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La Tragedie de Saül , representée devant leurs Majestez à la distribution des prix, au Collége des Jésüites de Paris, le 7e aoust 1651

De
12 pages
1651. P. 829-840 ; in-4.
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N. 103. •
E 10
L A 1 * «.
TRAGEDIE
DE SAVL, REPRE- -
sensée devant LeursMajeftez
à la distribution des prix , au
Goflége des Iésuites de Paris,
je 7e Aoust 1651.
A mesme différance qui se
trouve entre l'homme & la bru-
te, celle- cy ne connoissant
que le présent, & celui-là par le
récit du paffé estant instruit de
toutes choses iusques aux plus
éloignées de son âge, se trouve presque entre
lacorinoiflance qui est formée par l'otiie feule,
bien que ce ioic le plus ordinaire (ens de la dlf"-
cipline, & elle-mesme aidée de la veuë qui lui
représente toutes les circonstances des objets.
Car, la nature humaine estanc en ce point iu-
férieure a celle des Intelligences qui conçoi-
vent en vn instant jusques aux moindres par-
ticularitez des objets , qu'elles n'en peuvent
découvrir que la surface, lors que cette foible
connoissance. ne leur vient que par loiiie feule,
elle est tellement imparfaite, qu au dire du
830
vulgaire mesme, vn tesmoin quia veu quelque
chose, en vaut plus de dix qui en ont oüy par-
ler: D'où vient qu'vn clin d'oeil jette survn ta-
bleau nous en représente plus de particulari-
tez que plusieurs volumes n'en sçauroyent co-
prendre. C est pourquoy nostre esprit, dont la
plus agréable paiture est la conissance, Ce plaist
si fort à la représentation des Tragédies, que
depuis les plus âgcz jusqu aux enfans en font
ravisa s'impriment incomparablement mieux
ce qui leur est expose par cette agréable nar-
ration & vive réprésentation des choies mor-
tes qui font par elle comme ressuscitées, que
tous les autres récits qui le cédent à celui
qui est animé Se revcftu des ornemens de ce
premier & plus parfait chef- d'œuvre de l'art
oratoire. C'eil: ce qui a donné sujet à tous ceux
qui ont voulu bien façonner les corps & les es-
prits de la jeunesse à la faire exercer sur le théa-
tre qui a tous jours eu pour approbateurs & pro.
tecteurs les plus grands Em pereurs & Législa-
teurs, n'ayant eu pourCenfeurs que des Mo-
rnes & Aristarques, ennemis de la discipline &
de la récréation publique.
Les Péreslésüitcs, qui n'oublient rien à l'é-
ducation des enfans des meilleures familles
qui leur font commis en cette ville, firent
représenter dans leur Collège la semaine pafféc
l'histoire de Saiil premier Roy des Israëlites, ti-
rée de l'Escriture Sainte) & ornée des inven-
tions Poëtiques & moralitez nécessaires à faire
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aimer les bonnes avions, & fuir les mauvaises :
qui est la principale loy que non feulement les
Poëmes, mais tous les ouvrages des Chrestiens
se doivent proposer.
Le Théâtre estoit dans la. Cour du Collège
de ces Péres: où, suivant les ordres qui en fu-
rent portez de la part de Leurs Majestez quel-
ques jours auparavant par le Maistre des céré-
monies, on leuravoit dressé à costévne Tribu-
ne: d'où Elles virent cette représentation.
La décoration qui occupoit toute la largeur
delà cour, quoy qu'elle foit fort vaste, estanc
de plus de cent pieds, estoit si pompeuse clue.
tous ceux qui la virent , la trouvèrent l'vne
des plus belles de nostre siécle.
La Scène représentoit vn superbe édifice
basti à jour, contenant deux étages en forme,
de galleries, dont les extrémicez (e termi-
noyent par deux efcaliersi avec de riches ba-
lustrades pareillement à jour.
.- Le corps de cet édifice paroissoit de
marbre blanc orne de.quanncc de tables tant
de jaspe que de marbre noir , qui produi-
foyent vrie tres-belle perspective, & tout y es-
tant de relief, il n'y avoit aucune pièce d'ar-
chitecture qui n'eust ses bosses & sessaillies ré-
gulières.
Le cage d'en-bas composé d'ordre Ionique
estoit vne demi-ovale terminée de deux portu
ques de face. Elle avoit cinq grands portiques,
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trois dans l'ovale & deux de face, & deux autres
dont les pilaftrcs com posez de toutes leurs
parties, estoyent embellis de tables de jaspes
les piedestaux de marbre noir: & les bases &
chapiteaux de bronze.
Ils fouftenoyent vne corniche complète
dont la frifeeftoit chargée de testes effeuilla-
ges en forme de bronze à demy bosse: les pi-
lastres estoyentjoints l'vn à l'autre par desfaif-
tons de fruits d'vne belle sculpture pendans
des volutes des chapiteaux : & les piedestaux
aussi liez d'vne balustrade dont les appuis ôc
lessoubassements paroiffoyent de marbre blanc
& les balustrades de bronze de figure carrée)
ornées de gaudrons, feuillages & autre sculp-
ture.
La corniche des portiques estoit portée sur
des colonnes de jaspe avec leurs bases & chapi-
teaux de bronze, ôc leurs pilastres derriére de
mesme forme & sculpture que les précédens.
Le grand portique du milieu en avoit qua-
tresaillanres l'vne sur l'angle de l'autre, & eitoit
termine d'vn giand fronton rond de semblable
architecture que la corniclie ôc rempli d'vne
table de marbre noir.
Sur ce fronton, estoyent les armes de France
& de Navarre dans vn grand cartoche de six
pieds, dont les volutes d'en- bas accolloyent la
corniche, estant couvert de la Couronne Roya-
le dorée percée à jour,soustenuë de deuxAnges
couchez sur le mesme fronton, plus grands que
nature,