Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Le Franc-tireur, épisode dramatique de la guerre de 1870, par Siméon Gouët

De
19 pages
impr. de Savigné (Vienne). 1872. In-8° , 19 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

LE
FRANC-TIRE UR
épisede dramatique
DE LA GUERRE DE 1870
PAR
Sf£\fÉO&C G O UE 1
^De V 'Jmprimerie
E. - J. SAVIGNÉ, A VIENNE
1872
/L E
épisode dramatique
PERSONNAGES
EMILE.
GEORGE.
Une sentinelle.
LE
FRANC-TIREUR
épisode dramatique
DE LA GUERRE DE 1870
PAR
SI&fÉO VÇ GO UE1
'De VJmprimerie
E. -J. SAVIGNÉ, A VIENNE
1872
LE FRANC-TIREUR
EPISODE DRAMATIQUE
La campagne; au fond, des fusils en faisceaux. Au lever du rideau,
Emile est assis, la tête dans ses mains.
GEORGE, lui mettant la main sur l'épaule.
Toujours triste ! toujours ! voyons, confesse-toi,
Je le veux, entends-tu? N'as-tu donc plus de foi
En ma vieille amitié ? Ne suis-je plus ton frère ?
Tes chagrins, tu n'as pas le droit de me les taire,
J'ai droit de les connaître et de les partager...
Je n'en démordrai pas, je veux t'interroger
Encor, toujours, je veux forcer ta confiance.
Voyons, parle! qu'as-tu?... les malheurs de la France?...
EMILE
La France ! pour elle, oh ! je suis prêt à mourir ;
Mais autre chose encore, ami, me fait souffrir...
Un remords...
— 6 —
GEORGE
Un remords? toi ! je ne puis te croire !
EMILE
De ce remords plus d'un se ferait une gloire,
Et peut-être, vas-tu, malgré ton amitié,
En m'entendant parler sourire de pitié.
GEORGE
Ai-je donc mérité l'injure d'un tel doute?
Rire de ta douleur !
EMILE , lui tendant la main.
C'est vrai, mon frère, écoute .
J'étais aux francs-tireurs du capitaine Auduy-.
GEORGE
Oui, je sais ; il a fait beaucoup parler de lui;
Je me souyiens surtout de certaine entreprise
Incroyable d'audace : une nuit, par surprise,
Avec cent francs-tireurs, il a...
EMILE , l'interrompant.
Cinq officiers,
Deux cents hommes tués et deux cents prisonniers.
Sais-tu quel fut mon rôle en cette circonstance ?
C'est de ce jour, ami, que date ma souffrance :
Au lever de l'aurore, un homme était venu,
Qui, longtemps, en secret, avait entretenu
Le capitaine, et pas d'une chose frivole,
_ 7 _
Car on eût dit vraiment qu'il buvait sa parole ;
De loin nous l'entendions : « Parfait ! bravo ! tant mieux ! »
Il se frottait les mains, avait l'air tout joyeux,
Quand l'homme fut parti : — « Que chacun se repose,
« Dit-il, nous nous mettrons en route à la nuit close ;
c< Ce soir on donnera la double ration ;
« A vos places ! je vais passer l'inspection. »
Ensuite il parcourut la ligne de bataille
Pas à pas, attentif, courbant sa haute taille,
Il regardait chacun, en parlant à mi-voix,
Comme s'il le voyait pour la première fois ;
Près de chaque tireur il faisait une pause ;
On eût dit qu'il cherchait quelqu'un ou quelque chose.
Arrivé devant moi, son regard sur le mien
Se fixa... persistant..., j'en perdais le maintien,
Et, malgré moi, mon oeil se baissa Vers la terre.
— «Allons, regarde-moi! dit-il presque en colère. »
Je relevai les yeux. — « Sors des rangs ! viens ici 1
« Tourne-toi ! c'est très-bien, je le voulais ainsi :
« Grand, robuste, nerveux, une face énergique.,.
« Voyons si tu connais un peu la gymnastique :
« Couche-toi!... mieux que ça! tout à fait!... en rampant
« Va jusqu'à ce buisson... imite le serpent;
« Tâche dete glisser à travers le feuillage,
« Sans que le moindre bruit révèle ton passage...