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La Martinique, description en ves, par Brémond, Marie-Auguste,...

De
30 pages
impr. de A. Aurel (Toulon). 1828. In-8° , 32 p..
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* y*
«cripfion m )^w$,
PAR
BRÉMOND, MAME-AUGUST*; ,
£/o/aaâ au,âyme &beg,wn,. d <^/vycwzferce d& ^ùgite.
La fortune l'habite et non le vrai bonheur.
Vers 68 du Poème,
V
+■
IMPREREPOE D'AUG. AUREL.
1828.
«#«ik» ****
USUÏ
\l v\ sf ¥
Un médecin de l'hôteWDieu de Nantes, chargé de
visiter la salle des militaires malades, observait depuis
quelques jours un jeune soldat dont le caractère et la.
conversation offraient quelque chose d'orjgin.al. $Q.n
intelligence supérieure avait déj£ été remarqué?, de ses
chefs; on avait voulu lui donner un grade, mais il avait
préfe'ré rester simple soldat; il aimait à vivre seul. Le
docteur, tout en le pressant de questions, a bientôt ap-
pris que notre jeune militaire aimait beaucoup la poésie,
11 lui a demandé quelques ujns des ve.r,s qu'i| avait çojn-
posés, et il a obtenu quelques mpreea;UX qu/il nous a
communiqués. Nous commettons sans-doute une indis-
crétion; mais nos lecteurs, verront, nous le croyons,
avec plaisir quelques fragments d'un poème intitulé :
Quinze mauvaises nuits d'hôpital. Lja lyfartinique où l'au-
teur a été en garnison en est le sujet. En débutant, il s.e
peint au moment de son arrivée après trente jours de
traversée :
Un point noir tout-à-coup a frappé notre vue.
Il sort du sein de l'onde et grandit dans la nue.
Terre !.... Terre !.... Elle est là, répètent mille voix :
Chefs, soldats, matelots, l'appellent à la fois ;
Avec moins de transports et des clameurs moins vives
Des champs de la patrie ils salùraient les rives ;
De moins de cris de joie, après tant de tourments
Du trop hardi Colomb les compagnons errants,
Entrevoyant la plage où finissait leur peine
Saluèrent de loin la rive américaine.
Après avoir peint d'après Horace la hardiesse du pre-
(.4)
mier navigateur, il trace le tableau de la Martinique,
et il lui oppose celui de sa patrie.
L'oeil dans un cercle étroit ne trouve que des monts
Hérissés de rocs nus, creusés d'affreux vallons
Où grondent les torrents, où dorment empestées
Ces eaux dont les vapeurs du soleil exaltées
Répandent dans les airs , sur ce funeste bord
Ces maux contagieux qui propagent la mort.
Partout le deuil, partout la solitude immense..!
Le silence! mais rien que l'horreur du silence!..
O sol de ma patrie, ô fortuné séjour !
Cher à l'homme des champs , plus chéri de l'amour,
Asyle tant aimé de Pétrarque et de Laure,
Je puis donc en mes vers vous célébrer encore.
De vos riants coteaux couronnés de figuiers,
De pampres odorants , de bouquets d'oliviers ,
Quel magique tableau déroule à notre vue,
Un horizon serein dans sa vaste étendue !
Sur ,des tapis de fleurs embellis par des eaux
Qui tombent en cascade et coulent en ruisseaux ,
Au sein des prés riants, et des plaines fécondes
Que la belle Vaucluse arrose de ses ondes
Dans un transport sans fin l'oeil s'égare enchanté.
Cependant il peint le plaisir qu'on peut trouver par-
fois à la Martinique.
Si lassé d'un plaisir monotone et frivole,
L'européen oisif, ou l'indolent créole,
Loin de la sphère étroite où son esprit s'endort
Veut donner à son âme un plus rapide essort,
Du sommet d'un rocher élancé dans la nue ,..
Dans son vaste tableau la mer s'offre à sa vue.
Embrassant son espace et son immensité
Dans quels pensers profonds l'esprit flotte agité !
Oue son orgueil s'accroît, de voir du sein des ondes
Qui semblent l'engloutir sous leurs voîites profondes
( 5 >
Un fragile vaisseau sortir victorieux!
L'espoir flotte avec lui sur l'élément fougueux.
D'un frère , ou d'une soeur, d'une épouse chérie
Il vient taire peut être en son âme flétrie
Les. doutes inquiets qui flottent sur leur sort ;
Peut-être il vient chargé d'un plus riche trésor.
Un épisode intéressant termine ce petit poème, et an*
nonce chez l'auteur d'heureuses idées. Le jeune poète
de Vaucluse a traduit aussi quelques fragments du poète
de Sorente. Nous citerons les vers suivants sur Dieu :
D dit, et de respect ont tremblé tous les mondes :.-.
La. nier sent s'agiter la masse de ses ondes ,
Et par sa voix, émue en ses gouffres profonds ,
La terre a tressailli jusqu'au sommet des monts.
Par delà tous ces cieux enfoncés dans l'espace
Que l'oeil à peine atteint, que là pensée embrasse ,
De plus loin d'eux encor, que de leurs champs- heureux; '
Il ne s'ouvre d'abime au séjour ténébreux,.
Dieu jette vers la terre un regard, et sa vue
De tout ce qu'elle enferme embrasse l'étendue.
Cet immense univers manoeuvre sous ses lois ;
Comme tous leurs sujets elles frappent les rois.
Des désirs des mortels l'enivrante chimère ,
Pareille à la fumée, à la paille légère
La gloire sous ses pieds roule et s'évanouit ?
L'oeil, même le plus saint que le sien éblouit
Ne pouvant soutenir l'éclat qui l'environne
S'incline avec respect au-devant de-son trône.
Certes, il y a loin des improvisations burlesques., des-
beaux esprits de caserne à ces essais poétiques, et le
Tasse, ainsi qu'Horace doivent être tout étonnés de se
retrouver en compagnie, avec la théorie de l'infanterie\
et l'école du peloton. Les grandes manoeuvres,, et la
LA S!AROT«WP&.
PESCimiPiïCW ;™ fÏMV;
CHANT .PREMIER.
J OUETS des vents, trompeurs,.dans Je sein.des tempêtes
Mugissant sous nos pieds ,,etr tonnant.sur nos têtes
De nos longues erreurs nous fatiguions les mers.
Envain l'oeil mesurait ces mobiles.déserts;
Toujours l'onde, et des cieux l'immensité, profonde. !...
Pour la trentième fois le grand astre du monde
Sur une zone ardenteoùbrûlent tous ses feux
Versait , à flots pourprés de son char radieux,
Les plus riches couleurs dont l'Olympe rayonne.
Cette pompe à-la-fois sublime et monotone
Éclaire un seul vaisseau sur le vaste Océan.
Dans Phorison doré des feux du jour mourant
Un point noir tout-à-coup a frappé notre vue.
Il sort du sein de l'onde,, et grandit dans la nue.
Terre, terre... elle est là répètent mille voix.
Chefs, soldats, matelots l'appellent à la fois.
Avec moins de transports, et des clameurs moins vives.
Des champs de la patrie ils salueraient les rives;
De moins de cris de joie, après tant de tourments ,
Du trop hardi Colomb les compagnons errants
Entrevoyant la plage où finissait leur.peine,
Saluèrent de loin la rive américaine.
Malheureux ! suspendez ces sinistres transports..
(8)
Les insensés I devant ces homicides bords
Où dorment sans honneurs tant de compagnons d'armes,
Près d'arroser leur cendre, et de sang, et de larmes,
De Thymne de la mort ils prolongent le chant.
Ainsi parmi les fleurs du bûcher odorant,
Avec leurs doux parfums près d'exhaler sa vie,
Dans les champs embaumés de l'heureuse Arabie,
De sons plus redoublés et plus mélodieux
Le phénix réjouit et la terre et les cieux.
Quel imprudent mortel, dans sa coupable audace ,
Le premier, sans frémir contemplant leur espace,
De la mer et des cieux a vaincu la fureur !
Quel mortel, justes Dieux ! que n'ose point le coeur
Que dévore de l'or la soif ardente, impie !
Envain d'un sage Grec l'intrépide génie
Curieux de trouver sur de sauvages bords
Non point d'un vil métal les arides trésors ,
Mais des trésors plus purs, plus chers au coeur des sages,
Des peuples éloignés les moeurs et les usages,
Sans gloire s'éteignit dans l'abyme sans fond^
Envain, éternisant cette punition,
Un Dieu lui-même, un Dieu, dans des lignes prescrites
Voulut à notre audace imposer des limites,
Sur ces mobiles ponts que font marcher les vents
L'avare traversa les gouffres écumants,
Et d'un oeil toujours sec regardant les orages
De l'or qu'il recherchait aborda les rivages ,
Du sein de l'Océan qui couronne ses monts.
La MARTINIQUE , sort avec ses noirs pitons $ .
Aux lieux où des Anciens les charmantes idées
Posaient le doux séjour des îles fortunées.
