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La nécessité du divorce ([Reprod.]) / par Cailli

De
44 pages
de l'impr. de Boulard. 1790. Mariage -- Droit -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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20x
NBS 1010a
[ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBW, UK
LA NÉCESSITÉ
il D U
D I V OECE,
Y
.Se tous les Libraires du Palais»
Royal.
Pe l'Imprimerie de BOULARD Imprimeur-
Libxaire de la Commune de Saïni-Roch, nie
neuve Saint-Rocli, n°
A
LA NÉCESSITÉ
DIVORCE.
Lettre à M. Marmonul, fur un arûcU'inferê
dans un Mercure de Février zygo ou font
traités fuccinâernznt £ indiffrAubiluè la Sépa*
ration ,le Divorce la Religion rrfaÙYc-
ment l'État des En fans VOrdrc des Succefi
fions & les caujes du Divorce*
t Ou'. M-iUiciirs je l'.mti^s (u. *<« un auen-
qu? m
as époîfee & y te défends d'en épouiit un«
autre.
page 3.
VOUS nous menacés, dit-on, Monfîcur,
d'un oüvrage contre le Divorce. Il ne peut
trouver tin adverfaire plus redoutable que vous.
Vous êtes trop bon logicien pour votre
thèfe, par la manière de la foutenir, comme a
fait M. PAbbe de Bar. qni a plus fervi que
combattu.le Divorce, dans fes fougueufes lettres
fur cette matière.
Il injurie il menace damne Fefiimable
auteur du livre intitulé du Divorce ( i).
Tu tonnes # Jupiter donc tu as tort ?
Cet ouvrage eft trop demonftratif, trop phi-
lofophiquc enfin pouf n'être pas' impie aux
yeux du Fanatisme rugiflânt de rage contre le
retour d'une loi fi contraire à fes intérêts.
M. l'Abbé infulte, menace, & damne l'Af-
fcmblée Nationale elle-même.
Ofera-t-elle brave-r les foudres Dde cet ange
exterminateur
C'eft ce qu'on efpére.
La France aura-t-elle" comme il le prédit,
le fort de toutes les nations où la foi & la loi
fe combattent c'eft-a-dire le fang coulera-t-il
encore fous les poignarda du fanatifrne au
gré des Prêtres >
Que Dieu nous préferve de l'effet de cette
menace.
la France fe fouilkra-t-clk de Vopprobn
d'avoir fat¡ des martyrs
Ceft ce qui n'arrivera pas, grace à cette
phitofoplrie mille fois maudite.
C'eft avec cette-arrogante colère, qu'a tou-
jours dogmatifé l'intolérance facerdotale in-
( i ) Cet ouvrage profond iàgc & touchant a obtenu tous les
genres de fucces. Deux Mitions épuifées en trois mois. les élogas
de tous les Jouraaliftes, les applaudiffcneûs des gens de bien &
mieux que cela, l'anathêmc des Abbés- il le trouve chez D
flanc, au palais Re/aU.
m
A
Mible auxyeuxde la fotrife; infaillible réel-
lément par Ies chaînes, les bWrrtaux les
.mafîacreurs dont elle s'environnoit. C'eit cette
infaillibilité qui anathte'maiifa le ivitènivi de la
rotation de la terre, & fit gJmir uans un ca-
chat l'immortel Galilte pour prix ce la plus
iubbme découverte. L'dt cette infailIibiLié qui
n'a pas fu c/oire aux Antipodes, & a Ci u aux
forciers, pour les brûler dire Lnnement. Qui
a acciéd;té les miracles les pius i.nptmnens
c'efi clle qui a gjeri les ccroticlbs par la. vertu
quelle a donnée a l'attouchement de nos Rois
la pelle par Saint Roch la rage par Sa,'nt
Hubert &c. dre & qui en tevanche, a prof*
cntl'émctiqtie, inoculation la ph iofoplv'e &
la raifon, contre laquelle viennent enfin fe arU
fer fes a?gumens & fcs chaînes.
Les Pi-te:> font encore trop Ca
ton dur & defpodqiie, pour en chanâei même
dans les circonitances prcfcntcs.
Contenus parJa force publique ils n'ofent
dans ce moment, tonuer, comme autrefois,
dans leurs. chaires cont;c la raifon & la Io^ ils
lofent p! is y prêcher des croifades fangui-
iiaîres ( i ). Mais que notent-ils pas dans l'om-
bre du confeihonai! G-'eit dans cet antre ir.yf-*
terieux que fe branche le fanarfme cet tn-
némi redoutable de la conftiiutîon. Ccil là
qu'il fouille l'efprit d'infurredion & de guerre
civile. C'eft là qu'il t'ache d'annuler les Ucrets
de lAffemblée. Nationale; c'eft de la qu'il re-
JO .Voyez Ici malheurs duBrabau,. Oueil« Ji
quô de uu£ répandu pour les Prêtres.
( 4)
tîent dans les prifons religieufes, les rnaîheu-
reufes vidimes de la fedu&ion vainement
affranchies parla loi, & retendues dans leurs
chaînes par la crainte de l'enfer.
C'eit ïà enfin qu'il attend la difTolution to-
tale de la France croyant trcuver dens l'anar-
chie & la ruine de l'état ou le moyen de
recouvrer fes richefles ufurpées ou au moins
l'horrible confolation de fes pertes, en voyant
tout périr avec fon defpdtiime.
Qu'il eft dangereux Monfieur ce tribunal
de la pénitence. Combien de filles & de femmes
y ont perdu l'innocence & la pureté. Combien
de tefiamens exheredatsurs Combien de dona-
tions frauduleules y la
perdition Combien de crimes y ont `été prei-
crits en expiation des péchts Je le regarde ce
tribunal redoutable comme un oracle in-
vinc;ble à la révolution de la France; Celle
d' Angleterre auroit-elle pu s'opérer & s'ache-
ver fous l'empire terrible de !a cohfeilion aux
Pretues ? J'en doute fort,
A ce pouvoir dangereux-, joigne! encore le
pouvoir légillatif & abfolu ùfurpe' par les Prê-
tres fur le mariage ce contrat purement civil
& je défie toutes les forces humaines de vain-
cre l'hydre de notre eglife. Les. portes de l'en-
fer comme elle le dit, ne prcvaudront pas
contre elle, & qu'y pourra donc la conftitu-
tion Comment la France affranchie du def-
potifme miniftcriel s'affranchira- 1- elle du def-
ponfme faccrdotal (i).
lit Quel calcul attrayant que celui des dépends du culte, qui
*ii exige Ji feu. Une armée ds je© milli bgœiues ieï fuit d'ai"
(f )
Soumis^ux-memes au joug tnatrimoriial
les Prêtres l'allégeroient; ils rentreroient alors
dans Tordre focial ils auroient une patrie 5
̃Jis feroicnt citoyens. Réduits à leurs faintes
fonaions, bornes à la prière, à Knftnidioa
à la morale pratique, à la prédication de pa-
Tolet; & d'exemple ils n'auroierl plus que le
ciel pour apanage; mais ils préfèrent les do-
maines de la terre, & l'autorité temporelle.
Ils yoyent avec dépit brifer le fceptre du def-
porifme parce qu'ils étoient eux-mêmes les
defpotes des Rois. Ils veulent nous retenir
par la chaîne de lmdifFolulylité parce que
l'cfdavc, attache par le milieu du corps, par
le col par les quatre membres n'en fera pas
plus libre fi en brifant tous fes fers il eH:
retenu par un pied ( r ),
miniftrar.oft Jaai toutes les parrie» & pour truite Ia Francc, na
content pas a la moitié Ce que coûtent les Prêtres, les
Chanoines ies Moines la! qrnemens l'argenterie les Chan-
1ft;, les cIoJms les temple*, les palais épifcopaux lcs palais
a^ûatiaux le- palais monacaux ptus fomptueux plus magnifi-
quei que le:, temples. Et après toutes ces dépcnfes un roalheu-
feux journalier qui ^agne vingt fols en donne quinze pour faira
dire une melle il paye rnm les facremcns & l'entsftremcnt ,le
chante coutr fais bierc plus qu'il n'a vaillant; quel ahus aufli
ridicule eue honteux Quoi vendre le plus faint le plus aucuflc de nos
myftewi Quel parti rire de la fuperflition la cafardrrie au.
moniere & direarice des confciencesi Des Prct|es fans naiirance
fans patrimoine fans bénéfices vivent dans l'abondance aux dé-
peas de leurs dupes, & laiflent de riches héritages.
Tulle aucera Iuceubî, foperos & f*cra negabunt.
!M Ces vérirés font adreiïees à Meifieurs du haut -cj-erpé &c aux
Mojnes, certe engeance 'inutile qui ,,de coustems, a deshonoré l'édiic
Uaiidahlé le peuple & ruiné la religion. Il fnoir inj-int de con'
tondre avec ces vampires de la France la clafTe honnête & ver.
taeulc de, Curés &: des cultivateurs de la vigne du Seigneur pouc.
