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Le Mois de la Vierge, fleurs poétiques offertes à Marie, par Mlle R.-Aglaé de La Pinière

De
148 pages
impr. de Merson (Nantes). 1864. In-18, 170 p..
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LE
MOIS DE LA VIERGE
FLEURS POÉTIQUES OFFERTES A M1R1E
H
PRÉFACE
Lorsque toutes les chaires de l'Église catholique
retentissent des louanges de la Reine du Ciel, pendant
ce beau Mois consacré à Marie, alors que les habitants
du plus humble village, de même que ceux des plus
opulentes capitales, s'empressent autour des autels de
la Vierge, pour la chanter et la bénir, la poésie ne
saurait se taire. Trop dédaignée peut-être, dans un
siècle positif et industriel, elle proteste contre le ma-
térialisme et le réalisme qui veulent la proscrire, et'
réclame droit de cité.
Permettez à une humble voix d'unir son hommage
au concert universel de la Catholicité, et daignez,
— G —
lecteurs., accueillir avec indulgence ces vers inspirés
par un ardent amour pour la Mère de Dieu.
Cet ouvrage, qui est plus poétique que méditatif,
n'a pas été fait dans l'intention d'exciter la piétié des
fidèles pendant qu'ils sont dans le sanctuaire auprès
des autels de la Vierge, mais d'occuper les moments
de leurs loisirs à lire des poésies à la louange de cette
tendre Mère. En célébrant ses divines perfections et
ses suprêmes prérogatives, l'auteur exprime l'admi-
ration, la vénération et l'amour qu'il éprouve pour
cette Reine du Ciel et de la terre- : hommage qu'elle a
si bien le droit d'attendre de tous. Enfin, en parlant
de Marie à ceux que les embarras des affaires ou les
préoccupations du monde éloignent de ses autels, il
espère encore faire vibrer dans leur coeur un hymne
d'amour qui lui soit agréable.
L'auteur dédie ces poésies en l'honneur de la Vierge
à Sa Sainteté le Pape Pie IX, comme un témoignage
du profond respect, de la vénération qu'il éprouve
pour le Chef de la Catholicité, et de sa sympathie pour
la justice des droits qu'il revendique.
Puisse le Chef de l'Église catholique, dont le pon-
tificat a été illustré par la promulgation du dogme
sacré de l'Immaculée Conception et éprouvé par les
événements qui ont causé la perle d'une partie de ses
États, accepter ce faible hommage qu'une humble
admiratrice de la Vierge rend au Pape qui a le plus
glorifié Marie, par la sanction du dogme qui la déclare
exempte de la tache du péché originel.
L'auteur recommande ces essais poétiques à la bien-
veillance de Monseigneur Alexandre Jaquemet, évoque
de Nantes, à Monsieur l'abbé Fournier, curé de Saint-
Nicolas de cette même ville, ainsi qu'aux nombreux
serviteurs de la Vierge, qui célèbrent si heureusement,
tous les ans, les vertus de la Mère du Verbe, ses admi-
rables attributs, et qui savent si bien la faire vénérer
et chérir par les Catholiques, en déposant à ses pieds
l'éloquent témoignage de leurs louanges et de leur
dévotion. Il espère que le Mois de la Vierge sera
bien accueilli par les Enfants de Marie, par cette jeu-
nesse qui aime tant à entourer ses autels et à chanter
ses louanges.
Dans l'Épilogue qui termine ce livre, l'auteur rend
hommage au Souverain dont la vaste pensée avait
conçu le projet de la Confédération italienne, en lui
donnant le Pape pour président, auquel il conservait
les États de l'Église, en même temps qu'il maintenait
d'autres droits non moins "légitimes. Il termine en fai-
sant des voeux pour le maintien du pouvoir temporel
de la Papauté ; le respect du droit étant, à son avis, la
base de l'ordre social et la garantie de la propriété de
chacun.
Au point de vue de l'auteur, Rome, siège du gouver-
nement papal et capitale de la Catholicité, n'en appar- •
tient pas moins aux Italiens, qui doivent être fiers de
— 8 —
la grandeur d'une ville si célèbre qui, après avoir été,
sous le paganisme, la capitale de l'Empire romain,
ajoute à ses anciennes gloires celle d'une suprématie
morale et religieuse, en devenant, sous le catholicisme,
une capitale universelle. Les Italiens ne sont-ils pas,
ainsi que tous les Catholiques, nés dans le sein de cette
religion qui, par la morale de son Évangile, resserre
les liens d'amour et de fraternité entre tous les mem-
bres de la grande famille humaine?
ÉPITRE DÉDICATOIRE
A Sa Sainteté le Pape Pie IX
Pontife vénéré, cher au coeur catholique,
Dont la suprême voix, romaine, apostolique,
En usant des saints droits de votre Papauté,
Donna naguère au Monde un dogme respecté !...
0 vous, heureux et fier de l'honneur de Marie,
Quand je mets à ses pieds mes fleurs de poésie,
Laissez-moi les répandre aux marches de l'autel
En célébrant le Mois de la Reine du Ciel?...
Je ne suis, il est vrai, qu'une indigne servante;
Mais la Mère du Christ a comblé mon attente.
En m'inspirant ces chants pour honorer son nom,
Elle a mis dans mon coeur un principe fécond!,..
Je chante ses vertus, sa bonté, sa puissance,
Sa douce charité, sa divine clémence,
Ce don si merveilleux que le Monde acclama,
Que sur le Vatican votre voix proclama :
— 10 —
La Mère de Jésus, la Vierge Immaculée,
La Reine universelle au Monde révélée h..
Daignez, ô saint Pontife, approuver en ce jour,
Cet hommage du coeur et cet hymne d'amour.
J'y dépose les voeux de mon coeur catholique.
Marie exaucera ma très-humble supplique !
Puisse le Souverain de notre beau pays
Vous laisser les Français, vos courageux appuis !...
Que la Reine du Ciel, patrone de la France,
Comble de vos souhaits la plus chère espérance !...
Je vous dédie, ô Père, ô vénéré Pasteur,
Ces vers chantant Marie et le saint Rédempteur!
À vous qu'elle a choisi pour proclamer naguère
La Vierge Immaculée aux peuples de la terre;
A vous, que le malheur rend plus fort et plus grand,
A vous, Pontife saint, dont le Dieu tout-puissant
Inspire la prudence et la haute sagesse,
Lorsque l'adversité vous trouve sans faiblesse ;
A l'autel de Marie, en priant à genoux,
Je mets cette corbeille et je l'offre pour tous:
Pour le Chef de l'Église et le pécheur infime!...
Du plus bas de l'échelle arrivant à la cîme,
Je prie un Dieu puissant, du haut de sa splendeur,
D'étayer la faiblesse ainsi que la grandeur !...
Le Verbe est le lien qui réunit les âmes :
Sa charité divine a d'immortelles llammes.
— H —
Heureux les coeurs brûlants de ce divin progrès !
C'est là du vrai bonheur la clef et les secrets!...
Oht puissent tous les coeurs y puiser en ce joui-
La douce paix du Christ, l'union et l'amour !...
Daignez, Pontife saint, accepter cet hommage,
De mon coeur catholique infime et faible gage.
Recevez de mes voeux les timides accents.
Votre paternité, si chère à vos enfants,
Est le lien si doux, la chaîne révérée
Que nous laissa du Christ la voix sainte et sacrée !...
Pierre du monument dont le faîte est aux cieux,
D'un édifice saint, fondement précieux,
Rien ne peut ébranler de vos bases profondes
Le ciment ralliant les humains et les mondes.
Vos enfants alarmés, en resserrant leurs noeuds,
Se massent près de vous. Leur amour et leurs voeux.
De votre Papauté simple et belle couronne,
Pendant le Mois charmant de la sainte Madone,
S'étayant sur le coeur humble, doux et pieux,
Soutiennent votre trône et vos droits glorieux !...
ÉPITRE
A Mgr Alexandre Jaqu.em.et,
EVEQUE DE NANTES.
Pasteur dont l'amour et le zèle,
La piété, le vrai savoir,
Guident l'âme pure et fidèle
Dans la sagesse et le devoir;
Vous dont la science profonde
Érige, élève autour de vous
Une pépinière féconde
Dont les fruits mûrs vous seront doux I...
Dans ces jeunes coeurs la semence
De votre enseignement divin
Fera germer en abondance
La riche moisson du bon grain.
En priant la Vierge Marie
De vous conserver la santé,
Us écoutent la voix bénie
— 14 —
Dont ils aiment l'autorité.
Vous dont la puissante houlette
Nous indique l'étroit chemin,
Suis-je la brebis inquiète,
A laquelle tendant la main,
Vous indiquez les pâturages
Où votre bercail vit en paix,
En donnant de précieux gages,
Arrhes pour le Ciel, doux bienfaits?
Au poète l'espace et les^bruits de la terre.
Je veux mêler ma voix à celle des .humains ;
Heureuse si je puis, d'un coup d'oeil tutélaire,
Leur découvrir l'abîme aux plus sombres chemins I...
J'admire avec respect les colombes du cloître ;
Mais le voile, jamais, ne doit orner mon front.
La plante de Bretagne au soleil aime à croître :
D'un baume ou d'un parfum le Seigneur lui fit don.
Il lui faut propager une utile semence ;
Est-elle céréale, arbre ou faible arbrisseau,
Elle doit apporter du grain en abondance,
Ou la fleur la plus fraîche, ou le fruit le plus beau.
Elle vit, elle meurt en buvant la rosée',
En respirant l'air pur, en aimant le printemps.
Moins heureux qu'elle, hélas ! la vieillesse imposée
Nous courbe sous les lois inflexibles du temps.
La voix du poète est sonore:
Laisssez-là vibrer aux échos.
— 15 —
Le Très-haut, que son coeur adore,
Tira le rayon du chaos.
Quand, par lui sa tête est touchée,
Pour parler à l'humanité,
Mon âme, vers Dieu, s'est penchée
En acceptant la vérité.
Ecoutez une voix infime
Qui s'inspire de sa beauté.
De votre grandeur magnanime
J'implore avec simplicité
Un accent, un mot favorable,
Étayant sur votre bonté
Ces fleurs d'un parfum agréable
Écloses pour la vérité.
Daignez mettre cette couronne
Sur le front le plus glorieux ;
La puissante et douce Madone
Ne repoussera pas mes voeux.
Elle excusera ma faiblesse
En faveur de Votre Grandeur ;
Elle accueillera ma tendresse,
Et je vous devrai ce bonheur I
ÉPITRE
A Monsieur l'abbé Fournier,
CURÉ DE SAINT-NICOLAS, DE NANTES,
Grand-vicaire honoraire de l'archevêché de Rennes.
0 vous dont la sainte parole
Est chère à la reine du Ciel,
Votre éloquence est le symbole
D'un pain fort et substantiel.
Nous y trouvons la nourriture
Pour notre esprit, pour notre coeur.
Votre morale sainte et pure
Rend l'argument toujours vainqueur !...
Vous qui tous les ans, à Marie,
Consacrez vos nobles accents,
Ecoutez une voix qui prie
En offrant un trop faible encens!
Je' mets sous votre patronage
— 18 —
Ce bouquet offert à l'autel.
Marie acceptera ce gage
En répondant à votre appel ;
Ces humbles fleurs dé poésie,
Couronnant le plus chaste front,
Recevront la sève et la vie
A l'ombre de votre renom.
],E
MOIS DE LA VIERGE
FLEURS POÉTIQUES OFFERTES A MARIE
PROLOGUE
Salut, ô Mois charmant, réveil de la nature,
Symbole d'espérance et d'immortalité;
Tu revêts tous les ans ta nouvelle parure
Et chacun rend hommage à ta fraîche beauté.
Je reprends mes pinceaux et j'accorde ma lyre.
Que la Vierge bénie, en écoutant mes chants,
Enflamme mes accents, me transporte et m'inspire :
Les vertus et les fleurs ont des charmes touchants !
Les parfums de nos prés sont un encens sublime ;
Les concerts de nos bois s'élèvent vers les cieux ;
La Vierge, sur le mont, en dominant l'abîme,
Voit à son humble autel prier les coeurs pieux !
— 20 —
Dans les champs, au hameau, dans la cité superbe,
Dans le palais des rois, sous le chaume, aux vallons,
S'élève un saint Autel. Qu'il soit de marhre ou d'herbe,
La Vierge aimée y règne en accueillant nos dons !
Douce Marie, ô bonne Mère,
Protégez ce vaste univers.
En votre pouvoir on espère,
Vous, Madone, Étoile des Mers t
Du haut du ciel jetez sur terre
Un regard de maternité :
Voyez la discorde et la guerre
Menacer notre humanité.
Soyez l'olivier symbolique :
Apaisez les sombres fureurs;
Que notre Église Catholique
Triomphe des vaines erreurs.
Vous, le Phare du port sublime
Vers lequel voguent les humains,
Vous dont la bonté magnanime
Dirige les puissantes mains I
Soutenez la barque de Pierre
Contre l'ouragan furieux ; ,
Ecoutez la sainte prière,
Exaucez le pasteur pieux !
Enfants de la môme famille,
Resserrons les noeuds les plus doux.
— 21 —
Slir le rail l'étincelle brille :
C'est l'étoile du rendez-vous !
Remontons la chaîne des âges
Jusqu'à l'auguste vérité ;
Là, Pierre nous laissa ses gages :
Les clefs du Ciel et l'unité.
Au Dieu qui flétrit l'esclavage
Et proclama la charité,
Nous offrons un sincère hommage :
Son coeur veut la fraternité.
Respect du droit,, honneur, justice,
Notre amour, notre encens, nos fleurs.
En rendant la Yierge propice,
Cimentent l'union des coeurs.
Qu'en ce Mois si doux de Marie,
Les coeurs pieux à votre Autel,
En priant leur Mère chérie,
Adorent le Verbe immortel !
Enfants, tressez votre guirlande,
Apportez les fleurs du printemps ;
Vierges, déposez cette offrande
Que l'abeille extrait de nos champs !
L'aubépine est en fleur et le ruisseau murmure,
Le nid sous la feuillée a de timides voix ;
Tout chante au Créateur l'hymne.de la nature :
Lïnsecte sous la feuille et l'oiseau dans les bois !
Le Christ a triomphé : sa tombe ouverte et vide
2
— 22 —
Proclame à l'univers le Rédempteur divin ;
Le monde entier tressaille, et, de bonheur avide,
Il place sur l'Autel la Mère au chaste sein 1
A sa Virginité rendant un pur hommage,
Le Mois charmant des fleurs rassemble ses enfants.
Recevez, ô Marie, une prière, un gage :
Les cantiques pieux et les chants triomphants.
Pour vos Autels, aimable Vierge,
Les doux parfums, le pur encens,
Les fleurs, la verdure et le cierge,
Les saints et glorieux accents.
La voix qui vous proclame belle,
Immaculée et Reine aux Cieux,
Vous, l'Arche de la loi nouvelle,
Mère de Jésus glorieux;
De Mai recevez les prémices.
Nous vous demandons en retour
Les trésors des saintes délices
Et les bienfaits du pur amour.
Premier dow.
INVOCATION A MARIE
Le premier jour de Mai nous rassemble à l'autel.
Offrons tous des fleurs à Marie.
Dans l'univers entier son nom est immortel.
C'est la Reine bonne et chérie !
Du séjour des Élus, planant sur cette terre.
Dominant l'Océan, les cités, les hameaux,
Elle veille sur nous, cette admirable Mère :
Saluons en ce jour, deux glorieux berceaux.
Le premier nous donna la Vierge Immaculée,
Épouse de l'Esprit, Mère du Rédempteur,
Fille du Tout-Puissant, belle, chaste et voilée.
Admirons à la crèche un Fils du Créateur !...
C'est le second berceau, le suprême miracle.
La Fille de David honore ses aïeux !...
Son coeur brûlant d'amour ne connaît nul obstacle :
C'est un joyau brillant qui charme tous les yeux I...
Elle a reçu les dons de l'Esprit-Saint lui-môme :
Humilité, douceur, chasteté, pur amour t...
Pour notre humanité c'est un présent supôme ;
Que nos fleurs et nos chants la fêtent tour à tour 1...
— 24 —
0 fille d'Israël, dans la Sion nouvelle,
De l'antique Sion nous célébrons l'honneur.
L'Ange du Seigneur, se couvrant de son aîle,
Saluait, plein de foi, votre sainte grandeur.
De Mai nous chérissons la ravissante aurore,
La beauté printannière et le riant destin ;
A l'autel de Marie est un écho sonore :
La prière et l'amour n'y vibrent pas en vain t...
Arrivant à Jésus par le coeur de Marie,
Elle invoque, elle implore, elle touche, elle obtient.
Mère du saint Espoir, ô Madone chérie,
Soyez de vos enfants la force et le soutien !...
Chrétiens, un jour nouveau se lève :
Mai fleuri fait battre les coeurs ;
Tout germe, et cette heureuse sève
Recèle les fruits sous les fleurs.
Une riche et vaste corbeille, .
Offerte à la Reine des Cieux,
Est la gracieuse merveille
De Mai, don cher et précieux.
Beau jour, ta ravissante aurore,
Déployant ses fraîches couleurs,
A fait vibrer un luth sonore :
L'harmonie inspire les coeurs !...
Mai verse dans les frais calices,
La rosée au prisme brillant ;
— 25 —
Les doux parfums ont leurs délices,
Et les vertus ont leur aimant !...
Aux pieds de la chaste Marie,
L'adolescente aux blonds cheveux,
Avec amour invoque et prie;
La jeune mère y fait des voeux !...
L'âge mûr voit près de la Vierge
L'arc-en-ciel d'un saint avenir;
Le faible enfant offre son cierge,
La vieillesse son souvenir !...
Marie, apaisez les orages,
Vous, notre espoir; vous, notre amour;
A vous nos coeurs et nos hommages,
A vous nos voeux dans ce beau jour !...
Le soleil finit sa carrière
Quand commencent nos chants du soir :
Recevez l'encens, la prière,
Par ce magnifique encensoir !...
deuxième §out>
L'AVE MARIA.
Le soleil s'est levé sur la nature entière,
Pour la seconde fois éclairant Mai fleuri;
L'oiseau gazouille et chante une douce prière :
Sa voix célèbre un Dieu qui veille sur son nid !
Chacun a travaillé, fécondant la journée,
Chacun à l'édifice apporte son labeur ;
Sous le soleil de Mai la fleur des champs fanée
A la brise du soir demande la fraîcheur.
Suivons dans les sentiers les lestes jouvencelles :
La cloche les appelle aux chants pieux du soir ;
Bergère et châtelaine ont les fleurs les plus belles.
Leurs parfums précieux, doux symbole d'espoir,
Comme le pur encens s'élevant vers la Vierge,
Pour la seconde fois célèbrent votre nom.
La jeune fille espère en vous donnant son cierge ;
Marie avec amour reçoit ce faible don.
Jadis, avec ferveur, se tenant dans le temple,
Elle a paré l'autel, elle a filé le lin ;
Plein de foi, notre coeur en secret la contemple.
Parons son front si pur, ornons son chaste sein.
Du second jour de Mai la nuit déjà se lève :
— 28 —
L'étoile brille aux Ci eux comme un flambeau divin.
Que notre Ange gardien nous montre dans un rêve
La Vierge nous guidant de sa puissante main.
Aimable Vierge immaculée,
Astre promis au genre humain.
A Fâme aride et désolée
Donnez un lait pur et divin.
Vous, l'espoir de l'Eve coupable
Qui nous avait donné la mort,
Venez, soyez-nous secourable,
0 vous, la Mère du Dieu fort!...
Je vous vois, ô fleur printannière,
Dans ce berceau qu'Anne chérit.
Une douce et sainte prière
Monte vers le Dieu qui bénit.
Anne admire dans le silence
Le présent que lui fait son Dieu.
Beau lys, symbole d'innocence,
Vos racines sont au saint lieu.
Charmante enfant, Anne vous berce;
Zacharie admire à son tour
La Vierge qui brave et renverse
L'esprit du mal au noir séjour.
Approchons-nous près de Marie,
Berçons-la dans son saint berceau.
Fraîche fleur et fille chérie,
Que son destin est grand et beau I,..
il ramèine ôour.
MARIE DANS LE TEMPLE DU SEIGNEUR
Pour la troisième fois nous chantons l'Innocence,
Cette Vierge, admirable en sa simplicité,
Faible enfant servant Dieu dans la paix, le silence,
Lui consacrant son coeur et sa virginité..
Grandissant en vertus, en prudence, en sagesse.
Rien n'égale Mario en céleste beauté.
Elle a reçu de Dieu, les dons de sa largesse,
Et lui rend ces trésors par son humilité'.
La Vierge offre au Seigneur amour, obéissance ;
Elle implore, elle prie et demande au Très-Haut
D'inspirer à son coeur dévouaient, confiance;
Elle aspire à ce Ciel si splendide et si beau !
Les rayons du soleil ont doré le nuage,
L'astre est au sein des mers et dans l'immensité :
ïl se cache à nos yeux, nous laissant le présage
Du soleil sans couchant fait pour l'éternité !
En commençant un saint cantique,
Célébrons la Vierge du Ciel;
Suivons la légende biblique,
Saluons l'astre sans pareil
— 30 —
Annonçant la fin de Forage,
Reflétant des prismes plus beaux :
C'est l'arc-en-ciel du dernier âge
Présageant des destins nouveaux.
0 Marie 1 aimable et fidèle,
Au temple où vous servez un Dieu,
Rien ne peut égaler le zèle
Que vous déployez au saint lieu !
Colombe au sublime mystère,
Votre sainte virginité
A fait germer sur celte terre
Un Fils, Dieu dans la Trinité.-
Le Seigneur voit votre jeunesse
Se consacrer à ses autels ;
Il accepte votre tendresse,
Il vous fait des dons immortels.
L'Esprit-Saint déjà vous contemple
Comme l'Épouse de son choix,
Lorsque sur les dalles du temple
Vous méditez les saintes lois.
3 mai.
Huahtème four.
MARIAGE DE LA VIERGE
Toujours à vos Autels, Vous nous verrez, Marie;
Votre nom, humble et doux, est cher à vos enfants.
Nous avons célébré votre enfance chérie,
Lorsque du peuple hébreux vous écoutiez les chants !
Fille de Zacharie, Anne, une sainte Mère,
Vous guide vers le Ciel où tendent vos désirs.
Consacrant au Seigneur une fille si chère,
Anne veut vous donner les célestes plaisirs.
Astre resplendissant, en saluant la Vierge,
Vous éclairez nos yeux comme un divin flambeau.
Votre vive clarté, près du débile cierge,
Tel qu'un cèdre orgueilleux près du faible arbrisseau,
Laisse au rayon douteux sa lueur vacillante.
Chacun, vous honorez la Mère des humains,
La Vierge écoute aussi l'âme sainte et fervente,
Et le bruissement des plus faibles essaims.
Le cèdre du Liban, dans sa force orgueilleuse,
Dédaigne l'arbrisseau qui borde le sentier:
Celui-ci, balançant sa tige gracieuse,
- 32 -
Au pied du mont biblique où fleurit l'arbre altier,
Voit ramper à ses pieds une humble pâquerette:
De la plante éphémère il plaint l'humble destin.
0 fille du printemps, chère et douce fleurette,
Humide de rosée au souffle du matin,
Le regard du Très-Haut te garde et te protège !
Le cèdre séculaire ou le frêle roseau
Que l'orage menace ou l'ouragan assiège,
S'appùyant comme toi sur le bras du Très-Haut,
Ont trouvé leur appui dans cette Providence
Qui veille aux nations comme au nid de l'oiseau I
Grand miracle de foi, d'amour et d'espérance,
Vous qui donnez au Monde un principe nouveau,
Nous honorons en Vous cette Mère du Verbe
Que l'Ange salua dans sa virginité.
Fleur aux parfums exquis qui se cache sous l'herbe,
Vos vertus, ces senteurs trompant l'humilité,
Attirent les humains sur vos divines traces.
Lorque nous contemplons votre immense splendeur,
Le trésor précieux de l'amour et des grâces
Exalte notre amour, embrase notre coeur !
Tout suit du Créateur la loi sainte et sublime :
Le splendide univers chante un hymne divin.
Le Verbe du Très-Haut est le don magnanime
Qui germera pour nous dans votre chaste sein !
Fille d'Israël, ô Marie!
Quel honneur vous est destiné !
— 33 —
Quand un fils des Hébreux vous prie
' De former un noeud fortuné,
Il saura que voire innocence,
Chérissant la virginité,
"S'est donnée à Dieu dès l'enfance
Par un saint voeu de chasteté.
Quel sera cet époux fidèle,
Qui, possédant un tel trésor,
Saura respecter un saint zèle,
A la Vierge unissant son sort?
Joseph, cet Hébreux, seul est digne
D'être un époux chaste et pieux,
Il reçoit la faveur insigne
Du présent que lui font les Cieux!
On vous marie, ô belle Vierge,
A ce Joseph que-Dieu chérit.
Le lévite allume le cierge
Et le Grand-Prêtre vous bénit.
Vous suivez la loi de Moïse,
Quand vous jurez fidélité:
Au Seigneur votre âme soumise
Gardera la virginité.
Vierge, protégez l'épousée
Priant à l'autel de l'hymen.
Que la fleur d'oranger posée
Sur son beau front et sur son sein,
— 34 —
Soit un symbole d'espérance,
Un doux présage de bonheur.
L'époux garde à son innocence
De la maternité l'honneur !
4 mai.
Emtquumc Haut.
L'ANNONCIATION ET ^'INCARNATION
Ce jour encor, Marie, à vos pieds nous rassemble
0 Vierge, un saint Époux a reçu votre foi;
A l'autel du Seigneur, où vous priez ensemble,
Tous deux vous méditez le précepte et la loi.
Mais n'entendez-vous pas une voix immortelle
Moduler des accents mystérieux et doux?
0 Marie, écoutez : l'harmonie est si belle!
C'est la voix de l'Esprit, c'est la voix de l'Époux!
Les Cieux ont répété la vague mélodie;
Les airs ont retenti de cantiques divins,
Une Vierge est choisie et l'Auteur de la vie
Accomplira bientôt de suprêmes desseins.
La Vierge priait en silence,
En adorant son Créateur.
. Candeur, beauté, simple innocence,
Paraient son front, ornaient son coeur,
Un Ange paraît à sa vue,
Tout resplendissant de clarté.
En le voyant, son âme émue.
Se voile dans l'humilité.
— 36 —
Salut, ô divine Marie !
Je suis.l'envoyé du Très-Haut,
Vous, la Vierge pure et chérie,
Que votre sort est grand et beau !
O vous, choisie entre les femmes
Pour être la Mère du Christ;
Brûlez pour Dieu de pures flammes,
Vous, l'Épouse du Saint-Esprit.
La Vierge est troublée : elle écoute
Le bel Ange mystérieux,
Sans opposer le moindre doute
Au messager du Roi des Cieux.
Par un aveu franc et sincère
A cet ambassadeur pieux
Elle répond : Nul sur la terre
Ne peut transgresser de saints voeux.
« Ange, je ne connais point d'homme;
» Mon voeu, c'est la virginité ! »
O Vierge, en cueillant, une pomme
Eve perdit l'humanité.
Un fruit divin, un Dieu lui-même,
Renouvelant le genre humain,
S'incarne en ce moment suprême
Dans votre pur et chaste sein.
Ne craignez rien, douce Marie ;
Jésus, le Christ, naîtra de Vous!
— 37 —
Du Seigneur, Colombe chérie,
Vous, dont un Dieu même est l'époux.
Le Très-Haut prêtera son ombre
À ce miracle tout divin.
Le rayon chasse la nuit sombre,
L'Esprit féconde un chaste sein.
£• •" ET
externe ww.
MAGNIFICAT.
0 Mois délicieux qui célèbre Marie,
A la maternité de la Virginité
Offrons le pur encens, les fleurs de la prairie.
Un saint Magnificat, chant de fidélité !
Six fois on a redit, dans l'hymne magnifique.
Le doux chant que Marie offrait au Créateur.
Quand son humilité dans le sacré Cantique >
Célébrait du Très-Haut la gloire et la splendeur !
Le Pasteur, plein de foi, vous invoque et vous prie.
Les chants, le pur encens s'élèvent vers les cieux.
Dans l'univers entier, une Mère chérie
Reçoit de ses enfants un hommage pieux !
0 bel astre du jour, saluez celte Mère,
Vous qui la revêtez comme un manteau brillant.
Alors, comme aujourd'hui, vous éclairiez la terre,
Quand Dieu fit à Marie un immortel présent !
0 Vierge, ô puissante Madone,
Quel moment suprême et divin!
Au ciel vous voyez la couronne
— 40 —
Que promet le Dieu trois t'ois saint.
Vous contemplez dans le silence
Les merveilles du Créateur.
Votre humble et douce obéissance
Plaît à ses yeux; charme son coeur !
Il vous comble de sa largesse;
Il vous prodigue ses bienfaits;
Il répand sur vous la richesse,
Tous les vrais trésors de la paix !
Votre âme plane dans l'extase,
Vous brûlez du plus saint amour,
Quand votre corps devient le vase
Où Dieu se place en ce grand jour.
Quels transports, quelle douce ivresse,
Quel pur et saint ravissement,
Quelle inénarrable tendresse,
Quel suprême et divin moment !
Quoi, d'un Dieu devenir le temple.
Être la Mère de Jésus !
Quand le Chérubin vous contemple,
Verbe, au Ciel n'êtes-vous donc plus ?
Le Verbe remplit tout l'espace :
Il est en tout, il est partout!
On ne saurait perdre sa trace :
Il est au coeur aimant surtout !
Il est dans le sein de Marie :
— 41 —
C'est là son Océan d'amour.
Il est. avec Pâme qui prie ;
Il l'écoute la nuit, le jour !
.Anges, posez le diadème
Sur un front si pur et si beau.
Envoyé divin et suprême,
Saint ambassadeur du Très-Haut,
Regardez celte humble servante
Qui devant Dieu s'anéantit :
Elle est simple, douce et contente.
Quand Dieu commande, elle obéit I
Admirons-la dans son extase.
Le Verbe s'incarne en son sein.
Son chaste coeur devient le vase
Qui répand un parfum divin.
0 Mystère plein de tendresse !
Dieu veut sauver le genre humain.
Il nous donne, dans sa largesse,
L'Holocauste puissant et saint !
Gardez-bien ce secret sublime,
Sans craindre un injuste courroux.
L'Esprit- Saint, Époux magnanime,
Du haut du Ciel veille sur vous.
En éclairant Joseph lui-môme,
Par un songe miraculeux,
Il est le protecteur suprême
Qui doit seconder tous vos voeux !
Septième voux*
T-A VISITATION
Ornons le saint Autel avec des fleurs nouvelles,
Une Mère est l'objet de nos soins empressés.
Que nos chants plus joyeux, quenos hymnes plus belles,
S'élèvent vers les cieux en rhythmes cadencés !
L'encens fume à l'autel, parfumant le nuage.
Le Verbe s'est fait chair, les Saints se sont voilés ;
La phalange du Ciel à l'Agneau rend hommage,
Et l'air est sillonné par les Anges allés.
Pour voir Elisabeth, une sainte compagne,
Marie a côtoyé les rives du Jourdain, "
Traversé les vallons et gravi la montagne,
Semblable à la gazelle et devançant le daim.
Elle arrive en Juda. Félicité suprême,
Le sein d'Elisabeth a tressailli d'amour :
C'est Jean, le Précurseur, près de Jésus qu'il aime.
Il éprouve la joie et l'exprime en ce jour !
Elisabeth a reconnu Marie.
Oh ! quel délicieux transport
Gonfle ce sein où son fils prie
Quand il existe à peine encor 1
_ M ~
Mais Jésus anime lui-même
- Le coeur de Jean, disciple aimé,
La voix annonçant le baptême,
L'Hébreu par un Dieu transformé !
Quand l'écho du désert redira sa parole,
Quand Jean annoncera l'Espoir des Nations,
Sur les bords du Jourdain, il aura l'auréole,
En baptisant l'Auteur des bénédictions !
Marie, ici veillez sans cesse.
Prodiguez vos voeux et vos soins.
Votre douce et sainte tendresse
Seconde de puissants desseins.
Ce faible enfant qui vient sur terre,
En précédant votre Jésus,
Un jour vous nommera sa Mère
Pour le Fils que vous n'aurez plus.
0 Marie, aimable Madone,
Toujours consacrée au devoir,
Vous que le Tout-Puissant couronne,
■ ' Vous, la Mère du saint Espoir !
Vous serez le divin modèle
Guidant nos pas mal affermis.
Donnez à notre coeur fidèle
Un secours certain el promis.
Vous regagnez votre demeure,
Vous volez vers un saint époux;
— 45 —
Votre amour a devancé l'heure
Qui resserre un lien si doux.
Un cruel soupçon se révèle,
Venant affliger votre coeur.
Quand la vérité se dévoile,
Rendez hommage au Dieu vainqueur !
Le bel astre du soir éclairant notre route,
Pour la septième fois nous voit à votre autel,
Dieu, ne permettez pas que l'offense et le doute
Troublent les coeurs unis d'un lien immortel.
Protégez les époux, ô divine Madone t
Voyez-les s'empresser pour chanter vos vertus.
Acceptez les présents que leur amour vous donne,
Vous, l'Épouse d'un Dieu, la Mère de Jésus !
Huitième four.
BOUQUET A MARIE
Qu'ils sont heureux et fiers les enfants de Marie,
Dans ce Mois fortuné de la Reine des cieux !
Ils adressent tout haut à leur Mère chérie
Une sainte prière, un cantique pieux.
Le beau soleil de Mai féconde cette terre;
La fleur exhale au loin les parfums les plus doux.
Marie, avec amour, prie un Dieu tutélaire
De bénir ses enfants au pieux rendez-vous.
Composons un bouquet de simples violettes,
Cet emblème si cher au coeur modeste et pur.
Elles ont des parfums, des saveurs indiscrètes :
Ce sont les fraîches fleurs du chemin le plus sûr.
Vous ne les voyez pas : le mystère environne
Ces simples fleurs qu'un jour voit naître et voit mourir.
Leurs suaves parfums que le zéphir vous donne,
En attirant vos pas sont venus les trahir ;
Alors, cherchant sous l'herbe, écartant le feuillage,
Une modeste fleur s'est offerte à vos yeux:
■ Symbole de candeur, la beauté chaste et sage
Exhale ses vertus loin d'un monde orgueilleux.
— 48 —
A l'autel de la Vierge apportons notre offrande ;
Chantons, chantons en choeur la Mère de l'amour.
Que notre âme à Marie adresse une demande ;
Qu'en recevant nos dons elle accorde en retour ;
Humilité, douceur, chasteté, modestie,
Ces virginales Heurs qu'on aime en tous les temps.
Bouquets aux doux parfums, vous plaisez'à Marie :
Nous vous cultiverons, ô filles du printemps!
Nous chantons une belle Vierge,
Mère du Christ, le Dieu sauveur.
Si l'iniquité nous submerge,
Réfugions-nous sur son coeur !
Le Verbe en son âme repose :
C'est la rançon du genre humain ;
Quand l'ère des faux dieux est close,
Le vrai Dieu suit son grand'dessein.
Sion a tressailli d'ivresse
En espérant un Rédempteur.
Dans le silence et sans faiblesse
Marie espère dans son coeur.
' ' Elle attend avec confiance
Le jour de sa maternité,
Ce grand moment prédit d'avance,
Jour sacré par Sion fêté.
Recevez nos coeurs, ô Marie!
Acceptez nos fleurs et nos chants.
— 49 —
Vierge douce, aimable et chérie,
A vous, nos voeux et notre encens.
Du pasteur la voix sympathique
Célèbre vos célestes dons.
Écoutez le simple cantique,
Chant du coeur, que nous vous offrons.
Meitinime 9oux.
MATER GLORIOSA.
0 bel astre du soir, la beauté tulélaire
Eclaira cette nuit célèbre en Israël,
Quand la Vierge enfanta, dans un profond mystère..
Le divin Rédempteur et le petit Noël !
Du miracle admirons la sublime merveille ;
Des Anges écoutons les accents glorieux.
La phalange du ciel au faible berceau veille :
Elle chante Hosanna, gloire au plus haut des cieux !
0 Marie, admirable Mère,
Vous contemplez votre Jésus ;
Vous voyez les grands de la terre
Offrir les dons qui lui .sont dus.
Déjà les savants et les mages
Ont donné la myrrhe et l'encens ;
Des bergers les simples hommages
Sont pour lui d'aimables présents.
Quel est cet Enfant dans la Crèche?
Il dort dans Pétable, indigent.
C'est lui qui renverse la brèche
— 52 —
Devant le guerrier diligent.
Le Dieu des combats s'est fait homme
Pour donner la paix aux mortels;
C'est lui qui conserve l'atome,
C'est lui qui fait germer l'autel!
Saluons la divine Mère ;
Adorons le fruit de son sein.
Elle a médité le mystère ;
Elle admire le grand dessein.
Que de force dans la faiblesse.
Quel trésor dans la pauvreté,
Que de grandeur dans la bassesse.
Que d'honneur dans l'humilité !
Sixième oouv.
REGINA ANGELORUM.
Toujours vous nous verrez près de vous, ô Marie,
Tant que de Mai fleuri le radieux soleil
Fera germer nos champs, émaillant la prairie,
Éclairant du printemps le frais et gai réveil.
Renouvelons les fleurs aux pieds de notre Mère.
Daignez, Reine des Cieux, faire germer nos coeurs ;
Semez-y le bon grain, et, sans être éphémère,
Une riche moisson paîra tous vos labeurs.
On rejette l'ivraie inutile et perfide,
On serre le bon grain au céleste Grenier.
Soyons le travailleur courageux, intrépide :
Dieu toujours récompense un fidèle ouvrier.
Nous célébrons, ô belle Vierge,
Votre sainte maternité.
Si la tempête nous immerge,
O vous beau Phare de clarté,
Faites-nous braver le naufrage
Et les aquilons furieux :
Celui qui dissipe l'orage
Nous montre le port dans les Cieux.
— 54 —
Acceptez, ô divine Mère,
Le coeur de ces petits enfants.
Votre Fils les aima sur terre :
Ils suivaient ses pas triomphants.
Jésus attirait sur ses traces
Les protégés de son amour ;
Leur ouvrant le trésor des grâces,
Il voulait leur coeur en retour.
Vierge, bénissez l'innocence,
La faiblesse et l'humilité ;
Protégez la candide enfance,
Sa grâce et sa simplicité.
Un Dieu s'est fait enfant lui-même,
En reposant dans votre sein.
Vous portez le beau diadème
De cet enfantement divin.
Vous portez la sainte couronne,
Vous portez le royal bandeau ;
Le soleil pare la Madone :
Ce splendide et riche manteau
Revêt votre beauté suprême
De sa merveilleuse splendeur ;
Sur votre front l'étoile même
Scintille avec joie et bonheur.
O merveille divine et pure,
Que vous plaisez au Créateur !
— 55 —
Il assujétit la nature
A vous servir avec honneur.
Les astres sontvos satellites ;
Vous êtes pour eus. un aimant :
Sans dévier de leurs orbites,
L'attraction d'un coeur aimant
Les attire à vous comme au centre
Où brûle un feu vif et brillant.
Ainsi votre amour se concentre
Sur le Verbe du Tout-Puissant.
0 coeur qui réjouit les Anges
Et qui fait pâlir les démons I
0 coeur objet de nos louanges,
Sanctuaire des plus beaux donst
Astres, tressaillez d'allégresse,
Homme, aime, espère tour à tour !
Univers, germez dans l'ivresse :
Le Verbe à l'Autel, c'est l'amour !
©rtpème voux.
LA FUITE EN EGYPTE
Marie, un coeur pieux voit en vous une Reine,
Une Femme bénie et la Mère du Christ !
D'un indigne esclavage ayant brisé la chaîne,
Vous avez entendu la détresse et le cri i
Nous venons, en ce jour du beau Mois de Marie,
Saluer à vos pieds l'ère de liberté.
L'idole est renversée, ô Madone chérie:
Le vrai Dieu règne seul, dans sa triple unité.
Mais un cruel danger en secret vous menace :
Un monarque jaloux veut la mort d'un enfant !
De l'Ange du Seigneur suivez la sainte trace ;
Du berceau des Hébreux marchez vers le couchant !
Là, dans l'antique Egypte, au lieu de l'esclavage, ,
Vous verrez la grandeur, la gloire du Très-Haut.
Le désert recueilli lui rend encore hommage ;
Le Sinaï parla : son code est grand et beau !
S'il se lait aujourd'hui, son silence est sublime.
Il écoute la voix et l'écho du désert ; ,
L'éclair ne brille plus sur sa plus haute cime ;
Le Fils de Jéhova reste le livre ouvert.
Il donne à l'univers une vertu nouvelle;
— 58 —
Il s'exile en ce jour, il fuit de Nazareth;
Il voit l'antique terre où la race infidèle
A subi du Très-Haut le redoutable arrêt !
Cette roche, fendue à la voix de Moïse,
Prouve encore au passant le miracle divin.
Ces nombreux tumulus sur cette terre grise
Ont vengé l'Éternel d'un coupable dessein.
Marie a dans ses bras le Rédempteur céleste :
Seul, il réunira sous un même étendard
Tous ces peuples divers, dont la Vierge modeste
Devient, par son pouvoir, la force et le rempart.
Le sable du désert est inerte, immobile :
Vent du mortel simoon tu ne peux le troubler ;
Il semble devenu bienfaisant et docile :
Il respecte les pas qui viennent le fouler ;
Il sent du Créateur le pouvoir redoutable ;
Une puissante main enchaîne sa fureur ;
Aux yeux du voyageur que la chaleur accable
Il offre l'oasis, image'de bonheur.
Acceptez notre amour, Marie;
Vous, la Mère de pureté ;
0 Vierge qu'on invoque et prie,
Saint modèle de chasteté.
Vous, humble, puissante et bénie,
Foulant aux pieds la volupté ;
Vous, la Providence et la vie;
Vous, l'espérance et la bonté.
— 59 —
À vos pieds nous mettons sans cesse
Nos voeux, notre amour, notre espoir;
Prodiguez-nous votre tendresse,
En écoutant nos chants du soir.
Salut, Mère de la sagesse ;
Salut, Mère du chaste amour ;
Aux sources de la sainte ivresse
Nous voulons puiser tour à tour.
Le désert pour vous est un temple :
Vous y voyez le Rédempteur.
Le Très-Haut du ciel vous contemple:
Vous plaisez au Dieu Créateur.
Un doux symbole d'innocence
Est l'image de votre coeur.
La colombe ainsi que l'enfance
Charme les yeux du Dieu vainqueur I
Boix^ume vaux.
EEFUGIUM PECCATORUM.
Vierge, daignez encov nous voir et nous entendre.
Nous ne saurions jamais fatiguer votre amour.
Toujours le coeur pieux: sait aimer et comprendre ;
L'amour pur d'une mère est payé de retour.
Recevez le prodigue égaré sur la route ;
Revêtez-le, Marie, et qu'il aille au festin ;
S'il déchira ses pieds aux épines du doute,'
■ Répandez sur sa plaie un baume tout divin.
Il revoit la maison témoin de son enfance,
11 prend part au banquet où l'on mange l'Agneau.
Hélas ! il a perdu sa robe d'innocence;
Mais on l'a revêtu d'un vêtement nouveau !
Les pleurs du repentir ont lavé sa tunique;
Le Seigneur a pourvu même à sa pauvreté.
Le Dieu qui donne aux fleurs leur éclat magnifique,
Lui donne un vêtement pour l'immortalité.
Nous chanterons encov, Marie,
Votre aimable et douce bonté,
Votre maternité chérie,
Votre admirable chasteté.

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