans les airs cet hymne est entendu :
REFRATN.
Gloire à Dieu dans le ciel et paix à l'âme humaine !
L'empire du démon n'est plus;
Son sceptre est brisé par Jésus,
Et le monde captif va secouer sa chaîne !
20 LYRE ANGELIQUE.
O nuit que le jour le plus beau
Ne saurait égaler en brillante lumière !
D'où te»vient cet astre nouveau
Qui parmi les soleils allume son flambeau ?
C'est de Jacob l'étoile solitaire ""*
Dont les rayons bénis caressent un berceau !
O Sion, que ton coeur joyeux
Salue avec bonheur l'heure de délivrance !
- Sèche les larmes de tes yeux,
Entonne un chant d'amour ; voici les jours heureux !
Dieu va combler des siècles d'espérance ;
Pour relever la terre, il abaisse les cieux !
19. — NOËL !
REFRAIN.
Noël ! c'est la nuit la plus belle !
Noël ! une grande nouvelle
Nous vient du ciel.
Noël ! Noël ! l'aimable fête !
Que là foule heureuse répète
Noël ! Noël !
Écoutez ces saintes phalanges'
Au haut des airs,
Oh ! que disent tous ces beaux anges
Dans leurs concerts ?
« Il est né, l'Enfant de lumière,
« L'Emmanuel ;
« Qui donne la paix à la terre,
« La gloire au Ciel ! ■»
LYRE ANGÉLIQUE. 21
Soudain, de la nature-immense
Les mille voix
. Montent et chantent la naissance
Du Roi des rois.
Dans leurs vieux tombeaux, les Prophètes.
L'ont reconnu,
Et disent en levant leurs têtes :
« Il est venu ! »
Dépouillons le voile funèbre
De la douleur !
Il est venu ! que tout célèbre
Notre bonheur !
Écartant les tristes nuages
Du souvenir
Saluons les douces images
De l'avenir !
20. — ILS NE SONT PLUS LES SIÈCLES DE
TRISTESSE!
REFRAIN.
Victoire ! Victoire !
Unissons nos concerts joyeux
Aux hymnes de gloire
Des anges dans les cieux.
Par sa puissance
Dieu dompte les enfers, ^
Par sa naissance
Il sauve l'univers.
Ils ne sont plus les siècles de tristesse !
Homme incliné sous le poids des douleurs,
Relève-toi I l'Enfant de la promesse,
Paraît enfin pour essuyer tes pleursè
22 LYRE ANGELIQUE.
Ah ! trop longtemps sous un empire sombre
L'impur tyran nous retint enchaînés ;
Un rayon brille au milieu de notre ombre, .
Signal heureux de jours plus fortunés !
Notre ennemi disait d'un ton superbe :
« Je suis le roi du troupeau des humains !
« Mon pied vainqueur le foule comme l'herbe ;
« Qui donc viendra l'arracher de mes mains ? »
Or, quand sa bouche exhalait la menace,
Un bruit soudain fait frémir les enfers ;
C'étaient, les chants des anges dans l'espace :
« Gloire au Seigneur et paix à l'univers ! »
Divin Jésus ! que nos voix vous bénissent,
Comme nos coeurs vous entourent d'amour !
A votre aspect, nos souffrances finissent
Et nos vainqueurs sont vaincus à leur tour !
Vous paraissez, et tout se renouvelle ;
L'homme, brisant les liens de la mort,
Va suivre enfin voire voix qui l'appelle
Et s'élever d'un radieux essor.
21.—BETHLÉEM.
REFRAIN.
" O Roi de la nature,
t Nous tombons à genoux
. Devant la crèche obscure
Où vous naissez pour nous !
Entendez-vous; dans la nuit solennelle,
Un chant du ciel qui parle d'un berceau !