Là, sans être le prix de soins laborieux,
Le pampre se couvrait de fruits délicieux ,
(9)
Et sans jamais tromper son avide espérance y
L'olive au laboureur promettait l'abondance.
Libres des durs liens serrés par les hivers,
Parmi l'émail des fleurs, sur des prés toujours verts,
Mille petits ruisseaux d'une onde toujours pure
Serpentaient en coulant avec un doux murmure.
L'urne de la nature y versait ses trésors;
Et l'habitant coulait sur ces fortunés bords
D'où le soleil ami chassait les noirs nuages ,
Des jours, comme leur ciel toujours exempts d'orages.
Rêve délicieux ! mais moins doux"que trompeur !..
La fortune l'habite et non le vrai bonheur.
Le miel n'y coule point de Técorce des chênes ,
Et le lait en ruisseaux n'y court plus dans les plaines.
Débris des noirs volcans dont son sein orageux
Parmi des rocs fondus couve les sombres feux ,
Restes de ces coups sourds , et de ces lentes mines
Qui du temps destructeur préparent les ruines,
Ce sol est morcelé jusqu'en ses fondements.
Un horison semé de mornes effrayants,
N'offre pas même encore en cette scène affreuse
Des plus sombres déserts l'horreur majestueuse.
L'oeil dans un cercle étroit ne trouve que des monts
Hérissés de rocs nus, creusés de noirs vallons
Où grondent des torrents , où dorment empestées
Ces eaux dont les vapeurs du soleil exallées
Répandent dans les airs, sur ce funeste bord
Ces maux contagieux qui propagentïla mort.
Partout le deuil partout la solitude immense...!
Le silence!... mais rien que l'horreur du silence!...
Jamais interrompant cette effrayante paix,
Les amoureux Concerts des chantres 5 des forêts ,
Dans le sein sans désirs d'une vierge ingénue
( to )
Ne firent s'éveiller, une flamme inconnue.
Sous un ciel plus ami, dans.des champs .plus heureux ,
Le tendre rossignol, les bouvreuils amoureux
Gazouillent leurs amours, et leurs charmants ramages.
Loin du fleuve natal, loin des gras pâturages
Où près de ses amours, sans rivaux, sans tyrans,.
Superbe il dominait dans ses paisibles champs
Jusqu'au jour où conduit au cirque de la gloire
ïl vendait cher à l'homme une longue victoire
Aux rives de Provence,.à ses jeuxsolemnels,
Sans gloire ici,,tombant sous les couteaux mortels
Le taureau ne présente à la santé débile.,
Qu'un suc peu nourricier, qu'un aliment stérile.
Oubliant, les combats, et la gloire, et l'amour,
Sur les arides' rocs de ce triste séjour
Le coursier vainement cherche la douce proie
Qui plus loin animait son courage et sa joie. *
Plus malheureux enç.or puisqu'il sent mieux ses maux
Son triste conducteur gémit dans les travaux
Qu'impose un ridicule et cruel esclavage.
A l'insensible écho de cet affreux rivage
Qui loin de murmurer les.soupirs des.amants,
Ne répéta jamais que. le cri des torrents ,
Et le long cliquetis du fouet qui le déchire,
Il n'ose confier son horrible martyre.
Amour ! charme éternel des mortels malheureux,
Toi qui couvres de fleurs leurs chemins épineux,
Toi qui des coeurs flétris, comme des déserts sombres
Sais faire évanouir la tristesse et les ombres,
De ses tourments nombreux tu deviens le plus grand.
Enfant du même Dieu, son barbare tyran,
Monstre ainsi que d'orgueil livide de luxure,
Lui ravit tous les droilsvque la bonne nature
(Il )
Lui donnait aux plaisirs comme à la liberté;
Obligé de couvrir d'un mépris affecté
Les feux et la beauté de ses noires compagnes ,
Son coeur fané languit ainsi que ces campagnes.
O sol de ma patrie ! ô fortuné séjour !
Cher à l'homme des champs ! plus chéri de l'amour,
Asyle tant aimé de Pétrarque et de Laure,
Je puis donc en mes vers vous célébrer encore.
De vos riants coteaux couronnés de figuiers ,
De pampres odorants, de bouquets d'oliviers ,
Quel magique tableau déroule à notre vue
Un horison serein dans sa vaste étendue !
Sur des tapis de fleurs embellis par des eaux
Qui tombent en cascade, et coulent en ruisseaux,
Au sein des prés riants, et des plaines fécondes
Que la belle Vancluse arrose de ses ondes
Dans un transport divin l'oeil s'égare enchanté.
Mais un tableau plus doux le retient arrêté.
