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Le chemin de la revanche / par Charles Beaurin

De
9 pages
E. Dentu (Paris). 1872. 8 p. ; in-8.
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LE CHEMIN
DE LA
REVANCHE
PAR
CHARLES BEAURIN
PARIS
E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR
PALAIS-ROYAL, 17 ET 19, GALERIE p'ORLÉAN$
Ù&ACHEMIN
DÉ LA
REVANCHE
Au nom de notre Alsace et de notre Lorraine,
Mon coeur s'élève à toi, justice souveraine,
Ame toute puissante, ayant à ta bonté
Pour unique mesure admis la liberté,
Ton essence et la fin de ta création,
Par laquelle l'homme est ta reproduction,
Dont l'écart se corrige et dont ta providence
Prépare le progrès même en sa décadence.
Mon Dieu, quel châtiment son abdicalion
A soudain attiré sur cette nation
Du nom prédestiné de France bien nommée,
Par l'affranchissement du même coup formée!
Son peuple par l'excès trop désorienté
Avait dans le scrutin laissé la liberté.
L'Alsace avait dit non. L'amour de la patrie
Tenait à la frontière, au grand moment pétrie
Par les pieds ennemis, ferme et droit l'étendard,
Et chaque homme y était la pierre d'un rempart.
On leur devait à tous en ce pays des armes.
Mais, pouvoirs passagers, trop en proie aux alarmes,
1872'
— 2 —
Sans fondements réels, nos empereurs, nos rois
Ne puisaient pas leur force aux véritables lois.
Quand le dernier tenta sa dernière aventure,
Quand, le motif éteint, et sans être en mesure,
Pour se consolider OH bien pour en finir,
Il marcha sur la Prusse et ne vit pas venir
Docile l'Allemagne et prête tout entière,
S'il avait tenu prêt l'homme de la frontière,
L'Alsacien, le Lorrain, après l'échec fatal,
Eussent, fermant la route, autant qu'au sol natal
Pris la force et la sève à leur France sacrée,
Et bientôt la défaite eut été réparée.
Tout sanglant ce morceau de notre nation
Fut donc fait Allemand par droit d'annexion.
Il y reste un idiome antique d'Allemagne.
Le nouvel empereur croit pour cela qu'il gagne
Un morceau de pays dès l'origine à lui.
Si l'on y parle encore allemand aujourd'hui,
On va s'y dévouer à la langue française;
Tous l'étudieront mieux qu'au temps où, plus à l'aise,
Elle était négligée; et le joug du vainqueur
En fera féconder le germe dans le coeur,
Ajoutant à l'amour le ferment de la haine.
Ce vieux patois germain d'Alsace et de Lorraine
Prouvait comme est vital leur culte au souvenir,
Piété dont la France, hérite à l'avenir.
Mais ce langage même est d'une autre Allemagne.
Distinctes sont les deux comme plaine et montagne,
L'une le pays haut, l'autre le pays bas ;
Et, Prusse, celle-ci ne te regarde pas.
Car tant entr'elles deux diffère le génie
Que l'une ne peut être à l'autre réunie.
L'une au seizième siècle a fait la liberté.
Sur l'autre pèse encor la féodalité.