Heureux pasteurs ! un ange vous appelle,
Laissez à Dieu la garde du troupeau;
LYRE ANGELIQUE. 2 8
Car la nouvelle à vos coeurs révélée
Annonce au monde une ère de bonheur,
Allez ensemble au fond de la vallée :
Là, sous le chaume, est né vôtre Sauveur !
Les indigents, que le monde méprise,
L'Enfant divin les veut auprès de lui ;
Le coeur saignant, que la souffrance brise,
Trouve en son coeur son baume et son appui.
Il est venu prendre part à nos peines,
Offrir à tous le bonheur éternel ;
Il se revêt des misères humaines
Pour nous vêtir de la gloire du ciel.
O Bethléem ! étable, dure crèche,
Langes d'emprunt qui couvrent mon Jésus,
Pauvres pasteurs, nuit froide... tout nous prêche
La sainte loi des plus humbles vertus 1
Adieu la gloire, et le bruit, et la foule, ■
Adieu l'amour des plaisirs et de l'or !
Lorsqu'à ses pieds notre Sauveur les foule,
Pourrais-je, moi, les envier encor?
22. — JÉSUS ENFANT. -
Voyez cet enfant plein de charmes
Qui vous sourit ;
Dans un berceau versant des larmes,
^ Faible et petit.
Qui lève un regard sur sa mère
Si gracieux...
C'est Jésus, le Roi de la terre,' •
Le Roi des cieux.
24 LYRE ANGELIQUE.
Autrefois, grand et formidable
Dans son courroux,
Dieu devient un enfant aimable ;
Approchons-nous !
Il a voulu de sa puissance
Se désarmer,
Prendre les grâces de l'enfance
Pour nous charmer.
O mon Jésus, que je vous aime,
En vous voyant
Vous, le Dieu grand, le Dieu suprême,
Petit enfant!
Lorsque vous montrez à la terre
Cette douceur,
Ii n'est plus rien que je n'espère
De votre coeur.
Mon Dieu, qu'au berceau je contemple,
O bon Jésus,
Donnez-moi de suivre l'exemple
De vos vertus !
Modèle de la sainte enfance,
Versez sur nous
Quelques rayons de l'innocence
Qui brille en vous !
25. — LES SAINTS INNOCENTS.
REFRAIN.
Heureux martyrs, Dieu vous couronne
A la première heure du jour ;
Mourez ! le vent qui vous moissonne
Vous emporte au divin séjour !
LYRE ANGELIQUE.
Écoutons !... Rama se désole ;
L'air retentit de cris confus ;
C'est Rachel que rien ne console,
Car ses fils, ses fils ne sont plus !
Hérode, dans sa fureur sombre,
Les voue au fer des assassins ;
Il espère en vain dans le nombre
Faire tomber le Saint des saints.
Pourquoi pleurer, ô pauvre mère,
L'enfant qu'immole un roi cruel !
Il quitte cette vie amère
Pour passer de tes bras au Ciel.
Oh ! vers les voûtes éternelles
Lève ton oeil mouillé de pleurs ;
Vois ton ange qui, sur des ailes,.
S'envole à des mondes meilleurs.
Jeunes martyrs, combien j'envie
La mort qui vous mène au Seigneur !
Que ne puis-je donner ma vie
Pour jouir du même bonheur !
24. - LE DERNIER JOUR DE L'AN.
La voilà donc, la voilà morte,
Celle année envolée avec son dernier jour !
Ainsi le temps d'une main forte
Pousse les siècles, les emporte,
Et tout disparaît sans retoifh
REFRAIN;
Si notre vie, hélas ! s'envole
Avec tant de rapidité,
2 6 LYRE ANGÉLIQUE.
Une espérance nous console :
Nous allons à l'Éternité !
Tout sur la terre fuit et passe,
Le jour le plus heureux comme le plus amer !
Il s'éteint.sans laisser de trace,
Comme la flèche dans l'espace,
Comme le vaisseau sur la mer.
Pourquoi donc caresser encore
Le rêve séduisant d'un trompeur avenir?
A peine sourit une aurore
Que déjà la nuit la dévore,
Qu'est celte vie? un souvenir !
Seigneur, si d'un regard rapide
Je compte tous les jours que j'ai déjà vécus,
Hélas ! je trouve ma main vide ;
, Je suis pareil à l'arbre aride :
Je n'ai pas produit de vertus !
23.—LA CIRCONCISION.
Votre chair est innocente,
Seigneur, et dès le berceau
Je la vois déjà tremblante
Sous le tranchant du couteau.
Ainsi vous portez nos peinesj
Et voulez pour notre amour,
Verser le sang de ces veines
Qui s'épuiseront un jour.
REFRAIN.
Jésus boit d'amers calices,
Et nous fuvons la douleur !
LYRE ANGÉLIQUE. 27
Partageons ses sacrifices
Pour partager son bonheur !
L'ange, qui veillait sans cesse
Au parvis du temple saint.
Recueillait avec ivresse
Les gouttes du sang divin.
11 volait l'offrir au Père
Pour apaiser son courroux :
C'est le salut de la terre
Qui coulait alors pour nous.
Si je veux que votre empire
S'établisse en moi, Seigneur,
Je dois aussi circoncire
Tous les penchants de mon coeur.
Inspirez à mon enfance
Des croix l'amour généreux,
Le chemin de la souffrance
Est le vrai chemin des cieux!
26. — LE SAINT NOM DE JÉSUS.
REFRAIN.
Le nom que j'aime à redire
Et qui me sourit le plus
Dans la joie ou le martyre,
C'est le nom de mon Jésus !
Jésus ! à ce grand nom que le monde révère,
Tout genou flçchit sur la terre,
Tout front pâlit dans les enfers ;
Et les élus du ciel qui le chantent ensemble
Inclinent leur tête qui tremble
Devant le Dieu de l'univers !
2 8 LYRE ANGELIQUE.
Jésus ! nom de salut qui vient briser nos chaînes !
Que les vengeances souveraines
Ne glacent plus nos coeurs d'effroi !
Entre le ciel et nous un Rédempteur s'élève ;
La justice a posé son glaive,
Et l'amour devient notre roi.
Jésus! nom de bonheur qui rayonne sans cesse
Sur les nuages de tristesse
Dont le coeur de l'homme est voilé !
Lorsque je dis : Jésus! ma vie est moins amère,
Et je sens moins que sur la terre
Je ne suis qu'un pauvre exilé.
Jésus! ce nom puissant, dans ses prisons funèbres
Fait rentrer l'esprit de ténèbres
Qui rôde pour nous dévorer.
Jésus ! à ce cri seul, à ce cri de victoire,
Satan, au pied du roi de gloire
Tombe, contraint de l'adorer.
Jésus ! nom parfumé d'amour et d'espérance,
Le premier que, dans mon enfarîce,
J'appris sur le coeur maternel !
Sois aussi le dernier que ma langue répète
Au moment où, penchant ma tête,
Je prendrai mou vol vers le Ciel.
27. — LE PREMIER JOUR DE L'AN.
REFRAIN.
' i
Encore une année
Qui naît aujourd'hui ;
Dieu nous l'a donnée,
Qu'elle soit à lui !
LYRE ANGÉLIQUE. 29
Tout change ; la vie entière
N'est qu'un mobile tableau.
Un an meurt, de sa poussière
Il s'élève un an nouveau.
Tel, sitôt que la nuit sombre
A voilé ce bas séjour,
Le soleil vainqueur de l'ombre
Donne au monde un nouveau jour.
Salut, aurore nouvelle
Que Dieu nous envoie ëncor !
Que portes-tu sur ton aile ?
Des heures de soie et d'or?
Des jours de souffrance àmère?...
Quel que soit notre avenir,
Don sacré de notre père,
Nos chanls veulent te bénir !
Seigneur, je vois ma jeunesse
Acquérir de nouveaux ans ;
Mais que devient ma sagesse ?
