Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Le "Gruene Gewoelbe" à Dresde, ou Trésor royal d'objets précieux, par A. B. de Landsberg,... 3e édition

87 pages
J. Blochmann (Dresde). 1853. 86 p. ; 19 cm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

t LE
GRUENE GEWOELBE
\, A DRUIDE,
oïl
TRÉSOR ROYAL D'OBJETS PRÉCIEUX;
PAR
A. B. DE ILANDSBEIIIG9
DIRECTEUR AU TRÉSOR.
troisième: émtiow.
DRESDE, 1853.
CHEZ JULES BLOCHMANN.
RUE DE CHATEAU 23.
Table de matières.
- page
Introduction. Nom, origine et histoire du trésor 1
J. Le cabinet des Bronces 16
II. Le cabinet des Ivoires 22
III. Salle des mosaïques et des émaux; de la collection d'ambres
jaunes; des nacres de perles, coraux etc 33
IV. La salle de là vaiselle d'or, d'argent et de vermeil, ouvrages
au repoussé; les verres de rubis; les filigranes et les pen-
dules précieuses- et d'un mécanisme curieux 41
V. Salle des vases de pierres fines; les pierres gravées; les vases
de cristal de roche 52
VI. Cabinet des perles'baroques et de - bijoux 61 1
VII. Les insignes du sacre des rois de Pologlie, éléctCllj,s. de
Saxe. Collection des sculptures, en bois 65
VIII. La salle du trésor; les cliefs-d'oeuvre d'orfèvrerie de M.
Dinglinger; des armes précieuses; des ordres chevaleresques
et des décorations de famille; souvenirs; des joyaux 69
2 *
piété et les souvenirs généreux de l'amitié; cette cou-
tume fut plus tard d'une grande importance pour les
arts qui par elle trouvèrent un réfuge pendant les
siècles où les progrès de la civilisation furent entravés
par des guerres et de grandes révolutions. L'émulation
et le zèle des artistes furent excités et animés par un
si digne but de leurs productions, parce que les trésors
susmentionnés réunissaient de préférence tout ce que
l'art avait créé de grand et de magnifique. C'est donc
a cette piété que nous devons la conservation et la
renaissance successive des ails. Au moyen-âge avant
tout, les princes, les papes et les gens riches rivali-
sèrent à consacrer des dons précieux aux cathédrales,
ou à se faire de ces présents entre-eux, et alors les
églises et les grandes villes avaient leurs trésoreries
comme les souverains; on y déposait les ornemcns du
sacre des rois, les joyaux, les bijoux et les objets pré-
cieux transmis par les ancêtres, la vaisselle d'or et
d'argent, les riches meubles, des morceaux rares et de
prédilection, les dons des bienfaiteurs et les offrandes
des dévots, les reliques, les vases sacrés, les habits
pontificaux, des trophées etc. De tems en tems, on a
étalé ces richesses avec ostentation pour les montrer
au public, ou pour s'en servir dans les grandes solen-
nités. Les trésors des rois de France, des ducs de
Bourgogne, ceux de Saint-Denis et de Lorette, se sont
distingués par la splendeur et le luxe des objets qu'ils
renfermaient.
Quant au Gruene Gewoelbe, l'étymologie de
cette dénomination est très - incertaine; elle s'est con-
servée malgré les changemens que le trésor a éprou-
vé , et même lorsqu'il a pris le caractère d'une col-
lection d'objets d'art et de curiosités précieuses. Quel-
ques-uns ont voulu dériver le nom de la couleur pri-
t
3
1*
mitive des chambres, on des couleurs des armes de la
Saxe; cependant on n'en a pas de notices certaines.
Peut-être vient-il d'une circonstance peu importante et
oubliée. Le court of Exchequer à Londres p. e. doit
sa dénomination au pavé en échiquier de la chambre
des séances des juges de la cour féodale;*) des cau-
ses analogues auraient donné peut-être ce nom au
Gruene Gewoelbe. On a voulu trouver aussi quelque
fondement à l'opinion qui tire cette dénomination des
gazons et de la verdure qui entouraient alors le châ-
teau de ce 'côté-là, ce qui est constaté par des plans
topographiques, et en effet, les fenêtres et les portes
du Gruene Gewoelbe donnaient sur les jardins; c'est
apparemment par la même raison, qu'une des sorties
du château, dans le voisinage du trésor, porte encore
aujourd'hui le nom de Gruene Thor, et cela vient
à l'appui de notre dernière conjecture. On n'est pas
d'accord sur l'époque où le nom de Gruene Gewoelbe
a été employé; il se trouve pour la première fois dans
une liste des objets du trésor, dressée en 1610.
L'origine du Gruene Gewoelbe remonte aux tems
les plus reculés de la dynastie actuelle de la Saxe.
L'histoire de la vie privée de nos souverains est sou-
vent liée à celle de leur trésor. Mais mon intention
n'est pas de développer, jusqu'aux moindres particula-
rités, l'histoire du Gruene Gewoelbe. Pourquoi rappor-
ter des traits et des faits non avérés et ces anecdotes
dont le fin mot nous manque aujourd'hui? Il suffira
d'en citer ce qui est d'un intérêt général.
Maurice, premier électeur de Saxe de la branche
Albertine, célèbre contemporain de l'empereur Charles V.,
*) Voyez aussi: Modem London, pag. 235. "named fiom a che-'
,,quered cloth which anciently covercd the table where tlie jndges or
„chief-oflicers sal."
4
ne s'abstinait point du tout d'une certaine magnificence
à sa cour. Soit par des raisons politiques ou par
d'autres motifs, il y étala de tems en tems une riche
vaiselle en or et en argent etc. etc. Le trésor de ses
ayeux, passé à lui, avait été considérablement aug-
menté. Voyez E. A. von Langenn : Moritz, Herzog und
Kurfurst von Sachsen II. vol. p. 139. Dans cet
oeuvre excellent, dont le savant auteur a fait de pro-
fondes études sur nos anciennes chroniques et traites
de diplomatiques, il est constaté, que dès les tems des
ducs de Saxe et nommément sous le Duc George le
barbu (f 1539), il y a eu quantité d'objets précieux à
la cour saxonne. Il en existe encore un inventaire des
diamants, rubis, perles, chaînes d'or etc. etc., que -ce
prince a reçu en dot avec 'son épouse Barbe de Po-
logne , inventaire, qu'il a tracé de ses propres mains
et avec grand soin.
L'électeur Maurice eu! pour successeur son frère
Auguste, de 1553 à 15S6. Ce prince, sage admi-
nistrateur de la Saxe-, ne s'occupant que du bonheur
de son peuple et du soin de faire fleurir les arts et
les sciences dans son pays, conçut l'idée de fonder un
cabinet de curiosités qu'il plaça dès 1560 dans son
château. Il recueillit tout ce qu'il croyait utile aux
arts, aux sciences et à l'industrie, des tableaux et des
livres, des instrumens de mathématique, de mécanique
et de chirurgie, des productions rares de la nature, des
horloges et des modèles de toutes sortes d'objets d'in-
dustrie, enfin une partie considérable des chefs-d'oeuvre,
qui se voient maintenant dans le Gruene Gewoelbe.
Auguste voulut former le goût de la -nation entière sur
le sien, il voulut la stimuler à l'imitation du beau créé
ailleurs, et sa collection devait offrir tout ce qu'il y
avait dans les arts de beau, de rare et de parfait. Son
ï)
épouse excellente, Anne, fille du roi Chrétien UI de
Daiieniark,, s'intéressait également-à ce noble but, ~t
c'est aussi dans ce. tems-Ià, qu'il faut chercher l'origine
de nos autres collections.