C'est toi, de ces trésors , source féconde et pure ,
Toi, l'un des plus beaux dons de l'aimable nature.
O Vaucluse ! épandant tes libérales eaux,
Laisse l'observateur dans ses tristes travaux,
Oubliant les beautés que ton urne magique
Prodigue sous ses pas sur ton bord poétique,
Plonger d'un oeil ingrat dans un gouffre sans fond
Pour trouver de ces biens le principe fécond.
Avant qu'un oeil savant fouillant dans la nature
Du Nil eût découvert l'urne long-temps obscure
D'une onde bienfaisante il versait les trésors ;
Et l'heureux habitant de ces fertiles bords
Dans le cri mérité de sa reconnaissance ,
Les voyant par lui seul étaler l'abondance
Qu'envain demanderaient d'abondantes sueurs,
(l3)
Du Nil déifia les torrents bienfaiteurs.
Egypte ! il n'est plus Dieu : mais du haut de tes villes,.
Au sein de l'Abondance, et des plaisirs tranquilles ,
Sûre de nouveaux biens, et de plaisirs nouveaux
Que n'auront point conquis de durs et longs travaux ,
Tu vois aux vastes champs qu'il couvre de son onde y
Le Nil déposer l'or de sa fange féconde,
Et tranquille, en son lit rentrer après ses dons.
Vaucluse, ainsi les tiens seront toujours féconds ;
Toujours l'amant heureux, et les heureux poètes %-
Sur les bords enchantés de ces douces retraites ,
Aux sensibles échos de ton riant séjour
Répéteront des vers et des soupirs d'amour ,
Et libre des soucis qu'enfante l'espérance,
L'agricole y verra renaître l'abondance.
O mortel, toujours donc, ton orgueil scrutateur
Pour ternir ses bienfaits cherche ton bienfaiteur !
D'un séjour plein d'attraits habitant éphémère ,
C'est ainsi que sans-cesse, au-delà de ta sphère ,
Loin de cueillir les fleurs dont est couvert son sein ,
D'un rivage inconnu sur le bord trop lointain ,
Dans l'oubli d'une grande et facile richesse,
S'élance de ton vol la faible hardiesse.
Et, quand satisfaisant tes désirs criminels ,
Tu pourrais pénétrer les secrets éternels,
Un bonheur plus charmant filerait-il ta vie ?
Une bonté plus grande, un plus savant génie
De ton séjour étroit, et de ces vastes cieux
Sauraient-ils mieux régler le cours harmonieux.
Va : laisse les , ceignants leurs couronnes d'étoiles ,
Derrière un dais pompeux cacher les sombres voiles
Qu'une nuit trop profonde étend sur ton séjour ,
Et reconnais, d'un Dieu la puissance et l'amour.
( i3 )
Reconnais et jouis, mais que ta jouissance
Seule, exprime les cris de ta reconnaissance.
Pour ton bonheur présent ces cieux ne sont point faits.
Ah ! s'il avait voulu t'en ouvrir les secrets ,
Au lieu de les avoir enfoncés dans l'espace ,
Dans ces champs infinis où se perd ton audace,
Du bonheur fait pour toi le grand dispensateur ,
Eût moins de tous ces cieux élevé la hauteur.
Tu fouilles dans leur sein, et de ton pied superbe
Dans ton savant orgueil souvent tu foules l'herbe
Dont le suc nourricier eut prolongé tes jours.
Insensé ! vainement n'abrège pas leur cours.
Toujours l'être éternel d'un voile impénétrable,
Couvrira de ses dons la source intarissable.
Jouis : savoir jouir des célestes bienfaits,
C'est reconnaître assez le Dieu qui les a faits.
Vois comme en tous les points de son empire immense
S'étendent ses bienfaits , ainsi que sa puissance.
Vois de quelles beautés, sur ces arides bords
Où toujours combattant ses plus heureux efforts
L'homme enfreint sans pudeur les lois de la Nature ,
Les travaux créateurs d'une heureuse culture
Couvriraient de ces rocs les sauvages horreurs.
Les arbres de ce sol, ses indigènes fleurs
En pareraient son sein de beautés naturelles.
Homme ! ce n'est que toi dont les mains criminelles
De la nature ici brisent les saintes lois.
Mais tu voudrais envain renverser tous ses droits.
Malgré tes attentats cette mère adorable
Verse de ses bienfaits la coupe inépuisable.
Sans pouvoir prodiguer ses plus riches trésors,
Sa bonté malgré toi favorise ces bords.
Sous les feux créateurs du grand flambeau du monde,

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