«lui Bcfl pas ia-Tcndingci cetu-îà fe diitinguenj: par leur zèle
(.«̃)
Les Prêtres ont jeu leurs raifons pour nous
"ètej .le* divorce. il* en ont aujourd'hui de plus
que jama;s de &'oppo/er fon réta-
Mais se philofophe, mais rhumme de lettres,
diftingué comme vous, 'Moniieur mais l'ami
de l'humanité do't le defirer le demander
& touc faire^our l'obtenir
Il eft évider. que le Divorce ne peut être
coadif, qu'il ne peut caufer de malheurs mais
en reparut beaucoup.
Depuis deux cents ans. il eft reclamé par le
peuple françois, dont ks Montaigue les Cha-
ron, les Montefquiou les Voltaire,les Rouf-
feau &c, &c. &c. ont été fucceflivement les
defenfeur-s & les interprètes, malgré'. la con-
trainte du defpotifme."
Notre htureufe révolution ne peut manquer
d'être l'époque du fuccès de ces continuelles
réclamations elietfortt renouvellées aujour-
d'hui par une fo d'écrivairs & foutenues
par tous les journaîiftes. Tous les écrits fur la
conftitmion les plus étrangers m6me cette
queft'on en démontrant l'iroportence & la
aéçeflité. Depuis long-tems Topinion générale
prévaut & nous afiure le Divorce comme une
conféquence ncceflàiré du principe fondamen-
tal de notre conltituçion. Des milliers d'époux,
malheureux fufpendtnt les coups du dcfefpoh
dans l'attente de cette loi fi delïiée.
lenr leur charité II leur piiriorifmei ils font roat,
jnéïircnt tout. & n'our rien. Sic vos non vobis. on le-, appelle le
fcas clergé, & comme ils ne font ras gentilshommes beaucoup *Se
hs E?c<jHes os les admettent va? leurs cables.
<7)
La liberté de l'homme ce premier de (k%
droits, eîi inaliénable & inceflible. La nature
en la bafe & le garant de cette vérité. Notre
mariage indifloluble ell un efckvage; il eH
contre la juilice la raifon & l'intention de la
nature & de Dieu. Ceft un joug impofd par
Je dcfpotifnie ultramontain, depuis fix
il doit être biifé dans ce tems de lumière *& de
régénératicn. •
La liberté ne doit pas tourner en licence, les
bonnes loix en préviennent les abus ces loix
préviendront ceux dn Divorce. Il feroit peut-
être dangereux fous le pouvoir arbitraire il
fera falutaire fous l'empire' révère de la loi.
Que le préjugé rapide & aveugle crie an
fcandale bientôt il reviendra de fa prévention;
il approuvera le Divorce comme il approuve
aujourd'hui des réformes bien plus difficiles,
bien plns contraires aux intérêts privés, & il
blâmoit naguère.
Que le fanatifme crie au blafphême -qu'il
torde des argumens, qu'il s'agite, qu'il mau-
tlifFe j °qu'il damne ce montre eft abatu qu'i!
lance en expirant fon dernier venin contre
de fageso décrets. x
L'INDISSOLUBILITÉ.
Mais vous Monfieur devenir l'apôtre de
nndiiTolubilité ce fléau du mariage,, catt*
caufe de fa dégradation cette reiîburce abo-
minable du libertinage dés célibataires cette
fource du malheur de tant d'éponx de tant
de crimes, de tant de fupplices j cette fource
'd'où découlent la dépravation de nos moeurs
le fcar da'e le plus odieux, la proftlnnion la
.lire • vou<- le champion du fanat'ime ambi-
Vieux & l'oblfcclc,> fou,
lâpement'de tant de malheureux! Ç'eit et quon
Vom «oi.tci Motificur dans le calme &
la paix Us douceurs d'an hirren bien aflôrtï.
Une epoufe honnête ttndre &- aimable eft le
T5--i\ de vos vertus, comme v&m êtes le prix
des (ienr.( • Vous coulez cnfemble des jours
Vous êtes à i'egard des cpoi.x malheureux,
croire a la faim de on a une
table couveitc de mets défictes. Le Divorce,
ne fera pas ceiïe cette union qui vous rend
heureux il la reflèrrera. Etre lié n'eft pas être
Mais fi au lieu de cette t'poufe d'gne de
votre tendrefle, vous aviez pour compagne,
une furie ou une fi votre maifon
étoir devenue, par dh le théâtre de la guerre
ou du fcandale il vous ne voyez dans vos en-
fans que "des t Mangers fpoliateurs ne maudi-
riez-vous pat i n .naud indifli -lubie qui vous
^aroreroit avec uni montre? Croiri«rvous qu'il
fut lune que vous fuffiez condamné à un tour-.
ment éterncl cr.oirîei-vous que la religion &
les mœurs "gag.naflcnc à voire malheur Et
quel bien en pourr oit-il rc'fulrer pour la focfttç;
Comment votre piochain feroit-il édifié? Com-
in^nt Dieu feroit-il plus grand plus glonfn;
(9)
parce que vous feriez tourmenté dans I'enfef
des enfers ( comme dit le bonXafontaine ).
Vous êtes père, Moniteur peut-être avez
vous une fille à marier. Ah tremblez pour elle,
tremblez pour vous-même. Etes-vous bien fur
("de n'avoir pas befoin a l'avenir d'une loi bien-,
-laifante que vous combattez. Si vous étiez vain-
queur dans cette controverie, que votre triom-
phe vous coûteroit peut-être un jour de remords,
de foupirs & de larmes. Vous connoiflez nos
loix matrimoniales; elles font detef tables-. Dic-
tées par le defpotifme en même-tems que celles
de la féodalité, dans des fiècles de barbarie
elles re font que co'adives. Si le mariage mal
amorti eft un joug Insupportable c*eft fur-tout
pour la femme fur qui il pèfe le plus. Elle eft
chez nous, fans modification efclave du mari.
Celui-ci eft propriétaire maître, feigneur &
defpote de la perfonne de fa femme & de fejj
biens. Il a fur elh' le droit de vie & de mofv
dans le cas de l'adultère, t't cette mort civile
cet enterrement d'une femme vivante -dans un
Et honteux ce fupplice plus
cruel que celui du Malabar eft la peine d'une
fbïMcfle fou vent unique, fouvent fuppofte par
la calomnie, étayée de deux taux' témoins.
Pour TaduLère du mari, il ne lui eft pas memç
^1 es. hommes honnêtes comme vous Mon-
Ceiir rougfreietrt tPtrfer de ces dro?is tyran*
niques;- ils rcconnoi/Tcnt l'abli^rde férocité de
la loi ,̃̃&• leurs femmes font leur* égales, leurs
compagnes, leurs amies alors le mariage ,-eft • w
Mais ce joueur déterminé mais ce libertin
féroce & prodigue qui difiipe, avec des cour-
tifanne,s la dot de fa femme qui la ruine
la maltraite & la biffe dans la mifere & le
mépris.
Mais cet avare odieux qui lui refufe le nécef-
faire, qui n'a que le reproche à la bouche, qui
fait d'une maifon riche ou aifée 1 afyle de la
faim 8c de l'indigence.
Mais ce jaloux farouche qui fait de la
fienne une baille, qui foupçonne & tour-
mente fa femme qui la prive de l'air & du
jour.
Ces hommes détçftables & dctèftc's ces
lâches, forts concrète faible, abufent de la
loi, elle n'a pas de frein pour eux, parce qu'elle
cil irréfragable, ils Te vengent de la haine qu'ils.
infpirent; tout, leur eft permis, point de re-
cède aux maux dé la femme, point de récla-
*"mation contre la tirannie elle s'en laffe à la
fin. Un célibataire épie le moment, il en profite,
il confole, il venge, il corrompt cette femme
malheureufe qu'il rend coupable; Sans l'in-
diffolubilité, elle confervoit ion innocence, la
loi brifoit fes fers', ou. l'époux fe côrrigeoit.
Aurions -nous" befoin du Divorce, fi les
unions conjugales étoient formées par l'amour,
fi les convenances, d'âges, d'humeur, de carac
tère, n'étoïent prefque toujours facrifiées aux
convenances de fortune (i). Si une jeune
*fille timide élevée dans la contrainte fou-
Hï Qua-c-il, Quar-dic, Tout Jç mariage pofe iur «oe
«liieftion.
( Il )
mife à fes parons, viaime de fon obéiflànce,
fans dcfenfe, fans expérience, ^n'étoit donnée
ou plutôt vendue, par force ou par féduâion,
a un homme qu'elle ne connoît pas, fouvent
même à un vieillard mauflàde & rebutant, dans
un, âge où la loi ne lui permet pas de d:fpofer
de fa perfonne ni de fa fortune, dans un âge
ou fon confenterpent, fans celui de fes parens,
feroit nul; quand leur volonté, fans la lienné,
la lie d'un nœud indiflblûble dans un ɧe où
elle ne pourroit même pas prononcer des vœux
religieux.
Voilà comme*le paâe le.plus faint efl violé.
Il afloc.-e la vertu au vice, le crime à l'innon..
cence, la férocité- à la douceur la bonne foi
a la fraude (i), la fraîcheur de la jeunefTe
à h décrépitude. Quelle d.fparate; quelle réu-
nion monflrueufe & c'eft là un Sacrement,
un mariage mdilToluble! Dieu a-t-il écouté ce
ferment démenti par Je cœur, dont il connaît:
les plus fecrets mouvemens ce voeu eft-il
felon la nature, fdon la juflice, felon la rai-
fon ? eft-il irréfragable ? Non il etl tortio-
naire & nul.
Que les époux foient unis de leur gré pour
eux-mêmes,)" & non pour leurs parens. & le
mariage fera indifïbluble; mais où eft le défaut
1 T Il n'cfi pas de convention plus frauduîeufe que celle du ma-
riage on croit époufe une fille opulente elle n'a rien fon père
fait h»n.iuero«c après la noce. Un homme fe dit riche montra.
des ctTtïS au porteur,- le lendemain les créanciers viennent faifir là
d nf ? «r & k rel?,*r f*n^°™ ™ abominable»
( Il')
ide confentement; où eft une difcordancc cno*
quante; .la eft évidemment auffi la nullité. Les
vœux religieux en ont été fouvent frappés ils
font abolis aujourd'hui comme indifcrets, & les
vœux forcés^ du mariage feroient indiflblubles
Ainfi Monfieur, il le mot divorce effa-
rouche un fot préjugé fubflituons-y celui de
nullité, mais oublions à jamais celui d'indiflb-
lubilité,
1 LASÈPARATIOM
Nous avons un remède dites-vous, c'eft la
féparation. Un remède fuppofe un mal} donc
i'indiflblubilité eft un mal un remède doit
guérir. Le divorce feul guérira le mal prêtent,
il fera plus, il fera un préfervatif contre ce
mal à l'avenir. Votre féparation en: un palliatif
mortel, pire cent fois' que le mal. En effet,
quoi de plus abfurde, de plus inutile que de
réparer fans féparer ? Quoi de plus immoral,
que PdFet de cette féparation quoi de plus
fcaadaieux, que ces procès qui déshonorent fi
fouvent nos tribunaux, quoi de plus nuifible à.
la population la bafe politique du ma-
riage uelle loi nous a ôté le divorce? Aucune.
Quelle loi nous a donné la féparation ? Aucune,
nous vivons fous l'empire de la jurifprudenee,
c'efl-à-dire, l'arbitrium judicis.
Que deviennent des époux féparés dans
l'effervefcence de l'âge & des payions, expofcs
aux tentations des fens; y réfifleront-ils? L'ex-
périence réponde ces queftions. L'époux te-
( Il )
devenu célibataire, va corrompre une femme
déshonorer un mari, introduire dans une fa-,
mille honnête 811 héritier adultérin divifer
un ménage uni; Téppufe vit dans un commerce
adultère; la plupart de nos courtifanes font
des femmes ou féparées ou fugitives, ou
abandonnées de leurs maris.
Mais cette féparation fi décile, à qui eft-
elle accordée eft-ce au mari ? Non dans
aucun cas la fuite feule peut le fouflraire aux
pourfuites d'une Mégère appliquée à le tour-
menter.
Qui profitera de cette féparation ? Sera-ce
cette femme timide, douce & honnête ? Non
elle eft condamnée à fouffirif toujours. La
religion difent les Prêtres la confolera
1 aidera à fupporter fes peines. Mais fi la grâce,
qui n'eft pas donnée à tous, eG refufée à cette
malheureufe fi fes tourmens excèdent fa pa-
tience & fes forces, que deviendra-t-clle ?
Elle fuira elle cherchera, dans un couvent,
un afyle contre la férocité. Encore lui faut-il
le confentement de fon tiran la vengeance
Jy iuivra, elle fera privée du nécefiaire, &
de toute confolation elle gémira, pendant les
beaux jours de fa vie, fous des grilles & des
verrous. Elle eft réclufe comme lesReligieufes
& elle n eft pas Religieufe elle eft mariée fans
être mariée; elle elt féparée de fait fans l'être,
par la loi. Elle eh captive, prifonnfère comme
des criminels & elle n'eil qu'opprimée. Elle a
des parem honnêtes & vertueux, qui la confo.
leroient leur maifoo eft un afyié auiFi fur