//img.uscri.be/pth/38610aba69f78dc7ba376e8adc4fd959552e3abf
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Lamuel, ou Le Livre du Seigneur, traduction d'un manuscrit hébreu, exhumé de la Bibliothèque ci-devant impériale. Histoire authentique de l'empereur Apollyon et du roi Béhémot, par le Très-Saint-Esprit. Avec trois jolies gravures faites d'après les derniers tableaux du célèbre peintre R. Girodet

305 pages
Collardin (Liége). 1816. France (1814-1824, Louis XVIII). In-18.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

LAMUEL
OU
LE LIVRE DU SEIGNEUR.
LAMUEL
OU
LE LIVRE DU SEIGNEUR,
TRADUCTION d'un Manuscrit Hébreu,
exhumé de la Bibliothèque ci —devant
Impériale.
HISTOIRE AUTHENTIQUE
DE L'EMPEREUR
APOLLYON
ET DU ROI BÉHÉMOT.
PAR LE TRÈS-SAINT-ESPRIT.
Avec trois jolies gravures faites d'après les derniers
tableaux du célèbre peintre R. GIRODET,
LIÈGE,
P. J. COLLARDIN , Imprimeur-Libraire.
PARIS,
Frères MICHAU, rue des Bons-Enfans.
1816.
Si cet ouvrage vient des hommes, il
se détruira de lui-même ; mais si c'est
l'ouvrage de Dieu , vous ne pouvez le
détruire — Act. des Apôtres, v. 38. 39.
PRÉFACE,
L' OUVRAGE que nous présentons
au public est l'un des plus précieux
monuments de ces temps privilégiés
où Dieu daignait se manifester aux
sages d'Israël ; où Dieu conduisait
lui-même le peuple qu'il s'était choisi,
et qui, méconnaissant ses bontés in-
finies, était assez aveuglé pour ne pas
voir, dans des châtiments à la fois pa-
ternels et terribles, la preuve écla-
tante de l'inépuisable clémence du
Tout-Puissant.
Cet ouvrage porte tous les carac-
tères des écrits inspirés : on y recon-
naît le style à la fois pompeux et naïf
du très-Saint-Esprit; style inimitable,
qui, seul, a ce rare avantage que ses
A
VI PRÉFACE.
beautés surnaturelles passent avec fa-
cilité d'une langue à une autre quelque
différent qu'en puisse être le génie ;
style qui frappe d'admiration dans
l'Hébreu, qui attache dans les Sep-
tantes , qui fait réfléchir dans la Vul-
gate , et qui persuade eu intéressant
dans nos idiomes modernes.
Afin qu'on ne puisse élever aucun
doute sur l'authenticité du présent
livre, nous rapporterons d'abord la
manière dont il nous est parvenu.
Lorsque l'écume d'un grand peuple,
suscitée par des médecins, des avo-
cats et autres êtres immoraux mal-
heureusement nécessaires dans la so-
ciété , se répandit sur l'Italie par une
volonté spéciale du ciel, qui voulait
châtier la capitale du monde chrétien;
lorsque des hordes françaises se pré-
PREFACE. VII
cipitèrent sur Rome; un 'négociant
juif, fort versé dans les lettres hébraï-
ques , ayant entrepris quelques four-
nitures d'armées, se rendit sur. le
théâtre 'où 'se passaient de si grands
événements. Parmi diverses raretés
dont il ne laissa pas que de faire l'ac-
quisition , il se procura plusieurs ma-
nuscrits. L'un d'eux, en caractères
Chaldéens, lui parut d'abord être une
collection des petits prophètes. C'était
le livre du seigneur, que voici ; il pro-
venait du pillage de la bibliothèque
du Vatican, à laquelle il avait été
donné par le fameux cardinal de
Retz. Ce qui le fit principalement
remarquer de son nouveau proprié-
taire, c'est qu'il était cotté comme
ayant appartenu au cardinal Mazarin
dont, au temps de la fronde, le par-
A 2
VIII PRÉFACE.
lement de Paris fit vendre publique-
ment les livres par un arrêt rendu
en I'65I. Le président Henault a sa-
gement passé sous silence cette par-
ticularité, ainsi que d'autres du même
genre, et à la vérité peu importantes
pour l'histoire, qui eussent pu ternir
la réputation de fidélité d'un corps
qu'il est très-urgent de rétablir parce
qu'il existait autrefois. Ce corps res-
pectable, instruit par l'expérience,
loin de résister aux volontés absolues
de nos rois légitimes, sentira, quand
il nous sera rendu, qu'il est de son
intérêt d'appuyer ces volontés de tout
son pouvoir, afin qu'en retour, les
monarques soutiennent les priviléges
de sa noblesse contre les prétendus
droits d'une multitude effrénée, qui
PRÉFACE. IX
voudrait rompre les barrières de toute
subordination.
Une page d'un mauvais papier jau-
ni, dans le filigrane de laquelle on lit
le millésime 1378, forme le premier
feuillet du livre qui est composé d'an-
ciens rouleaux d'une sorte de parche-
min écrit d'un seul côté; ces rouleaux
ont été aplatis ensuite sous une presse
pour en former une brochure grand in-
quarto. On voit encore, sur les bords
des feuillets , les traces des sceaux
dont ils doivent avoir été originaire-
ment fermés, selon l'usage des juifs
qui scellaient leurs livres. On lit sur
cette première page de papier, mo-
derne en comparaison du reste, une
phrase latine qui nous apprend que,
« ce manuscrit, dont on ignorait le
» contenu, avait été réuni à la biblio-
A 3
X PRÉFACE.
