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La Révolution de France prophétisée, ainsi que ses causes infernales, ses effets sinistres, et ses suites heureuses, qui seront une restauration générale et une réforme complette de tous les abus en 1792. [Partie 2] / [Chaillon de Jonville]

De
379 pages
[s.n] (Paris). 1791. 4 + 4 microfiches ; 105*148 mm.
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SUITE V
de'la" 0
REVOLUTION.
D E F R A K C Et
PROPHÉTISÉE,
tinfiqiiefes cwfcs infernales, fis effets fmijlres
fcs fuites bcureufcs, qui feront une rejiatration
générale S? une reforme coutpktte de tous- les abus s,
-tn 1792.
Vidi impium exaltatum tranfivi & ecce non erat.
J'ai' vu le facrilége lever fa tête, impie, j'ai psfll,
& déjà il n'ctoit plus.
PARIS 17P1.
A 9
SUITE DE LA PROPHETIE
trouvée dins le tombeau de nos Rois à St. Denis.
L'Éditeur qui après avcir lien fouillé, la découverte,
ayant remarqué que cette fuite étoit tout auffi exacle que
le commencement ravoir £tè 6- quelle continvoit d'étrtg
comme,dans la première partie, un journal très cvcon-
Jiancié de ce qui arrive tous les jours a crû devoir la
publier par la voie, de iïmprejfion pour dunir per-
pétuer, par-là les faits incroyables arrivés en 178g,
1790 if 1791.
Une aiïemblée de députés qui s'eft arrogée le droit,
non feulement d'outrepafFer Ici pouvoirs de fe* Com-
mettant mais même d'agir perpétuellement & di.
re&ement contre l'efprit tout à la fois, & le texte des
cahiers des bailliages & par conféquent contre la
volonté dire&e des ieuls repréfentan» véritables de
la nation.
Qui de plus a ofé annuller même en iotalitPl'exrf*
tence de'fes commettant.
Qyi d'elle-même »'t-ft déclaré inviolable, &'i'eft
crce permanente, pour affûter perpétuer fon impuni-
té, lorsque les bailliages avoient expréflemeut ordon- »
né auxdits députés de venir jour par jour au bout de
l'année rendre compte de leur conduite pour être
blâmés ou approuvés.
Qui finit par voler les propriétés de l'Eglife d'au-
tant plus façrées, que l'Eglile de France ne les tenuit
4- Z'
que de la libéralité -volontaire des Rois, & des fidè-
les françois depuis 1400. ans.
Qui a crû pourvoir «frayer de délier les citoyen* du
ferment de fidélité_ qu'il* avoient fait à leur légitime
Souverain. i V
Qui a calciné poflible defupprimer, d'anéantir les
yœux 'es plus facrés dei Prêtre* des Moines, dta
Qui a eu l'iripudence & la fcélcratefle 4lféduire
l'armée à force d'argent, & de promener d'infubor-
Qui, pour trompe^ le peuplc., a fupprimé la ma-
jeure, partie des impota, -lui a fait envjl<igeT\qu!il ne
payeroit plus rien, dans refpi'rance de «attacher par.
là à fa diabolique conflitution.
Qui, d'un autre côté, légalement trompé les créan-
ciers intérieurs & extérieurs de l'état, en leur di-
fant que leur créance t'toit devenue dette nationale;
qu'elle feroit irrévocablement dfTtrçée du moment que
la conftitution ( qù^on projette -de ne jamais finir )
feroit tout à fait achevée; qui, en attendant a #ug-
menté le déficit ontant tout au plus au 10. Mai 789.
jour de fa convocation 357. millions Se l'a porté par
fes déprédations à plus de cinq cents millions, v^v
Qui n'a pas rougi depuis 18. mois de fixer elle-
même fon ialaire à ration de 18. liv. par jour pour
chacun de fes députés, ce qui fait pris de 3ooo«>. liv.
k par jour d'efp^cer'Traiment uiirnéraires faul compter
? les faux/frais qui font immenfes.
Qui a eu la tirannic* hontoife d'établir dans tout
<i- le Royaume des Comitéi detnechetches plus terribles,
fanguiiiaires plfksdefpotes, que ne l'ont jankuV
Qui a détruit de -fond en comble toute la magiflra-
tous les ordres) k mc0tc jufque {"exifience &:
¥̃
1 5
la dénomination des provinces qu'elle a déforganifée*;
qrri a Supprimé enfui te les ahemblée» provinciales,
les départemens les prÉlidiaux les généralités, les
bailliages &c, &c.
Qui ne recherche Se ne punit que les vrais amis
du lyRéme monarchique, qui s'eft démVquée au
point de foutenir, protéger les brigands .& les. per-
turbateurs dit rtpor public dans tous le» genres.
Oui. en- impose à toutes les uatioYis ..t'un côté pa£
-^tciis les menfonges, les catomnifs contre Iês nobles,
le clergé, la magiftrature, & en même tems parlons
les éloges ""pompeux qu'elle fait publier d'elle-même,
& d'un autre voudroit eilayer d'y femer*"le trouble
par les émifla\res foldé* de fou Comité' de la Pro-
'l'et tii !e tableau esB; ^c non exagéré d'une par.
tie des tc maudite ailemblét depui»
Vite alTemblf(e enfin Wîht les principaux urateurs,
les vrais conducteurs font tous gens tarés, désho-
norés & méprifés utuverlellement; qui a tmpudett-
ce de payer des journalifle* pOnrjmprimer & qui
imprime elle-même que la naTjon françoife tft au
combic du bonheur, de la gloite, de la liberté,, de
la tranquillité, de tandis que les
étrangers ne parlent des Frahçois que comme dts
pefliférés, & que le mot ( mal Franco**) tii celui que
tous les gouvernement étrangers au contraire ont
adopté pour l'avoir en horreur & s'en garantir; &
•«qu'il efl de fait au contraire que lçs puiff.incet voi-
fines établiflent par tout des cord6ns de troupes de
ligne pour empêcher les enragés émifTaircs de l'in-
Une pareille anémiée-en déformait capable de
tout ion audace n'a même plus qu'à deicendre 4.
moins qu'elle ne finiffe, à l'exemple des efclaves de
fil Cromwell, par vouloir confomroer l'aflaflinat notoi-
rement projetté (ejntr'autres époques) Ie5.&6. Ôdo-
bre, & faire périr celui quelle ne rougit pas de tenir
prifonnier, ainfi que ion augure, respectable & in-
téreflante compagne; puisque loin de laifTjT le tri-
bunal qu'elle a chyifj elle-rnême pour la potirfuite
des crimes de léze-nation ̃;• faire' fbn devoir, elle l'ar-
rête à chaque pas dan> ta courte équitable & vcn-
gèrent," & celi parce que fes députés, qu'elle a dé-
claré inviolables, par conféquent invulnérables & im-
.pjuiifFables .font r-econnuï_pour principaux auteurs T;
complices desdits attentats dir'5. & 6. Oclobre, foit
par la not»»rit'té, foit même par la procédure Hc de
plus liar un vçeu émis du Châtelet,
puisque. "c« même Châtekt après. un examen a
déclaré formellement qu'ils ctoieut dans le cas d'être
•défrétés de prile de coips.
Au furpliM, là poftérité en fera moins étonnée lors-
qu'elle fera bien conv aincue que d'a]rrè>Jes intriguet
du Sieur Neckc-r & la double, repréfentation ( caufe
oiiginaire de tous les malheurs), la majorité de cette
♦J^affemblée prétendu nationale en compofée .°, d'une
centaine de Curt* dont la plupart ne fçavoient pas li-
T* mouroielit^de faim & rcgaidoiont comme une
.fI- fortune inattendue pour eux d'avoir une place de
ôjf^c député qui vaut 8700. liv. par au fins y compren-
dre le cafuel & le partage des bénéfices au boni de
k l'année, dont le plus éloquent deux (le Sietir Goût-
tes) a dit dans un difcuurs oratoire- à ladite .aiïumblée,
en annonçant font inquiétude, qu'il ctaignoit qu'à la
fin on ne leur donnt dt la pelle au cil dont un autre j
connu pour être le plus fanatique, le plus mécréant
des baptifés ( le Sieur Grégoire ) oie écrire aux citoyens
du département de la Meurthe. j
Ehorreur que nous in/pire la conduite des émigrans'nous
fait regretter de les avoir pour tompatrioiet ,¡,. plut à Dieu
que la France entière put vomir de f on f tin tout les ennemis
lu telle y recela ils défirent, ils eJperent pérne. tourner un
jour leurs armer contre nous; mais quelles attaques peut re-
douter un peuple immenf: qui a' du canom, du courage ix
de la liberté? dailkurs j'aime à croire que bientôt ^Poten-
tats feront affez embarrajjés de leurs affaires {jiyle ir efprit
du comité de la Propagande) pour ne pas s'occuper des nô±
trts Le tocfîn de la liberté retentit jufque dans les deux mon.
des: les peuples commencent à fer douter fu"ils nt font pas
des vils" troupeaux créés pour der de/potes qui Its frappent
leur gré dune vtrge de fer ou les condui/ent au carnage, que
Uurs chefs ne font que des mandataires que la Jouverai-
ntté comme la liberté ejt un doinaine inaliénable que qui.
fes droits eft coupablt du crimt de
tion; teux qui par ignorance préjugé ou mauvaife f oi
om en arrière dé la révolution ne peuvent pas ou ne veu-
lent par admettre cet vérités fimples.
Et le Curé Grégoire finit fa lettre par dire je rirai
de Uurs injures il auroit-mieux fa%de dire,comme le
bon Grégoire, dont-il ne mérite pas de porter le nom.
J'aime mieux boire. (to*
q.° D'une centaine d'aYocats dont trois oTi' quatre '•'
au plus avoient acquis un certain genre de célébrité,
k furtout une tris-grande fortune en faifant le métier
de fangfues publiques fur les pauvres plaideurs, en
plaidant & écrivant devant ces mêmes tribunaux qu'ils
ont eu la polïtique de vouloir détruire pour rendre
impunis leurVancicns brigandages, & leurs nouveaux
crimes, & dont tous les autres n'avoient ni réputation,
ni mérite, ni fortune, & fe regardent ( comme les
Curés) trop heureux de pouvoir conferver une place
de 8700 liv. &c. &c. &c. 6^0
3°. D'une centaine de Procureurs, Notaires JBan-
I
quiers la plupart inconnus/ & tous trop heuraux
d'avoir le. revenu & les émolumens de cette place.
4°. De trois ou quatre cent» prétendus Phtlofophes,
foit Déifies foit MatérialïAes foit Proteftar.s; enfin
d'une Soixantaine de Nclbles ayant tou;ours vécus
d une manière ignoble qui ont oublie tout principe
~i. d'honneur & de bonne foi; qui ne fe- reflbuvienncnt
du'nom qu'ils portent tels que les Périr
/v gord, d'Aiguillon, Montmorency Lameth, Mirabeau,
d'Orléans, la Fayette, Crillon Goûy d'Arcy, la
Touche, SiNery, Liancourt, Hroglie, Montefquijju,
R^enou, & la France, l'Kumpe & la poflé-^
rité même n'obliètont jamais dans Icursjours de juflice
Se de vengeance. • >f ♦•
Lefquels tous apfes avoir décrété foleniVrèllemenC
le 5 Août que la France Vtoit une monarchie, & une
monarchie Héréditaire, après avoir déclaré le lende-
main (lorsqu'on 'éleva la voix relativement à la fup-
preffion noble Se volontaire des privilège» pécuniaire^
pour favçir fi on etftemloit, par*là t toucher «i la pro-
priété des tiorm arme», dignités &c. jjec. ), s'èct'ie*
rent que. c'était *unt horreur même de Ufuppof.r, & qu'il
n'y avait que de! ennemis de la rlvoluticn ûr de la conJUtu?
'lion qui pouvoient imagiper de^priter un pareil ridicule ci
l une cependant décrété
"dê^ui^de la manière lapins formelle ( mais à la vérité
là plus impraticable), 'qu'il n'y avoit plus en France,
non feulement de corps de IVoblfcfle mais même de
NoblefTe, Se que 1^ lotaiité des Franco)! ne feroit plus
qu'une iociété de citoyen* parfaitement égaux en tr'cux
qui, enconféque1ice,ontdéferidu de porte; des livrée»,
des armoiries., enfm to'ut ce que les fanes de l'iiiftôire
avoient déclaré appartenir aux Npbles comme l'ayant
acquis au prix de leur (ang pourle/ervice de la' patrie.