Grandit-elle avec le temps ?
Oh ! si, d'année en année,
Je plaisais mieux à vos yeux
Et faisais, chaque journée,
Un pas nouveau vers les cieux !
28. — ËTRENNES A JÉSUS. ■
Quand vient la nouvelle année,
Pour la rendre fortunée,
Chacun forme mille voeux,
Donne et reçoit des étrennes.
O Jésus! soyez les miennes,
C'est vous seul, vous, que je veux !
2.
3 0 LYRE ANGÉLIQUE.
En vain le monde souhaite
Que mes jours soient une fête :
11 ne peut me rendre heureux.
Qu'a-1-il ? des promesses vaines !
Jésus, soyez mes étrennes,
C'est vous seul, vous, que je veux !
_ Vous seul pouvez sur ma voie
Semer les fleurs.de la joie
Comme un avant-goût des cieux,
Époux des âmes chrétiennes,
Jésus, soyez "mes étrennes,
C'est vous seul, vous, que je veux !
J'ai le don que je désire !
A son tour, Dieuyienl me dire :
« Gomme moi sois généreux !
« Oui,-je serai tes étrennes;
a Mais je veux aussi les tiennes,
« Et c'est ton coeur que je veux ! »
29. — L'EPIPHANIE.
L'étoile de Jacob a brillé dans la nue !
Mortels, saluez sa venue,
Le soleil de justice a lui !
Aveugles, secouez vos erreurs et vos songes,
Laissez, laissez tous ces mensonges,
Dieu se montre à vous aujourd'hui.
REFRAIN.
Que le Seigneur daigne lui-même
Se manifester à nos coeurs ;
Étoile, tu n'es que l'emblème
De ses rayons intérieurs.
LYRE ANGELIQUE. 81
Les Gentils entendront la doctrine nouvelle ;
Devant le Dieu qui se révèle
Fuiront les ombres des enfers ;
Sainte Jérusalem, dilate ton enceinte,
Embrasse d'une seule étreinte,
tous les peuples de l'univers !
Tombez, temples menteurs, tombez, idoles vaines !
OEuvres des passions humaines,
Jonchez le sol de vos débris !
Votre règne est passé, celui de Dieu commence;
La Foi dans toute sa puissance
Règne à jamais sur les esprits !
50. — LES MAGES.
Venez des rives de l'aurore,
0 sages que l'Asie honore, •'
Porter l'or, la myrrhe et l'encens !
Venez à Bethléem adorer votre Maître,
Donner au Dieu qui vient de naître
Votre coeur avec vos présents !
REFRAIN.
Offrons l'encens de la prière
Avec l'or de la charité,
Et la myrrhe d'un coeur austère,
La myrrhe de la chasteté.
Les Mages ont vu sur leurs têtes
Briller l'astre que les prophètes
Avaient prédit au genre humain.
Une secrète voix leur parle au fond de l'âme,
Ils partent, guidés par la flamme
Qui rayonne sur leur chemin.
32 LYRE ANGELIQUE.
Que font à leur mâle courage
Et les périls d'un long voyage,
Et le roi de Jérusalem,
L'étoile même au ciel perdant ses clartés belles ?
Rien n'ébranle ces coeurs fidèles
Et les voilà dans Bethléem !
Dieu ! quel spectacle de misère !
Un enfant, qu'une pauvre mère
Entoure de quelques lambeaux 1
Au lieu d'un lit de pourpre, une chétive crèche ;
Pour trône, un peu de paille sèche,
Pour courtisans, deux animaux !...
Mages, dans votre foi profonde,
Reconnaissez le Roi du monde,
Sous ces dehors de pauvreté !
Baisez avec transport les pieds de votre Maître,
Et cette crèche où vient de naître
Le Sauveur de l'humanité !
51.—LA PRÉSENTATION DE NOTRE-SEIGNEUR.