Pour les objets qui, en raison de leur grande va-
leur ou de leur qualité spéciale, ne convenaient pas à*
un cabinet de curiosités, ils furent réunis daus le Gruene
Gewoelbe avec quelques joyaux, avec la vaisselle d'or
et d'argent et autres objets formant le trésor. On 4
même soupçonné alors qu'il renfermait des millions, quq
notre électeur Auguste, sage économe à la vérité, doit
avoir laissé, dit-ou, à ses successeurs, prévention qui il
été souvent combattue, mais qu'on ne doit pas passer
sous silence. *)
Les successeurs d'Auguste suivirent l'exemple de
leur digne aïeul; ils regardèrent comme une tâche 'f\
remplir l'obligation d'achever ce qu'il avait commencé,
ce fut pour eux un devoir sacré, non seulement de co^-;
server soigneusement les collections, mais encore dq
les augmenter "conune faisant l'ornement particulier de
leur capitale." -
Ce fut principalement Jean Geor g es I. (1611
1656), qui affectionna beaucoup le cabinet de curiosités,
et malgré les troubles de la guerre de 30 ans, ce prince
augmenta le trésor d'une quantité de nouvelles acqui-
sitions; il dépensa entre autftes pour des ouvrages en
ivoire 2300 fi., somme très-considérable dans ce tems-Ià.
Des écrivains, mal instruits ont imputé à cet électeur
d'avoir spolié les collections de Prague, occupé alors
par les troupes saxonnes. C'est une erreur qu'il faut
*) Voyez Thuan, historia sui lemporis LiIH. 8i. ail. ann. 1586. —
Rossig's Abhandlungcn in "Weissc's sâclis. Gesch. II. IId. - Mccrwagen's
Aufsatz in Woltmann's Zeilsehnft fur Gesch. u. Polit. — v. Langenn, .,
Il. Bd. S. 112 n. a. 0. — und das Werk von J. (;. Ilungei.
6
repousser. Qu'on lise Pufflendorff, Comment: de rebîïs
Suédois L. XX. § 20, p. 796, et KhevehhueUér; Anna-
les Ferdinandei XII, -pour voir sous un autre jour un
fait auquel les Saxons n'ont point pris ftart. *
Jean Georges Il., (1656—1680^ qui aimait la
splendeur, enrichit le trésor d'une Foule d'objets pré-
cieux. Son fils unique, Jean Georges ÏII. (1680—
1691), prince guerrier, ne négligea point leg-colsdiarfts.
Sous "son règne, plusieurs objets curieux-furent rappor-
tés dé la Grèce en 16S7, par Vin corps saxon envoyé
en Morée comme auxiliaire des Véhitiens contre les-
Turcs.
Aussi le corps saxon, qui se distingua sous Sobieski
devant Vienne, eut part aux trophées conquis dans le
camp dès Turcs; on en éôflserve encore dfins nos ca-
binets les morceaux les plus riches.
Le trésorl du Gruene Gewoelbe s'accrût de plus en
plus des objets que nos princes héritaient de leurs,
prédécesseurs, quelques fois même d'une partie du
trousseau de leurs épouses. C'était alors aussi la cou-
tume que les membres de la famille électorale pré-
sentassent au souverain à son jour de naissance; à la
nouvelle année, à l'époque de la foire de Leipzig, des
objets rares et curieux, qu'on plaçait dans le Gruene
Gewoelbe. Des princes alliés, des étrangers niêm-e,
les courtisans, les personnes de distinction attachées
à la cour, les municipaux des villes s'empressaient
d'offrir des objets rares et curieux pour la collection
du trésor et ont voulu participer à l'honneur d'orner
nos cabinets par des dons recherchés, et de payer de
cette manière une espèce de tribut à l'estime qu'ils
leur inspiraient. ,
( Mais le Gruene Gewoelbe n'a commencé à prendre
le véritable caractère d'un cabinet de curiosités, que
7
lorsque Auguste, surnommé le Fort (1694—1733),
électeur de Saxe et roi de Pologne, y fixa son attention.
Un incendie arrivé au château en 1701 menaça la
collection de curiosités, et détermina le transport des
morceaux les plus précieux dans le Gruene Gewoelbe
où tout y demeura pêle-mêle. D'autres soins plus ur-
gents réclamèrent l'attention. La Saxe fut troublée par
l'invasion des Suédois sous Charles XII. Il fallut cacher
ou envoyer ailleurs ce qui pouvait exciter la cupidité.
Ce ne fut qu'à la paix, que le roi Auguste, sans cesse
occupé des affaires' de la Pologne et toujours en cam-
pagne, put enfin penser aux collections des objets d'art.
Ce tems venu, l'illustre jnonarque, grand ami des
arts, ne tarda pas à faire rétablir les cabinets, autant
pour l'honneur et l'avantage de la nation, que pour sa
propre satisfaction.
Lui même, en homme de goùt qui avait vu les col-
lections les plus célèbres de l'Europe, traça un plan
pour amener de l'ordre dans ce chaos des siennes et
en fit rassembler les objets curieux dispersés dans diffé-
rentes places. D'après son système, il destina aux mu-
sées les objets qui y convenaient; il en sépara ce qui
n'était qu'objet de curiosité, pour le placer dans un cabinet
à part. Enfin, quant aux objets précieux, le roi les ré-
- serva pour le Gruene Gewoelbe, devenu le principal
objet de ses soins et la partie qu'il eut le plus à
coeur de compléter. Son dessein était d'y joindre
l'art à la magnificence, et de former une des
plus singulières collections pour l'amusement des gens
de goût. Le roi n'épargna rien pour parvenir à son
but, et même les décorations des salles devaient ré-
pondre à la richesse des objets qu'ils renfermaient; il
fit joindre au Gruene Gewoelbe quelques pièces voisi-
nes du château, pour que les nouvelles acquisitions
8
pussent trouver une place convenable. Depuis ce teins
rien n'est changé dans les décorations des chambres,
1 où rôn trouve aussi des allusions flatteuses, relatives
à la Pologne.
On peut présumer aussi, que ce monarqué magni-
fique par gôùt, épris de ce luxe, qui caractérise le
siècle de Louis XIV. son contemporain, voulait, par
politique, donner à sa capitale un certain éclat qui put
vrs-à-vis dé Pierre le Grand et de Charles XII. attirer
# l'attention des étrangers et leur inspirer une haute idée
du roi de Pologne. :
- Auguste le Fort avait enrichi le Gruene Gewoelbe
de vases en vermeil et en cristal, d'une infinité de cu-
riosités et d'objets intéressants; mais il avait principa-
lement un grand faible pour les ouvrages des Ding-
lingers, orfèvres et émailleurs celèbres, et il aimait les
joyaux; il en était connaisseur et en avait trouvé une
quantité de très-beaux provenant de ses aïeux. *)
Il parait que ce goût a passé à son fils et succès- *
seur Auguste III., électeur de Saxe, 1733, et roi de
Pologne 1736. Delà vient peut-être qu'on trouve dans
le Gruene Gewoelbe une collection de diamants et de
pierres précieuses d'une étonnante beauté, circonstance
cependant, qui plus tard a été la cause d'exagérations
et même d'imputations injustes de prodigalité.
La guerre de sept ans fut très-défavorable à nos
collections. Il fallut les déplacer pour les mettre en
- sûreté, ce qui ne put se faire sans les endommager.
Aussi les événemens fâcheux de cette guerre épuisèrent-
ils lés réssotit-ces du pays et furent longtems sensibles
aux successeurs d'Auguste III., qui ne pouvaient pas
penser à faire des acquisitions pour les cabinets. A
*) Voyez l'iij,'. ;>
� 9
l'exception de quelques morceaux appartenans au. comte
(te Hriihl et de quelques donations, le trésor ne fut plus
augmenté, mais soigneusement conservé.
On devait croire aussi qu'mil ange tiftélaire avait sur-
veillé une collection si riche et si tentante, car elle
fut heureusement épargnée pendant les troubles des
guerres qui ont agité la Saxe, et comme bien propre
de la famille royale, elle ne partagea par le sort du
pays en ISla. *) , :
Ce tems de calamités une fois passé, et les afaires
s'étant rétablies, on ne tarda pas à réorganiser les ca-
binets et à les ouvrir aux curieux. Mais ce ne fut plus
pour la curiosité seule, qu'on pensa à. étaler ces tré-
sors de l'art, on saisit des points de vue plus sérieux
et plus utiles. On s'occupa de l'arrangement des col-
lections, surtout pour les faire mieux comprendre à ceux
qui voulaient en tirer profit. *
Dans ce moment, le Gruene Gewoelbe est sous la
direction d'un ministre d'état, et surveillé par deux in-
*) On sait, qu'une main téméraire, abusant du trop de confiance,
attenta à ce trésor. Les objets dérobés ont été restitués à la vérité et
le crime est depuis longtems enseveli dans la tombe avec le criminel.
11 s'est trouvé aussi de mauvais plaisans, qui ont voulu mettre à
l'épreuve l'attention des gardiens du trésor. Mais, ces badinages in-
tempestifs sont sévèrement défendus, et ont eu des conséquences fâcheuses
pour les individus, qui se les sont permis.
En effet le trésor royal a été menacé d'un grand danger durant
les troubles, qui altéraient notre capitale au mois de Mai 1849. Le
château fut attaqué par les rebelles; une biscayenne entra dans le petit
cabinet des curiosités précieuses, heureusement sans faire du tort ni
aux objets, ni aux glaçes, ni aux ornements - et le château fut brave-
ment défendu et tenu par nos troupes.
Les événemens inattendus n'avaient pas permis des précautions
pour mettre le trésor en sûreté, on ne pouvait pas risquer de le trans-
porter ailleurs. Seulement les joyaux et quelques objets de la plus
grande valeur furent déposés à la forteresse du Kônigstein.
10 1
specteurs et par deux gardiens, responsables de la sà-
reté et de la conservation du trésor, chargés aussi d'en
expliquer les objets aux curieux. *)
, Les amateurs y ont accès pendant la semaine, après
avoir demandé un billet d'entrée au conservateur en
chef, qui fixe l'heure. Il n'entre que 6 personnes à la
fois, jamais davantage, et à des conditions qu'on jugera
indispensables dans un cabinet rempli d'objets précieux,
qui peuvent exciter la convoitise et qui. en partie, sont
très-fragiles. Il est donc sévèrement défendu d'y
toucher. Les étrangers sont aussi invités à inscrire
leurs noms dans un livre destiné à témoigner de l'in-
térêt que le public prend à nos collections.
Le Grucne Gewoelbe est do jour en jour plus fré-
quenté, étant mieux entendu maintenant à raison de la
propagation du goùt pour les arts. On est aussi re-
venu de la fausse opinion répandue autrefois, que le
trésor ne renfermait que des diamants et d'autres ri-
chesses. Le système des collections du Gruene Gewoelbe
embrasse réellement le vaste domaine des arts en tout
genre et dans le goût de plusieurs siècles. C'est un
avantage particulier du Grucne Gewoelbe sur beaucoup
d'autres collections, que l'on y rencontre tout ce qui
peut concourir au plaisir des yeux et à la satisfaction
de l'esprit, réunissant une magnificence antique et vrai-
ment royale et une disposition des objets, propre à faire
ressortir les plus intéressants sans rompre l'ensemble
harmonieux. C'est à ces avantages, que le Gruene Ge-
woelbe doit une renommée répandue par toute l'Europe.
Au premier abord le visiteur est frappé de la splen-
deur, de l'étendue de cette collection et de la multipli-
*) On a mis à part les morceaux qui n'étaient pas d'une parfaite
conservation ou que l'art ou quelque intérêt historique n'avaient em-
preints de leur cachet.
1.1
cité des objets qu'elle présente. Il foule aux pieds un
pavé de marbre en compartiment et parcourt des salles,
l'une plus vaste, plus brillante que l'autre. Les glaces,
les ornemens et les dorures dont les murs sont cou-
verts, relèvent encore l'éclat éblouissant des objets.
On se sent ravi, on croit voir les merveilles d'un conte
de fée. En vérité on est transporté dans un siècle, qui,
loin d'avoir été exempt des soucis de la vie, ne soup-
çonnait pas encore le sérieux étouffant de nos jours et
qui se réjouissait sans réflexious à la vue des monu-
mens qui font la gloire du génie et du talent.
Revenu de la surprise du premier aspect, l'amateur
veut examiner de plus près et en détail cette immense
collection. Mais par où commencer au milieu de tant
d'objets d'invention si ingénieuse, élégamment travaillés
ou formés de matières précieuses? Les uns sont remar-
quables par les relations historiques qui s'y attachent,
les autres par leur singularité; d'autres encore sont in-
structifs, en ce qu'ils indiquent les différentes manières
des artistes ou le goût tu tems.
Tous les objets sont réparti en 8 salles, dont cha-
cune contient une ou plusieurs branches de l'art. La
, réunion des productions artistiques du même genre nous
a paru la plus convénable pour les visitateurs. D'une
part elle ne refuse pas l'ordre chronologique sans mê-
ler les productions de tous les arts et de rapprocher
des objets hétérogènes, de l'autre, elle a l'avantage de
ne pas trop confondre les impressions de ce qu'on voit'.
Prend-on un intérêt particulier à l'art de la sculp-
ture? Les bronzes qui rappellent les monumens cé-
lèbres de l'antiquité, — les ivoires, travaillés si in-
génieusement et-avec tant de subtilité, offrent toutes
les modifications dont cette matière est susceptible; —
la collection des morceaux d'a m bre j a u 11 e, de nacre
1 •*
Lr
de perle, de corail, en cire, eu albâtre, en
pierre calcaire (Speckstein), en noix de cocos.
et les sculptures en bois, fourniront de quoi satisfaire
la curiosité. Et les amateurs de la glyptique et de
l'art du lapidaire ne passeront pas devant les pierres
gravées, l'inimence quantité de vases de pierres
fines et de cristal de roche, formées sur des ori-
ginaux classiques, sans y découvrir des chefs-d'oeuvre
de goùt et d'habileté.
L'amateur de peinture trouvera non seulement des
tableaux et peintures en émail, des 11 i e Il 0, mais
encore des mosaïques de différentes époques, parmi
lesquelles on en remarquera de très-belles et très-rares.
Que l'on regarde ces magnifiques ouvrages de ci-
selure ancienne et d'orfèvrerie, aussi riches et
aussi admirables par la grande perfection du travail,
que curieuses par leur forme. Puis les armes superbes,
ornées de pierres précieuses, et les bijoux antiques in-
téressants sous divers rapports.
Les joyaux charment l'amateur et le lapidaire, qui
en sauront apprécier la limpidité, la beauté de la taille
et le jeu des couleurs ; ils verront des morceaux qu'on
ne trouve pas ailleurs.
Aussi on y trouve exposé une partie des minéraux
les. plus intéressants du pays. Il ne manquent non plus
des objets d'industrie qui ont appelle l'art à s'embellir;
l'horlogerie p. e. présente des productions de leur pre-
mière époque et de très curieuses.
Il ne faut pas cependant dissimuler aux archéologues,
s'ils viennent chercher les débris du monde primitif de
l'art, qu'ils ne trouveront guère de quoi se satisfaire à
cet égard. A l'exception de peu de morceaux, du moyen
àge et de l'époque où le style de la renaissance ita-
lienne s'était répandu, la collection du Gruene Gewoelbe
VA
appartient à l'époque suivante où la beauté, la noblesse
et la simplicité étaient sacrifiés au luxe et à la splen-
deur. Le goût de ce tems n'inclinait pas toutefois vers
le beau idéal, il s'égarait parfois même dans le bizarre,
il préférait souvent les détails minutieux, mais soignés,
au grandiose, dont il s'était'écarté, il préférait ce qui
frappe les sens, ce qui produit l'étonnement; on admi-
rait surtout les ouvrages de patience. D'un autre côté
les monumens de l'art de cette période ont des charmes
particuliers, et plus on les regarde, plus ils attirent. Il
ne suffit pas de les voir une fois, il faut les regarder
longtems pour en savourer les attraits. La collection
du Gruene Gewoelbe ne doit pas être considérée super-
ficiellement ; il ne faut pas se laisser éblouir par l'éclat
qui fatigue lorsqu'on ne se donne pas la peine d'envi-
sager les choses sous un point de vue propre à les com-
prendre. Toute collection riche demande une attention
;i>articulière; et sans être injuste ou trop attaché à quel-
ques préjugés, personne ne disputera a celle du Gruene
Gewoelbe le grand intérêt qu'elle offre par le jour qu'elle
jette sur le caractère de l'art et du goût des temps ci-
dessus indiqués.
Il est vrai qu'un préjugé aveugle pour les intérêts
matériels, qui s'empare de plus en plus des têtes et les
tourmente, s'aventure jusqu'à reprocher à ces trésors
accumulés d'être un capital mort, qu'on pourrait employer
plus utilement. Que chacun ait sa façon de voir les
choses et de les expliquer suivant ses impressions, rien
n'est plus naturel. Cependant, relativement aux richesses
du Gruene Gewoelbe, une telle opinion doit paraître
très superficielle, en y flHléchissant. Sans doute ce se-
rait un vandalisme de vouloir détruire les ouvrages de
l'art, pour gagner quelques écus. Est-ce qu'on doit
fondre l'or et fargent des chefs-d'oeuvre que l'artiste
14
eu a su former, ou arracher les pierres qui les ornent?
Idée barbare- qui rappelle le sauvage, coupant l'arbre
entier, pour en avoir le fruit. Et comment trouver l'é-
quivalent de tels objets?
Le trésor du Gruene Gewoelhe ne saurait être ap-
précié, pas même approximatif ou en bloc; la nature
des objets qui le éomposent, ne se prête pas à la taxe.
Quant aux joyaux qui, plus d'une fois, dans des momens
d'embarras, ont procuré un credit précieux, on sait que
la valeur en est considérable, mais variable suivant les
conjonctures.
D'ailleurs il ne faut pas oublier que le vif intérêt
qu'on porte toujours aux collections de Dresde, engage
les étrangers à prolonger un séjour qui, par-la, leur.
devient en même , tems agréable et instructif; circon-
stance qui n'a pas besoin de commentaire pour repousser
le reproche d'un capital mort.
Aussi la collection du Gruene Gewoelbe est-elle un
Fideicommis inaliénable de la famille royale, et
doit rester dans le pays selon la charte constitutionelle
de la Saxe (§ 20.). -
En essayant de donner un précis des objets du Gruene
Gewoelbe dans un catalogue déscriptit, ce n'est que
pour indiquer à ceux qui prendront plaisir à visiter notre
collection et particulièrement à ceux qui n'avaient pas
l'occasion de faire l'étude des arts, le mieux que pos-
sible, l'âge, l'origine des objets et ce qui en mérite le
plus l'attention. Cédant l'examen en détail à l'archéo-
logue et au connaisseur de profession, ce n'est pas mon
intention de franchir les marches du sanctuaire des arts.
Le guide que je voulais donner aux curieux dans,
ces feuilles, me paraissait nécessaire encore par d'autres
raisons. La plupart des auteurs, tant anciens que mo-
dernes, qui ont écrit sur les collections d'art de Dresde,
15
quelque estimables que soient leurs notices, n'en ont
donné sur le trésor que de générales, de superficielles,
d'imparfaites et de fausses; ils se sont bornés à faire
mention de quelques morceaux seulement. D'autres voya-
geurs, faute de tems, ne se sont pas donné la peine
d'approfondir la matière dont ils voulaient parler, ou,
faute d'une explication suffisante, ont regardé maint objet
comme superflu, et confondu les choses qu'ils n'avaient
fait qu'entrevoir. On a souvent induit d'autres personnes
en erreur sur cette intéressante collection que l'on par-
court communément trop à la hâte.
C'est pour cet effet que j'ai fait des recherches soig-
neuses aux archives, à la bibliothèque royale, aux sources
historiques accessibles; et par les notices estimables de
plusieurs connaisseurs, *) principalement par l'étude des
objets eux-mêmes, je suis parvenu à débrouiller ce chaos
d'erreurs et à éclaircir avec quelque succès le chemin
de ce trésor. - -
J'ai préféré pour mon précis la forme de catalogue,
comme la plus propre. Ayant pour but le général, je
- n'ai -pas voulu trop pénétrer dans le détail; cependant
ce sera toujours avec le plus grand plaisir, qu'on don-
nera au curieux tous les renseignemens possibles, de-
mandés sur un objet de la collection. Presque toujours
une explication succincte suffira pour mettre au fait. -
Les critiques que j'ai hasardées sur les objets indi-
qués: ne sont qu'une répétition de l'opinion des connais-
seurs qui ont fréquenté nos cabinets, et dont l'autorité
ne peut pas être rejetée.
*) La déscription des objets d'art, qui ont composé la collection
Debruge Dnmènil, précédée d'une introduction historique, par Jules
Labarte," Paris. Libr. arehéol. d. Vict. Didron 1847. a été très utile
N à mon dessin.
-
I.
Le cabinet des Bronzes.
On voit ici 110 groupes, statuettes, figures et figu-
rines, pour la plupart des copies ou des imitations des
monumens de l'antiquité par des sculpteurs florentins. Il
y en a qui sont des mains d'habiles maitres du XVI.
siècle d'une belle exécution et auxquels les connaisseurs
accordent une valeur considérable, cependant on n'en
trouve pas qui soient réellement des antiques, les produc-
tions de l'art antique n'étant point du domaine du Gruene
Gewoelbe. Une partie provient de l'électeur Jean Georges
Ier qui les acheta en 1621 du sculpteur Nossenius à Dresde
et qui longtems avait passé en Italie. Les meilleurs mor-
ceaux ont été acquis en Italie, et la plupart tirés par
Auguste le Fort des cabinets Qugi, Bellori, Albani, Kir-
ker, etc. «te. Ce monarque, ami des arts et homme de
goût, sachant que c'est toujours une agréable surprise
que de rencontrer les souvenirs de ce qu'il y a de beau
et de parfait, avait destiné ces bronzes pour la salle d'in-
troduction du Gruene Gewoelbe.
A commencer par le coté des croisées de ce cabinet
on trouve :
Ko. 109. Un Christ sur la croix, morceau d'un faire
irréprochable (18" de haut) original de Jean de Bo-
logne (né à Douai 1524 f 1608; disciple de Buonarotti.
Ses princip. ouvr. sont à Florence). La tête du Christ
17
2
a une physiognomie sublime et distinguée d'un grand
nombre de têtes pareilles, qu'on trouve souvent.
No. 13. Polhymnie, (12") statuette, qui rappelle
une antique trouvée à Tivoli (voy. Landon aun. d. mus.
I. 63.).
No. 14. Vestale (12") copie d'une statue à Romp,
que les archéologues prennent pour Junon (voy. Mont-
faucon, l'ant. expl. I. 5. 58.).
No. 16. Sibylle (12") ou Némésis Angérona, tenant
le doigt sur la bouche; \copie d'un bronze antique (voy.
Montfaucon CCXIII. Caylus IV. 72 et l'Augusteum).
No. 113. Charles Il d'Angleterre, en chevalier
St. Georges, tuant le dragon; petite statue équestre de
9", taillée d'un bloc de fer de 67 liv. par G. Leygebe,
artiste en fer à Nuremberg d'un mérite reconnu (né à
Freystadt en Silésie, t à Berlin 1683). Ce morceau est
un travail de 5 années de patience, mais d'un fini ad-
mirable. L'histoire des arts ne compte de cet artiste que
4 ouvrages dans le même genre, une statuette de Bellé-
roplion à Berlin, de Léopold 1 à Copenhague, et une
statuette équestre à Nuremberg. *)
No. 48. Petit chien qui se gratte (voy. les artistes
de Nuremberg, IVe vol. Pierre Vischer).
No. 3. Taureau famésien (18") groupe d'Adrien
de Vries, sculpteur, né à Grafenhague, au service de
l'empereur Rodolphe II. C'est une copie en petit de ce
monument à Naples que Taurisque et Apollonius de Rho-
des ont exécuté (voy. Plin. 5. 26. Winkelmann, Hist. des -
arts 353). On y voit sur le devant, les deux frères
Amphion et Zéthé, attachant Dirèé par des cordes aux
défenses d'un taureau. Antiope se montre au fond.
*) S'il ne devait pas avoir connu l'avantage particulière d'amollir
le fer 1 avant la taille et de l'endurcir après, employée des anciens -
armuriers et fourbisseurs ?
18
No. 106. Marc-Aurèle (12") d'après l'original
magnifique qui se trouve sur le Capitole ; présent du pape
Benoit XIII. On voit même sur la tête du cheval la
chouette qu'on dit être une allusion à la sagesse et à
la pénétration de l'empereur. — (Monogr. Gia°. Zof. f.)
No. 53. Antinous, du Belvédère (10") (voy. Lan-
don, ann. d. mus. I. 69. Caylus I. 179.).
No. 54. Femme, sortant du bain (6") (voy. Caylus.
183.).
No. 12. Apollon, entouré de nymphes, groupe
d'après l'ouvrage de Girardon aux jardins de Versailles
(Girardon f 1715. Regnauldin a'travaillé trois des figu-
res. Voy. Landon, Ami. d. mus. VIII. 34.).
No. 21, Louis XIV stat. éq. (14"). L'original, autre-
fois sur la Place Vendôme, se trouve aujourd'hui sur
la Place des Victoires et était, à ce qu'on prétend, la -
première statue que Girardon essaya de produire d'un
seul jet.
No. 20. Hercule farnesien (18"). L'original de
Glycon est à Naples.
No. 55. Sacrificatrice.
No.57. Bacchus (voy.Landon, Ann. du mus. II. 51.).
No. 58. Pluton et Cerbère.
No. 5. Diane et Endymion, (40") par Van CIe, e
(né 1654 à Paris).
No. 60 et 62. Deux beaux chevaux (3" et 9").
No. 61. Venus, le satyre endormi à ses pieds.
No. 4. Pluton enlève Proserpine.
No. 17. L'enlèvement d'une des Sabines; stat.
éq. (18").
No. 22. Vestale.
No. 6. Hercule qui étouffe Antée; très-beau groupe
(2811).
No. 23. Diane à la biche. L'original qui se trou-
19
2*
vait en Italie, fut transporté au musée de Paris (voy.
LaudonViH.151.).
No. 67. Hercule sur un cheval qui se cabre.
No; 25. Vestale. L'original restauré par Girardon
est à Versailles (voy. Landon Aun. de mus. VIII. 151.
et Winkelmanu IV. 5.).
No. 69. Jupiter qui enlève Europe.
No. 91 et 93. Deux chevaux.
No. 8. Borée, enlevant Orythye; l'original a été
commencé par Gasp. Marsy pour les jardins des Tui-
leries et achevé par Ans. Flamen, son disciple; voy.
Landon XV. 123.).
No. 27. 29. La Venus de Médicis (9").
No. 28. Bacchante.
No. 72. Hercule.
No. 30. Léda. ,
No. 73. Un gladiateur (16").
No. 74. Le centaure Nessus.
No. 75. Amphitrite.
No. 76. Junon.
No. 7. L'enlèvement de Proserpine (45"). L'o-
riginal est de Girardon.
No. 78. Bacchus.
No. 2. Statue équestre (58"), ouvrage français.
No. 11. La Renommée et
No. 10. Bellérophon, imitation des statues équestres
de Coisevoix (né à Lyon ] 640), placées aux grilles de
l'entrée des Tuileries.
No. 34 et 36. Nessus enlevant Déjanire; l'ori-
ginal est à Rome.
No. 35. La Fortune.
No. 79. Anadyomène.
No. 81. Athlètes, groupe (16").
No. 83. Vieille sorcière, montée sur un bouc; ,
20
devant elle un diable avec une lanterne; morceau mo-
derne très-singulier, mais d'une bonne exécution.
No. 84. Satyre, les mains élevées.
No. 87. Vénus et 1' Amour; d'Adrien de Vries.
No 89. 90. 94. Mercure, prenant son essort. L'une
de ces statuettes, original de Jean de Bologne, parait
avoir été le modèle de la statue de Florence.
No. 1. Auguste II surnommé le Fort, électeur de
Saxe et roi de Pologiie., Cette statue a été faite par
Wiedemann, d'abord chaudronnier à NordIingen, puis
fondeur à Dresde (t 1754) et fut le modèle de la sta-
tue équestre, exposée sur la place Ville neuve à Dresde.
On y a omis les quatre esclaves enchaînés aux coins
du piédestal que nous voyons ici et qu'on remarque de
même aux statues de Ferdinand 1 à Livourne et du
grand électeur à Berlin. De tels accessoires d'ailleurs
ne marquent point l'esclavage, mais bien un vaste pou-
voir et doivent rappeler des victoires. Pierre Franche-
ville a suivi la même pensée pour la statue de Henri IV
placé sur le Pont neuf à Paris.
No. 9. Hercule et Prométhée; groupe.
No. 97. Athlète.
No. 42. Satyre.
No. 43. Flore.
No. 100. Pan, couvrant son front des deux mains.
No. 19. Bacchus, jeune, monté sur un bouc et
entouré de génies jouant avec des grappes de raisins
- groupe souriant d'après un original à Rome.
No. 45. Cérès.
Nous passons plusieurs autrés bronzes modernes,
bien qu'on y voie des morceaux singuliers.
On remarque, encore dans ce cabinet, 5 gros mé-
daillons de cuivre doré et travaillés au repoussé par !
Damman, orfèvre d'Augsbourg. Ces médaillons repré-
21
sentent les portraits d'Auguste II et de son fils 4uguste
III, électeurs et rois, et de l'épouse du dernier, Marie
Joséphine, fille de l'empereur Joseph I; puis de Frédé-
ric Guillaume 1 roi de Prusse, et de son épouse Doro-
thée, princesse de Hannovre.
En partie les morceaux qui se trouvent dans ce ca-
binet, sont placés sur des piédestaux et sur des consoles
en boule, incrustations de cuivre et d'étain sur un fond
d'écaillé. Boule, tapisier en titre de Louis XIV, a été
le plus habile des artistes qui ont fabriqué des meubles
de cette sorte, auxquels on a donne son nom, (voy.
Jul. Labarde, 1). 393.) rappelant les tems de Louis XIV.
II.
Cabinet des ivoires.
A peu près 500 ouvrages en ivoir, tant sculptés
que faits au tour que nous voyons dans ce cabinet, for-
ment une des plus curieuses collections qu'on puisse
rencontrer en ce genre.
Le goût pour les ouvrages en ivoire, en vogue de-
puis les tems les plus-reculés, où Phidias poussa l'art
de la chryséléphantine au plus haut dégré de perfection
(V. Quatremère de Quincy, Jupiter olympien), s'est tou-
jours conservé depuis le commencement du moyen âge
et la renaissance des arts, l'ivoir a joui d'une grande fa-
veur et a été employé de préférence à toute autre ma-
tière. Les princes et les amateurs s'intéressèrent de
nouveau à ce genre; de là l'élan donné à ces produc-
tions qui excitent toujours notre admiration; de là aussi
l'intérêt que notre cabinet, nous l'espérons, inspirera
au connaisseur.
Auguste, électeur de Saxe (1553—1586) et fonda-
teur de nos collections, était grand 'amatéuf des ouvra-
ges faits au tour; que non seulement il leur accordait
une haute attention, mais qu'il devint même habile ivoirier
et il passait ses momens de loisir à des occupations
mécaniques, amusement ordinaire de plusieurs princes
de son tems. Parmi les traveaux de sa main, qui nous
sont parvenus, il y en a de très-distingués. Son ardeur
23
eu travail lui fit un jour oublier sa longue barbe dont
le tour lui arracha une partie. Ce prince fit venir des
Pays-Bas des maitres tourneurs de réputation, leur fit
arranger un atelier dans son chàteau et les occupa sous
ses yeux. Un grand nombre de coupes, calices, navettes
à encens, gobelets, pyramfdes et colonnes, boites et
tabatières, globes, pots-à-fleurs, etc. etc., variés tant
dans leurs formes que dans leurs dimensions, provien-
nent de Georges Weckhard (celèbre par ses ouvrages
de tour) et de Gilles Lobenigke, et sont signés de mo-
nogrammes de 'ces artistes. Il y a d'autres morceaux
faits par M. Barthel, (fl694 à Dresde) par Balth.
Permoser (f 1732 à Dresde, né en Bavière 1650) et par
Laurent Zick de Nuremberg. Quelques bonnes acquisi-
tions proviennent du cabinet du ministre Comte de Briihl
qui était grand amateur des arts. La plupart des mor-
ceaux de notre collection se distinguent par une déli-
catesse et une -perfection d'exécution, que l'on rencontre
rarement dans les ouvrages modernes en ivoire, et font
admirer la patience des artistes; en même tems ils re-
présentent une époque particulière dans l'histoire des
arts. *)
En passant au côté gauche de l'entrée, nous voyons :
des diptyques ou petites tablettes se repliant l'une
sur f'autre: Remontant à une haute antiquité, elles ser-
virent dans l'origine aux missives secrètes, reçurent
plus tard la destination pour consacrer le souvenir de
l
*) Une singularité qu'on remarque aussi dans les autres collections
de ce genre, c'est que les ouvrages, quelque parfaits qu'ils soient, sout
rarement signés de monogrammes. L'histoire des arts cependant nous
a conservé les noms de ces artistes patients et modestes, qui, peut-être,
à cause de la minutie de leurs productions ne le les estimaient pas
assez, pour leur attribuer une grande valeur vis-à-vis des ouvrages des
brillants génies qui les entouraient.
24
l'élévation de personnages de mérite etc. ou furent envoyé
aux principaux évêques comme témoignage de bienvieiI-
lance et respect envers l'église. Les sculptures qui
ornaient ces tablettes, tiraient leurs sujets des scènes
de l'évangile ou des actes des apôtres. Nos diptyques
sont de la classe ecclésiastique (voy. Gori, thesaur.
diptych. et Labarde p. 23.).
No. 448. Jésus Christ après la résurrection, entouré
des saintes femmes. On y trouve les chiffres grecques,
disposées en lignes verticales ~~c~c~~M (y~~
— bien heureux Vous!) et HANAGTAGIG (?) )Avú,üll/.(Jltç
— la résurrection) (comparez Mionnet: de la rareté des
médailles sq. Sec. Edit. II. p. 505), et sur le revers
une croix de forme latine et les chiffres lli: XG.
JH1. KA.
témoignage de leur origine byzantin et probablement
du 10. siècle. Ces chiffres veulent dire: Jésus Christ
triomphe. On les trouve aussi sur des monnaies et croix
du moyen âge byzantin (voy. d. Saulcy Tab. XXIII.
n. 1. XXIV. n. 6.) Cette pièce (6" d. h..4" d. 1.) forme
la moitié d'un diptique; l'autre moitié manque.
No. 424, diptyque. L'atîoration de Jésus Christ,
par les mages. — La vierge regardant l'enfant Jésus
avec admiration, Saint Joseph en arrière; — plus loin,
un ange annonce aux bergers la naissance du Sauveur,
bas-relief, est apparemment du 13e siècle.
No. 462, diptyque. Marie et l'enfant Jésus.
Il offre deux sujets, La première feuille présente Marie
tenant l'enfant Jésus dans ses bras entourés des anges.
La seconde feuille Jésus Christ sur la croix; dans
le style du 14e siècle.
No. 494, diptyque. Même sujet, se rapprochant de
la manière byzantine.
Quoique l'exécution de la première sculpture No. 448.
t 25
soit assez médiocre, elle indique néanmoins les inspi- -
rations de l'art antique propres aux anciennes, produc-
tions byzantines et se distingue à son avantage de ces
diptyques du 13e et 14e siècle, travaillés en Italie.
Ceux-ci sont petits, percés à jour; le dessin en estroide
et sec et annonce une date ancienne. On y voit encore
quelques traces de dorure et de coloriage et d'autres
marques qui prouvent leur antiquité et leur donnent un
intérêt particulier.
Parmi les morceaux qui annoncent la perfection d'une
époque plus récente, nous voyons:
No. 472. Le Jugement de Salomon.
No. 4S2. Quatre plaques d'ivoire ou médaillons magni-
fiques, représentant la cène, le lavement des pieds, le
Christ devant les juges et l'ascension; ils ont du être
employés a l'ornementation d'un reliquaire.
Les productions les plus distinguées de notre col- -
lection sont les cruches, les hanaps et les-calices, en
partie d'une dimension très-considérable. Le corps en ..-'
est fait d'un seul morceau d'ivoire, orné de sculptures
en bas-relief et d'une belle exécution; les anses et les
garnitures d'argent doré, parfois enrichies de pierreries
et d'émaux dans le style du moyen âge.
No. 124. Cruche de 14" d. h. Hippodamie et le
combat des Lapithes et des Centaures dans le style de
l'école flamande, à la Rubens.
No. 139. Cruche, 10" d. h.; même sujet.
No. 128. Bocal, Judith et Holopherne. -
No. 311. „ 32" d. h., Diane entourée de ses
nymphes. Le pied est formé' par trois figures enlacées
d'une manière très-gracieuse.
No. 102. Cruche, combat de cavalerie.
No. 104. „ les dieux marins.
No. 137. „ les cinq sens; allégorie.
26 - v (
No. 105. 138. Cruche; des bacchanales*
La plupart de ces morceaux sont faits par des ar-
tistes - italiens - çt hollandais à partir du 16e et au J7e
siècle • des monogrammes ne s'y trouvent pas.
, Nous voyons ici en même temps dé belles figures et
des groupes, p. e : -
- No. 459. Groupe de musiciens ivres, à ce qu'on
suppose, par Alb. Durer. *) 1
No. 329. Taureau conduit au sacrifice par deux
hommes, taillé d'après une antique de la Villa Mèdicis
à Rome, par M. Barthel.
No. 87 et88. Hercule et 0 m p. ha 1 e par Permoser.
No. 20. Ecce homo.
No. 16. L'amour maternel..
No. 336. La flagellation. -
No. 258. Curtius, par Lobenigke.
Sur une table- de marbre se trouve:
No. 15. Modèle d'une frégatte hollandaise*
48" d. h. 36" d. 1., toute en ivoire, montée sur un pié-
destal qui représente Neptune et les - chevaux marins ;
morceau d'une très-belle exécution. Sur le corps du hâ-
timent sont délicatement sculptées les généalogies des
princes de Saxe, et sur les voiles d'ivoire les armoiries
de la maison régnante. Les canons et les cordages sont
en or. Jacques Zeller, artiste des Pays-Bas, a fait cet
ouvrage en 1620. - -
No. 36. Petit squelettejTun corps humain., tra-
vaillé par Angermann en 1672.
Plusieurs chaînes et chaînettes-suspendues nous font
admirer l'habileté et la patience des sculpteurs. **)
- *) Il n'est pas sûr que Ali). Durer ait travaillé en ivoire. Le Kg'ir
au moins le prétend. (Monum. français, III, 42.)
**) Déjà les Bretons - ont porte des chaînes et les femmes fontaines
des brasselets ea ivoire. (Montfancon, V, 53.) -
y
27
Voici trois morceaux assez curieux:
No. 316. Corne à boire en forme de brochet,
21" de longueur;
No. 59. Gobelet orné d'anneaux mobiles, fins comme
le poil, et
No. 57. Gobelet qui ne semble pas être en équi-
libre, et qui pourtant est tourné d'une manière si arti-
ficielle que le centre de gravité n'est point déplacé.
No. 470. La descente de Lucifer et les dé- -
mons entraînant avec eux les âmes des damnés. Ce
groupe composé de plus de 100 figurines, travaillées à
jour, est d'un seul morceau d'ivoire de 16" de haut sur
8" de large. L'on connait ce sujet singulier en marbre,
ouvrage de A. Facciolato (f 1650) lequel se voit à Pa-
doue au palais Papafaba; le nôtre parait en être la co-
pie et l'idée de la composition rappelle le jugement
dernier de Michel Ange. — Ce morceau est environné
d'une guirlande de fleurs d'argent, délicatement travaillée.
No. 274. Toilette en forme d'éléphant, et
No. 275. Ecritoire datant du 16e et 17e siècle.
No. 361. Scaramouche; No. 369. Bandit, se dé-
tachant d'un fond de velours noir, et No. 359. Mendiant,
et plusieurs autres, sont des tableaux en Relief d'une
grande perfection.
No. 366. Lucrèce va se donner la mort.
No. 110. Bocal; les reliefs représentent Neptune
et Amphitrite, travail excellent du 16e siècle.
No. 129 et No. 257. Bocaux; scènes de chasse.
No. 11S. Grand Groupe (de 60" de haut). Le sa-
crifice d'Abraham. Le patriarche ayant tiré le cou-
teau sacré lève les yeux au ciel — Isaac, dans l'atti-
tude de la résignation assis sur le bûcher — L'ange
qui empêche le sacrifice — Ce morceaux est exécuté
par Simon Troger, sculpteur qui vivait en Bavière, t 1
28
en 1769. (Mr. Murr fait mention d'un triomphe de Bac-
chus, morceau de Troger, qui se trouvait à Nuremberg
et qu'on estimait 1000 ducats.) Cet artiste fut protégé
par son souverain Maximilien III., électeur de Bavière,
qui envoya à la cour de Dresde ceux de ses ouvrages
que nous voyons ici. Troger se servait d'un bois brun
pour les draperies et pour les accessoires de ses figures,
à l'instar des monumens en ivoire et en or de l'anti-
quité. - Les yeux des figures sont d'émail; l'effet en est
singulier, mais la manière de placer des yeux d'une
autre matière que celle de l'ouvrage même est ancienne
(voy. sur ces ouvrages bicolores : Quatremère de Quincy,
le Jupitre olympien; voy. Heine, Hirt, Winkelmann).
No. 112. Des figurines du même genre, de Krabens-
berger, autre sculpteur bavarois, qui excellait à faire
des bohémiens, des lazzarcyris, etc.
Parmi les tableaux se distinguent: *
No. 133. Saint-George et le Dragon;
No. 483. Centaure, sculpté par Andr. Pozzi, et
No. 259. Diane, surprise au bain d'Actéon. Les
figures prises dans la partie inférieure de la dent de
l'éléphant, se détachent presqu'entièrement du fond
(cadeau fait en 1618 par le duc Philippe de Saxe-
Weimar).
Puis les portraits des comtes 0. et C. Koenigs-
mark (No. 426), et de Melch. de Polignac (No. 433).
No. 314. Le Christ sur la croix, de grandeur
demi naturelle, a été fait à Dresde en 1737 par Lucke.
No. 315. Lavoir, sur le bord duquel des gravures,
petits médaillons, représentent les métamorphoses d'Ovide,
par Copé Fiamlingo, artiste des Pays-Bas travaillant à
Rome (f 1610). L'aiguière qui appartient à ce lavoir,
est d'une forme gracieuse et prise d'une énorme corne
de cerf.
29
No. 318. L'enlèvement de Proserpine, grand
groupe de 40" d. 1. et 36" d. h. par Troger. Pluton
sur un char attelé de dragons; Cyane effrayée, com-
pagne de Proserpine; Hymen au flambeau, volant en
avant du char; Cupidon; Cerbère (Othrus) couché auprès
du dieu des enfers.
--- No. 333. Deux têtes de chevaux, bas-relief de
Mich. Ange. V -"
No. 202 et 203. Deux têtes inconnues.
No. 1. Portrait du Pape Innocent XIII;
No. 2. La Sainte-Vierge, et des bas-reliefs
allégoriques (No. 297 et 298) attirent l'attention par
le fini du travail.
Mais il y a aussi des curiosités très-remarquables,
p. e. les boules à la chinoise, qui renferment dans
leur intérieur des objets de sculpture. Nous en avons
une qui contienne 19 boules et pièces, l'une enfermée
'et travaillée dans l'autre. Une colonne faite d'un seul
morceau d'ivoire et formée par des anneaux enlacés
l'un dans l'autre, prend le même rang parmi les difH-'
cultes mécaniques. La plupart de ces morceaux ont été
travaillés par des maitres de Nuremberg et particulière-
ment par Laurent Zick (f 1666) et par son fils Etienne
(t 1715).
No. 319. Crucifix, 18" d. h., cadeau venu de l'I-
talie en 1744. On veut attribuer ce bel ouvrage à M.
Ange, cependant il semble être de Balthasari ou d'un
autre de ses disciples distingués.
Sur la même table se trouvent des curiosités d'une
rare finesse, ouvrages de patience, travaillées par des
artistes modestes p. e. des poignées de cannes, manches
de couteaux, à la mode du tems de Henri IV. en France
[ (voy. Aussy, vie privée des Français) — 15 tabatiè-
res et des boites qui renferment de jolies bagatelles
30
en ivoire. Deux de ces tabatières sont un ouvrage du
Czar Pierre-le-Grand.
No. 447. Plante, travail chinois.
No. 322. Enfant couché et endormi, par B.
Permoser.
No. 420. Pipe d'ivoire, ornée de belles sculptu-
res; couteaux, fourchettes et cuillers à manches
sculptés dans le même genre, sont particulièrement dans
le goùt du siècle de Henri IV. (V. Aussy, vie privée
des Français.)
� No. 421. Coffret à tiroirs, espèce d'écrin d'une
très-belle exécution, et qui appartenait à l'électrice Ma-
delaine Sybille, épouse de Jean George II. ,
12 cuillers en ivoire sculpté, du genre dont à ce
qu'on croit, se servaient les moines des ordres mendiants,
lorsqu'ils allaient prendre leur repas hors du couvent
dans des maisons opulentes.
No. 337. Ouvrage moderne: Coupe de corne de
cerf, ornée de sculptures très-délicates qui représentent
une scène de chasse à Mauricebourg, d'après un tableau.
Les figures principales y sont: feu le roi Frédéric Auguste
et son frère Antoine. Ce morceau et deux chandeliers
de corne de cerf, dans le même genre, ont été sculptés
par Guillaume Schulze à Meiningue.
Nous passons de l'autre côté à des objets qui cor-
respondent à leurs vis-vis que nous venons d'examiner.
No. 334. La sainte famille, et
No. 98. L'émigration en Egypte, sont des ta-
bleaux dont l'antiquité se fait reconnaitre d'abord.
No. 132. La descente de la croix.
Suivent maintenant des figures et des groupes, p. e.
No. 330. Cheval attaqué par un lion, sculpté par
M. Barthel d'après une antique qui se trouvait dans le
palais Conservatori à Rome.
31
No. 332 et 134. Deux petits chevaux, par B.
Permoser.
No. 131. L'Amour, d'après le Corrège.
No. 460. Petits bustes des rois Auguste II et Au-
guste III.
No. 313. L'art en décadence, allégorie par J. C.
L. Lucke, artiste du commencement du 18e siècle.
No. 89. Enlèvement d'une des Sabines d'après
l'original de Jean de Bologne, exposé sous l'une des
arcades de la Loggia di Lanzi à Florence. Ce beau
morceau qui a 1011 d. h. est du célèbre Permoser, et
représente d'une manière frappante dans les trois figures
les expressions des fortes émotions, de l'àme et en même
tems les trois âges ; dans la fille enlevée la jeunesse
et la crainte, la vieillesse et le désespoir dans son père, -
s'opposant en vain à l'enlèvement ; l'àge mûr et la pas-
sion fouguesse dans le guérrier vigoureux.
No. 331. Jupiter sur son aigle.
No. 323-326. Les quatre saisons figurées, ont
été travaillés par le même artiste.
Parmi les coupes et les cruches placées de ce cùté
nous voyons:
No. 92. La vérité, statuette, tenant à la main un
miroir.
No. 106 et 107, reliefs. Diane entourée des nym-
phes, scène semblable à celle que nous avons remar-
quée No. 311. Cependant l'exécution de ces ouvrages
est moins parfaite et d'un tems plus moderne; ils font
partie de notre collection depuis 1684. Tous les deux
sont ornés de pierreries.
No. 100. Les vierges folles et les vierges
sages; 25" d. h.
No. 126. Apollon et les Muses.
No. 127. Saturne etc.
32
No. 285. Hercule.
No. 103 et 308. Combats.
No. 317. Les dieux dans l'Olympe.
No. 140 et 310. Bacchanales.
No. 309. Le triomphe de la religion.
Il a fallu nous borner à indiquer les morceaux les
plus distingués, cependant il en reste encore assez
d'autres qui doivent captiver l'intérêt des curieux et des
hommes de métier, tant par l'exécution que par la
singularité. La richesse et la variété de cette collec-
tion sert même de guide pour l'étude de cette branche
da la sculpture qui est une des plus anciennes *).
Malheureusement la fragilité de l'ivoire est cause qu'on
trouve rarement des ouvrages antiques; l'humidité cor-
rosive de l'atmosphère et le soleil exercent en même
tems une influence très-défavorable sur l'ivoire, ce qui
rend aussi la conservation d'une si nombreuse collec-
tion extrêmement pénible, et demande une grande
attention et des soins continuels. Les taxes et les
comptes qu'on a trouvés, attestent la grande valeur
de la plupart de ces objets. Entre autres une des
cruches a été payée 2400 francs, sans compter les
riches garnitures en or et en émail; c'était une somme
trés-considérable pour ce tems-là. D'autres morceaux
ont coûté 1000-1500 francs.
La salle a été décorée en 1723 par Reinoh, ar-
liste qui s'appliquait à imiter le marbre.
*) Déjà du tems de la guerre de Troie on avait une grand prédi-
lection pour -les" sculptures en ivoire.
3
m.
Salle des mosaïques et des émaux, de
la collection d'ambres jaunes, de nacres
de perles, coraux, etc.
Nous voyons vers la droite de l'entrée une collec-
tion d'oeufs d'autruche naturels. Quelques-uns
sont ornés de têtes, d'ailes et de pieds en or et en ar-
gent, de manière à représenter l'oiseau même, d'au-
tres sont avec gravures. Ces oeufs servaient un jour
de coupes de cérémonie, de bouteilles, de sucriers etc.
Les amateurs des mosaïques en trouvent dans ce
cabinet une belle collection de 51 numéros en tous
genres. Une belle table en mosaïque ancienne de Flo-
rence (in pietra dura), avec des fruits etc. en relief,
est un morceau très-rare. Ces sculptures polychromes
de hautrelief, découpés dans la forme des objets, qu'elle
reproduit et exécutés en pierres dures ont été employé
à la décoration des meubles depuis Cosme I. à Florence.
Notre table — et un coifret — et un petit tableau qui
- représente toutes sortes des fruits, — montrent cette
espèce, improprement nommée mosaïque , inventée par
Pomp. Sarini.
En avancant nous voyons ici encore une collection
de conques, pour la plupart des nautiles (Nautilus
pompilius. Linné), employées sous des formes très-
variées et bizarres, dans le goût oriental, représentant

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin