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Le cri public

De
17 pages
impr. de C.-F. Patris (Paris). 1815. France -- 1815 (Cent-Jours). [2]-16 p. ; in-8.
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LE CRI PUBLIC.
GAGrcÉparJes événemens, j'eusse supprimé cet.
écrit, si quelques réflexions qu'il contient n'é-
taient pas encore applicables dans le moment
présent. iAu surplus, on verra que ce que j'ai
pensé , ce que j'ai dit il y a dix jours, je le pense
et je le dis encore aujourd'hui.
IJe profite de la circonstance pour m'expli-
quer plus sévèrement que je ne l'avais fait, sur la
conduite de ces hommes , qui naguères encore
auraient pu s'aseocicr au grand œuvre du salut de
la France, et ne l'ont pas voulu. Ils auraient pu
donner iquelqu'importance à leurs délibérations
par des propositions sages et appropriées aux cir-
constances; propositions auxquelles ils auraient
imprimé un caractère de dignité par une abdication
spontanée faite ou annoncée dans un moment où
la nécessité n'en avait pas encore frappé tous les
yeux; maiscjuesignifie la parade qu'ils viennent
de jouer, au moment qu'ils ne pouvaient plus
rien ?
1 On leur fera un reproche plus sérieux : pour-
quoi ont-ils associé à ces principes éternels, et
gravés aujourd'hui dans tous les coeurs, principes
presque tous consacrés par la charte ; dans quelle
intention y ont ils joint des demandes qu'ils sa-
vaient ne pouvoir être accueillies ; pourquoi ont-
ils fait une loi fondamentale d'une disposition,
quoi qu'on dise, fort indifférente au fond; mais
dont le rejet peut exciter des mécontentements
dans l'armée, et donner lieu d'ailleurs à défaussés
interprétations ?
Se serait-on souvenu de l'art. 27 du fameux
acte additionnel, où à des dispositions consacrées
par l'opinion, par le temps, et sur lesquelles il
n'était plus au pouvoir de personne de revenir,
mais dont le souvenir devait flatter la multitude,
on mêla l'exclusion d'une famille dont le chef,
six semaines après, devait être chargé du destin
de la France?
Et l'on ose encore aujourd'hui faire un appel
aux générations futures pour le maintien de
certaines lois qui ne peuvent pas même avoir
d'exécution dans l'état actuel des choses. Cet
appel, il est vrai, ne tirera pas à conséquence;
espérons que les autres, d'une nature plus sé-
rieuse, ne seront pas entendu davantage.
Dans ces circonstances, qui ont tait naître de
nouvelles inquiétudes, attendons tout de la sa-
gesse du Roi. Un prince qui, pour arrêter l'ef-
fnsion du sang français , a désarmé lui-même ses
plus ardents défenseurs, ne laissera rien à désirer
en ce qui peut, dans la disposition actuelle des
esprits , rassurer la nation entière sur la conser-
vation de ses plus chers intérêts, et je dirai sur
le maintien de ses droits.
LE CRI PU BL IC
v
o il a dix jours que les Chambres délibèrent
depuis la grande catastrophe, et d heure en
heure la France s'enfonce de plus en plus dans
l'abîme. Ce n'est pas assurément que les hommes
sincèrement attachés aux intérêts de leur pays ,
• et étrangers à tous les partis , ayent pensé - qu'il
fallait mendier la pai x, er recevoir sans condi-
tions les lois de l'ennemi. Non. Eux aussi
ont voulu que tous les efforts se réunissent pour
présenter des moyens de défense respectables;
, i~nstant fat,,i l et
mais aussi ils comprirent, dès cet instant fatal et
voyant l'état général de la France, qu'il ne res-
tait qu'un seul parti à prendre pour sauver du
moins à l'état de plus grands maux, et des sacri-
fices inutiles.
Fort indifférent a plaire à aucun parti, je rai-
sonne, et dis les choses comme elles sont. Les
déclamations les plus éloquentes ne sont que des
mots dès qu'elles ne touchent pas au but. Je
dirai d'abord à ceux-là mêmes, qui plus qu'ils
ne doivent confondent la cause de la patrie avec
la Teur , qu'ils se sont trompés dans leur propre
intérêt. Mais mon principal objet est de parler
surtout a ce grand nombre d'hommes élevée
(4 )
dans la révolution, qui peuvent conserver de
- la repugnarice pour un gouvernement qui a
eu le tort, le plus grand de tous , celui de ne pas
connaître sa position , et surtout de faire crain-
dre beaucoup plus , qu'il ne fut jamais dans son
intention de faire y ceux-là recevront sans peine
un roi français , dès qu'ils verront dans des lois
constitutionnelles la garantie de leurs intérêts les
plus chers et les plus essentiels, je dirai, la ga-
rantie des intérêts de tous. Nous verrous tout à
l'heure si ce sont véritablement ces intérêts-là
qui seront compromis en adoptant le seul parti
qui nous, reste à prendre. -
Dans les cas extrêmes, il n'est presque tou-
jours qu'une seule voie de salut. Malheur à ce-
lui qui se jète dans de fausses routes.
C'est ainsi que même les bonnes mesures qu'on
a prises seront perdues, j'entends celles de cette
noble et courageuse défense, que l'honneur et
l'intérêt de la patrie commandent. Quand je dis
qu'elles seraient perdues , je suis loin peut-être
d'en dire assez. Cette résistance, qui doit com-
mander le respect au vainqueur peut tourner au
détriment de la France, à raison du but qu'on
suppose à ceux qui la dirigent.
Si. celui qui s'assimilait à ce roi d'Athènes ,
s'immolant pour sauver la patrie , avait été sus-
ceptible de semblables sentiments ; si, lors-
qu'il avait perdu tout espoir de se réconcilier
( 5 )
- avec les jouissances étrangères , et à cette époque
où il voyait toute l'Europe prête à se verser sur
la France; si alors il avait solennellement ab-
diqué, et fait librement, avec sagesse, et. en
- montrant une véritable grandeur d'âme, ce qu'il
a fait forcément dans les derniers moments , et
je dirai en montrant des intentions insidieuses;
-Si, lorsqu'il présentait encore des forces res-
pectables, au-debdî s, il eût même donné une
constitution à la France qui- fût dans l'intérêt de
tous ; si/voulant enfin se parer de grands exem-
ples , il avait fail jurer qu'on observerait les. lois
établies jusqu'à son retour, je pense qu'on n'eût
pas exigé qu'il se jetât dans la mer, comme un
autre Licurgue , pour ôter aux Français tout pré-
texte' de manquer àJeurs serments , et pour assu"
rer les puissances contrt le danger de son retour.
Je sais que dans. l'esprit de l'homme c'était
impossible ; mais il n'en est pas moins vrai qu'on
eût ainsi prévenu la guerre, et arrêté la marche
'des armées, qui fondirent sur la France de toutes
les régions de l'Europe.
Je ne cite cet exemple, que pour mieux faire
compréndre que dans les grandes affaires le mo-
ment fait tout. - Je le cite , non seulement pour
faire* se-titir à ceux qui avaient à régler la-des-
tinée de la France, ce qu'ils auraient dû faire il
y a dix jours, mais qu'ont encore a faire éeit%
- qui ne disent pas après moi le déluge y. œua

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