Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La restauration de la France / par Amédée de Margerie

De
14 pages
impr. de Sordoillet et fils (Nancy). 1871. 1 vol. (15 p.) ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

LA
RESTAURATION DE LA FRANCE
PAR
AMÉDÉE DE MARGERIE
PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DE NANCÏ
Instauranda ab imis fundamecta,
BACON.
PRÉFACE
NANCY
DE L'IMPRIMERIE DE SORDOILLET ET FILS
3, "RUE nu FAUBOURG STANISLAS, 3
1871
Nancy, imprimerie Sordoiliet et Dis, faubourg Stanislas, 5.
PREFACE
Je publie, pour faire mon devoir de citoyen,
ce livre où sont exprimées les convictions de toute
ma vie, rendues plus fortes, s'il se peut, et plus
lumineuses par la leçon des événements contempo-
rains.
Pour faire mon devoir professionnel au poste
d'enseignement où Dieu m'a placé, je l'ai parlé
avant de l'écrire; et je tiens à lui laisser sa forme
vraie, — autrefois très-recherchée du public, au-
jourd'hui très-démodée, à ce qu'on m'assure, —
d'entretiens adressés à un auditoire vivant, auquel
on dit en face ce qu'on pense, et qui garde, d'une
leçon à l'autre, le droit d'objecter et de contredire.
J'y tiens pour deux raisons :
La première, pour honorer cet auditoire qui a su
porter sans fléchir et sans se disperser, mais plutôt
en s'accroissant, les vérités dures et les conseils peu
ménagés que j'avais à faire entendre. Je ne dirai
jamais assez à quel point sa sympathie virile et,ses
— 4' —
encouragements fraternels m'ont soutenu dans l'ac-
complissement de la tâche que j'ai osé entreprendre;
La seconde, pour garder toujours le noble sou-
venir des heures pendant lesquelles, en des temps
pleins d'angoisse, sous le poids même et sous l'hu-
miliation du joug étranger, nous nous sommes
mutuellement fortifiés dans l'amour de la France,
et dans la résolution de ne pas désespérer de son
avenir. A la porte de la salle de nos réunions, dans
nos rues et sur nos places, nous trouvions les che-
vaux, les caissons, les canons, les soldats du vain-
queur. Nous subissions sa présence dans nos mai-
sons. Nous entendions, la nuit, le pas de ses
patrouilles, parfois ses coups de fusil dirigés contre
les promeneurs inoffensifs qui s'attardaient après
le couvre-feu. Du haut de nos collines ou de nos
clochers nous apercevions, à quelques lieues de
distance, la nouvelle frontière allemande. Au nord,
derrière les coteaux de la Moselle, à l'est, derrière
le rideau bleu des Vosges qui étendent, à notre
horizon leurs lignes harmonieuses, nous devinions
Metz et Strasbourg, hier héroïques sentinelles de la
France, aujourd'hui captives inconsolables. Du
côté de la France libre le spectacle n'était pas moins
sombre. C'était au plus fort de ce rêve hideux qui
s'appela la Commune; nous ne savions pas s'il y
aurait pour nous un lendemain, et si l'armée du
désordre rencontrerait devant elle un obstacle, ou
bien si elle irait jusqu'à Versailles étouffer sous
sa main brutale les dernières palpitations de la pa-
trie agonisante. Mais plus nos coeurs étaient dé-
chirés, mieux nous avons senti le devoir de raffer-
mir nos âmes. La France abattue et sanglante nous
est apparue mille fois plus digne d'être aimée que
la France enivrée de victoires stériles et de pros-
pérités mensongères. Nous avons compris que l'heure
où elle semblait près de périr était l'heure où elle
pouvait commencer à revivre. Et nous avons fait,
—j'en suis garant pour tous ceux qui m'ont écouté,
— le serment silencieux de considérer désormais
comme notre tâche principale en ce monde la part,
petite ou grande, que nous pourrons prendre à
l'oeuvre de sa résurrection.
Je ne sais quel sera le sort de ce livre en dehors
de l'enceinte où il s'est formé chapitre après cha-
pitre, au delà de cette région- de l'Est qui, libre ou
captive, lui fera certainement bon accueil. Mais
j'avoue bien n'avoir jamais souhaité plus ardem-
ment des lecteurs aux pages déjà nombreuses que
j'ai datées de Nancy. Je voudrais qu'il fût lu de
toute la France, parce que, bien ou mal exprimé,
je sais que ce qu'il contient est vrai, et parce que,
selon ma conviction très-réfléchie, les vérités qu'il
contient sont celles qui sauveront la France, si la
France veut les écouter et les suivre.
Je lui souhaite donc des lecteurs dans toutes les
classes et dans toutes les conditions sociales :
Dans le clergé, si bien instruit des caixses vraies