» thèque de très-sage et éloquent roi
» Charles, cinquième du nom, pro-
» venant de papiers, chartes et autres
» volumes saisis au temple en 1007 ,
» lorsque la destruction: de l'ordre
» de chevalerie dont le grand-maître
» habitait ce palais fut ordonnée, par
» le très-magnanime et clément roi
» Philippe-le-Bel de glorieuse, mé-
» moire. »
Quoique le grand-maître des Tem-
pliers et les chevaliers relaps qui
furent si justement brûlés avec lui,
ayent déclaré qu'en leur qualité de
gentilshommes ils ne savaient ni lire,
ni écrire ; il n'est pas douteux qu'ils
n'eussent rapporté de l'Orient beau-
coup de monuments des lettres et des
arts que leur cupidité leur avait fait
rechercher. Le livre de Laniuel fut
PRÉFACÉ- XI
certainement trouvé dans le temple
de Jérusalem par les premiers frères
hospitaliers qui s'y réunirent. Il fut
trouvé par une permission expresse
de Dieu, qui voulait en réserver la
publication pour nos heureux temps
signalés chaque jour par de nouveaux
miracles (a).
Le possesseur du manuscrit de La-
niuel eut l'imprudence de le montrer
à l'un de ces spoliateurs décorés du
titre de commissaire pour la recherche
des objets d'arts et de sciences, que
les anarchistes envoyaient à la suite
(a) Voyez la partie officielle dans le Mo-
niteur du 12 juin 1816, où il est parle' du
prodige opéré par Notre-Dame de la garde
en faveur de S. A. R. Madame la duchesse
de Berry digne épouse de l'un de nos princes
les plus galans , les plus braves et les plus
polis.
A4
XII PRÉFACE,
de leurs cohortes. Ce commissaire
dans la fausse opinion où il était,
qu'on devait, autant que possible,
concentrer dans un même lieu tous
les trésors du génie humain, acheta
fort cher et sans le moindre remords
une chose évidemment volée, puisque
par l'acquisition qu'en avait fait Phi-
lipe-le-Bel, elle avait pour maîtres
légitimes nos rois de France ; il crut
pouvoir enrichir aux dépens de
maîtres iniquement méconnus, l'in-
grate patrie qui les repoussait, et il
envoya le livre de Lamuel à Paris
avec la Vénus de Médicis, le Lao-
coon , la transfiguration de Ra-
phaël-, des rouleaux de musique ,
des poissons pétrifiés , des médailles,
des serpents dans l'esprit de vin,
etc., etc. Il n'avait pas réfléchi', ce
vandale, qu'il était horrible qu'une
PREFACE. XIII
seule cité eût le privilége de réunir ,
de restaurer et de conserver tant de
richesses ? Les jacobins qui ont voulu
justifier ce monopole scientifique et
littéraire, dont la révolution a donné
le scandaleux exemple , ont eu beau
amonceler les raisonnements les plus
spécieux, et alléguer des traités solen-
nels qui garantissaient à la France-
des conquêtes d'un genre nouveau ;
il n'en est pas moins démontré au-
jourd'hui que plus les raretés seront
divisées sur la terre, plus les progrès
de la civilisation seront assurés (b).
(b) En effet, ceux qui voudront étudier
solidement, seront obligés de voyager au
moins pendant les deux tiers de leur vie,
depuis Pétersbourg jusqu'à Cadix, et depuis-
Tarente jusqu'à Edimbourg. Par là , les peu-
ples se poliront en quelque sorte à l'aide d'uner
15
XIV PRÉFACE.
Une seule considération suffit pour
faire reconnaître comme authentique
espèce de frottement et d'un mélange réci-
proque , sans compter que les aubergistes,
les maîtres de poste, les carossiers et les
entrepreneurs de diligences, s'enrichissant
par les dépenses des voyageurs, se trouveront
en état de payer dé plus fortes contributions.
C'est d'ailleurs une vérité reconnue que
les voyages forment la jeunesse, et même
l'âge mur. Aussi les gracieux souverains de
ce siècle promènent - ils leurs sujets d'une
extrémité de l'Europe à l'autre avec une
merveilleuse prévoyance. Si l'on nous objec-
tait que les artistes auxquels il est le plus
nécessaire de comparer les productions des
grands talents en tout genre , sont générale-
ment pauvres et peu en état de faire de la
dépense sur les grandes routes, nous répon-
drions que les artistes ne doivent consulter
ni leurs aises, ni leur fortune. Ils auront
bien plus de mérite, en s'élovant à travers
plus de difficultés. Au lieu de se dissiper
PRÉFACE. XV
l'ouvrage que nous mettons au jour.
Le Saint-Esprit ayant, de l'avis una-
trop souvent, ils seront contraints d'employer
à des méditations profondes le peu de temps
que leur laisseront des courses pénibles. Il
faudra qu'ils gravent en caractères ineffaçables,
dans leur mémoire plus exercée, ce qu'ils
auront été comparer à de si grandes dis-
tances , tandis que la facilité avec laquelle
ils pouvaient passer en revue sur un seul
point du globe tant de choses mises dans
un rapport harmonieux, eût inévitablement
poussé tôt ou tard leur ■ esprit à une sorte
de paresse éminemment contraire au déve-
loppement du génie.
