Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La religion, la raison

De
3 pages

La religion, la raison

Publié par :
Ajouté le : 21 juillet 2011
Lecture(s) : 186
Signaler un abus
1
La religion, la raison
LAURENT COMBRES
J’essaye avec ce travail de participer à l’élaboration de l’Equipe de Recherche Clinique. Je
tente aujourd’hui d’apporter quelques éléments de réponses à cette question : Les mutations
du lien social changent-elles quelque chose aux analyses de la religion ?
L’objet n’étant pas directement de définir quelles sont ces mutations du lien social, sur cette
question-là, je prends pour base le travail de Jean-Claude Milner « La politique des choses ».
Milner explique comment les objets imposent un ordre, dont les hommes ne sont plus que les
sous-fifres. Et cet ordre est désolidarisé de son point de départ, la science et les hommes qui
ont fabriqué ces objets.
Je propose de creuser cette hypothèse de ce que peut être la religion une fois désolidarisée de
la croyance. Il restera sans doute en suspens cette question qui a déjà été soulevée ici : une
religion sans croyance est-elle toujours une religion ? Si ce pourra être l’objet de la
discussion, il me semble en tous les cas qu’une fois posée comme objet d’étude la religion
sans la croyance, je place ce travail dans cette version du social contemporain donné par Jean-
Claude Milner.
J’ai donc préparé ce travail avec deux bases bibliographiques. Celle des travaux
psychanalytiques de Freud (
La question de l’analyse profane
,
L’avenir d’une illusion
) et
Lacan (
Le discours aux Catholiques
,
Le transfert
,
Le triomphe de la religion
), et celle de
quelques écrits philosophiques de Platon : le livre IV de
La république
,
Apologie de Socrate
,
Criton
et
Phédon
. J’ai choisi ces derniers parce que la réflexion sur et à propos de la religion y
est omniprésente, et suffisamment éloignée de celle du XXIème siècle pour ne pas y retrouver
les effets de la religion catholique.
Chez Platon, comme chez Freud ou chez Lacan, nous retrouvons une réflexion qui suit
toujours celle de la religion, dans la cité pour le premier, la civilisation pour le second, le lien
social pour le troisième.
- Le livre IV de
La république
fait d’Apollon le dieu qui donne ces lois fondamentales
à la cité. C’est même en fonction de l’éloge de ces lois que feront les poètes, que ceux-ci
seront ou non acceptés dans la cité pour, avec leur faculté de tout imiter, instruire et éduquer
les guerriers et les gardiens qui protègeront cette même cité.
- Pour Freud, au moins dans
L’avenir d’une illusion
(1927), alors que la culture a pour
fonction d’éveiller l’esprit, la religion est là pour maintenir les peuples. Elle exorcise les
effrois de la nature, réconcilie avec la cruauté du destin, et dédommages des souffrances et
privations qui sont imposées à l’homme par la vie en communauté.
- Pour Lacan, dans
Le discours aux Catholiques
(1960) et
Le triomphe de la religion
(1974), la religion est faite pour guérir les hommes, faite pour qu’ils ne s’aperçoivent pas de
ce qui ne va pas, mais surtout, faite pour leur inspirer la crainte de se tenir à juste distance de
La Chose.
Ainsi, dans ces travaux, lorsque nous retrouvons chez chacun la notion de religion, toujours y
est liée cette idée d’un savoir qui n’aurait pas à être questionné sans risques pour celui qui s’y
aventurerait. S’il ne respecte pas les lois fondamentales, l’homme de la cité s’expose à la
mort ; Socrate en a fait l’expérience. L’homme de la civilisation, s’il ne respecte pas les
préceptes de la religion doit craindre le courroux du Dieu dans cette vie ou celle d’après.
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin