Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 0,99 €

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

LA QUATRIÈME
AUX HOMMES DE BIEN.
DES ELECTIONS, DES ELECTEURS, ET DU SYSTEME
ÉLECTORAL.
Par M. le Comte de Salaberry,
DEPUIS 1815 MEMBRE DE LA CHAMBRE DES DEPUTES.
(Extrait du Conservateur de la Restauration.)
A PARIS ,
DE L'IMPRIMERIE DE POUSSIELGUE-RUSAND,
rue de Sèvres, n° 2.
1828.
LA QUATRIÈME
AUX HOMMES DE BIEN.
DES ÉLECTIONS, DES ELECTEURS, ET DU SYSTEME
ÉLECTORAL.
La France a une loi d'élections qui la régit,
cette loi est devenue loi de l'état : nous laissons à
l'autocrate, dit journaliste, le droit acquis d'atta-
quer les lois faites, nous ne nous permettrons de
parler que d'une loi à faire. Depuis la seconde res-
tauration on a fait une loi d'élections, on en a
fait deux, on en a fait trois, on en a fait quatre,
et comme beaucoup le disent, dans quelque prévi-
sion et intention que ce soit, ce ne sera probable-
ment pas la dernière. C'est juste, car ce n'est qu'à
l'user qu'on connaît les hommes et les lois. Heu-
reusement les hommes du jour ou de la veille n'en-
chaînent pas l'avenir : plus heureusement encore
l'auguste auteur du pacte fondamental, le roi fon-
dateur de la charte a dit : « Auprès du danger d'in-
« nover est l'avantage d'améliorer ; » puisqu'il dit :
« Auprès de l'avantage d'améliorer est le danger
« d'innover : » or l'avantage ne touche pas moins
au danger que le danger à l'avantage, et le roi
n'avertit de s'abstenir et de se préserver que du
danger.
(6)
C'est dans cette foi monarchique et constitution-
nelle que la loi des élections actuelle a toute ma
résignation et mon respect, tant qu'elle durera;
car elle est de pratique, elle n'est pas de dogme :
une proposition très constitutionnelle en vertu de
l'article 19 de la charte peut appeler les médita-
tions législatives sur une nouvelle loi à faire. Mais
je ne m'élève point jusqu'aux propositions : si tel
homme de bien ne se souvient pas des ailes de cire
et du sort du fils de Dédale, moi je n'ai même pas
oublié la lourde chute de M. le marquis de Bac-
queville du quai des Théatins sur un bateau. de
blanchisseuses, et je me contente terre à terre d'ex-
primer un voeu : de plus habiles la convertiront en
projet, le projet deviendra peut-être la loi ; que
sait-on ? quand la démence qui règne dans l'air et
égare les esprits aura cessé, quand le délire n'é-
chauffera plus les cerveaux et que la raison sera
revenue , enfin quand la France monarchique
sera délivrée du despotisme des journaux révo-
lutionnaires et des révolutionnaires de journaux,
je dirai à la tribune de la chambre élective le
seul système électoral qui puisse dans mon opi-
nion , sauver, conserver, affermir la monarchie ;
il est selon tous les intérêts légitimes ; il n'entre
ni dans ma pensée, ni dans mes devoirs de mé-
nager les intérêts bâtards , de les consulter ni
de leur complaire. J'attendrai donc et je ne par-
lerai aujourd'hui qu'au public appuyé sur le droit