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Le conseil d'une amie / [signé : Cécilia de M***]

De
12 pages
Buxi-Mauléon (Toulouse). 1852. 12 p. ; in-12.
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LE
CONSEIL D'UNE AMIE.
Une vierge s'occupe du soin des
choses du Seigneur, afin d'être sainte
de corps et d'esprit ; mais celle qui
est mariée, s'occupe du soin des
choses du monde, et de ce qu'elle
doit foire pour plaire à son mari.
Celui qui marie sa fille,
fait bien ; mais celui qui ne la
marie point fait encore mieux. --
1. Corint. — 7, 34 et 38.
TOULOUSE,
Chez BUXI-MAULÉON, libraire,
Rue des Armagnacs, 33.
1852.
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'',V\
j
~Mézières, imp. de Tiécourt.
LE
CONSEIL D'UNE AMIE.
1.
Les
Deux Vierges
Sélima, dont je rappelle
La mémoire dans mes chants,
Avait l'âme la plus belle,
Et, comme une fleur nouvelle,
Les attraits les plus touchants.
Elle aimait la solitude
Et fréquentait le saint lieu :
Dans cette heureuse habitude,
L'objet de sa grande étude,
Etait de plaire à son Dieu.
Ainsi, d'un monde volage
Détestant tous les abus,
Voulant le ciel pour partage,
Elle était, dès le jeune âge,
Un modèle de vertus.
De cette vie innocente,
Le spectacle édifiant,
Valut, contre son attente,
A la vierge si fervente,
Un renom toujours croissant.
Frappés, épris de ses charmes,
Vingt aspirants, tour-à-tour,
La pressèrent, avec larmes,
De leur rendre enfin les armes,
De répondre à leur amour.
Sélima, quoique sensible
A l'excès de leur douleur,
En héroïne invincible,
Dans son dessein inflexible,
Bannit l'espoir de leur cœur.
— 4 —
La jeune Elvire étonnée,
Lui demande, un jour, pourquoi
Elle se montre obstinée,
A repousser l'hyménée,
Dont chacun subit la loi.
« Je suis, dit-elle, moi-même,
L'objet des plus tendres vœux :
Mais votre prudence extrême,
Me porte à craindre, si j'aime,
D'avoir des jours moins heureux.
» Cependant mon âme aspire
Au bonheur le plus parfait.
Si'l'amour n'est qu'un délire,
Je saurai me l'interdire :
Dois-je en former le projet? »
Cet épanchement louable
Fait tressaillir Sélima.
Ecoutez, Jeunesse aimable,
La réponse remarquable,
Qu'en, ces mots elle exprima :
« D'aimer qui peut se défendre?
On n'est heureux qu'en aimant.
Mais ce sentiment si tendre,
Dont nous devons tout attendre,
C'est l'amour du Tout-Puissant.
M.
Le
Célibat.
» Aimez donc, ma chère Elvire;
Aimez Dieu, rien n'est si doux;
A Dieu seul donnez l'empire,
Sur votre cœur qui soupire ;
Que Dieu seul soit votre époux.
» Laissez le commun des hommes,
Par leurs désirs emportés,
Surtout au siècle où nous sommes,
Courir après des fantômes,
Que l'on nomme voluptés.