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La Neutralité de l'Espagne, ou instruction familière à l'usage de la nation britannique sur le génie, la politique et les forces de l'Espagne. Traduction de l'anglais

54 pages
1759. In-12.
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Oc
751
L A
'F
NEUTRALITÉ
D E
L'ESPAGNE.
LA NEUTRALITÉ
DE
L'ESPAGNE
o u
INSTRUCTION FAMILIERE
à l'usage de la Nation Britannique sur le
Génie, la Politique & les forces des Ef*
pagnols.
TRADUCTION DE L'ANGLOIS.
Ne vera, ne me ad taies impellite pugnas. Æneid.
XI. v. 2.78. Gentleman s magasine , Fevrier 1758.
p. 81. dans une loterie de vers pour les Puiûaa~
fies. à l'article de l'Espagne.
A AMSTERDAM:
M. D C C. L IX.
A iij
AVANT-PROPOS.
Q
u
ne fait que tout ou-
vrage composé par un An-
glois dans la vûe d'exciter
la haine de la nation con-
tre quelque peuple étranger
ne peut être qu'un tissu de
forfanteries & d'imperti-
nences? En voici un contre
l'Espagne qui eût mérité,
sans doute, d'être enseveli
dans un oubli éternel, ne
fût-ce qu'à cause des abJùr.
dués dont it efl rempli. Il
(6)
efl donc nécessaire d'exp(J:'
fer les motifs qui en ont fait
entreprendre la traduélion.
Chacun remarquera aisé-
ment qu il a un rapport très-
prochain avec les briganda-
ges que les Anglois exer-
cent à la mer contre les Efi
pagnols, & par cette feule
conjidération il ejl intéres
fant. Mais ce qui efl bien
plus important, c'est quon
peut faire voir qu'il a été
autant approuvé & soutenu
par le Miniflere qu'un ou..
vrage de cette nature le pou-
voit être ; & si cela ejl éta-*
(7 )
A iiij
bU a.!fè{ clairement par les
preuves que l'on va rapport
ter : que penser de ce nou-
vel être de la politique de
St James, appelléla COUR
JURIDIQUE DE L'Ami.
rauté D'ANGLETERRE?
L'ouvrage dont il s'agit
a été extrait d'une. fuite
de lettres Angloises signées
Antigallican, qui ont paru
successivement dans le Lon-
don Evening-Poit au nom-
bre de soixante depuis
le mois d'OBobre 1757,
i ufq ua- la fin de Mars
17ô8 » à l'occajion de la
8
conduite que le Gouverne::
ment Espagnol a tenu dans
l'affaire du vaisseau le.
Duc de Penthievre. Ain-
si durant Jix mois consécu-
tifs, le Minijlère Anglois
a souffert qu'une Puissance
amiey quune Nation respec~
table reçût régulièrement
trois fois par semaine les
derniers outrages dans une
des Galettes les plus répan-
dues en Angleterre & au*
dehors. Véritable sujet d'é-
tonnementpour tout ce qu'il
y a d'étrangers injlruits des
entraves que l'on donne pré;
( 9)
jentement à la liberté de,
la presse en Angleterre, &
quifavent que les Miniflres
y sont infiniment moins scru-
puleux qu'ailleurs, sur le
choix des moiens propres
a la réprimer !
Combien de fois, & sur-
tout depuis que la Maison
régnante efl en poffefjion du
Trône, n a - t - on pas vu les
Auteurs des Journaux & des
Galettes de Londres chdtiés
avec une rigueur sans doute
excessive , pour des écrits
contre le Miniflère Britan-
nique, ou contre tE/eao.
(10)
tat de Hanovre , dont ils
nétoient point les auteurs,
6 qu'ils navoient fait quin-
férer dans leurs productions
périodiques, peut-être sans
in prévoir les conséquen-
ces ? Shabbear venoit de
mettre au jour ses deux pre-
mières lettres au peuple,
lorsque sur un simple ordre
du Minislre il fut arrêté.
Le Peuple instruit qui étoit
sa quatrième lettre , Vobli-
gea de se tenir caché juf
qu'à la retraite de M. Fox ;
& pour un nouvel écrit de
sa cornpojition contre l E-
(Il)
lecorat de Hanovre, il vient
d'être mis au carcan , en
exécution d'un jugement
que M. Pitt a diBé J ce M.
Pitt dont la fortune dans le
Miniflere ejlpourtant l'effet
de ses déclamations contre,
ce même Eleclorat.
Enfin il ny a pas plus
d'un an que l'auteur du Mo-
niteur a été obligé par la
luflice à une réparation
publique envers un Ma-
gifirat de Londres ; & ce
même London Evening -
Poil: où VEfpagne a été ou-
tragée de mille manières &
( it )
sans interruption pendant
six mois entiers, il ri y a
guéres que trois ou quatre
ans qu'une plece un peu équi-
voque sur le Gouvernement
d'alors, en fit arrêter le
déhit, & causa l'empri-
sonnement de son Editeur.
Faut-il appuier sur des
autorités d'une date plus
ancienne ce que l'on avance
ici au sujet de la manière-
dont le Gouvernement An-
glois fait arrêter les écrits
p /~z~
ou les propos licencieux
qui ne font point à sa con-
venance ? Jacques I dans
( t 3 )
Un tems où il croioit devoir
ménager IE spagne fit d'ex-
presses défenses aux Mem-
bres qui haranguoient dans
la Chambre des Communes,
d'attenter dans leurs dis-
cours ou dans leurs écrits
à l'honneur du Roi d'Ef
pagne & de son Etat, ou
de tel autre Prince que et
sût avec qui l'Angleterre vi+
vruit en amitié. Le même
Roi ayant casse son Parle-.
ment, allégua pour raison.
principale de cet acte de ri..
gueur, que l'on y avoit par~
U avec trop peu de refpcci
(14)
des Puissances étrangères.
Tous ces faits & tant
Vautres qu'il feroit aisé de
rapporter , attestent avec
ajfe^ d'évidence que Ji l'Au-
teur dont il s'agit ici, a pu
pendant Jïx mois consécu-
tifs renouveller inceflàm-
ment & de jour en jour les
insultes qu'il faisoit publia
quement à la Cour d'Espa-
gne: que s il a eu le tems d'é-.'
puiser sur elle un amas
prodigieux de traits empou
formés c'est qu'il a trou-
vé de l'encouragement <§
de f appui dans ceux mi-
( 1 S )
me-qui auroient du lui cru
fliger un jufle châtiment,
C'est que l'on sentoit com-
bienfon ouvrage étoit car
pable d'exciter les gens de
mer à la ddiruélion du com
merce des Espagnols.
Uneinfiilte pareille fait#
à CEfpâgne œn pleine paix
par £ Angleterre ifttéreffç
toute} les autres Puijjaaee^
& ne peut manquer dqllu*
tner leur indignation. Elit
r^Laubhta ^tlejl pojjiile:^
l'ardeur d'une jufie yengeâHc
ce dan\ le cœur des Fran-
$ai$f srç q'uLÇàfiwurduj^n$
-
(1< £ )
tte leurs Princes nourrit lè
ïéle le plus vif & le plus.
pur pour la gloire de l'Aspa-
gne. Ainji, les vues témé-
raires de l'Auteur Anglois
feront au moins remplies à
quelque égard, si comme
on le conjeélure, en jignant
du nom d'Antîgàllican cha-
cune de ses soixante lettres,
Contre TEfpagne , il nJ d
Tcherché qu'a faire uneattti-
que d'une nouvelle espéce à
la senfibihté de la nation
srançoife. * *
, Il est bon que Von fa*-
chey & c'efi de quoi I on ferh
étonni
( 17)
étonné sans doute 9 qu'il
s'en faut bien que tous les
Passages de ces lettres dans
lesquels les Espagnols
étoient insultés soient rap-
portés ici. On peut affurer
même qu'il y en avoit d'in-
finiment plus odieux y qu'on
s'ejl bien gardé de relever.
Comme tous ces passages
se trouvoient isolés & sans
liaison entre eux, ce qui
leur faisoit perdre une bon-
ne partie de la force qu'ils
ont dans les lettres d'où on
les a tirés, on a eJlàyé d'y
Jwpléeb en les rassemblant
B
( 18)
Jous cette forme d'instruc-
tion familière ; toutes les
réponses font les passages
eux-mêmes. L'objet de F Au-
teur Anglois étoit dinflrui-
re sa nation; ainsi tout l'es
prit de son ouvrage efl con-
fervé & sa forme l'estl au-
tant quelle a pû etre.
Bij
LA NEUTRALITÉ
D E
L'ESPAGNE
o u
INSTRUCTION FAMILIERR
à L'usage de la nation Britanni-
que sur le génie, la politique. & les
forces des Effagnols.
TRADUCTION DE L'ANGLOIS.
DEMANDE.
Q
UEL
peut être
le motif caché de la neutralité des.
Espagnols ?
RÉPONSE. * Tout doit
* London-Eveaine-Post 14 Février 1758;
( 10 )
faire conjecturer que c'est la
connoissance qu'ils ont de leur
foiblelle. Presses vivement en
1665 par notre Ambassadeur de
prendre parti pour nous contre
les Etats-Généraux, il fut im-
possible de les y dérerminer, &
suivant l'aveu tout ingénu qu'ils
voulurent bien faire alors à ce-
fu jet, c'ct f qu'ils ne se fcntoient
point assez forts pour prêter un
secours efficace à l'une ou à l'au-
tre des deux Puissances.
Dem. Pourquoi , dès que'
nous avons eu lieu de nous plain--,
dre des Espagnols > ne leur avoir
pas aussi - tôt déclare la guerre ?
Rép. * C'est que tous les
* Ibidem iç, Décembre J 7f7»
« *.
( 21 )
tems ne comportent point éga-
lement une pareille démarche,
& qu'il faut en attendre de vrai-
ment convenables pour faire
tomber sur cette nation le poids
de notre reflentiment. ,"
Dem. Peut-il y avoir quel-
que fureté à traiter avec les E JPa-
gnols ?
Rép. * C'est comme si l'on
eût demandé aux R.omains s'ils
feferoient fiés aux promesses de
Carthage. Les Espagnols, dignes
descendans des Carthaginois
ont hérité d'eux cette foi Pu-
nique , l'opprobre éternel de
toute nation qui en fera tachée.
Dem. Quelle idée s'efl - on
* Ibidem 2 p. Novembre 1757,
( 22 )
faiite cher les autres Puissances
au fy flême de conduite du Mini-
flère Espagnol envers la Cour de
Londres ?
Rép. * Voici le reproche
que Mynheer Vander- Meer
AmbalTadeur de Hollande osa
faire au Marquis de la Qnadra
en 1738. Lorsque votre Cour ejl
dans l'appréhenjion d'une attaque
de la part des Aiieois., elle devient
prodigue des promesses de fatis-
faclionles plus étendues:ces crain-
tes font-elles dissipèes , elle a Ji
peu de délicatesse qu'elle fai/il
avec avidité la première occajion
qui se présente de manquer à
tous ses engagemens. Les Hol-
* Ibidem 3. Décembre 1757.

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