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Le général de division Charlet au général en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales

De
11 pages
impr. de Pourtet et Julia (Perpignan). 1795. 11 p. ; in-4.
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A
LIBERTÉ,
ÉGALITÉ.
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'i :î £ jtoycerda, le 17 Thermidor, troisième année républicaine.
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LÈ^-G^N'ÉRAL DE DIVISION CHARLET ,
Au GÉNÉRAL EN CHEF de l'Armée des
Pyrénées Orientales.
JE saisis, Général, la première voie qui m'ait été encore
ouverte, depuis les évènemens du huit thermidor, pour
vous offrir les détails de cette malheureuse journée , où
d'ailleurs l'honneur des armes françaises a été si glorieu-
sement conservé par le courage de mes frères d'armes.
Je fus prévenu, dans la soirée du 7, que l'ennemi, qui
nous menaçait depuis long-temps, opérait de grands ras-
semblemens; que , selon toutes les apparences, son dessein
était d'entreprendre le lendemain une attaque générale
sur les deux Cerdagnes. Je n'avais, dans ma position par-
ticulière, que le vingt-neuvième régiment d'infanterie légère
à lui opposer, le premier bataillon campé devant Puycerda,
le second réparti entre les camps d'Osséja et d'Err, les
cantonnemens au mas d'Arbau, de Carol et de l'Hospitalet.
Je donnai ordre à ces différens détachemens de se reployer
sur Puycerda en cas d'attaque, afin de réunir dans un centre
( 1 )
commun tout ce que j'avais de disponible, persuadé que
l'ennemi dirigerait ses principales forces sur cette place.
Je transmis en même - temps à tous les chefs des postes,
les différens avis que j'avais reçus, et j'envoyai dans la nuit
mon aide-de-camp Carle en découverte à la tête d'une
patrouille , avec injonction de parcourir toute la ligne et
de s'étendre au-delà. Une reconnaissance devait se faire
sur Das, mais le capitaine des Miquelets que j'en avais
chargé, instruit que l'ennemi s'y était établi au nombre
d'environ cinq à six cents hommes > ne put rassembler assez
de forces pour l'exécuter.
A cinq heures du matin, une forte colonne espagnole,
descendue de Villaloben, deboucha dans la plaine, et se
porta sur le camp de Puycerda, commandé par l'adjudant-
général Gilly, tandis qu'une autre s'emparait du Col de
Riga, et une troisième de Carol, à dessein de couper nos
communications avec le Mont-libre et Ax : mon aide-de-
camp Carle les vit défiler, mais enveloppé lui-même de
toute part avant qu'il se fût dégagé pour m'en donner
avis, nous étions attaqués. L'adjudant-général Gilly avait
très-bien disposé sa troupe en la formant sur deux divisions,
et plaçant son artillerie au centre : l'attaque fut brusque,
la défense opiniâtre, et l'action de part et d'autre très-
meurtrière ; mais l'artillerie ayant cessé tout-à-coup son
feu par l'imprévoyance et la lâcheté des canonniers, la
cavalerie ennemie chargea sur nos aîles , les rompit ; et
tout ce que je pus faire, accouru avec le général Despinoy
et les officiers de mon État-major, à la tête d'un déta-
chement des dragons du 1). e régiment, ce fut de couvrir
la retraite de nos troupes, et d'assurer leur rentrée dans
( 3 )
A 2,
la place, malgré un feu très-vif de la part de l'ennemi, qui
nous tua et blessa plusieurs dragons et chevaux. J'ordonnai
sur-le-champ qu'on fermât les barrières ; je ralliai les sol-
dats, je les répandis dans les jardins de la porte de France
dont- j'avais crenelé les murs; je fis occuper la porte d'Es-
pagne y * toutes les avenues de la place, garnir tous les échaf-
faudages, et j'attendis l'ennemi dans cette position 3 comptant
toujours sur la rentrée dit camp d'Osséja et des autres postes
qui devaient- soutenir Puycerda, car à peine me- restait-il
■ alors quatre cents bayonnettes ? et je savais que les forces
de l'ennemi ? maître du camp , se montaient à six ou sept
mille hommes 9 dont quatre cents environ de cavalerie.
- Sur ces entrefaites y le général de brigade Martin,
commandant à Belver y m'apprit que le camp de Tailtendre
était attaqué depuis quatre heures et demi du matin par des
forces très-supérieures, et que l'ennemi se présentait devant
Belver: j'essayai 'de communiquer avec lui en lui - dépêchant
deux guides ? mais ce fut envain, les communications étant
coupées,
A neuf heures ? le Général espagnol m'envoya un par-
lementaire pour- me sommer de rendre la place, ne me
.donnant qu'une demi-heure, passé laquelle il n'y avait plus de
quartier à espérer pour nous. J'assemblai un conseil de guerre y
et il y fut délibéré d'une voix - unanime ? que nous nous défen-
drions jusqu'à la dernière extrémité ? ce que" je répondis, en
peu de mots, à Don Grégorio de la Costa. Le parlementaire
retourna.
Le Major général de l'armée espagnole se présenta à
l'adjudant-général Pellenk pour m'intimer une seconde sonw
mation y et ne fut point reçu. -
( 4 )
Je profitai. de ces momens d'intervalle pour visiter tous
les postes; par-tout le serment de vaincre ou mourir fut
prete aux cris multiplies de Vive la République. La plus
grande énergie se manifesta parmi les chefs et les soldats;
et je dois ce témoignage à la garnison de Puycerda, que,
dans ces circonstances critiques, elle ne fut animée que
d'un seul et même esprit.
Cependant le camp "d'Osséja était attaqué , et les troupes
qui le composaient n'arrivaient point; cent cinquante hommes
détachés au Mas d'Arbau furent les seuls qui se reployèrent
sur Puycerda, conformément à mes ordres.
J'avais confié la défense de la porte de France au
général Despinoy, qui , quoique accidentellement dans la
place, m'avait demandé de l'employer. L'ennemi, grossi de
plus de deux mille hommes ; se formait en colonne d'attaque
vis-à-vis cette porte ; je m'y portai moi-même comme au
point le plus menacé: à dix heures, l'ennemi s'ébranla, et
marcha sur la cour de l'hôpital, défendue par une compagnie
de grenadiers et une pièce de quatre. La plus vive fusil-
lade s'engagea, et dura une demi-hellre, sans que l'ennemi
fît des progrès sensibles ; malheureusement notre artillerie
était mal servie ; un canonnier fut blessé, et tous les autres
abandonnèrent leur pièce. Je m'énbrcai d'arrêter les gre-
nadiers découragés par ce funeste exemple ; à leur tête,
je m'avançai sur les bords du fossé qui défendait la batterie ;
on s'y battait avec acharnement, lorsque je reçus une baie
dans la tête , qui me renversa piivé de sentiment : je
repris connaissance ; mais la violence du coup, le sang
que je perdais, obligèrent ceux qui m'entouraient à m'en-
lever du champ de bataille ; mon aide-de-camp Olivier, qui

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