Et quand enfin la dispersion d'inimitables
tableaux, de magnifiques statues, de pré-
cieuses médailles, de manuscrits uniques,
de collections complettes et coordonnées fini-
rait par mettre d'insurmontables obstacles à
l'instruction des pauvres artistes, y aurait-il
un si. grand mal ? On verrait alors les gens
comme il faut, que leur fortune met en état
A 6
XVI PRÉFACE,
nime des pères et des théologiens,
dicté la Bible entière, on retrouvé
dans les diverses parties dont elle est
composée, quelsqu'ayeut été les saints
personnages qui ont servi de secré-
taires au bon Dieu, les mêmes images,
les mêmes tours, les mêmes choix
de faire de grandes dépenses, s'emparer peut-
être des sciences et des arts , qu'ils laissent
imprudemment devenir le patrimoine exclusif
de la lie des hommes, au grand préjudice de
l'agriculture et des basses professions de la
société. Les Musées de Paris étaient de vé-
ritables tours de Babel élevées par des orgueil-
leux qui redoutaient le retour de ces temps
qu'ils osent appeler de ténèbres, comme l'au-
dacieux Nembrod et ses insolents sujets crai-
gnaient le retour d'un déluge épurateur. Il
fut criminel de construire ces Musées, et la
dispersion de ce qu'ils renfermaient est un
ussi grand bienfait de la providence, que
cette confusion des langues par laquelle le
PRÉFACE. XVII
d'expression. Mais nulle part l'iden-
tité des passages entiers n'est plus frap-
paute que dans Lamuel ou l'on ne
trouve pas une phrase qui ne se ren-
contre dans les livres canoniques.
Afin que le lecteur puisse aisément
s'en convaincre , nous avons soigneu-
Tout—Puissant châtia l'orgueil des fils de
Woë. Sans cette confusion des langues, les
hommes n'ayant eu qu'un seul idiome , nous
n'aurions ni les ouvrages d'Homère et des
grands hommes de la Grèce, ni le cantique
des cantiques et les livres hébreux, ni les poë-
sies des latins, ni les oeuvres de Mr. Kotzebue
et de la baronne de Staël, ni le paradis perdu
de Milton , ni le génie du christianisme et les
martyrs du R. P. de Chateaubriand, ni les
écrits du père Torquéroada, ni tant de beaux
articles , discours et vers de MM. de Bonald,
Malte-Brun , Roux-Laborie, Fontanes, Fie-
vée , Aignan, Michaud et autres flambeaux,
des diverses littératures.
XVIII PRÉFACE.
sèment cité à la fin de chaque verset,
de chaque phrase, même de certains
mots, le texte analogue des parties
de la Bible qui leur sont exactement
pareilles. Nous n'entreprendrons donc
pas de vanter ici le style de notre
traduction, ou de rejeter les imper-
fections que des lecteurs délicats pour-
raient y remarquer, sur les innom-
brables difficultés que présentait notre
travail, puisqu'on ne saurait y trouver
une seule ligne qui nous appartienne.
C'est le mot-à-mot des Bibles fran-
çaises les plus accréditées pour l'in-
telligence de ceux qui n'entendent
pas le latin. On n'a pas même voulu
éviter les répétitions., développer les
sens obscurs, ni adoucir les images
outrées, dans la crainte d'encourir les
justes reproches de témérité, qu'eût
PRÉFACE. XIX
mérité la prétention d'avoir plus de
correction et d'esprit que le Saint-
Esprit lui-même. Quand au change-
ment de nombres qui est employé si
fréquemment dans les mêmes versets,
nous renvoyons à Lougin, qui le re-
garde ( Chap. XIX ) comme une des
choses, les plus propres à donner du
sublime au discours en diversifiant,
et en ranimant l'expression.
Notre livre, fût-il apocryphe, ne
renfermerait cependant pas une ligne
qui n'eût été inspirée par Dieu ; aussi
un tel rapprochement ne permet-il
pas aux vrais chrétiens de prononcer
légèrement sur la valeur d'une pro-
phétie, en tout point conforme à ce
que notre mére-cômmune, l'Eglise,
adopte comme orthodoxe. Nous avons
dû adresser à Sa Sainteté le manus-
XX PRÉFACE.
crit du livre du Seigneur, avec un
exemplaire de la présente traduction,
et nous ne formons nul doute que
lors de la tenue du premier concile
oecuménique, Sa Sainteté n'appelle
toute l'attention des pères sur un ou-
vrage qui, selon nous, doit être inséré
dans les livres canoniques immédia-
tement avant celui d'Isaïe, c'est-à-
dire en tète des prophètes. Il résultera
en outre de cette insertion, qu'avec
Addon et Séméïas dont les écrits
paraissent perdus, le nombre des
grands prophètes a été de sept, comme
les sept jours de la création , les sept
planètes, les sept commandemens de
l'église, les sept notes de musique,
etc., tandis que le nombre des petits
prophètes est de douze, connue les
douze mois de l'année, les douze si-
PRÉFACE. XXI
gnes du zodiaque, les douze apôtres,
les douze travaux d'Hercule, etc.
Il est question dans les livres adoptés
par le concile de Trente de notre divin
Lamuel. Isaïe prophétisant contre
l'Humée dit positivement que tons
les maux qui la menacent , sont
écrits au livre du Seigneur dont il
recommande de faire la lecture avec
attention (XXXIV. 16). Isaïe a bien
évidemment entendu parler de la
prophétie de Lamuel, puisque celte
prophétie porte le titre de Livre du
Seigneur. Le verset qui lui sert comme
d'introduction a été mot à mot trans-
crit par le fils d'Amos, avec cette
différence qu'il a dit : cherchez et
lisez dans le livre du Seigneur ; tau-
dis que Lamuel recommandant son
propre ouvrage a dû dire : cherchez
XXII PRÉFACE.
et lisez dans ce livre du Seigneur ,
etc. ( 1 5. ) Ce seul passage suffirait
encore pour prouver que notre pro-
phète, a été antérieur à celui qu'on
était habitué à regarder comme le
premier de ceux qui ont écrit.
Quand à Lamuel personnellement,
son nom se rencontre en tête du
XXXIe. chapitre des Proverbes où
il est dit, d'une manière expresse,
que ce chapitre est sa propre pa-
role. Le style n'en ressemble en rien
au reste du saint livre, tandis qu'on
y retrouve toute la manière de celui-
ci. Frappés de cette différence, plu-
sieurs savants avaient pensé que les
Proverbes étaient un recueil dont on
pouvait bien attribuer une grande
partie à Salomon; mais dont près
de la moitié avait été ajoutée par
PRÉFACE. XXIII
d'autres prophètes et réunie à ses
oeuvres vers le temps d'Ezéchias.
En effet, pourquoi Salomon chan-
geant de manière , se fut-il donné
en tête de l'une de ses plus belles
productions, un nom si différent
du sieu, et que nous ne lui re-
trouvons nulle part? L'épithète de
Roi donné à notre prophète dans les
Proverbes a pu seule induire en er-
reur les commentateurs , qui ont
ajouté au texte des paraphrases
qui, choquant le sens littéral, ne
sauraient être justifiées par aucune
autorité suffisante. Ils mettent a Pa-
roles de Lamuel, ou Salomon, roi
de Jérusalem; vision par laquelle
Bethsabée sa mère l'a instruit. »
Ou sont-ils aller chercher Salomon,
Jérusalem et Bethsabée ? Et pour-
XXIV PRÉFACE.
quoi ne pas avoir traduit Verba
Lamuelis régis. Visio , quâ erudivit
eum mater sua de la Vulgate, tout
simplement comme il est ? Il n'y est
question ni de Salomon, ni du nom de
son prétendu royaume, ni dé celui
d'une mère qu'il ne nous appartient
pas de connaître, puisque le prophète
n'a pas voulu nous dire comment
elle était appelée.
Quoiqu'il en soit, le titre de Roi
peut simplement indiquer la préémi-
nence que le Saint-Esprit aurait en-
tendu accorder à Lamuel entre tous
les prophètes; prééminence bien mé-
ritée par la beauté de son éloquence,
par la suite qui règne dans son dis-
cours, par la force des arguments
qu'il emploie contre l'ingratitude
du peuple, par la terreur qu'il ins-
PRÉFACE. XXV
pire quand il menace, enfin par la
douceur avec laquelle il répand les
consolations. Lamuel ne prend nulle
part le titre de Roi dans son livre,
il ne lui appartenait pas de prétendre
au premier rang, c'est l'écrivain ins-
piré contemporain d'Ezéchias, qui,
en recueillant les Proverbes, a cru
devoir le signaler à l'admiration de
la postérité par un titre qui marque
toute sa gloire. Le compilateur sacré
à fait comme les censeurs romains
qui, en appelant les patriciens, don-
naient à celui qu'ils nommaient le
premier, à cause de son mérité, le
titre de prince du sénat, ce qui n'in-
diquait pas une principauté réelle,
mais une simple distinction méritée
par l'éminente vertu de celui qui
l'obtenait.
xxv PRÉFACE.
Il en est de notre livré merveilleux
comme de plusieurs autres: ouvrages
qui, pour avoir été perdus , n'en ont
pas moins été connus dans leur temps,
puisque plusieurs d'entre eux sont
cités dans la Bible. En vain quelques
écrivains ont-ils nié l'existence de
ces livres : un grand nombre d'au-
teurs du plus grand poids , les recon-
naissent. A la vérité, ils en rejettent la
plupart, parmi les livres apocry-
phes; mais cela ne prouve pas qu'ils
n'ayent point été écrits (c).
(c) Tels sont Le livre des Justes , cité dans
Josué ( X. 13 ) et dans le deuxième des Rois
( I. 18 ). Le livre du règne de Salomon ( III.
Rois. XI. 40 , celui des Rois de Juda
et d'Israël (II. Parai, XXXVI 8) et des
Annales des rois de Juda (IV. Rois. XXIV. 5)
ou nous eussions peut-être trouvé les noms
de Béhémot et d'Appollyon dont il est ques-
PRÉFACE. XXVII
On nous objectera peut-être, que
certains passages de notre Lamuel
tion dans Lamuel. Tels sont encore les Ecrits
des prophètes Addon et Sémias où les actions
de Roboam étaient rapportées avec soin (II.
Parai, XXI. 15. ) et Le livre d'Hénoc dont il
est parlé dans l'épitre de St.-Jude ( 14. ) livre
qui, s'il n'eût pas été très—différent de celui
qui nous est parvenu sous le même nom ,
n'eût pas mérité qu'un apôtre l'eût cité.
Tel est le Livre des guerres du Seigneur,
cité dans les Nombres XXI. 14. ). Moyse qui
appelle souvent en témoignage jusqu'aux
proverbes populaires, a bien pu appeler celui
d'ouvrages écrits avant lui ; en vain Calmet,
veut—il qu'il ait entendu parler des guerres
dont le livre des Nombres fait lui—même le
récit. Saint-Augustin ( Quest. XIII. in Num.)
ne doute point que dans ce passage, le législa-
teur Hébreu n'aye parlé d'un livre véritable qui
eût pu même être écrit par un auteur profâne
quoique mentionné par un auteur sacré,
puisque St,-Paul, dans son épitre à Tite (1,
XXVIII RRÉFACE.
ne se trouvent que dans les IIIe. et
IVe. livres d'Esdras. Ces deux livres
n'ayant point été reconnus par le
concile de Trente, nous n'entendons
point défendre ici leur canonicité.
Nous nous conformons en tout point,
12.), rapporte un vers du crétois Epymé—
nide, et s'étaye dans les Actes (XVII. 28. )
du témoignage d'Aratus, autre poëte grec.
Tel est enfin le Livre des enfans d'Adam
qui forme le cinquième chapitre de la Genèse,
ce que Moyse semble avouer de bonne foi
en disant Hic est liber generationis Adam.
En effet, dans ce livre qui est un petit
traité complet, l'auteur rapporté en abrégé
la création de l'homme qui avait déjà été
racontée de deux manières fort différentes
au commencement de la Genèse , il énumêre
ensuite successivement les enfants de Seth
jusqu'à Noë, éliminant la branche de Caïn.
En s'appuyant sur une acception impropre du
mot sepher (livre) qu'on fait dériver de
PRÉFACE. XXIX
avec la plus aveugle soumission, aux
décisions dès flambeaux de l'église,
lors. même que ces décisions semblent
choquer le plus cette nuance de notre
orgueil que l'on appelle audacieuse-
ment raison humaine. Nous ferons
sephar (faire un récit ), on a soutenu que
Moyse avait voulu dire, voici le récit, ou
le dénombrement des enfans d'Adam au lieu
de ceci est le livre des enfans d'Adam.
Pourquoi recourir à des interprétations for-
cées, lorsque les plus savants docteurs con-
viennent que l'auteur du Pentatheuque a dû
le composer sur des mémoires écrits avant
lui ? Les illustres auteurs de la Bible de Tou-
louse qui ont caché leur nom à tout le monde
(par modestie) établissent dans leurs prolego-
mènes ( T. I. p. 290. ) que le livre des enfans
d'Adam, était l'un de ces mémoires de famille,
conservés dans la lignée des patriarches et
d'après lesquels ont été réglées les tables
généalogiques du peuple de Dieu.
B
XXX PRÉFACE:
seulement observer au lecteur que,
de ce qu'un passage se trouve dans
les deux derniers d'Esdras , il né s'en-
suit pas qu'il n'aye pas dû être ins-
piré en d'autres endroits, puisqu'on
retrouve des versets entiers de ces
livres dans les offices mêmes de l'é-
glise, par exemple dans celui des
martyrs , dans l'office des apôtres à
la fin d'un répons, dans celui des
morts, etc. Dans l'introït du mardi
de la semaine de la Pentecôte on
trouve six ou sept versets tirés mot
à mot du IVe. d'Esdras dont St.-
Barnabé cite un passage (Epit. XII;)
comme appartenant à un livre ins-
piré. St.-Ambroise en parle avec res-
pect (de bon. mort. X. n°. 45 , de
spiritu sancto l. II. et orat. in ob.
frat. satyr. Cap. 7). Il en conseille
PREFACE. XXXI
la lecture. (Epi. 38 ad Horont.)
Tertulien et Clément Alexandrin
n'en faisaient; pas moins de cas.
Quand au IIIe. d'Esdras, les Grecs
l'ont conservé dans leurs canons et
l'ont mis en avant de celui qui passe
chez nous pour le Ier. Quelques Bibles
de l'Orient le placent après le cantique
des trois jeunes gens dans la fournaise,
que plusieurs détachent de Daniel.
St.-Anastase (orat. 3. contra aria—
nos), St.-Cyprien (ad Pompeium),
Justin martyr (Dialog. cum Tryph.),
St.-Augustin (lib. XVIII. de civit.
Cap. 36. ), le citent contre les hé-
rétiques sans témoigner le moindre
scrupule sur son autorité, et Géné-
brard (in chron. ad. an. 3730. p.
95 et 96) a soutenu sa canonicité
par de très-puissantes raisons. Pour-
B 2
XXXII PREFACE.
quoi nous serions-nous fait un scru-
pule de suivre de si grands modèles,
quand il était question d'appuyer des
points importants de ce qui doit
devenir article dé foi ; car n'en
doutons pas : le livre du Seigneur
appartient tout entier à notre impé-
rissable religion. Malheur à l'incré-
dule, au mondain, à l'athée, au
déiste, au simoniaque, à l'hérétique,
au pécheur endurci qui ne fera pas
son profit de la prophétie de Lamuel,
qui n'en méditera pas les terribles
mystères, ou qui n'y trouvera pas
des consolations (d).
(d) Lamuel n'ayant jamais passé par la
main des copistes grecs ou latins, a été
bien moins défiguré que les ouvrages an-
ciens qui ne sont arrivés jusqu'à nous,
qu'après avoir été souvent reproduits par
PRÉFACE. XXXIII
En nous bornant à traduire litté-
ralement le texte hébreu de Lamuel,
et en le fortifiant par la citation scru-
puleuse des passages identiques tirés
de la Bible, nous avons été aidés dans
pos pénibles recherches, par Mr. S.
L h savant rabin qui ne veut
pas être nommé , et de la générosité
duquel nous tenons ce précieux livre.
Il l'a exhumé lui-même de la bi-
bliothèque royale de Paris, quand
Sa Majesté, très.-chrétienne a bien
des moines laborieux dont le savoir n'égalait
pas le zèle ; mais si l'obscurité dans laquelle
il est demeuré si long—temps enseveli, nous
l'a conservé inaltéré , nous n'avions pas, pour
nous diriger dans notre version, les explica-
tions lumineuses des pères et des commen-
tateurs qui ont fait tant d'efforts pour rendre
plus clairs les points en apparence si contra-
dictoires et si inintelligibles des livrés sacrés.
B 3
XXXIV PRÉFACE.
voulu permettre à ses magnanimes
alliés de puiser à pleines mains dans
des trésors illégitimement usurpés,
et qu'il était digne de sa grande ame,
de rendre à l'Europe justement armée.
MM. Furtado , Isaac Rodrigues,
Abraham Mayer, Isaac Kircher-
mann , et Tobie Zacharié Horenen-
berg savants hébraistes de Bordeaux,
de Berlin, de Mayence et de Vienne,
nous ont aussi communiqué des avis
salutaires, et nous ont aidés à éclair-
cir tous les points obscurs que nous
avons cru devoir soumettre à leurs
vastes lumières. Quelques docteurs en
théologie de l'université de Paris,
et de ce nombre sont MM. l'abbé
Freycinous, Elicagaray et Desre-
naude, nous avaient engagé à pu-
blier notre travail dans le texte
PRÉFACE. XXXV
même de la Vulgate, mais nous n'a-
vons, pas cru devoir obtempérer à
leurs-sollicitations pressantes, parce
que, voulant travailler à l'édification
des fidèles de toutes les classes, nous
avons songé que trop peu de per-
sonnes, en France, entendent au-
jourd'hui le latin, et que lorsqu'on
parle pour la multitude, il faut se
servir des langues vulgaires. On s'est
donc servi pour la traduction de. cet
ouvrage, de la bible de De-Carrières
qui se trouve dans toutes les mains.
On a cité exactement tous les pas-
sages identiques , afin que les incré-
dules puissent les vérifier sans peine,
et se convaincre par leur propre véri-
fication que C'EST ICI LA PAROLE
MÊME DE DIEU. On a poussé le
scrupule jusqu'à sous-ligner ce qui ne
XXXVI PREFACE.
se retrouve que dans les paraphrases
des auteurs les plus accrédités, et
particulièrement de St.-Jérôme. Il
est remarquable que les pères ayent
pu si bien remplir les lacunes du texte
sacré par des éclaircissements qu'ils
ont devinés, et qui, tant de siècles
avant leur glose, avaient été inspirés
à notre grand prophète. La volonté
de Dieu n'avait peut-être pas permis
plutôt la découverte du Livre du
Seigneur qu'elle réservait pour un
siècle d'aveuglement et d'impiété,
afin de prouver d'une manière écla-
tante et l'excellence des saints com-
mentateurs , et que tout coïncidé,
malgré la confusion des temps, pour
former, de la religion de nos pères,
un noble amas de mystères impéné-
trables, mais s'éclairant mutuelle-
PRÉFACE. XXXVII
ent des lumières ineffables qui leur
ont propres, et qui se développent
par un rapprochement fortuit, comme
es os arides d'un mort se ranimèrent
u contact de ceux d'Elisée, et comme
azare ressuscita aux premiers ac-
ents de la voix vivifiante du verbe
ar excellence.
Il nous reste à rechercher en quel
emps put et dut écrire Lamuel.
e prophète nous dit lui-même (I.
) que ce fut vers le sixième mois
é la vingt-et-unième année de Bé-
émot qui régna vingt-deux ans
XV. 17. ) et durant la seconde cap-
ivité d'Israël. Ce point est fort
difficile à expliquer. On pourrait
penser au premier aperçu que
cette seconde captivité répond à
l'an du monde 3405 , selon le calcul
d'Usérius , 599 avant J. C. En
XXXVIII PRÉFACE.
ce temps fleurissait Ezéchiel qui fut
emmené captif à Babylône, ainsi que
l'avait été, après le premier siège, le
prince légitime d'Israël avec sa mère.
Jérémie écrivait en ce même temps
pour aider ses malheureux compa-
triotes à supporter. tant de maux, et
Daniel ministre éclairé, exilé à la
cour de l'Empereur du grand fleuve
les y protégeait. Le Roi Joachim (XI.
36. 27,) mourut aussi d'une manière
funeste à cette époque ; mais ce n'est
pas un Béhémot qui portait alors le
sceptre : c'était un Jéconias qui ne
régna pas vingt-deux ans., et. qui,
tout méprisable qu'il était, ne nous
semble pas encore atteindre en ab-
jection le misérable prince, maudit
parla bouche de Lamuel au nom du
Seigneur. D'ailleurs, si Lamuel eût
PRÉFACE. XXXIX
vécu vers 3405, comment Isaïe eût-il
pu le citer, lui qui prophétisa selon
St.- Jérôme sous les régnés d'Osiaz ,
de Joathan, d'Achaz et d'Ezéchias ,
c'est-à-dire environ depuis 727 jus-
|qu'à 810 avant J.C.? L'opinion com-
mune n'est-elle pas que le chapitre des
Proverbes, que nous avons reconnu
appartenir à nôtre prophète, aurait
été recueilli sous Ezéchias? Lamuel
est dont antérieur à Ezéchias et à
Isaïe.
Mais qu'entend Lamuel par la se-
conde captivité d'Israël, et la réunion
les rois de la terre? N'a-t-il pas
pu regarder comme une captivité du
peuple choisi, l'horrible dureté du
oug dont l'accablaient les exécrables
princes de la maison de David, et
ceux non moins abominables qui rè-
XI PREFACE.
gnaient sur Juda. Ces rois indi-
gnes semblaient tous agir dans un
même système d'avidité pour ty-
raniser et spolier leurs malheureux
sujets ; la voix des véritables pro-
phètes osait à peine s'élever entre
ces monstres qui, les exilaient, les
jetaient dans, d'humides cachots, ou
les fesaient périr au milieu des plus
affreux tourments.
Ce pourrait donc être immédiat
tement avant Isaïe, vers l'an 816,
ou 817 avant J. C. que prophé-
tisait Lamuel. La confusion qui rè
gne dans la chronologie des juifs,
place à-peu-près vers cette époque,
le règne sur Juda, d'un certain
Amazias, mauvais prince dont le
nom écrit par un aïn , signifie
Jardeau du seigneur, et sur Israël
PRÉFACE. XLI
le règne de Joas , monarque non'
moins affreux, dont le nom écrit
également par un aïn, signifie rongé
d'un mal honteux. Ce sont peut-être
ces tyrans que le phrophète a voulu
représenter par Béhémot, qui se-
rait un nom simbolique et spirituel.
Au reste, l'histoire du peuple de
Dieu est féconde en scélérats cou-
ronnés. Ceux qui furent postérieurs
à Ezéchias, redoutant les terribles
vérités promulguées par Lamuel,
eurent probablement le soin de pour-
suivre ses écrits, afin de les faire
disparaître. Cette destruction fut
cause que, devenus infiniment rares,
ils ne nous sont parvenus qu'après
bien des siècles, mais soutenus de
l'irrécusable témoignage d'Isaïe lui-
même.
C
XLII PRÉFACE.
Au reste , il est possible que tout
ce qui se trouve annoncé dans le
livre du Seigneur, n'eût pas encore
été accompli aux premiers, siècles de
l'Eglise. On est généralement d'ac-
cord, que plusieurs des prophéties
d'Ezéchiel et de l'Apocalypse , n'a-
vaient pas eu leur entière exécution
du temps des apôtres, et que quel-
ques-unes d'entre elles étaient réser-
vées pour des temps fort éloignés.
C'est ainsi qu'on y a découvert
successivement la ruine de Rome
payenne , les invasions des peuples
du nord, le schisme de Luther et
divers hérésiarques. On pourra peut-
être y découvrir , par la suite, des
événements encore cachés dans la
pensée de l'éternel des armées, et
le livre de Lamuel pourrait bien ainsi
PRÉFACE. XLIII
que ceux du fils de Buzi ou de St.-
Jean avoir été écrit pour des temps
fort différents du berceau de l'église.
Que le chrétien s'humilie donc ;
qu'il attende en silence les maux ou
les biens que le Seigneur lui réserve,
et qu'il dise avec l'époux de Beth-
sabée, et avec le meilleur des rois
de France et de Navarre qui lui
ressemble à plus d'un titre " la main
de Dieu est encore paternelle quand
elle frappe. "
C 2
EXPLICATION
DES ABRÉVIATIONS,
Employées dans les renvois aux textes
comparés.
Les numéros en chiffres Romains indi-
quent les chapitres, ceux qui sont
en chiffres Arabes indiquent les ver-
sets où l'on doit recourir pour vérifier
les citations.
Gen.............. La Genèse.
Exod L'Exode.
Nomb....... Les Nombres.
Veut... Le Deutéranome.
Jos..... Josué.
Jug Les Juges.
I Roi
II Rois
III Rois
IV Rois
Les quatre livres des Rois.
Les deux livres des Parali-
I et II Paralip.
pomènes.
I Esdras
II Esdras
IIl Esdras ....
IV Esdras
Les quatre livres d'Esdras.
XLV
Toi. Tobie.
Est. Eitier.
Job...... Job.
Pseaum Les Pseaunes.
Prov. Les paraboles ou Proverbes.
Cant Le Cantique des Cantiqaes.
Eclés......... L'Eclésiaste.
Isaïe............. Isaïe.
Bar. Baruch.
Ezéch Ezéchiel.
Dan Daniel.
Osée Osée.
Joël..... ,. Joël.
Amos . Amos.
Abd Abdias.
Jon. Jonas.
Mieh Miches.
Nah Nahutn.
Habec. Habacac.
Sophon. Sopbonie.
Agg.. Aggée.
Zach..... Zacharie.
Malach Malachie.
I Mach 1er. livre des MacBabée.
Apoc , L'Apocalypse de St.-Jean.
C 3
PRIVILÈGE DU ROI.
Nous,par la grâce de Dieu, Roi de
France et de Navarre ; à nos amés et
féaux, conseillers les gens tenant nos
cours.... Maîtres des requêtes ordinaires
de notre hôtel, grand conseil, Prévôt
de Paris, etc., etc., et autres, nos jus-
ticiers qu'il appartiendra, SALUT. NOS
mes les frères Michau imprimeurs-librai-
res, Colonel et Représentant , Chevaliers
de nos ordres royaux du lys, etc., etc.,
nous ont fait exposer qu'ils désireraient
faire imprimer et donner au public, le
livre intitulé Lamuel ou Livre du Sei-
gneur, traduction d'un manuscrit hé-
breu , s'il nous plaisait leur accorder
nos lettres de privilège pour ce néces-
saires. A CES CAUSES , voulant favorable-
ment traiter les exposants, nous leur
avons permis et permettons par ces pré-
sentes , de faire imprimer et réimprimer
ledit ouvrage, autant de fois que bon
XLVII
leur semblera, et de le vendre et faire
vendre et débiter, dans nos deux royaumes
et terres de notre obéissance, pendant tout
le temps de notre règne à compter du
jour de la date de ces présentes. CAR
tel est notre bon plaisir. DoNwÉà Paris
le sixième mois de Fan de grâce mil
nuit cent seize, et de notre règne le
vingt-et-unièine. Par le roi en son con-
seil. bigné Signe DANBRAT.
APPROBATION
Du CENSEUR ROYAL.
J'ai lu par ordre de Monseigneur le
grand chancelier , et de Monseigneur
le directeur de la police générale, la
traduction d'un manuscrit hébraïque
intitulé Lamuel on Livre du Seigneur :
Il m'a paru qu'il ne contenait rien qui
put en empêcher l'impression, et que ren-
C 4
XLVIII
fermant au contraire de saines maximes
sur la légitimité, et des passages con-
formes aux saintes écritures, il ne pou-
vait qu'ajouter à l'éclat dont brille notre
Sainte Religion. En foi de quoi avons
délivré la présente approbation. Paris,
le 24 juillet de l'an de Grâce 1816.
Signé MICHAU.
RESPECTABLE PAIR
FRANCE A DE CHATEAUBRILLANT (a).
Monsieur,
Il est temps que des écrits religieux
emplacer sur la ferre les vains amas d'er-
reurs de l'érudition superbe , il est temps
de s'effrayer sur l'état dans lequel nous
(a) Cette dédicace est la copie de la lettre,
que le traducteur de Lamuel a pris la li-
berté d'adresser à Mr. de Châteaubriant,
en lui demandant la permission de lui offrir
l'hommage de son travail ; elle a été mise à
la poste de Cologne, le 20 juin 1816.
Nourri de la lecture des livres saints
qu'il sait par coeur, l'autenr s'est aperçu
quand sa lettre était partie, qu'il avait été
surpris par sa mémoire, et qu'une épître
qu'il croyait de lui, se retrouvait, mot-à-mot,
dans les ouvrages du R. P. sous les auspices
duquel son livre devait paraître. Nous
pensons que le public ne se plaindra pas
1
L
avons vécu depuis plusieurs années , et
de remédier aux causes qui éteignirent,
parmi nous, cette magnificence particu-
lière au coeur de l'homme.
L'esprit de Dieu s'étant retiré du mi-
lieu des peuples, il n'est resté de force
que dans la trace originelle, comme
au temps de Caïn et de sa race. Qui-
conque a voulu être raisonnable , à senti
en lui une je ne sais quelle impuissance
du bien. Quiconque a étendu une main
pacifique, à vu cette main subitement
desséchée. Coupable envers les souvenirs,
d'une heureuse méprise qui mettant en
regard des passages remarquables du génie
du Christianisme, et ce qu'il y a de plus
beau dans les livres canoniques, donne le
moyen de comparer la manière des livres
anciennement et modernement inspires,
livres, dont Lamuel offre un composé sem-
blable aux peintures Mosaïques.
Note de l'éditeur.
LI
chacun s'est consacré à sa propre cor-
ruption comme à un sacerdoce abomi-
nable. Il s'est élevé comme un vent de
colère autour de l'édifice de la mort, et
les flots des peuples ont été poussés sur lui.
Ne dirait-on pas que nous touchons
à ce formidable moment de la fin des
siècles ? Des signes funestes se sont ma-
nifestés dans les cieux (b) ; les peuples
malades se sont entre-tués; les mères ont
entendu leur fruit se plaindre dans leur
sein; la machine ronde commence à trem-
bler sur ses bases ; le soleil qui n'éclaire
plus que la mort au travers des nues
livides, se montre terne et violet, comme
un énorme cadavre noyé dans les cieux ;
la lune se couvre de voiles sanglants ;
les astres menaçants pendent à demi dé-
tachés de leur voûte 5 la mort parcourt
(b) Des comètes, des taches au soleil,
des éclipses, de grandes pluies, etc., etc.