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La Prusse en Orient : plan Bismark

14 pages
Dentu (Paris). 1871. France -- 1870-1940 (3e République). 16 p. ; in-8.
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LA PRUSSE
UEN ORIENT
PLAN BISMARK
PARIS
E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR
PALAIS-HOYAL, 17 ET 19, GALEU1E D'ORLÉANS
1871
Totis droits l'OîiiM'vL's
PRÉFACE
A l'Angleterre!
Il y a deux ans à peine, un Prussien me disait :
« Quand nous vous aurons vaincus, quand nous vous
» aurons mis dans l'impossibilité d'agir, nous résou-
» drons la question d'Orient. »
LA PRUSSE
EN ORIENT
Que va devenir la France? Que vont devenir
l'Europe et le monde? Telles sont les deux ques-
tions que tout homme, que tout Français qui
pense, pour peu qu'il aime son pays, doit se
poser et s'efforcer de résoudre.
. En effet, l'ancien équilibre européen est dé-
truit, l'édifice social croule de toutes parts, la
France vient d'être abattue et foulée aux pieds
par une puissance nouvelle, qui s'annonce aux
peuples de l'Occident comme destinée à les gui-
der désormais, et à leur imposer ses institu-
tions, ses idées et ses moeurs. Cette puissance,
la Prusse, qui a mis des siècles à se former,
et qui a grandi lentement à l'aide et aux dé-
pens de ses voisins, la Prusse a soudain brisé
le cercle qui l'enserrait; elle s'est constituée en
puissance conquérante; et trois nations l'une
— 6 —
après l'autre, surprises à l'improviste, sont ton>
bées sous ses coups.
Ces succès inouïs ont-ils satisfait les Prus-
siens? Leur ambition est-elle assouvie? Croient-
ils avoir complètement rempli leur tâche? —
Nullement.
Le doute aujourd'hui n'est plus permis : il
faut que l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, la France
et l'Angleterre elle-même se résolvent à être
les satellites de l'Allemagne, à subir sa loi et sa
domination, ou, qu'indignées d'une telle audace,
elles s'unissent dans un suprême effort pour
mettre un frein au débordement des Germains.
Aveugle, mille fois aveugle,celui qui ne voit pas
clairement que les invasions antiques du Midi
par les hommes du Nord ont recommencé, mais
sur une plus grande échelle, et dirigées par le
plus savant organisateur qui ait paru jusqu'à ce
jour. Ce n'est plus Gengiskhan, ce n'est plus At-
tila, s'élançant, comme des torrents furieux,
à la tête de bandes indisciplinées; c'est le génie
du Nord marchant, avec science et méthode, à
la conquête du monde.
Il l'a dit par la bouche de son maître :
c J'accomplis une mission, je dois régénérer
)> la terre. »
Nos voisins d'outre-Manche, si fiers à juste
titre de leur nationalité, ne vont pas manquer
de se récrier et de demander en quoi l'existence
de l'Angleterre est compromise ? — qui oserait
porter atteinte à leur souveraineté? — Leur
empire n'est-il pas aussi étendu que- la terre
elle-même? et le titre d'Anglais n'est-il pas par-
tout respecté?
Oui, vous êtes grands, vous êtes forts, vous
êtes puissants et riches; mais, nous aussi, nous
étions la grande nation française, et nous som-
mes terrassés, à la merci de l'Allemagne.
Je veux démontrer, avec la dernière évidence,
que l'Angleterre est menacée, pour un temps
très-proche, d'une chute plus grande que celle
de la France, d'une ruine plus complète, et que
cet anéantissement de la puissance
anglaise est absolument nécessaire
à la réalisation du plan gigantesque
de M. de Bismark.
C'est la démonstration de cette vérité qui
fournira la réponse à ces questions :
Où va la France ?
Où va l'Europe?
Où va le monde?
Sans parler de la haine bien connue que les
Prussiens nourrissent au fond de leur âme con-
tre les Anglais, il est évident que les projets de
M. de Bismark, après la défaite de la France et
la conquête de l'Alsace-Lorrainè, sont tout aussi
imparfaitement réalisés qu'après l'écrasement
de l'Autriche.
Si, en 1866, M. d^^^majrk-^n'eùt eu en l'esprit
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