Longtemps, pour apaiser le Ciel,
Le sang des boucs et des génisses
Avait ruisselé sur l'autel...
Disparaissez, vains sacrifices !
Du Réparateur souverain
Vous n'étiez que l'ombre éphémère :
Ce sont les flots d'un sang divin
Qui peuvent seuls laver la terre !
Dieu, pour sourire à l'univers,
Attendait la grande victime,
L'homme aussi, pour briser ses fers
Et sortir enfin de l'abîme.
LYRE ANGÉLIQUE. 33
La grande victime est ici !
C'est Jésus'aux bras de sa Mère ;
Il dit au Père : « Me voici !
a Je suis la rançon de la terre. »
Jésus ! prosternés à genoux
Sur les degrés du sanctuaire,
Nous faisons fous monter vers vous
L'accent d'une même prière :
Nous déposons entre vos mains
Nos âmes fraîches d'innocence;
Gardez-les des souffles humains,
Sauvez les fleurs de notre enfance!
52. — NAZARETH.
REFRAIN.
Heureuse l'âme solitaire
Qui, sur les traces de Jésus,
Et, loin des sentiers de la terre,
Aime à garder dans le mystère
Le parfum des saintes vertus !
Il est là, dans une chaumière,
Eloigné des regards humains,
Celui qui dit à Dieu : Mon Père,
Soumis à Joseph, à sa Mère,
Vivant du travail de ses mains.
Il passe son adolescence
Dans ce réduit, pauvre et voilé ;
Et pourtant sa magnificence,
Dans l'empire de sa puissance,
Efface le ciel étoile.
3 4 LYRE ANGELIQUE.
Sa main qui sema sans mesure
Les mondes dans l'immensité,
Et de fleurs couvrit la nature,
Se durcit à toute oeuvre obscure
Dont rougit notre vanité.
Et moi j'aimerais à paraître,
A poursuivre un nom glorieux,
Lorsque je vois mon divin Maître
Aux humbles travaux se soumettre
Et se cacher à tous les yeux !
55. — JÉSUS MODÈLE.
Banni des sphères éternelles,
L'homme ici-bas ne voyait plus
Surgir devant lui des modèles
Pour le guider dans les vertus.
•t Alors, un Dieu voulut descendre
Au milieu d'un monde mortel,
Et cette voix se fit entendre :
« Suivez-moi ! je conduis au Ciel ! »
Pénitent, dans la voie austère,
Il nous, précède, l'oeil en pleurs ;
Pauvre, il vit dans une chaumière ;
Doux, il accueille les pécheurs ;
Humble, il passe ses jours dans l'ombre ;
Indulgent jusqu'au dernier jour,
11 répond à la fureur sombre
Par les bienfaits et par l'amour.
O Jésus, que ces verlus belles
Viennent un jour régner en nous !
LYRE ANGELIQUE. 35
Humbles créatures, par elles
Nous nous élevons jusqu'à vous.
L'âme formée à votre image
Doit réfléchir votre beauté ;
Et vous ressembler est le gage
De l'heureuse immortalité.
54. — JÉSUS BÉNISSANT LES ENFANTS.
Quand Jésus venait; sur ses pas,
Attirés par sa bonlé sainte,
Avec amour tendant leurs bras,
Les enfants accouraient sans crainte.
En vain les amis du Sauveur
Les repoussaient d'un ton sévère ;
11 répétait avec douceur
Appelant la troupe légère :
REFRAIN.
v « Laissez tous ces enfants venir
« Se presser contre ma poitrine !
« Le royaume de l'avenir
« Est pour la candeur enfantine. »
Est-il un spectacle~plus doux?
Voyez avec quelle tendresse
11 les a pris sur ses genoux,
Et comme sa main les caresse !
Sur leurs fronts que rien ne ternit
Posant ses lèvres paternelles,
Il lève ses mains et bénit
Leurs âmes encore si belles !
Enfants, vous êtes bien heureux !•
Celui qui sur vos têtes blondes