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Le Général Jamin... par M. Jules Nollet-Fabert

De
18 pages
Grimblot et Vve Raybois (Nancy). 1853. Jamin, Jean-Bapt.. In-8° , 20 p..
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Nancy, imprimerie de veuve Raybois et comp.
LE
EXTRAIT DE LA LORRAINE MILITAIRE
GALERIE HISTORIQUE,
PAR M. JULES NOLLET-FÂBERT.
NANCY,
CRIMBLOT ET VEUYË RAYBOIS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES,
Place Stanislas, 7, et rue Saint-Dizier, 125.
1883.
Un tout petit endroit du département de la Meuse a
donné le jour à deux vaillants capitaines, les généraux
Henrion et Jamin.
Nous avons consacré quelques pages à la vie du gé-
néral Henrion, nous venons maintenant remplir un de-
voir en détaillant la glorieuse carrière de Jean-Baptiste
Jamin.
Né le 20 mai 1772, dans le bourg de Villers-Cloye,
près de Montmédy, Jamin fit ses études au collège-, et
dès l'âge de 19 ans s'enrôla dans le 17e régiment d'in-
fanterie légère, en qualité de simple volontaire (14 sepr-
tembre 1792). L'ennemi attaquait la France de tous les
côtés : c'en était fait de notre nationalité. Cependant il
avait fallu bien des siècles pour créer ce beau royaume
de France.
Sa naissance
(1772).
— 6 -
» Charlemagne lui avait donné le duché de Gascogne;
Philippe-Auguste, la Normandie; Philippe-le-Hardi, le
comté de Toulouse; Charles VII, la Guienne; Louis XI,
la Bourgogne; Louis XII, la Bretagàe; Henri IV, la Na-
varre ; Louis XIV, la Franche-Comté, la Lorraine, l'Alsace
et l'Artois. En un seul jour, peut-être, la ligue euro-
péenne allait briser l'oeuvre de tant de héros-rois, vain-
queurs parles grandes épées de la féodalité, de la noblesse
et du peuple.
» Ni la sainte armure de Jeanne Dare, ni la science de
Turenne, ni les inspirations de Richelieu ne pouvaient
nous sauver. La France, dans un excès de liberté, avait
brisé tous les autels, tous les boucliers, toutes les lances,
et l'Europe vengeresse accourait au pillage.
» A cette heure suprême, heure la plus fatale dans la
vie du peuple français, un homme parut qui sauva la
patrie.
" Cet homme est connu dans l'histoire sous le nom de
Volontaire.
" II venait des champs, des villes, des ateliers, des
écoles ; il ignorait la guerre aussi bien que la politique.
Sans haine, sans crainte, il n'avait qu'un sentiment,
qu'une passion... l'amour de la patrie.
" Où avait-il puisé ce pieux fanatisme, ce religieux
élan, qui lui fit abandonner tout, foyer domestique, mère
èplorée, fortune, repos, bonheur, pour... la patrie?
" Où trouva-t-il la force de braver, pour la patrie, les
martyres de la guerre et de l'échafaud?
" Où puisa-t-il cet art de la victoire, qui vint illuminer
nos légions improvisées, comme si le souffle des Condé
agitait encore nos étendards ?
— 7 —
» Dieu sans doute avait envoyé le volontaire à la France
épuisée, perdue, presque morte, pour sauver une nation..
n Au nombre des volontaires qui accoururent pour
sauver notre France, se trouvait Jean-Baptiste Jamin. »
Ainsi s'exprimait, il y a quelques années, le chef
d'escadron Joachim Ambert (*), ce littérateur distingué,
grand par le coeur et par la pensée, militaire remarqua-,
ble, ami des défenseurs de la patrie, fils du brave général
Ambert, mort doyen des généraux français..
Le jeune Jamin avait employé sa première jeunesse
à l'étude des anciens, et possédait, avec une rare perfec-
tion, la langue latine et l'histoire de l'antiquité.
Incorporé aux chasseurs de la Chière, il fut élu ser-
gent-major par ses camarades réunis, puis le 21 janvier
suivant, nommé lieutenant, et choisi, à l'unanimité, pour
commander une compagnie : il gagnait ainsi la double
épaulette à 21 ans.
Admirable de vigueur, haut de taille, large d'épaules,
le jeune officier avait cette physionomie guerrière, heu-
reux mélange de douceur et de fermeté.
Nous allons le suivre pas à pas dans cette glorieuse
carrière, qui commence à la première révolution et qui
va se terminer aux jours funestes de 1848.
La compagnie du capitaine Jamin, amalgamée dans l'a
15e demi-brigade qui devint, peu de mois après, 25e
légère, fit les campagnes des années 1792 et 1793 aux
armées des Ardennes et de la Meuse; celles des années
(*) Aujourd'hui colonel, commandant le 2e de dragons.
Il s'enrôle.
— 8—
1794, 1795 et 1796, aux armées de Sambre-et-Meuse
et Mayence ; celles de 1797 et 1798, à l'armée du Danube,
et enfin celle de 1799, à l'armée de la Suisse.
Dans cette dernière campagne, il se distingua à la ba-
taille de Liebtingen, en Souabe. Etant alors capitaine,
il fut chargé de marcher à la tètë de quatre compagnies
et'de faire une attaque sur le centre de l'avant-garde
ennemie, qu'il culbuta.
Il poussa ensuite jusque sur les hauteurs, en avant de
Stockack, où le gros de l'armée autrichienne, comman-
dée par l'archiduc Charles, se trouvait en position. La
supériorité des forces ennemies et le défaut de cartouches
ayant forcé le Capitaine Jamin'à faire un mouvement ré-
trograde jusqu'à Shon-Frantz,'il grossit alors son déta-
chement par un assez grand nombre de militaires de
différents corps, en forma deux bataillons, avec lesquels
il reprit l'offensive, et se porta sur la gauche des Autri-
chiens qui débouchaient de la forêt.
Cette habile manoeuvre arrêta l'ennemi, l'empêcha
d'inquiéter la droite de notre armée, et de couper la re-
traite par la route de Fribourg.
Le 25 août 1799, Jamin, avec quatre compagnies pla-
cées sous ses ordres, tourna la position de Saint-Gothard,
en franchissant le Grimsel, après dix-huit heures d'une
marche active et très-pénible.
Pendant la même année, sa compagnie, après avoir
acculé l'ennemi en avant du pont du Rhin, près de Coire,
se trouvait exténuée de fatigues et manquait de cartou-
ches, lorsque le général Soult donna au capitaine Jamin
des troupes fraîches qui enlevèrent promptement la po-