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Le collège abandonné , poëme par F. L. B. M. P. D. L. Dédié aux amis que j'ai perdus. Lu le 30 brumaire an 10, à la séance publique de l'Institut départemental de Rennes

De
15 pages
impr. de Chausseblanche (Rennes). 1801. 16 p. ; in-8.
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LE COLLÈGE
ABANDONNÉ;
POËME
PAR
F. L. B. M. P. D. L,
DÉDIÉ AUX AMIS QUE J'AI PERDUS.
Lu le 3o Brumaire an 10, à la Séance
publique de^LJjistûiiù départemental de
Renne s y
Cafrqhnbjas gu^^niserarum oblivia rerum i
Praemia si studio consequar ista, sat est.
OVIDE.
A RENNES,
CHEZ CHAUSSEBLANCHE, Imprimeur de l'Institut départemental,
place de l'Égalité.
AN 10.
OBSERVATION.
CET opuscule, composé en 1793, n'étoit point destiné
à voir le jour. Si je l'ai tiré d'un porte-feuille dont il
neût pas dû sortir, ce na été que pour répondre aux
vues d'une société qui ma fait l'honneur de m adjoindre
à elle. Les citoyens qui la composent , mont témoi-
gné trop d'affection pour n'avoir pas des droits assurés
à toute ma condescendance.
Les notes que j'ai ajoutées à la fin pourront paroître
inutiles à beaucoup de personnes. Je les ai pourtant crues
nécessaires à quiconque n'a pas connu le régime intérieur
des collèges.
PAR une insipide préface
Je n'ennuierai point le lecteur.
Dans mon titre est ma dédicace,
Et mon excuse dans mon cœur.
UN sentiment de complaisance
Pour ce foible essai m'est permis.
Il me retrace mon enfance,
Des jeux, et même des amis.
JE sais qu'un censeur inflexible
A ces motifs est étranger.
Mais la critique est moins pénible
Quand on cherche à se corriger.
JE n'ai point conçu l'espérance
Que ces vers fissent quelque bruit.
Je suis dédommagé d'avance
Par le sujet qui m'a séduit.
LE COLLÈGE
ABANDONNÉ. (1)
E
ST-CE une illusion ! et quel soudain vertige-
Sur mes yeux affligés verse un affreux prestige ï
Combien ils sont changés les lieux que je revois>
Séjour où le printemps vint éclairer huit fois
De mes jeunes travaux la suite peu tranquille !
Des jeux et des chagrins voilà l'antique asyle
Mais ce qui l'occupoit ne s'y retrouve plus.
Au lieu de ces accens et de ce bruit confus
Qu'élevoit dans les airs la folle adolescence,
Règne sur les débris un éternel silence.
Un indigne gazon devoit-il s'épaissir >."
Sur le sol dégradé que fouloit le plaisir ! (2)
"Ils ont pu se couvrir des signes de vieillesse
Ces murs où la vigueur, compagne de l'adresse ,
Lançoit d'un bras hardi, la balle, dont les bonds,
A peine aux premiers coups, provoquoient les seconds.
Quel douloureux aspect ! Quelle métamorphose !
Un Pégase avili lâchement se repose
Au pied des bancs fameux où pour leur; nourrissons
Les sœurs du dieu du jour prodiguoient les leçons. (3)
De nos maîtres éteints j'entends gémir les mânes",
Indignés de savoir aux. usages profanes- 4
( 6 )
Le temple des beaux arts honteusement livre;
Et l'auguste réduit qui, calme et retiré ,
Des muses et du goût étoit le sanctuaire,
Devenu de Vulcain la demeure ordinaire. (4)
Et toi qui, des ennuis interrompant le cours,
Au sein de l'esclavage offroit quelques beaux jours ;
Terme de tant-de soins et théâtre de gloire,
Pourrois-je te bannir jamais de ma mémoire,
Malgré ton déshonneur, et ton charme effacé ?
Mille instrumens guerriers, l'un sur l'autre entassé,
Font ployer les lambris (5) où, couronnant nos têtes,
La justice venoit, dans ses habits de fêtes,
Présenter aux vainqueurs, Thémistocîes nouveaux, (6)
Des fleurs et du laurier les fortunés rameaux.
Plus loin je vois debout la modeste chapelle
Qui retentit souvent des concerts d'un saint zèle.
Mais son plafond muet ne fait plus résonner
Ces chants où la ferveur cherche à s'abandonner.
Il n'est plus ce pasteur dont l'aride éloquence
D'un auditeur glacé lassoit la patience. (7)
Tout se tait. Le tocsin (8) dont le son redouté
De nos jeux suspendus arrêtoit la gaîté,
Ou, d'un sommeil tardif accusant la paresse,
Forçoit d'abandonner la couche enchanteresse.
Ne frappe plus les cieux de son bruit argentin.
On n'entend plus venir, au retour du matin.
Un serviteur actif, que le devoir éveille,
De l'enfance assoupie épouvanter l'oreille
Et f détruisant l'erreur du songe le plus doux a