Ùv? quels enfin tout bon François a droit de dire
9
te dira un Jonr, jerve ntquam vade rétro ex operibt/i
Skis te judicavi oui je vous ai jugé comme complices
dire&s ouindire&sdesaflaffînats projetés fur la famiMc
royale & exécutés fur les plus zélés des françoî!
foit à Verfaillès, à Paris, foit dans les Provinces;
comme coupables de protéger tous les brigands Se
de laiffer enfuite impunis tous les crimes les plus atro-
ces que vous avez fans ceiïe exeufés, juftifiés lorfque
vous avez pu faire croire qu'its étoient commis dans le
fins de la révolution. g-
Je vous aijugé comme coupables entr'autres cri-
mes, d'av«>3rvexé, puni, anéanti les municipalités hon-
pêtej, i!c ennemies du défordre, favorifé perpétuelle-1
^jnent les auues ;^tel eftlc fort de l'infortunée muni-
çiuahté de Montsuiban entx 'autres.
Le lltaire, un officier, & le Procureur Sindic ,de
cette commune de Montauban fe font préfentés à la
barre; ils avoient à fe défendre de préventions pa^ion-
nées, & de 1 imprefïion du rapport prononçé par Mr.'
Vieillard., Se q4i©/le bruit public attribuoit à Mr. de
Cerutty écrivain polémique, qui a tout-à-tour dé-
fendu les f y fiâmes les plus^ppofés dans une foute de
brochures, où depuis un an il'a fait de l'efpnt fut
1 la conftitution/ r
Il n'eft pas inutile de remarquer qu'avant la défonfc
de MM. de Montauban, Mr. Lawge a demandé & ob..
.tenu que leur$ les patriotes fu fient pré»
fenta pour être en état de répliquer aux aflertious dca
officiers municipaux. C'étoit reconnaître le-droit qu^
voient ^également ceux-ci de répondre jvix aifertions
de leun aceufateun, cependant ce droit n'a pas étà
reconnu & l'aiïemblée nationale- les a prive de la
faculté de ïépliquex.
10
Mr. Lade; Procureur Sindic de Montauban & ci»
t toyen d'un mérite reconnu a porté la parole avec
beaucoup de mefure, de décence & de fimplicité.
Une -prévention implacable, a.t il dit, nous a
M précédés: forcés d'en respecter les motifs, nous
y avons befoin des plus grands foins pour l'eftacer
on nous a jugé rébelles à la cônflitution, nous
M qui n'exutons que par elle, on nous a jugés com-
plices des troubles de notre maiheureufe ville,
nous qui ne vivons que pour fon bonhear, on nous
accufe d'être les meurtriers du peuple, dont nous
m avons été les
,/Le public eft inondé de. calomnies de libelles
M affreux qui nous déchirent 3c cependant nulle
pièce authentique n'a paru contre nous s'il en
exiftoit une, ne nous l'auroit-on pas commune
m quée ? nos adverfaires ont tout préparé, ont par-
tout fufcit6 contre nous les glaive» de l'opinion,
tandis qu'au milieu d'une fcéne affreufe, nous gar-
diotis nos' poftrs avec confiance Se, ne fongions
nullement prendre de* précautions contre la ca-
lcmnie. Chaque jour nous rendions à i'aiïembléft
nationale un compte exart da notre conduite
t chaque courier elle étoit informée de la fituation de
Montauban & de nos foins pour y entretenir le
calme au péril de nos jours.
C'eft moi, Menteurs, c'eft moi, qui dans cette
fcéne de trouble & de fureur, aidéfarmé le peuple
c'eA moi qui ai iufpeiidu Se adouci fa fureui contre
des Citoyens qu'il regardoit comme les auteurs de
fes malheurs &,qu.i lui parfuadoient de foumettre
M fa vengeance à une procédure tout eft dépôfé dans
%t l'information nous devons la regarder comme le
plus ferme rempart de notre innocence. Elle s'eft
it
•t cependant faite avec une lenteur qui n'annonce qucr
trop l'afcendant de nos adveifaires.
La plus grande difficulté de notre défenfe eft dans
le défaut abfolu de connoiflance des pièces & des
charges. Eh comment les connaîtrions-nous ? elles
n n'existent pas à moins qu'on n'appelle de ce nom
des pièces prefque toutes fans ftgnatures fans au-
cun caractère d'authenticité. Il en de droit naturel
que l'accufé connbiffe toutes les charges: cette
maxime que vous avez confacrée eft antérieure
«t à toutes loix humaines à défaut de répondre à
des charge:, je vais expliquer des faits dont on a,
voulu tirer contre nous les inductions les plus graves.
.t On s'eft particulièrement attaché à attaquér l'or-
donnance que nous avons rendue pour consacrer le
principe de la fubordination des gardes nationales aux
municipalités, & que l'aflemblée nationale a bien-
tôt confirmée. On a dit que l'affemblée ne connoif
foit pas alors l'adreffe des gardes nationales de
Montauban qui demandoient à faire un pacte fé-
m dératif avec les villes voifines, mais nous mêmes
» ne la connoiflions pas puifqu'elle n'a paru que le
3o Mars, & que notre ordonnance eft du, rg.
x J'énonce ici deux proportions formelles, & je les
puile dan§ le propre récit des gardes nationales de
M Montauban l'une, que les officiers municipaux
n'étoient point dans la maifon commune au mo-
ment où le tumulte éclata, l'autre, que les gardes na.
tionalcs ont commencé l'aggreffion envers le peuple
à l'égard du premier fait il eft dit pofttivement
dans le récit même des gardes nationales que les
officiers municipaux fe font tranfportés à la maifon
commune au moment le plus orageux de la fcéne,
ce qui dément l'a/Tertion qu'ils y étoient au com-
*• mencement Les preuves de l'hoftilité des gardes
•t
nationale! ne font pu moins concluantes d'abord
ils fe font traniportés armés à la maifon commune
fans avoir pris les ordre* de la municipalité ni
w l'autorifation de leur commandant. Il y, a' funout
un fait prouvé c'eft que les coups de fufils ont
été tirés du corps de garda le fait eft confiaté par
le. procès verbaux des chirurgiens qui attellent qu'il
y a eu dix-huit perfonnes du peuple bleflee» les
gardes nationales avoient donc des munitions, &»
de deffein prémidité, ils étoient donc les aggreffeursj
attribuer ces meurtres, comme on le fait 3 la ré-
Il percuflion des balles contre le mur c'eft donner
l'exemple d'une abfurdité complette. Mr. de Puy-
mont 81'eau, commandant de la garde nationale, a
lui-même dit dans une lettre fignée que tous les
M malheurs étaient dûs à cette imprudente jeunefle.
L'orateur allcit examiner enfuite les différenties con-
clufions du rapporteur; on l'a interrompu par des
clameurs, comme s'il manquoit à l'ordre K au refpelt
du au Comité les galeries joignoient leurs oppofitions
vociférantes à celles d'une partie de l'aiïemblée: ce-
pendant le cri de la Juflice a prévalu & Mr. Lade a
continué.
w Le projet de décret annule la procédure faite
par le Préhdial de Montauban cependant, où font
les motifs de récusation ? on n'en allègue aucun.
Les juges n'étoient ni parent, ni alliés des parties;
les adjoints notables font Proteftans & Catholiques;
M on a entendu fucceffivement des témoins des deux
religions poux mieux s'affurer de la vérité.
m En établi/Tant la garde nationale fur l'ancien pied,
«« on expofe Montauban aux plus grands dangers les
nouvelles compagnies ont prêté le ferment civique.
Comment tenter de les exclure ? enfin la defUtution
du Magnat que le peuple regarde comme Ce. père»
eft elle calculée fur la prudence ?
Ce ditcours de deux heures étant terminé, les ac-
cufateurs de la municipalité firent lire par un d'eux,
Mr Donnoux, un mémoire entièrement analogue par
le Ryle & par les faits au rapport du Comité. La Mu-
nicipalité y eft peinte non pas comme coupable de
négligence & de partialité mais comme inftigatrice
de tous les meurtres comme complice d'une foule
de complots pour défoler le midi du Royaume.
Le mois de Février'dernier, a dit le lecteur du
mémoire, vit éclore Montauban un Comité patrie*
tique, compofé de négociant & d'nûhm> des jeu- f
» nes gens pleins dé zék pour la conjïituîion l'ancienne
municipalité eut avec ce Comité des relations pour
l'achat des "grains., qui furent utiles à la ville de
Montauban. Le moment des élection» arriva. Le*.
m privilégiés fe réunirent on réveilla les prétextes
de la religion les Proteftans furent calomniés me-
«• nacés, tous les mayens de iédu&ion furent employés,
,on eut même recours à l'appareil le plus menaçant.
La nouvelle municipalité fut élue, ion premier acte
m fut de demander à la garde nationale les clefs de l'ar-
n fénal qui lui avoient été confiées par l'ancienne
municipalité, fans doute elle penfoit déjà à l'aflreux
utage qu'elle en a fait depuis. Nous ne retracerons
point tous les détails de la conduite de cette mu-
w nicipatité. Jufqu'àla fatale époque du loMai tout
ces faits ont été préfentés par Mr. le Rapporteur;
nous parlerons feulement des aiïemblées que la
municipalité autorifbit, auemblées féditieuièi où.
chaque mot rtipiroit larévolte & l'audace. La mu-
nicipalité faifoità Montauban un journal des débat.
«, ic décrets qu'elle talfifiuit à fou gré; elle changeoit-
la deftmation d'un odlroi appliqué aux pauvres de
la ville, iaju doute aftr. de les txçiwr nûcyx.
147 Il --Il'
̃ Quanta la fcéne du 10 Mai la populace attroupée
(Cw..défend d'abord les portes du Couvent, elle fe ren.
force par degré d'armes, dépiques, de bâtons &
va fondre fur la mnifon commune où étaient ren-
fermés les gardes nationales.
M Le Sieur Romagnac avertit plufieurs fois la
municipalité dû danger où fe trouvent les gardes
nationales, en lui répond qu'il fe plait à fé faire
des hydres pour les combattre. Le peuple fe preflç
davantage autour dé la commune, il dépave les
rues Un des officiera municipaux fait figne aux
perfonnes attroupées de fe retirer, en difau, voulez»
vous nous tenir ici jnifonniert comme on tient le Idoi a
Paris' le^Commandant de la MaréchaufTée offre
n de faire retirer tout ce monde fans faire de mal à
perlbnne, on lui répond qt^'on rt' a-pas befoin de lui;
le peuple crioit vive le Roi ci bas la nation, ci bas la
cocarde le régiment de Languedoc n'eft venu que
deux heures & demie après la fcéne, il eft faux
qu'il ait été tiré des coups de fufils du corps de garde,
les bleflures légères qu'ont eues quelques perfonnes
du peuple, viennent de la foule & de lamal-adrcue
de plufieurs à manier les armes
Le teneur a fini par déclarer que furs de leur in-
nocence les patriotes ne craindroient pas de fe coniti.
tuer prifonmen fous la fauve-garde de, la loi. Pour
bien entendre cette narration du Comité des recher-
ches de rafTemblée, il faut favoir que ceux qui y font
appelles patriotes font ces jeunes gens amis de la con-
Aitution, qui ont youlu former d'eux-même une nou*
velle municipalité,- qui étoient ennemis de l'ancien-
ne, qui avoient pour eux les gardes nationales, tan-
dis que cette ancienne municipalité avnit pour elle le
peuple la raifon & les formes. C'eft cependant
cette ancienne municipalité, la meilleure £am doute,
15
de toutes celles qui exigent, qui a-été facrinée, com-
me on va le voir, à l'intrigue de la nouvelle, celle
des gardes nationales &c. &c.
Les applaudifiemens des galeries qui frappoient deé
mains, des pieds, des cannes, & l'approbation écla-
tante que le côté gauche a donné à ce difeours ont
difpéhfé l'orateur & fes collegues de cette formalité;
quoiqu'ils n'euffent apportés aucune preuve de leurs
aftertions, ni juftifié d'une feule pièce authentique à
leur appui, le procès a été confiddré comme instruit
de refte j MM. Feydel, de Virieux, la Chefe & Maury,
étoient infcrita par le Préfident pour parler fur le dé-
cret du Comité on leur a conjiamment fermd la louche.
Mr. Mallouet cependant a élevé la voix, & fait une
motion incidente. La gravité des faite qu'on vient
d'imputer fans preuves à la municipalité de Mon-
tauban a-t-il dit Se l'acquieicement que fon fi-
lence forcé paroîtroit y donner, me déterminent à
demander que les Officiers municipaux foient de
nouveau appelles, & interrogée fur les faits prin-
cipaux dont on les charge, & qu'ils défavouent.
M Je demande la queflion préalable, s'eit écrié le
n Sieur Charles de Lameth. Puis montant à la tri.
bune: il a dit en propres termes: Ce que nous
avons à faire eft extrêmement facile; élaguant tout ce qui
riejl par de notre rejfbrt. Nout pouvons prononcer; mais
nous ne devons pas examiner les détails de cette affaire.
L'information doit être faite par des juges; cejl à nous
ks défigner ir fufpendre les Officiers municipaux de Iturt
antiions. Depuis Bordeaux jusqu'à Dunkerquet depuis Dun
herque jusqu'à Perpignan, la clameur publique vous dénonce
les Officiers municipaux de Afontaubant 4r vous indique le
jugement qu'il faut prononcer, il f croit honteux pour- nous
de nous umuftr ci difeuter je demande que CaJJembléê pro;
nonce fur le champ.
U • S*.
1$
Je demande moi a répliqué Mr. de Cazalès cont*
ment, fa fie lui prononce, qu'il y a lieu à vn jugement ne Je
roit pas un jugement? comment ce ne/} pas un jugement file
de fufpendre une municipalité de Jet fondions ? Ji vous ne
voulez rendre les Officiers publics viélimes du premier dé-
nonciateur pouvez- vous prononcer une pareille ftfpenfion^
fans prendre connoijjwce ae [affaire? [admire [étrange JU'
risprudence du préopinant l VaffemhlU félon lui, doit juger
fur la clameur publique. Ce principe- mérite dette mis en
parallèle avec celui qu'il avança Vajutrtjour que les Offi-
ciers municipaux de Montauban dévoient être jugés dans le
fensliéla révolution les préventifs les plus fortes fe font
manijejlies jufques dons le fein de cette ajfemblée. Le pu-
blic y a applaudi avec la plus grande indécence i applau-
diffemtnts qui portent le car attire de la férocité lorsqu'ils,
font dirigés. contre dei perfonnes qui fe trouvent jous le glai-
ve de la loi. Quand l'opinion publique a ditfé d'avance vo(r«
jugement, il ejl de votre devoir, comme il dl dufage dans
tous les tribunaux équitables de différer, pour donner aux
paffions le tttns de fe aimer aux préventions trop violeti*
tes le tenu de fe diffiptr. Le côté gauche & les galeriea
ont crié avec leur rage ordinaire, à t'ordre, aux voix.
Alors Mr. de Cazalés, aprés avoir laiifé palier les pres.
mien accès de'cette rage a continué.
le demande que ceux qui crient avancent quelque chofe de
raijonnable, dejujle, d'humain en me conttedi/ànt paf
une feule famille n'a été exilée ùe. Montauban commente Co-
mité des.rapports fa prétendu, quelques individur en font
partis volontairement pour attirer de nouvelles calamités fur
leur malheureufe patrie, Four venir, ici, intriguer la mu*
Je fuis citoyen de, Montauban a continué ce brave dé-
puté» c'efi pour ma patrie que j'implore la juflice de l'af-
J emblée les officiers municipaux font C ouvrage du peuple
qui Icr a choifts ils jouijfent de fon tflimt voulez-vous
^17
Second 7cm, de B
par (effet dune injujlt privention les enlever à fa confiance?
je conclut à l'ajournement, & je demande que les membres
de la gardé nationale de Montauban foient tenus de remettre
leur difcours fur le bureau & de fournir Us preuves des faits
qu ils ont avancé: je demande au furplus que lafftmblU
prenne connoifj'anct de la. procédure commencée i Montau-
v ban Mr. le en a l'extrait. Voilà où font
dèpofts, la feule inflrulïion qui exifîe y Us témoignages &
lei preuves. Je finit par un fait qui veus prouvera la ni-
ceffîte d'un ajournement.
Mr. Ftyiely députe du Ouercy for toit jeudi mu fuir de
celte f aile ) portant Us pièce* de cette procédure fous le arai;
huit hommr.s s'approcherent de lui e\fe difant tout bas il
faut les lui enlever en attendant que\nous puifjtons mieux
faire. Mr. Feydel'prècipitafa marche mais ils fuivirent
tousfes mouvemens & ne le quittèrent, que lorfquils le
virent cfcortt'dc deux autres députés & d,un grenadier qu'il
rencontra.
Ce récit certifié par Mr. Feydel lui-même & par MM.
de Murinais & Durgct témoins fembloit dunner lieu
à de lerieufe» réflexions; mais Mr. Bacnave les étouila*
il s'empiefla d'ècarter l'intention de cet attentat non
exécuté & quoiqu'on eut refufé la parole à' ceux qui
étoient inicrits pour la prendre il la prit,. lui pour
plaider contre la municipalité de Montauban & pour
raflembler les charges à la iixiérne on pérdit parience,
& on lui demanda les preuves. ( Aux voix, aux voix,,
l'cria le côté gauche. Aux preuves réprit Mr. d'Epr*-
mefnil; à ces mots le c8té gauche fe levant à la fou,
& les galeries foldées fe mettant à Initier pour gagner
leur argent', le Préfident fut forcé de prononcer qu'il
n'y ayoitpas lieu à délibérer fur la motion de Mt. Mal-
louet ni fur l'ajournement. Ces faits font'tous trés-exalUt
Telle eft en deux mots la forme ufitée journelle-
ment par l'exécrable côté,gauche de l'aflcmblée pour
*8
former les décrets, -en étouiiant toutes les repréfenta-
tions du côté droit.
Ces motions incidentes étant ainfi jugées, le préfi.
dent alloit ouvrir la diicutrian fur le fond de la qucjlion
rtfitt ¡malle, les cris du côte gauche & des galeries
tout à la lois recommencèrent: &Mr. Charles de La-
melh fit décider préalablement que la difcujjlon e'toit fer-
mée avant d'avoir commencé.
Privés ainfi de l'audience, les ofticiers municipaux
de Montauban envoyèrent par écrit la declaration
fuivante au préfident.
Nous Maire, Officiers Municipaux & Procureur de
la Commnue de lâ Ville de Montauban fupplions
Mr. le4pré{ident de l'affiinblée nationale, de vouloir
M bien lui faire part du défaveu formel que nous failons
«, des faits avancés contre xnous à la barre par nos
adverfaires & du dtfi qno nous leur donnons d'en
produire auusne preuves légale.
A Paris 4 a G Juillet à 1 1 heures moins un uart du fuir.
Cieurae, Maire Mialeret;
Lade procureur de la Commune.
La levure de cette déclaration, Ics infiances de Mr.
l'abbé Maury les réclamations, tout fut inutile.
L'ajournement, l'information l'audience, les amande-
mens la difcuulon même furent rejetés par la quefiion
préalable 8c le décret du comité (les rapports converti
en décret de l'aHembléc. La plupart de» membres de
la minorité refaferent de délibérer Mr. de Virieu
s'avança vers le bureau & dit « ne voulant point
M participer à une marche suffi oppreflive, je déclare
<]ue je ne veux pas autorifer par ma présence le
décret qui va prévaloir, mais tout fut inutile lç
dlcret étoit déjà fait par le club des Jacobin. avant
tnC'rne l'ouverture de l'a.'iemblte.
M
II a
Et le régiment de Languedoc paroîfT&ui être dç«
voué au peuple de Montauban, on. décida de l'éloi-
gner c!e cette ville, par une des diip.efilioiis. de l'ad-
ret que voici r i
L'afiemblée nationale après avoir entendu fort
comité des rapport, déclare que l'information.
,♦ commencée devant le juge de Monfeuban rela.-
• tivement à l'événement arrivé dans cette ville 1$
10- Mai dernier, demeure comme non avenue.
Ordonne, que fon Préftdem fb retirera par dç-
vert le Roi pour lupplier Sa Majefté de adonner
des ordres pour que l'ancienne garde nationale
Montaubanaife foit rétablie dans le même état
qu'elle étoit avant t'ordonnance des .officiers mu-
nicipaux de ladite ville, en date du 6/ Avril der-
nier, laqucUe ordonnance ainfi- que tout ce, qui a
«. été fait en confluence, eil déclarée comme non
avenue, fauf aux citoyen) attifs qui n,'étoient pas
de ladite garde ancienne à s'y faire incorporer,
conformément au décret du i 2.. Juin dernier.
L'aflemblée nationale décrète i. qu'il fera in-
formé par les juges ordinaires en matières crimi-
nelles à Touloufè, à la diligence de la partie pub-
-if liquc, de tous les événement arrivés à Montauban
le ,to. Mai, ainfi que de tous ceux qui y font, re-*
litifs, tant antérieurs que poflérieurs à 1.!dite épo-
que, les circouitances & dépendances; à l'effet
de quoi, les pièces dépofées au comité des rapports
\1 seront inceflfamment addréflées à ladite partie pu-
a.° Que jufyuà ce qu'il foit Jlatuèfur ladite 'infor-
M mation, les mevibres du corps municipal de Montauban
denteurtront fufpendus d* leurs funflions à t époque d$
la notification qui leur fera faite du prijtni décret.
• »« ,3.°. Que les administrateurs du dépaitement du
4, Lot, ou de fon directoire commettront, fur l'avis
M du directoire du diftiift de Montauban, fix per-
Conne. pour remplir provifoirement dans cette
m ville, les fondions de maire, & une autre pour
w remplir celle de procureur de la commune.
4.0 Que la notification du préfent décret & de
la commiflion qui fera nommée, fera faite au mê-
,t me inftant aux officier. qui compofent la muni.
cipalité de Montauban, par les adminiftrateurs du
9» département ou de fon directoire.
L'affemblée nationale charge fon préfident d'é-
crire à la troupe da maréchauflee à Montauban
pour lui témoigner la fatisfàclion de la conduite
qu'elle a tenue le la. Mai.
Décréte que fon Pr«fidént fe retirera auprès du
Roij pour le prier de fubftituer deux régiment»
quelconques à celui qui eft à prêtent en garni;
fon dans cette ville.
Après la le&ure du procéi verbal de la veille au
foir Mr. Feydel qui n'avoit pu fe faire entendre, a
pris la parole & a dit:
Votre décret (Tkier ordonne que toutes les piects reïa*
•« tives a faffairt de Montauban feront renvoyées ci lapar-
tic publique. Eh bien, Mejfuursy je vous préviens que
M cet ordre ne fera par rempli, parce que depuis que les
accu/atturs dt la municipalité nient d'avoir les premiers
« fait feu fur le peu il a dtfparu dentre les mains du
« rapporteur une pièce ejfatieïle; lavoir la lettre des
M 10. if 1. Mai,Jignie Peyrofet, dr dans laquelle, au
travers de plufieurs calomnia atroces, fe trouve Faveu
formel, que les denonciateurt de la municipalité ont tiré
la premiers fur le peuple fans ormes, te rapporteur af-
furc qui cette lettre f'tfi égarée dans lit mains de yos
journalijlts s je demande qus l'apport en fait fait & or.
v donné. Cette motion a été appuyées perfonne
et
.De contredit*; mais on l'a étouffée par les cru de
M Hier au foir, a pourfuivt Mr. Feydel, votu ares
« entendu Mr. Charles de Lameth dire que la mu-
,t> nicipalité de Touloufe voua avoit adreffé une pé*
titiciv fans doute à ce qu'il fut fait juftice des of-
w ficiers municipaux de Montauban. Je demanda
et que cette pétition foit an (H adreffee à la partie
publique, pour que la municipalité de Touloufo
fe rappelle qu'elle ne peut être tout à la fois juge
& partie accusatrice de celle de Montauban, à
moins Meilleurs qu'on ne penfe que 'ce notevd
ordre dt chofe ne foit danr le. fens de la révolution.»
La motion a été appuyée, on 1'* égalemtmt rejeté*
par l'ordre du jour.
Le Redaûeur de votre procès verbal, a enfin
ajouté Mr. Feydel, qualifie à chaque lipne, les dé-
11 nonciateurs de la municipalité de députés de la-
garde nationale; cette qualification n'eft pas exacte:
ces députés ne le font que de deux cent perfon-
nés qui fe font retirées de la garde nationale, après)
avoir provoqué le malheur du 10. Mai. A cette
m époque la garde nationale «toit compofée de 1800.
hommes, dont 1600. fidèles à vos décrets, frayant
dans tout le temps voté pour l'adminion des nou>
«• velles compagnies forment ta majorité de cette gar-
de elle a envoyé à la fédération du 14. Juillet des
députés autres que ceux dont on parle dans.votre
procès verbal il faut donc changer cette expref-
fion & dire les députés des membres retiré$ de
la garde nationale Cette demande a eu le mi-
me fort que les précédentes, & la loyale mtmiciiâUU
de Afontaubart à été ittaitment facrijUe à la haine, la ta.
loufie, k la rage iànguinaire des fanatiques & Pertur-
bateurs patriote! qui profanent ce nom facré.
«f
• C'èft avec cette prévention cette précipitation que
l'aflemblée nationales examine; c'tit enfuite avec cette
.mjuftice, cette partialité révoltante qu'elle juge tou-
tes les affaires que l'atrocité de fes comités des re-
cherches fufcite perpétuellement» foit à des particu-
liers, foit à des corps qui ne veu!ent paâ. fervir d'in-
ftrumens aveugles à ladite afTemblée, & le prêter à
toutes ces machinations pour entretenir le trouble &
le défordre dans les Provinces.
Pendant ies obfervations de Mr. Feydel, différent
conjurés & falariés tout à la fois par 1 exécrable côté
gauche, parcouroient la fallc, pour tâcher de faire
/diverfion, & exalter les efprits fur une^nouvelle ma.
tière on racontoit qu'une armée Autrichienne fuivie
'd'un train conftdérable d'artilleriç, s'étoir introduite
dans le département des Ardennes. D'autres an-
nonçoient d?.< combats. livrés, la ville de Givet fac-
0 tagée &c. Xci. &c. Bientôt Mr. Dubois de Grancey,
lui-même (& cela n'eft pas fufpeelk de fa p2rt) a fait
connoître l'origine de ces fables déjà recueillies par
les libelles périodiques. Voici, a-t-il dit, une kt-
tre du département des Ardennes elle contient les
ordres envoyés par Mr. de Boui!lé, Commandant
de la Province à Mr. de Bonneffon, Commandant
de Mézere, pour livrer le paffage anx troupes Au-
trichiennes, qui doivent fe rendre dans le Pays-Ba^
ce paflage a été accordé parleltoi, lnr la demande
de Mr., le Comte de Mercy AmbafTadeur de Sa
Majefté ApoftoliqtJe Je doit vous nndre
compte en menu teint que, fur tcuu t étendue de ces fron*
titres U a courir Ltftmalnc dennlre dis Emijfaires criant
aux armes exixumemis C alarme t été générale. Us payfans
«3
dans Vobfcuntt de la nuit fe prenount let unt les autres pont
des enntmis\ ôfe {croient majfacrés f on ne leur eut fait
reconnoître lcure:.cur. Quelques-uns der brigands ont été
frontière ejl abfokttntnt dégarnie de troupes. Je demander
que UMiniJhre de la Guerre fait appelle à la b'arre, pour
rendre compte déjà conduite. Alors pour fortifier toutes
ces nouvelles inventées à plaifir la veille dans le Club
des Jacobins Mr. de Mirabeau n'a pas craint de faire
voyager l'Augure Sénat depuis la l'iarulre jusqu'à Tu-
rin & s'eft perntif de dire en propres .termes.
Louis Jojlph de Bourbon a été principalement Vobjet
de mon animadverfion parce que fer talents militaires le
rendent redoutable d'ailleurs l'afïemblée étant dans
ce moment-ci occupée des mouvemens extérieurs,
i> il eft naturel de vous dénoncer celui qui eft, ou
qui doit être à la tête d'une armée, deilinée, dit-
'1 on, à fondre fur nous. Mr. Roberfpierre ne s'ell
pas rappelle a continué le Sieur Mirabeau que
Mv.*du Monttiiorin, défigne Louis Jofsph Jïourbon, com~
me le pour la
femblée nationale a ians doute le droit bientôt
«< pç,ut-ûtre aura-t-elle le devoir de déclarer fi les Mi-
M^hiitres ont la confiance de la nation, mais elle ne
peut les improuver fans relâcher tous les liens du
la Subordination. >i Et alors il a denoncé unmani.
fefte attribué Mr. le Prince de Condé qui depuis
deux mois étoit imprimé & qui n'avoit pro-
duit d'autres ellets que de regretter qu'il ne fut pas
réel; £c l'infernal Mirabeau a oie propufer que Mr. le
IVincc de Condé fut tenu d'avouer ,j ou de défavouer
ledit manifefte Se que dans le cas de filence fes biens
bc ceux de fa famille fuifent conitiqués.
Si je vouloir porter fur les décrets de l'afTemblce
nationale ,< dont l'opinion publique fait toute la
M
forte, la défaveur te le difcrédit qui accompagnent
une délibération peu réfléchie Je voas propoierois
( a dit un député foi-difant magifirat, le Sieur d«
St. Fargeau ) d'adopter la décifion du préopinant
fur la fimple dénonciation d'un manifefte qui ne
nous a pas même été lu. Coriolan aigri par les
J Romains, fe retira chez les Volfques, k il en obtint
j, des fecoun qui mirent fa patrie à deux doigta de
là perte. Ce ne fera pas chez les Volfques que
Louis Jofeph Bourbon prendra la retraite mais
des peuples puiiïants font gouvernés par des Bour-
bons, voilà l'fiofpitalité quiTàlteud & je ne veux
pas lui prêter l'intérêt que fes malheurs même
lui donneroient lorsqu'il fe préfenteroit. devant
fes propres parons, tout couvert des bleflures mo-
raies que lui auroient fait vos décrets. Je penfe
que nous devons au plutôt nous occuper de l'en-
femble dea dangers dont la France eft environnée;
fur la motion préfente, je ne fuis point d'avis de
la queftien préalable, ni de l'ajournement, mais
'j, je demande que l'on pafle à l'ordre du Jour «
Hélas! fi ce député avoit été réellement magiftrat com-
me il en porte encore la robe, il auroit ajouté quand
un Bourbon ligne parent des dignes fuccefleun de
Charlemagne fait un manifefte, il le ligne de fa main,
Se le fceue avec le pomeau de fon épée comme
faifoit Charlemagne. Il auroit ajouté: en pareil car,
ce n'eft point à Mr. le Prince de Condé, maa à Mr.
le Comte d'Artois à faire un manifefte. Il auroit en-
fin du finir par dire lea conjurés à craindre, les con.
jurés, qui en menaçant rEurope entière, peuvent la
foulever en effet ce font les prédicateurs d'infurrec-
tions, ces folliculaire. qui infultent tous les Souve-
raine, ces Clubs le leurs écrivains, & furtout les dia-
boliques membres du comité de la Propagande qui
«s
tiennent école d'anarchie, enfeignent. l'art des calla-
mités publiques, difpertent leurs agens fur la face des
empires pour y porter le trouble le meurtre, la
mifère & la guerre civile au nom de la philofophie;
ce font des fephiftes incendiaires qui excitent les peu-
ples, non .à invoquer avec modération le redreffe?
rftent des abus le perfectionnement des loix, îa ré-
forme des ufages oppreflifs ou humilians, les limita»
tions de l'autorité arbitraire, les droits imprefcripti-
blet de la liberté civile mais à détruire toutes les
autorités, à proferire les Souveraine, à placer le def-
potifme dans la multitude à confidérer toutes les
inftitutions exiftantes, comme devant être le jouet
de la force Se de la fédu£tion à bouleverfer la ibeiété
pour la régénérer & à y parvenir par la violence,
en effaçant, le fabre à la main, toutes diftindions
parmi les hommes, toute inégalité de naiffance d'état
& de fortune, toute iubordination aux loix qui n'ont
pas été direct par la multitude.
Oh! certe il ne faut pas douter que ces projets de
foulever partout les peuples & de corrompre les ar-
mées ne forcent bientôt toutes les puifTances à des
redoutables précautions: les moyens d'exécution dont
on les menace jultifieront leur réfiftance; car le Sou.
verain le plus jufte & le plus défintéreffé aura le même
intérêt que le defpote à préferirer la ruine de fon
pays, les brigandages les aflaflinats la diflolution
de tous les lieni, & l'oubli de tous les devoirs. Voilà
les leuls Se véritables motifs de crainte que nous pou.
vons entretenir & perfonne n'ofera dire que nous
ne fommea pas maîtres de les dilfiper.
Voilà ce que Mr. de St. Farge8u auroit dû ajouter,
mais il auroit fallu pour celà détruire l'infernal co-
mité de la Propagande, dénoncer & faire périr fon
confrère Se ion ami le fcélerat Duport, qui ea
•* •
eette partie l'a emporté encore fur Mirabeau il aurait
fallu enfin condamner au fupplice, & non pas falarier,
lesjournaliftes Garat, Marat, Defmoulins &c. &c. &e.
Il auroit fallu enfin qu'il abjurât toutes fes erreurs,
qu'il renonçât à être le complice des conjurés, & alors
il auroit mérité le nom & la robe qu'il porte.
Au firrplus, une' dépuration de la gardé nationale
de Montpellier & d'Agde venoit d'être entendue, &
venoit de réclamer contre la faufTeté du plan ridicule
de contre-révolution, lorsque Mr. Malloue Ceft monté
à la tribune, çc a demandé la parole, beaucoup de
membres du côté gauclie l'y font oppofés, en invo.
quant l'ordre du jour:. nous Tomme.»1 en grand
nombre, s'efl écrié Mr. de Viricu, qui demandons
la parole pour Mr. Mallouet P f ai une dénoncia.
tion à faire, a ajouté ce dernier. Envoyez-là à la
poli-ce, a-t-on crié du côté gauche; inébranlable
maigre les clameurs pour le forcer au filence Mr.
Maliouet s'eft fait entendre & a dit
L'ordre du jour le plus"prcfTant pour les repré-
fentans 'de h nation eft de prévenir de grand»
crimes c'eft d'en apprendre les caufe» Se les au-
teurs.' Sans doute vous frémiriez, Meflîcurs fi
vous aviez la certitude qu'en cet inftant un ou
9, phifieurs fcéltrats travaillent à faire arrêter le Roi,
9t à emprisonner la famille royale, à mettre aux fers
u les municipaux magiflrats les chefs de la milice,
», & demandent la mort de cinq ou fix cent perron.
i, ne!. Eh bien Menteurs, c'eft font vos yeux, c'eft
3, a votre porte, que ces projets atroce» fe dévélopl
j, pent, que ces inflruclions fanguinaire» fe diftribuent
ii 'au peuple, qu'on l'appelle aux armes qu'on l'ex-
«7
cite à la fureur, voici l'imprimé que je Vous dé-
-nonce il eft figné Marat
Mr. Mallouet étant interrompu par les huées indé-
centes, tiranniques & vraiment antipatriotiques du
côté gauche & des galeries ibldées il a repris avec "T
une énergie & un fang froid digne de l'Abbé \Maury.
Je ne penfe pas que cefoit du fein de l'aflemblée
législative que s'élève une voix infultanté aux mat-
heurs publics; car c'eft le renverfement des loix
que je tous annonce c'eft la liberté qui périt
& la conflitution avec elle fi de tels attentats ref-
tent impunis; c'eft déjà, Meffieurs, un figne trop
certain de l'anarchie on nous vivons que.la trift6
habitude de la fupporter fans effroi, & la néceiîi-
té de folliciter avec inftance votre attention fur le
péril commun. Quoi! Meilleurs, tandit que. l'un-
de ces écrivain! criminels menace la tête chère &
iacrée du chef fuprême de l'Etat & invite une
partie de la nation à maiîacrer l'autre, ion digne
émule Camille Defmoulins répand de la capitale
aux extrémités les plus reculées du Royaume 9 fe»
perfide* confeils, & fa doctrine de fang. Celui et
a choifi l'époquc mémorable du 14. Juillet pour
faire du Roi & de la Royauté, un objet de fcan-
dale & de mépris 1 ce fpeclacle touchant d'amour
& de fidélité encore prêtent à nos cœurs attendris^
ce.te union intime des François & de leur Koi ne
rappelle à cet homme exécrable que VinfoUnu du
trône & du fauteuil exécutif; & par une allufion bar-
barc de la marche des fédérés au triomphe de Peut
Emile, il félicite les Romains d'avoir vu enchaîné
à la fuite du conful le Roi de Macédoine le»
mains liées derrière le dos; ces mains a-t~il ofé
ajouter, qui avoient figné tant de- lettres de cachet.-
Il.taaite d efcbvcs £c .d'hommes corrompus ceux
t8
qui révèrent dans la personne du Monarque ia
Majefté de la nation. Doutez- vous donc, Meilleurs,
"'que cet, excès d'audace n'épouvante les hommes
foibles, & ne leur fade craindre d'être fignalés corn-
me les partifans du defpotifme s'il» .défendent,
• g'ils chériffent l'autorité Royale & conflitution-
nelle qui peut feule défendre dans un empire
immenfe, la liberté & la loi, contre les entrepri-
fes des factieux? •
Ce n'eft pas tout les prétendus amis de la li-
berté la veulent fans loix, & furtout fana im-
pots ils excitent le peupls à n'en pas payer;
c'eft-à-dire, qu'ils invitent le peuple à détruire vo.
tre ouvrage & à le détruire avec d'effroyables dé-
chiremens. Lei Romains, ditDefmoulins, étoient
fondés à fe réjouir, en entendant crier pendant la
marche triomphale de Paul Emile: le peuple Ro-
main ne payera plus d'impôts plus de gabelles,
j, plus de tailles plus de capitation.
Voilà les rapprochemens qu'il bfe indiquer, entre
la fête fédérale & celle du triomphe de Paul Emi-
0 le; voilà les onfeil* & les infbru£lions que ces
.amis du peuple lui prodiguent, ainfi quand ils
auront fait égorger tous ceux qu'ils lui présentent
comme ennemi] des nouvelles loix, ils lui préfen*
feront encore comme des tyrans, ceux qui pen-
fent comme noes, que le falut public dépend de
l'obéiuancc aux loix & de la perception de. impots.
Avant de venir à vous, Meffîeurs, je me fuis
adreffé aux Minières des toix; je leur ai préfenté
ce. coupables écrits & comme repréfentant de la
nation, je leur en ai demandé vengeance, non à
raifon des injures qui me font perfônelles; qui
s* pourroit croire que pour mon propre compte.
j'euue diftingué Camille Defmoulins de ceux de
4
(on efpeee, dont je dédaigne depuis îong-tems les
« outrages? ma*»* ils m'ont fervi de texte pour pro-
voquer le miniftére public à la févérité des loix,
fur ces feuilles fanglantes qui renouvellent parmi
nous les tables de profcriptions.
Que vous dirai je de l'impreffion que m?ont fait
la douleur, l'effroi & l'embaras des Magiftrats j'ai
t, vu fur leurs vifages, j'ai vu dans leurs, discours,
l'impuitfance de» loix. Hâtez-vous, leur ai-je dit,
de nous en donner la preuve & d'avertir la nation
du danger qui la menace! Parlez! étendez un crêpe
funèbre fur le (annuaire de la juftice! fimpuiffance
des loix peut feule Juftifier celle de vos efforts pour
les défendre, vous devez périr avant elles, vous
devez vou5 offrir les premiers aux poignards de la
tyrannie. 9
Quoi nous n'aurions déclaré les droits de l'hom-
it me que pour en^conftater parmi nous la violation!
l'humanité, l'égalité, la juftice feroient dans vus
décrets, & la férocité dans nos mœurs l'Europe
épouvantée pourrott>croirc que les principes & les
«i mœurs de Camille Defmoulîns fervent d'inftrucTion
“• & d'exemple au peuple françois! Ah! qu'ils vous
foient enfin connus cet ennemis du bien public;
«« les voilà; leurs plumes, leurs mains font enfan-
glantées. Queles bons citoyens fe rallient contre ces
pervers; ceux-ci ne.feront jamais les amis de la
M liberté, qui n'aura Jamais pour ennemis que de. v-
«, fcélerats. Pourriez-vous donc vqui y méprendre,
laitier en paix ceux dont le crime eU l'aliment, &
m diriger votre follicitude fur ceux que des diuenti-
M mens iéparent de vos opinion*; qui fouflrent, man
M qui obéilîent, & qui diftinguent dans la loi même
qu'ils improuvent, le caractère facré qu"ils doivent r
refpecler? Ah celui-là eft criminel, qui, dans quel*.
3o
ques fyftéme$ & pouf quelque caufe que ce foit;
v trouble l'ordre public: 8c porte une main parricide
dans Je fein de la patrie; mais qu'ils difcutentnos
loix, qu'ils centrent nos opinions les citoyens, tes
» hommes libres de cet Empire, qu'ils apprécient,
a, qu'ils chériflent & défendenriï liberté, compagne
?, inféparabiê 'de l'ordre & de laJuAice!
Je vais vous lire, Meneurs, le dernier paragra-
phe déjà /euille de Marat, intitulée etn ejl fait
de nous la meure. fur le. bureau; quant au der-
nier nr>. des révolutions de France & du Brabanr,
je déclare l'avoir remis avant-hier à M. le Procu-
reur du Roi.
Citoyens de tout âge, & de tout rang, les me-
iùres prifea par l'aÛetnblcc nationale' ne fauroietit
vous empêcher dépérir; c'en cft fait de Vous pour
toujours, fi vous ne courca-aulx armes, fi vous nef
retouyrez cette valeur héroïque, qui, le 14 Juillet
& le'3. Oâlobrc iaav.erent deux fois la France. Vq-
lez .4 St. Çloud,s'il en en encore tems, ramenez
le lloi & le Dauphin, dans vos murs; tenez-les fous
bon tu garde Se qu'il* vous répondent des événémens^
» qu'ils ne puiflentplus. confpircr. Saififrez vous de
tous Ces minillres & de leun commis; mettez-les
aux fers, aflurez-yous du chef de la municipalité
& des lieutenant de maire gardez à vue le gé-
néral, arrêtez l'«çat major; enlevez le parc xl'artille.-
rie de la rue verte; emparez-vous de tous les ma-
gamins Sc moulins à poudre que les canons raient
reparti^ entre tout les diArjcls que tous les di-
flri&s «e rétabliflent & reftent à jamais permatienta;
décrets; courez,
courez,, s'il en tl\ encore tenu, ou bientôt de nom-
fondrojjt fur vous bien-
M tut vou^ verrez les le
M
defpotifme, l'affreux defpotifme reparoîtra plus for-
midable que jamais.
Cinq âfx cent tètes aibatues vous aurpient ajfurè re-
vos bras &Lfufpendu vos coups; elle va coûter la
vie à das millions de vos frères. Que vos enne-
mis triomphent un inftant, & le lang coulera à
grand flots, ils vous égorgeront fans pitié, ils éven-
treront vos femmes, & pour éteindre àjamait par-
mi vous l'amour de la liberté, leurs mains faneur
naires chercheront les coeurs dans les entrailles de
vos enfans.
Voici le projet de décret que j'ai l'honneur de
vous propofer, a conclu Mr. Mallouet, contre cet
infâme écrit, il remplira, les intentions de ceux qui
veulent comprendre dans la même condamnation
tous les libelles atroces, quelqu'en foit l'objet &
les auteurs,
L'afiemblée nationale, fur la dénonciation qui lui
a été faite par un de fe* membres de l'imprimé
ayant pour titre: ,'en tjl fait de nous Se du rj°. 34.
• des révolutions de France & du Brabant a décrété
que le procureur du Roi au ch&telet de Paris ferait
mandé, féance tenante, & qu'il lui feroir. donné
ordre de pourfuivre, comme criminels de Léze-
}, Nation, les auteurs, imprimeurs, 'colporteurs des
9, écrits qui excitent le peuple à l'infurrettion contre
le» loix, à.l'effufion du lang, & au reuverfement
de la conAitution.
Des applaudifTemen9 nombreux ont fuivi ce
«Vifcouri. l'un des plus éloquent, des plus ne:
ccHaires qui foient fortls de la tribune; la grande
majorité de, l'affemblée rsAoit dans une confier-
nation d'horreur, perfonne ne rioît plus, l'énergie
de M. Mallouet avoit opéré un eflet profond le de;
$1
cret propofé a été adopté littéralement, M. le procu-
reur du Roi au cbâtelet a paru à la barre, on lui a
lu le décret dont il a promu l'exécution..
Et le t 1. Juillet, un curé de village prés d'Angers
âgé de 72. ans avoit annoncé de lui-même la folcm-
nité de ce jour par un di (cours (fait même dans le
fens de la révolution); il avoit prié qu'au moins on
fut exaft à fe rendre i 10. heures précifes à caufe de
fon âge & de fes infirmités; ayant attendu une heu-
re entière inutilement la milice nationale, il fe rend
enfin aux inftances de fes paroiffiens aflemblés & im-
patiens, & commence la méfie; la municipalité & la
milice nationale arrivent à la fois. A peine la méfie
eft-elle finie que les toute part
ce vénérable pafleur cette milice nationale parle
même d'ôter la vie à cet homme; qui certain de la per-
dre, mais confolé de fe voir ficrifié à l'inflantmême
qu'il venait de célébrer le faint Sacrifice de la melre,
u'oppofoit qu'une rdfignation vraiment chrétienne,
vraiment célefle. Ses paroiffiens trouvent le moyen
de le fauver; mais pour ne pas lainer échapper l'oc-
cafion de punir un homme qui avoit commis un cri-
me ariftocratique en n'attendant pas deux heures
la municipalité & la milice nationale, ces deux corpa
rtfptUabUi ont rendu deconcert un décret qui défend,
fous peine de dix livres, de payer dorénavant la dixm»
à ce citré & par le fait du hafird ou de l'igno-
rance, ce décret imprimé fur le champ; a été affiché
précifement au deiïou* de celui de l'aflemblée natio-
nale qui ordonnoit de le payer encore cette année.
Il réfulte de cela qu'ici ce ne font point des pré-»
tendw brigands, et ne font point des débiteurs in»
quieîa
33
Second Tom. C
quiets qui font ces acïes auflî horribles, c'eft au con.
traire un prétendu tribunal, une émanation du corps
législatif, & de l'autre côté une portion de l'armée
nationale &c. &c. & il réfulte encore que fur cette
matière comme fur toutes les autres, 44. mille muni-
cipalités pounont rendre rendront des décrets con-
tre ceux de l'augure fenat, & les feront exécuter. Et
vive la liberté, le bonheur, l'ordre, la nation
Et pendant que le côté gauche de l'anemblée pro-
teneur des Marat, Démouhns, & en général de tous
les libcllilles incendiaires, ainfi que de tous les fol-
dats rébelles, enfin de tous les brigands, empêche par
î fôn auiorité le châttlet de donner fuite à cette pro-
cédure, comme il a toujours empêché Jufqu'à préfent
qu'on ne punifle les auteurs & complices des atten.
tats du 5. & 6. Octobre, la vigilance patriotique des
diftérens comités des recherches toujours conduite
par fa modération, a fait arrêter M. l'Abbé de Bar-
mont qu'elle n'a pu voir voyager tranquillement.
Ce député a donc été pris & conduit à Paris fous
bonne & tres-fure garde avec le Sieur Bonne Savar-
din & le Sieur Edgz Fédéré d'Alface; hélas! qu'étoit
venu faire ce dernier dans cette galère, & pourquoi
aulfi n'étoit-il pas refté dans fa province fans le mc-
ler de cette folle & ridicule fédération.
Tous les trois ont été dénoncés à l'alTemblée com-
me coupables des plus grands crimes; quant à l'Ab-
bé de Barmont il s'eft pleinement juflcfié aux yeux
des honnêtes-gens dans un difeours ûmple & naïf,
où il a avoué qu'il pouvoit,être regardé comme un
imprudent, mais en même-tems comme un homme
qui avoit été conduit par l'humanité: enfuite l'Abbé
̃34^
.de Barmont tetiré M. Voidet a d'abord demandé an
nom du comité recherches, qu'il fut nommé des
commiffarras poiir interroger l'accule fitr tes faits que
M. Bonne Savardin avoii dépofé la veille dans ion
interrogatoire.
M. l'Abbé Maury ayant enfuitc obtenu la parole,
eft encore allé au delà de i'idée qu'on s'en faite de fon
éloquence Je ne demande pas, a.t-il dit, grâce ponr
•.» M. l'Abbé de Barmoiit, mais la juflice In plus lé-
4 il faut qu'il forte de cette aitaire, pur, com-
»» me doit l'être un réprimant de. la nation, ou qu'il
y, porte fa tête fur i'echaff but. Je demande feulement
que fes dénonciateurs femontrent, qu'ils.prouvent,
ou foient punis.
Telle en la convi£lion ait cft M. l't\bl?é Maury de
l'innocence de M. de Bnmiont, qu'il s'en formelle-
ment oppofé à*la demande que celui-ci avoit faite de
fa liberté proviibire.
La première queftion cependant qui te préfentoit
à réfoudre, étoit de favoir fi M. l'Abbé de Barmont
auroit dans le moment même fa liberté, l'enragé Uar*
nave, a été, comme on peut le croire, pour la néga-
tive, & a conclu au renvoi au comité des recherches.
M. l'Abbé de Montefquiou alors a voulu parler;
mais ayant été interrompu dès la première phrafe
qu'il a prononcée, il a quitté la tribune, Se, s'adref-
fant au Préfrdent, il s'eft écrié avec une jufte indigna-
tion: il en eft tems,. Monfieur; j'invoque votre
fermeté contre une partie des membres de l'affem-
blée, qui exerce fur elle le dtfpotifme le plus révoltant,
qui par fes clameurs indécentes étoufle la voix des
membres qui font purs ctunme la lumière: je vous
dénonce cette foc iété cle Décemvirs.
Après avoir proféré cette plainte arrachée à une
ame honnête qu'irrite une iujullice fans cette renaît*
à
35
G 4
t
Jante; M. l'Abbé dre Montefquiou à quitté l'affemblée;
en vain on lui a rendu la parole, en vain on a don-
né des ordres pour te ramener, il n'a point reparu.
Le tumulte que fon abfence avoit occafionné étant
un peu appaifé, M. de Frondeville a paru à la tribu-
ne, il a invoqué en faveur de la liberté de M. l'Abbé
(le Barmont l'article 7. de la déclaration des droits
de l'homme x & cette article n'eft pas moins favora-
ble à M. Bonne lui-même. M. de Frondeville a fait
entendre des vérités hardies & énergiques fur le co-
mité des recherches: ce tribunal monftrueux, a-t-il
dit, qui s'eft créé lui même, k dont l'exillence eft
fignalée. toutes jours par lea vexations les plus odieu*
fes. Quoi Meilleurs, tandis que les ajjaflins de nos Prin-
ces fe promènent tous les jours dans les rues de cette capi-
talt, îr font peut-être ajfis parmi nous,
A ces mots le côté gauche s'eft levé avec tranf
port & a exigé qi*j l'orateur defcendit à la barre, le
côté droit s'y eft oppofé, mais malgré ion oppoft-
tion il y eft defeendu, on l'a tait remonter à la tri»
bune, on l'en a fait redefeendre on ne s'eft plus
entendu.
Dans un court intervalle de calme, M. de Folle-
ville a demandé qu'il fut voté cles remerciments à
l'orateur, attendu ( a-t-il dit) que le mot, peut-être''
effis pat mi nour, eft très modéré.
M. de Frondeville ayant enfin obtenu de reparoitre
à la tribune & d'y parler, a repréfenté que dans la
phrafe qui avoit excité une fi grande fermentation,
il n'avoit énoncé que ce que le Châtelet lui-même
*v6ic dit à l'affemblée.
j'invite, a ajouté M. de Frondeville, mes accu-
lateurfi à prendre connoinance de cette phrafe que
je dépofe fur le bureau
Au milieu du tumulte qui a fuivi ces dernien mots
36
de l'orateur, M. le: Préfident a. déclaré que l'àfTéith
blée avoit ccnfuré M. de Frondeville le côté droit
»'eft écrié unanimement qu'il défiroit partager cette
cenfure. M. de Montlaufier pour être mieux. enten-
du, eft monté la tribune, y a déclaré avec coura-
ge qu'il adoptai: la phrafe de M. Frondeville, & qu'il
demandoit inflamment d'être cenfuré à fon tour, mais
cet honneur lui a été réfuté.
Enfin cette orageufe difeuffion qui a prolongé la
fcéance lufqu'à fix heures, s'eft terminée par accor-
der la priorité à la motion de M. Barnave qui a été
décrétée.
Le lendemain on dénoncé à l'aiïemblée un im-
primé ayant pour titre opinion de Mr. de Frondeville
dans {affaire de Mr. de Barmont dont l'épigraphe étoit
dar veniam corvis, vexat etnjura cnhmbas ce qui s'ap-
pliquoit au mieux à la cenfure de l'affemblée faite
la veille. Le Sieur Goupil a dénoncé cet écrit qu'il
a appellé un pamphlet, & c'eft cette dénonciation
qui a excité le plus violent orage dans l'aflemblée,
M. Goupil la terminant par une personnalité odieufe
& directe, a conclu à ce que M. de Frondeville fut
tenu d'avouer, ou de défavouer cet imprimé.
La motion ayant été mife aux voix, malgré les op.
poâtions du côté droit, a été décrétée, & M. de Fron-.
deville s'eft vu interpellé par le Préfidcnt, d'avouer
*v- ou, de défavouer l'imprimé. ,t J'avoue* t'en écrié alon
avec une noble franchife M. de Frondeville, /Ïot-
primé dans fa totalité f avoue encore la dtfirtbution ci
v tajfemblèe.
D'un autre côté M. de Foucault ayant entendu
dans la lecture des informations, qu'il y étoit dit, que
lui Foucault avoit retiré pendant une nuit M. Bonne
Savardin, ce loyal député, ce brave françois, s'eft
écrié, oui oui f eh conviens & je m'empare de tacot-
n st
^Tj&oupil a tenté de repliquer mais la pudeur
lui permettait, elle d'opiner contre un collègue dont
il étoit le dénonciateur ? l'ubfervation lui..en a été faite
par M. de Murinais, & M. de Murinais a été rappelle
à l'ordre par M. le Préfident, M. Goupil a donc re-
pris la parole, le il l'a reprife pour fe permettre des
conclufioni tout à la fois injuftes, illégales & defpo-
tiques. Il a ofé demander que Mr. de Frondeville fut
condamné à huit jours de prîtes, pour avoir, dit-il,
manqué de refpe8 à Taflemblée, c'ett-à-dire pour
n'avoir pas été un lâche hypocrite.
C'eft dans cet inftant que le tumulte a été univer·
fcl & à fon comble. En vain M. de Bonney a-t-il ré.
clamé avec force contre cette peine de prifon M.
Alexandre de Lameth a repouflé cette opimon avec
fon arme ordinaire, & on devine qu'il s'agit de la
queftion préalable.
C'eft une toute autre arme que fait manier M. l'Ab-
b4 Maury, il ne connoit que celle de la raifon à
moins qu'il ne parle dans le tuyau de toreilU ci M. de
Mirabeau lainé, Lameth, ou d'Aiguillon & il s'en eft fer-
vi dans cette occafion, avec fon avantage orHîhaire;
fans faire l'apologie de M. de Frondeville, il a invo-
qué pour lui la liberté d'un repréfentant de la va.
tion Où eft la loi, a ajouté M. l'Abbé Maury, qui
autorite l'aflemblée à priver un de fes membres
de la liberté? où eft là loi qui défende aucun
citoyen de blâmer vos décrets votre cenfuye ne
déshonore pas. Dire qu'on s'en honore c'eft
faire un mauvais raifonnement; mai. un mauvais
raisonnement n'eft pas un crime. C*Ji ci T opinion
publijue à juger M. dt FrondevUU
Prenez y garde Meffieun, vous allez juger une
grande queftton celle de l'inviolabilité des men*.
bres de l'aflemblée.

II eft'difficilè'dè fe niefurer avec M. l'Abbé Maufy,
M. Péthion de Villeneuve a entrepris cependant de
le refuter, & la vérité eil qu'il eft reflé fort au déf-
fous de fa tâche.. f' i
Quelle eft 'la, loi, dit à fon tour M: de Bonvilley
quelle eft la loi qui applique une peine à ce qu'a
fait M. de Barmont? Je bon fens s'écria une voix
partie du côté' gauche; & il faut avouer qu'il n'y
avoit guère de Un fens dans cette réponfe, car fui-
4> rant ce principe il ne faudroit plus sembaira/Tcr
H d'un code des loix pénales; on les trouveroit tou-:
tes dans le bon fens. Plufieurs voix fe font recriéca
du côté droit, apparamment que Menteurs du côté'
gauche nI; connoifTent de que le fens de la rt->
voluti on.
M. de Frondeville, cependant, interpellé une fe-
conde fois de dire s'il défavouoit l'imprimé, a répon-
du que la feule déclaration qu'il avoit à ajouter étoit
qu'il n'avoit point cu l'intention d'outrager l'afletn-
blée.
"La difcuffion fermée, M. Mallouet propofa par
amnndement, de décréter qu'à l'avenir feulement,
les violations du refpecl dû à r.ilïcmblée feroient
punies par trois Jours de hrifon; mais que peuvent.
les' ¡¡mandement les plus fages contre la que-ftion
préalable? M. Barnave l'invoqua, & crût avoir mo..
livé fon opinion, en difant, que- toutes afTemblées.
délibérantes avoient le droit de police fur tes menv.
rires. -Jufte Ciel! quelle police, que celle qui, fans.
aucune loi, fana .aucun règlement préalable attente
!la liberté d'un repréfentant de la naüon on ne reut
lui comparer que. la: lui qui pend provifoirement les.
gens de mer, -ainfi qu'il réfulte du dernier décret .dç.
-la marine. > ,;• .• ri:.
La délibération parvenue à cc.point, le défbxdre a.
3*
«té extrême, au milieu des cris, des hurlemens, d'un
vacarme bien propre à aliéner les efprits les plus rai-
formable», la tête d'un membre du côté droit s'eft
échauffée, s'eft égarée & dans un accès de délire il
s'eft écrié Tout ceci a l'air d'une guerrey ouverte en»
tre la majorité & la minorité ainfl' il n'y a qu'à*
mettre le fabre à la main.
M. Barnave qui étoit toujours à la tribune, effrayé
d'une menace qui n'étoiç qu'un
d'une colère jufte mais imprudente {patient i a lofa fit
fiiror), le.hâta de propofer qu'on s'aflurat delà perlon-
ne qui avoit tenu ce propos.
M. de Froudeville enrayé à ton tour des excès qui
pouvoient être h fuite d'une fermentation, qu'il avoit
la delicatene de 1e reprocher d'avoir occasionnée,
s'adreJTe à l'Aflemblée, & lui dit:, Je fuis la caufe
de cette fcene; Je fuis donc coupable, & très-cou*
pable je l'avoue, & je fuis prêt à me rendre en
,,prifon. t
Ce procédé étoit noble & humain; & défanna
prefque M. Goupil, qui convertit du moins la peine-
qu'il avoit follicitée, en huit jours d'arrêts: cet aman-
dement plut à M. Fréteau il l'appuya, & s'attira
par-là de forts fots compliment de la part d'une par-
tie des membres du côté gauche, à qui il eft cher.
Cependant il y avoit une obfervation importante af-
faire même fur cet adouciftement, le peuple n'a pas'
envpyé fes députés pour garder les arrêt? chez eux..
IJ, étoit donc de l'intérêt des commettais ^Iq M. ç^e
]fr«ndevjlUe que les arrêts, auxquels U etoït condamné,
ne le priva (lent pas dauber aux délibérations de l'àf*'
lemblce cette confédération n'arrêta pçint la maJo-
rite gauche,, & il fut Amplement décide que M. de
Froudevilie garderoit -pendant huit jours le* anêtt'
cliez.luu
*•
40
Il teftôit à délibérer fur la motion de M. Barnâve,
rélative au membre dont il *voit demandé l'arretta-
tion. La tête de ce député M. de FauHïgny ) que le
bruit, dont les voûtes delafalit retentiflbient, aroit
un inftant affaiblie s'étoit bientôt remife, & après
le décret rendu fur M. de FrondeviUe il fo!licita d'être
entendu à 1% barre, M. Goupil de fon côté pria l'af-
femblée de laitier dans l'publi un propoa qui étoit,
a-t-il dit, évidemment le fruit d'un infiant d'aliéna-
tion. -v ,̃.•'•
Mr. le Préfident, avant que l'auemblée délibérat,
fur cet objet, lut à M. de Frondeville le décret qui
le concernoit, & après cette lecture deux combattant
bien redoutable! entrèrent en lice Mr. de Mirabeau
voulut parler, mais Mr. l'Abbé Maury, fans lui en
donner le tems, demanda que préalablement il décla.
rat s'il étoit vrai que dans le cours de la difcufüon il
aioit dit: allez chtrthtr le peuple.
Je ne Répondrai, s'écria Mr. de Mirabeau, qu'en
nommant mon & en me nommant.
S'appercevant enfuite que cette réponfè n'étoit ni per-
«mptoire, ni bien lumincufe, il fe jufttfia en invo-
quant le témoignage de fet voiftm & ce témoignage
lui fut favorable comme on peut bien s'en douter.
Ainfi donc, avec des faux témoins ^Favras a été pendu,
& avec des faux témoins Mirabeau CI été fauve.
'Pendant ce nouveau débat, Mr. de
monté à la tribune, & lorfqùe Mr. de Mirabeau eut
fmi de parler;- il désavoua folemnellement le' propos
qui lui étoit échappé dans un inftant, dit-il, de vin.
cité qui l'avoit mis hdrs de lui-même.'
Mr. de Bonney, après ce défavœu, crut qu'il lui
convenoit de' folliciter pour celui qui le «aifoi^, l'in-
dulgence de l'alTeinblée; il femblera à la poftérité que
Mr. de Fauflîgny eut été moins humilié d'entendre
folliciter pour lui un oubli il dût'fe trouver bien
plus humilié encore, en «'entendant plaindre par Mr.
Charles de Lameth, qui paffant de la pitié à la févé-
rité, prétendit que les liaifons de Mr. de Faufligny
exigeQientqu'on admit les conclufions de Mr. Barnave.
On conviendra que c'étoiç une étrange manière de
s'appitoyer fur Mr. de Fauffigny, que d'infulter tout
les membres du côté droit, ca c'eft Is que Mr. de
Lameth trouve les liaitons de Mr. de Fauffigny; auflï
Mr. le Préfident fe crut-il obligé de rappellêr M. Char-
les de Lameth à l'ordre, & Mr. de Fauffigny fe faifant
gloire des liaifons qu'on lui léprochoit, annonça avec
noblefle, qu'il n'y renonceront jamais, parce qu'elles
l'honoroient. 1
Enfin cette longue difcuflicn, abfolumemperdue pour
la chofe publique, fe termina par un décret qui por.
te que l'aflemblée fenfible aux exeufes de Mr. de
Fauffigny, lui remet la peine qu'il avoit encourue.'
Et cependant le décret du 2 1. Août porte qu'il y
a Heu contre l'Abbé de Barmont à inculpation, que
le châtelet induira, & qu'en attendant il fera gar-
dé à vue chez lui.
Et lui, & Mr. de Frondeville qu'on a mis aufiï aux
arrêts chez eux ne peuvent donc pas remplir leurs
devoirs de députés; les bailliages qui les ont nommés»
feront donc privés de leuit iipréfentans l'intérêt de
ces bailliages, la volonté de ces bailliages fera donc
confiée à des députés étrangers auxdits bailliages; voi.
là tout à la fois, ce à quoi la Juftice, l'humanité, l'or-
dre, la bonne foi font dans le cas de s'oppofer, mais
la majorité de l'aflemblée ne connoit aucun de ces
principes; ceux du defpotifme, de la tyrannie, de la
vexation contre-tous teux qui ne penfent pas comme
le côté gauche, font les feuls qui la conduifent. 1
Et l'inviolabilité elle-même, ce principe injufte au

fond, mais consacré fuletinnellcment par pliifieurs dé-
crets eft enfreinte vis-à-vis de ces deux députés; Ce-
pendant ce tems là deux autres députés, convaincus
par la notoriété publique des.plus grands attentats,
prévenus de plus par le châtelet lui-même d'être dans
le cas d'être décrété* de prife de corps, d'après une
délibération folemnelle, & prife en connoifïance de
eaufe, jouhTentenpaix de leur liberté, jugent les.au-
.t,res, & ne font privés d'aucun des droits de l'hom-
me, pas mêrfte de,otli»i:.de:*epréfehunt de la nation,
de légUlateui &c. kc- -Il n'y a donc, que de l'eflime
publique» dohr ils font privés. Il eft à remarquer à
cet égard que d'après les Joix anciennes & une laine
jurifprudence, un domicilié, un perfonnage en place,
ne font jamais déclarés par, les tribunaux, méritants
le décret de pûfede corps, que. lorfqu'il y a titi
commencement de preuve.; i &; relativement à Mr.
d'Orléans & Mirabeau, il eft de fait, d'après cette Ju-
Tifprudence, que les charges contre ces deux acculés
qui ont. réfulté des iu formations, devaient être bien
fortes, puisque le pitit châtelet a ofé fe permettre mê-
me fon devoir, & a déclaré à la face de la France, des,
l'Europe, de l'univers, de la pointe que ces deux
députés Mrt. de Mirabeau & d*Orltans tlu'unt dans Ut car
d'être dicrltis de prife de corpt.
Et il eft à remarquer que le feu Duc d'Aiguillon
été déclaré, & eft mort entaché aux yeux df, la ma-
gtRr.ature, dt la France, de l'Europe, Sc.d&Ia poué-
rite pour- n'avoir pas purgé le décret qui avoit été
prononcé contre lui, par la raifon que l'honneur, la
loi, la juflice.Sc la rairqn out vouju de tous,terni qu'un
homme décrété ne put.fortit de* lions clu déc»et,,quo
par un Jugement portant qi/tf,«ft. déchargé <4>jccufa"
tion. m
43»..
Et d'un autre côté- le J 5." Août J7<)0. il ai été.
rendu un décret fur les conclufiont du brave & hon-.
nête Mallouet, mais qui s'eft fait grand tort en cette
occafion (aliquando bonus dormitat 'Hoanrus)tpax lequel,
le Roi ferait iupplié de prendre des mefures. popr que,
la procédure commencée en 17 Si. contre l'Abbé Ray-;
nal, cet écrivain célèbre; mais impie, mais perturba-
teur du repos public, sinfi que les décrets rendus alors
contre lui, reftent faits exécution, & demeurent non
aveuus; & le bon Mallouet, qu'une folle amitié avoit,
totalement aveuglé pour l'Abbé Raynal, ofé fe plain-
dre que les membres du Confeil du :Roi avoient re-
fufë de cafter le jugement du Parlement de. Paris de
1781. qui avoit décrété cet écrivain forcené, en di-,
fant que leur compétence ne s'étendoit pas fur l'in-,
ftru£}ion des procédures; qu'mt décret n'étoit qu'un
jugement d'intrusion, & qu'ils ne pouvo^ent cafter
que des ai rets dÉfinitifs, & ils avoient raifonjla.caf-
fation n'a .jamais du être regardée que comme ulti-
tnum remedium, donc Mr. Mallouet avoit tort; & il s'eft *f
plaint enfuite de ce que le.Parlement. a refufé de fai.
re droit fur l'oppofition de l'Abbé Raynal à cet^arrêt,
que le Parlement qui va difparoître, a-t-il ajouté, fa
tient toujours fur la même ligue (hélas! c'tft le plus
bel éloge qu'il ait pu en faire), a dit qu'il faUoit la
comparution de l'accufé, & un défavœu de l'éditeur,
ic le- parlement -a encore eu raifon, & Mr. Mallouet a\_J
eu encore tort.
Et pour afficher d'une manière non pas plus im*
prudente, mais plus ridicule encore, cette abnégation
totale de pudeur, que l'afïemblee depuis fi long tems
a annoncé .elle ne fe fert plm que de» ternie», le ci-
:41
devant grand parc de Verfàilles, la ci-devant foi-di-
fant province && &c. «te. Et n'eft.il pas plus jufte en
..parlant d'elle, de dire la foi-difant afîemblée natio-,
nale,. & n'eftil pas plus vraifemblable que bientôt on
dira, ,& d toujours, U cûtUvant foi difar.t ttffcmblU na
tionah.
Et déjà quelques-uns des folliculaires ci-devant ga-
gés par elle, & mécontens de ce que leur falaire n'eft
pas augmenté, commencent ne pas le gêner dédi-
re la* vérité fur cet augufte Sénat; & l'un d'eux, le
fpécuUtteur national, a l'air de dire avec plaifir dans
ion n°. 45g. I\i7. Août 1790.; il réfulte de toutes
les procédures, que le régiment du Roi i la vue des
décrets de l'afieiiiblce nationale, qui profcrivent la
conflitution de toute ¡[emblée particulière, a déparé
> vouloir continuer celle qu'il avoit déjà formée, &
qu'au lieu de,fe conformer aux régies de comptabi-
lité déterminées pur cer mêmes décrets, le régiment
a été à force armée s'emparer de la caille, qu'il a en-
fuite transportée où Ici rébelles s'aiïemblent, & qu'a-
près avoir partagé entr'eua ladite caifle les foldau
ont de plus rançonné pltifieurs de leurs officiers &
leur ont fait donner des Comme. plus ou moins con-
fidérables, mis en pnfon, ou chaflei d'une manière
ignominieufe & pendant ce tems-là il eit arrivé à Ge-
mère le 25. Août un Genévois foldat du régiment de
Châteauvieux, mauvais fujet, qui avoit été condamné
9. palier par les vergei & qui apres avoir fubi ton
fort, s'étoit mis à la téte de l'infurreclion, parce qu'il
̃ avoit pour principe, comme le général la Fayette l'a
dit à l'aflemblée que iïnfurrtCHon tjl U plut facri du
fUvoirs, frcefoldat eft arrivé à Genéve ledit jour a5.
Août avec cent lôuis en or, & trois certificats authen.
vques de la municipalité de Nancy ic de pluûeurs
Maires du vQJunage qui attellent tow, qu'il l'eA tou-
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jours conduit d'unt manière à mériter les éloges &
l'ettime de la nation Se ledit régiment de chateau-
vieux a mis tous fes officiers en prifon, & a déclaré
qu'il les pendroit, û huit jours après on n'apportoit
pas une fomme de 24000. dont les foldats avoient
befoin & tous les patena de ces malheureux officiers,
tant à Berne, Fnbourg & Genève fe font ccttifés, fc
ont envoyé ladite fomme pour éviter que leurs frè-
res, eufans, neveux, ou counnt ne fu fient pendus par
leurs fcélerats de foldats.
Et les conjurés commencent à fo divifer, & le même
Marat qui avoit eu l'audace d'imprimer, de vendre
& de figner le libelle incendiaire c'en efl fait de nous
contre le Roi, les Miniflrei, les Nobles,.le Châtelet,
en général contre tout ce qu'on aphelle Ariflocrate,
z cru devoir imprimer depuis les chofes les plus for..
tes, ainfi que le Sieur Audouin & autres journaliftes
démocrates, contre l'affemblée nationale 'elle-même;
voici ce qui y a donné lieu:
Let prétendus vainqueurs de la Ba (tille écrivent i
l'affemblée pour dire qu'ils font prêu à voler fur les
frontières, fi la patrie étoit menacée, mais qu'ils veu-
lent auparavant rendre les honneurs funèbres dus d
leun freres d'armes morts le 14. Juillet 1789. devant
les remparts de la tyrannie; ils ont décrété qu'il fera
célébré un fervice folcmnel: tels font* les termes em-
phatiques & impudens dont les révolutionnaires fe
ferveut dans toutes les occaûons; & les nations étran-
gères parlent un meilleur françou, & font plus &an-
çoifes que ces révol uti onn aires elles difent à ce fu-
Jet, & la poftérité dira un jour dans les faites de l'hi-
floire: des gueux de foldau aux gardes ont eu l'im-
?46
pudence d'ordonner avec profufian une fête scanda:
leufe pour cëlébrer un fervice, à l'occafion de la mort
de quelques-uns der Jours fcélerats de camarades qui
font morts, une partie de peur, une autre d'ivreffe, &
la troifième de quelques coups dans la révolte du 14.
-Juillet, 'lors de l'infurrecuon féditieufe qui a occafion-
né le faccage de la Baftille, des invalides, du garde-
meuble, & tous les meurtres, pillages, & autres hor-
reurs qui fe font commue* cette époque funefte.
Et ces mêmes foldats aux gardes -n'ont pas rougi de
demander à l'aifemblée (par la raifon que l'afTemblée
n'a pas rougi de les entendre, & qu'ils en étoient fur s)
d'envoyer une députation à ce fervice.
Par la même lettre, let vainqueurs de la Baftille in-
vitent lrs journaliers patriotes, qui ont le plus con-
tribué par leur énergie à la propagation de l'efprit.
de liberté, d'y aiTifter, & ils les nomment les Sieurs
Brûlot de Varville, Carra, Garat, le Noir, cte la Ro.
che, ConRalot, Defmoulins, Marat, Fauchet, Berro-
lio font indiqués avec tnthtufiafme par let patriotctyCommc
ils font acculés avec notoriété par Us bons Citoyens.
Et fi le Sieur Marat à cette même époque, n'avoit
pas été dénoncé par la voix publique, comme meur-
trier, perturbateur, incendiaire, enfin comme coupa-
blé des plus, grands crimes, d'après fon ouvrage inti-
tulé, ,'en c/l fait de nous; certainement l'augufteafTern-
blée n'auroit pas manqué de fe joindre aux auguRes
journaliites défignés par les auguites vainqueurs de la
Baftille, pour aiMer aux honneurs funèbres dûs aux
augufles héros qui font morts à ce fameux fiége où
personne ne s'eit défendu le Sieur Marat & fes dignes
collègues auroient aflifté en" pompe cette cérémonie
patriotique, mais l'Abbé Maury ayant fait remarquer
que des députés de l'affem^lée ne pouvoient fe trou-
ver allis à côté de gens qu'on vcnoic d'ordonner de
4>
pourfuivre, & le cote tanche ne voyant pas donner
raifon une feule fois à l'Abbé Maury, a pris le parti
d'éluder cette invitation, on a (urfis audit fervice fous
le prétexte que l'invitation auroit dû fe faire à la
barre. Audi dès-,le lendemain, le Sieur Marat l'ami
du peuple, dans fon journal politique & impartial, a.
imprimé, figné, vendu très-publiquement le 8. Août
1 790. Nos Légijlateurs François furscoir i un fetyice funè-
fre? de quoi donc Je mêlent ces gens-là? en vérité fi ncutrif
prtnons garde ils viendront voir ce que nous avons fur notre
table, dr f nos femmes font contentes de nous; apprenant
leur donc de nouveau jufquoù s'étendent leurs pouvoirs.
Et plus bas il eft dit dans ce même écrit par ce même
folliculaire Marat, mal payé apparamment à cette épo-
que par l'alfemblée.
Bonne Savardin vient d'être repris à Châlôns fur
m Marne, par Ia vigilance du Sieur Motier, violera-
ment fufpe8é d'avoir favorifé fon évafion de l'Ab-
baye Saint Germain. Grand fujet à conje8u-
♦» re ? féduit par l'apparence, notre ami Defmoulins a
4, chanté lapolinodie, il refuie de foulever le voile
Allons jusqu'au bout, cher Camille, & ne renonça
pas fi aifement à la raifon. D'abord il eft certain
1, qu'un géolier l'être du monde le plus méfiant, le
plus difficultueux, le plus récalcitrant, n'a pu ré-
lâcher un prifonnier d'importance, un criminel
d'état, fur un ordre des membres du comité mu.
nicipal des recherches, dont-il ne connoiifoit pat
l'écriture, fur un ordre raturé & préfenté par de»
inconnus.- il étoit donc dans le complot, & fet
1, complices doivent-être des hommes aflez puifTant
pour lui aflurer l'impunité & le fouftraim au pu-
blic pour qu'il n'ait pas traint- de s'abandonner
eux. La prifon de l'Abbaye en fous la main du
H maire & du commandant général, tous deuxacebou*
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tans de lactique tirez la confé'quen-
ce. Maisdirez-votts: le commandant général a fait
1t reprendre Bonne Savardin. J'en doute, & quand
cela feroit, les perfonnages, qui ont figuré Ces ai-
des de camp, font inconnus; le geôlier djfparoitra,
rien ne dépotera contre lui, que les liaiîons. avec
M les miniftres fi intéreflesà faire évader Savardin.
Et le bon fens dea' obfervations (Telle eft
tout à la fois la profe & la fcéleratefle de ce vil
folliculaire. ) De violent foupçom s'étoient élevés
contre lui, ils pouvoient avoir des fuites cruelles:
que faire en pareil caa tout facrifier à fon propre
falut; or ilfe fera déterminé d'autant plus ailémtnc
à faire pouffuivre Savardin, que c'étoit non feu-
lement le meilleur moyen de faire tomber tout
ioupçbn, mais de faire preuve de patriotifme. Au
demeurant l'inculpation qu'il ne détruira point,
c'eft fa négligence à garder Savardin agent bien
réel <es confpirateurs Dsfmarets & Guignard, tan-
M dis qu'il ne croyoit jamais prendre allez de pré-
cautions pour garder Fnras conspirateur imagi-
naire: or Favras avoit garde extérieure & garde
M intérieure. Avec de pareilles précautions le prifon-^
nier n'eut pas été enlevé. Mais un peu de
patience peut-être auvonwiou» bientôt la chaîne
entière de cette horrible trame dont voici déjà
quelques anneaux.
La léance du 5. Août» été ouverte par la leclu-
m re d'une lettre addreiïée au Préûdent par le pro-
cureur du Roi au Châtclet de Paris, dans laquelle
il témoigne la douleur d'avoir été inculpé d'une
manière- très-grave dansl'afremblée nationale, il
9* protefte de fon zélé & da fa vigilance pour l'exé*
cution des décrets de l'anemblée & pour le main-
«f tien do l'ordre public, en annoncent qu'il y a dix
*• Joui.
49
Seconti Tom. D
jours que l'infiruclion contre Mr. Maillebois, Sa-
vardin k Guignard eft commencée, & qu'il a ren-
titi plainte ce matin de l'évafion de Savardin, qui
lui a été dénoncée hier par le procureur fin die de
» la commune.
Il, finit par prier Mr. le préfidènt d'alfurer l'af-
fomhlée nationale qu'il n'a rien plus à cœur que
« de mériter la confiance de la nation.
Plaisante juftifteation! (c'eft toujours le Sieur
Marat qui parle ) comment? il y a un mois que
« le rapport du comité municipal des recherches pa-
M roit, & il n'y a que dix jours qujm roi commencé
la préte:tdue procédure contre les^çbnfpirateurs
aceufés! comment? c'eft Iej3. de Juillet que Bon'
ne Savardin s'eft évadé des priforïs de l'Abbaye,
& c'eft le 4. Août feulement que^e procureur fin-
die de la commune fait fa dénonciation & c'eft le
5. Août que le procureur du R^i -UvChâtelet.rend
plainte.
Ce n'eft donc que parce que ce tribunal d'ini-
quité eft dénoncé à l'aiTemblée nationale qu'il
femble faire une première démarche. Mais
quoi ? un miniflre eft dénoncé fur des preuves
trés-clairex, con.me auteur d'une noire confpirâ
tion & il n'eft pas aux fers! tranquille au timon
des affaires il fe contente d'adreffer t'affomblée
un mémoire juftificatif rédigé par quelques ju-
riP.es! ô François peut-on voua traiter en im-
bf cilles, en lâches, avec plus de méprit? (c'eft
ainfi que ce vil impofteûr, Marat, ofe parler. )
Quedis-je, un affreux complot fvtrâme dans ic=
quel paroiffent. tremper les miniftres, la majorité
corrompue «de l'aflemblée national» les muni.
cipaux ,'lc Châtelct fr le Général. Sur la finv
pie dénonciation d'un recruteur il fut bien faire ix-
io
réter le malheureux Çavras, dont le plan tendW
lui enlever lé commandement ( ce tcélerat de
Marat a donc le front de convenir que le mal-
heureux Favras a été pendu injuftement) & il ne
bouge pas lorsqu'il s'agit d'un miniftre, d'un enne.
mi public ? Un citoyen clairvoyant perce le voile
ténébreux qui couvre l'horrible myftère), &ilfonnô
l'alarme à l'inftaiit dénoncé lui même comme
perturbateur du repos pirblic par l'un des con-
Jurés, des voix traîtrefles s'élèvent dens le Sénat
national pour continuer à vous endormir; on af
fiche les nouveaux liens de fraternité qui voua
unifient à vos ennemis implacables ;< on vous rap-
pelle leur ferment on lie vous parle que de con-
corde & de paix pour vous mettre fans détente, &
égorger au fèin de la fécurité on vous attaque
avec vos propres armes on fait paficr vos déten-
feurs pour des traîtres, on vous fouleve contre le
plus intrépide ( le loyal Marat veut parler du loyal
Comte de Mirabeau ) & pour le punir de n'avoir
fongé qu'à votre falut, on le traite en criminel de
lt-ze- nation; on veut l'égorger avec le glaive des
4, loix; mes concitoyens! ¿étiez. vous de ces ti.
grès couverts de peaux d'agneaux, » ils n'attendent
pour vous égorger que de vous trouver endormis.
,Et dans un autre endroit le Sieur Marat ne craint
pas de s'élever encore plus diieclement contre l'af-
femblée nationale & il dit en propres ternies:
Lorsque le falut public eu en danger,7 c'cft au
peuple retirer fes pouvoirs des mains indignes
auxquelles il les a confiés tar le falut public eft
la loi fuprême devant laquelle toutes les autres
doivent fe taire. j'invite donc tous les bons ci.
toyens à s'allembler à fe tnnfporter au Comité
national des rcchcrchei, à demander communier
3t
D -a
si tion des ordres donnés au Comité municipal des
recherches, puis de fe tranfporter à la maifon de
ville, de fe faifir des régiftres de ce Comité, de lui
demander le procès des perquifitions faites en con-
féquence de fes ordres, & fur fon refus, de s'afluref
,t de tous fes membres & de le* tenir fous bonne
«» 8c fîire garde.
D'un autre côté, le Sieur Audouin l'un des con-
frères de Marat, l'un des journaliftes comme le Sieur
Mirât, l'un des amis des compagnons d'armes du
Sieur Lameth qui penfe parle & écrit comme
l'exige le Sieur Lameth, dans le fens de la révolution,
dit n.° 262. le Il. Août 1790. dans fon journal uni-
verfel.
Citoyens armés feulement pour la dtfenfe de vo-
t, tre liberté, c'eft-à-dire, pour réfifter à l'opprefficn
m de quelques tyrans qui voudroient vous écrafer;
♦» c'eft-à-dire, pour maintenir la conftitution & fauvcr
la patrie, cefTez donc d'agir d'une manière préci-
fément oppofée aux vues dans lesquelles vous avez
endolfés l'habit militaire fi la plupart d'entre vous
continuent de le conduire en aveugles Se d'autres
en dépotes les citoyens vraiment patriotiques
mettront bas un uniforme qui f1 l'on n'y prend
garde perdra la confiance du peuple.
Une partie de vos Officiers cherchent à vous fa-
ft Sonner au royalifme, à l'ariftocratie; je n'en fuis
♦ pas (tonne: la plupart de vos Officiers ont été
M choifii parmi les Nobles, parmi les Robins, parmi
les Financiers, en un mot parmi les arinocrates;
y, à chaque infant iLs vous expofent à faire des b(i-
» vues impardonnables, ils vous commandent des
♦» a^es de defpotifme. »»
I.e Sieur Marat, infidèle à fes fermons vis-à-v is de
l'sflemblée nationale méconnoiffant des falaires dont